Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 02 août 1793: La Conciergerie

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yann sinclair

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MessageSujet: 02 août 1793: La Conciergerie   Mar 1 Aoû - 10:22

LE CONTEXTE
La veuve Capet

Marie-Antoinette emprisonnée à la Conciergerie

(1741-1819) Après l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793, Marie-Antoinette sombre dans une profonde prostration. Toujours enfermée  dans la prison du Temple depuis le mois d’août 1792, personne ne semble se soucier de son sort. Face à la coalition des puissances étrangères, la Convention adopte une série de mesures d’exception (création d’un tribunal révolutionnaire et établissement de listes de suspects notamment).

Ce n’est qu’en mars 1793 que son sort est évoqué par Robespierre devant la Convention ; il demande que la reine soit traduite devant le Tribunal révolutionnaire. Pour éviter un présumé complot qui aurait pour but d’enlever le fils de Louis XVI et de le proclamer sous le nom de Louis XVII, on la sépare de son fils en juillet. Cette séparation achève de la briser. Demeurant avec sa fille, Madame Royale, et sa belle-sœur, Madame Elizabeth, la "veuve Capet" est transférée à la Conciergerie dans la nuit du 2 août 1793. Là-bas, offerte aux yeux du public, le spectacle de "l’Autrichienne" en prison devient une source de revenus au profit du concierge.

Le 2 août, elle est conduite en fiacre du Temple a la Conciergerie où elle sera détenue jusqu'à sa mise en jugement.
Elle évite de voir sa belle-sœur et sa fille pour ne pas s'attendrir.
Au guichet, comme elle s'est heurtée le front assez rudement, un commissaire lui demande si elle s'est fait mal; elle le regarde avec un navrant sourire:

- Oh non, rien à présent ne peut plus me faire mal...


A la Conciergerie, elle est amenée dans une pièce du rez-de-chaussée, sans cheminée, s'éclairant sur la cour des femmes.
Couchée sur un lit de sangle, a peine abritée par un vieux paravent, elle est surveillée jour et nuit par deux gendarmes.
Tout exercice lui est refusé. Assise sur une chaise de paille, elle raccommode ses hardes ou tricote sans aiguille, a l'aide d'un cure-dents.

Le Palais de la Cité était le siège du pouvoir des rois de France converti en prison appelée la prison de la Conciergerie.
Pendant la Terreur, cette prison était considérée comme l’antichambre de la mort.
Pourquoi ce lugubre surnom ?
Quelle était la vie des prisonniers là-bas ?
Venez le découvrir avec nous dans cet extrait !
Extrait du SECRETS D’HISTOIRE: ‘’Danton: aux armes citoyens ‘’


Rougeville - portrait du temps

Dans cette agonie luit pourtant un dernier espoir. Batz a promis un million a qui sauverait la reine. Un aventurier qui parait être venu aux Tuileries le 20 juin pour défendre la famille royale, Gonsse de Rougeville, parvient, grâce encore a Michonis, a pénétrer dans la prison de Maries Antoinette. Il lui jette un œillet qui cache dans ses pétales un papier roulé. Elle y peut lire ces mots: « J'ai des hommes et de l'argent. »

Elle répond avec la pointe d'une épingle:

« Je suis gardée à vue, je ne parle à personne; je me fie à vous; je viendrai »

Le message est remis à Gilhert, l'un des deux gendarmes de garde, depuis quelque temps achetés. Rougeville reparaît le surlendemain avec Michonis et ils règlent avec la reine tout le détail de l'évasion, qui doit s'effectuer dans la nuit du 2 au 3 septembre. Les concierges Richard, la femme de journée Marie Harel sont dans le secret.
En 1789, le palais de la Cité abritait les principales institutions du royaume de France dont la Chambre des Comptes, la Cour des Monnaies, la Cour des Aides et surtout le Parlement de Paris. Dès le mois de novembre, l'activité de ce dernier fut interrompue et six tribunaux de district le remplacèrent en partie dont un seul fut hébergé par le palais de la Cité.
Mais le palais resta le cœur du pouvoir judiciaire: il abrita en 1791 le Tribunal de Cassation, établi dans la Grand-Chambre, le Tribunal criminel de Paris y fut également installé de même que les départements de la Police, des Domaines, des Finances et des Contributions.

Entre le 10 août 1792, date de la prise des Tuileries et le 21 septembre, qui vit la proclamation de la République, Paris, aux mains de la Commune, vécut une période d'insurrection accompagnée de massacres qui s'amplifièrent sous la Terreur.
Étroitement lié à l'histoire du palais, le Tribunal révolutionnaire a été créé le 17 août 1792: rapidement supprimé par la Convention, il fut rétabli en mars 1793.

Le 6 avril 1793, le Tribunal révolutionnaire s’installa au premier étage, dans l’ancienne grande-chambre du parlement de Paris rebaptisée salle de la Liberté et une seconde salle, dite de l'Égalité, fut établie dans l'ancienne salle Saint-Louis.
L’accusateur public du tribunal, Fouquier-Tinville, avait aménagé ses bureaux au même étage, entre les tours de César et d’Argent.

De 1793 à 1794, plus de 2700 personnes comparaissent devant lui, dont Marie-Antoinette et Robespierre.

Dès lors, tous les prisonniers qui étaient détenus dans les différentes prisons de Paris, ainsi que dans certaines prisons de province, et qui devaient comparaître devant le tribunal, furent progressivement transférés à la Conciergerie.
Déjà réputée comme la plus dure des prisons, pendant la Terreur, les cellules de la Conciergerie accueillent plusieurs centaines de prisonniers, où les conditions de détention sont aggravées par l'insalubrité et la promiscuité.

Le nombre de condamnation des « ennemis du peuple » ne cessa de croître jusqu'à la chute de Robespierre, surtout après le vote de la loi des suspects du 17 septembre, qui ordonne l'arrestation de tous les ennemis de la Révolution, avoués ou présumés.
Les procès collectifs remplacent les procès individuels des grandes figures de l'époque.

En 1794, témoins et défenseurs sont supprimés et chaque jour, plusieurs dizaines de personnes sont guillotinées. Arrêté le 9 thermidor de l'an II (27 juillet 1794), Robespierre fut condamné à mort le lendemain par le Tribunal révolutionnaire.

Le 12 prairial de l'an III (31 mai 1795), la Convention supprima le Tribunal révolutionnaire et le Tribunal de Cassation retrouva le palais de la Cité.
Au fil des réformes consulaires puis impériales, l'administration judiciaire prit possession du palais, qui devint alors le palais de justice de Paris.

L'antichambre de la guillotine
Les détenus qui avaient comparu devant le Tribunal révolutionnaire qui siégeait au Palais de justice attenant et avaient été condamnés à mort n’étaient pas ramenés dans leur cachot.
Ils étaient immédiatement séparés des autres prisonniers et conduits, pour les hommes dans l’arrière-greffe, pour les femmes dans de petites cellules situées dans le couloir central.
Dès que le bourreau et ses aides arrivaient, tous étaient regroupés dans le vestibule baptisé salle de la toilette pour y être dépouillés de leurs effets personnels, tondus et attachés. Encadrés par des gendarmes, les condamnés — parfois plusieurs dizaines — traversaient la salle du guichet et gagnaient la cour du Mai, donnant sur la rue de la Barillerie (qui se trouvait à l’emplacement de l’actuel boulevard du Palais).
C’est là que les détenus attendaient les charrettes qui devaient les conduire à la guillotine.

En tout, 2780 détenus ont été guillotinés à Paris.


La vie quotidienne de la prison de la Conciergerie est reconstituée le bureau du greffier, chargé d'inscrire les détenus sur les registres; le bureau du concierge, devenu sous la Révolution, responsable des prisonniers; des geôles révolutionnaires (cellules à pailleux, à pistole) et la cellule de Marie-Antoinette.
La lame de la guillotine qui servit à l’exécution de Lacenaire est exposée.

La salle des Gardes

Anciennement réfectoire du Palais, elle fut réservée à la prison des hommes et sommairement compartimentée en cachots. Devant l’afflux des prisonniers, elle fut divisée par un plancher installé à mi-hauteur, permettant d’aménager ainsi deux salles superposées. C’est au-dessus de la salle des Gardes, au premier étage, dans l’ancienne grand-chambre du parlement de Paris, que siégeait le Tribunal révolutionnaire.

La Rue de Paris

La Rue de Paris tire son nom de Monsieur de Paris, surnom donné au bourreau du Tribunal révolutionnaire, qui venait visiter les prisonniers par ce couloir.
Aussi elle fut annexée à la prison des hommes et de ce fait compartimentée en minuscules cellules.
Celles des « pailleux » étaient réservées aux prisonniers sans ressources, qui ne pouvaient s'offrir que de la paille pour dormir à même le sol.
Celles des « pistoles » étaient louées aux prisonniers (dits les pistoliers) de classe moyenne et étaient pourvues d'un lit.
Enfin, pour les plus fortunés étaient louées des cellules pour une seule personne avec de quoi écrire (il était d'usage d'écrire ses mémoires avant de mourir), de la lumière et bien sûr un lit.

Le Grand Préau

Il s’agissait de l’ancien jardin du roi, auquel s’était substitué une vaste cour rectangulaire.
Celle-ci était entourée d’une galerie compartimentée en cachots pour les hommes.

Le couloir central

Sombre et étroit, il distribuait sur son parcours de nombreuses pièces: la salle du guichet, le bureau du concierge, le greffe, l’arrière-greffe, le parloir, une pièce de repos pour les guichetiers, l’infirmerie, la chapelle, quelques cellules pour femmes...

La cour des Femmes

Ancien jardin bordant le logis du roi, cette cour était le lieu de promenade des femmes.
Elle était entourée de cellules dont le confort variait suivant les possibilités pécuniaires des détenues.
Dans cette cour, les femmes lavaient leur linge à une fontaine (aujourd’hui encore existante); sur l’une des tables de pierre, elles prenaient leur repas.
L’endroit fut, dans la vie cellulaire révolutionnaire, un lieu important pour la vie sociale des prisonniers.
Dans un coin subsiste ce qui fut le « côté des Douze »: un enclos triangulaire séparé par une grille de la cour des femmes, dépendant du quartier des hommes et, surtout qui comptait chacun des « douze » condamnés qui pouvaient une dernière fois, dans cet espace, dire au revoir à leur famille avant d'être emportés par la charrette (à douze places…) vers la guillotine.

Le bureau du greffier

Il a été reconstitué dans le musée de la Conciergerie.
C’était là que l’on inscrivait, dès leur arrivée, les noms des détenus sur les registres.
Cette pièce est devenue la buvette du Palais de Justice.

La salle de la toilette

À cet endroit, les condamnés à mort étaient dépouillés de leurs objets personnels au profit de l’État ou du bourreau, peu rémunéré et pour qui, donc, il n'y avait pas de petits gains: bijoux, tabatières, lunettes, montres. Chacun d’eux était ensuite assis sur un escabeau, avait les mains liées derrière le dos, puis le col de sa chemise était échancré afin d’avoir les cheveux coupés au ras de la nuque.
Les condamnés étaient ensuite escortés jusqu’à la cour du Mai, où attendaient les charrettes qui devaient les conduire sur leur lieu d’exécution.

La petite chapelle royale

Dite « Chapelle des Girondins », elle occupe l'emplacement de l'oratoire médiéval du roi.
La tradition y situe le lieu dans lequel les vingt-et-un Girondins attendirent la mort dans la nuit du 29 au 30 octobre 1793.

La première cellule de Marie-Antoinette

La première cellule de Marie-Antoinette d'Autriche fut installée dans l’ancienne chambre de réunion des guichetiers (une cellule humide composée d’un lit de sangle avec deux matelas, d’un fauteuil en canne, de deux chaises et d’une table) donnant sur la cour des femmes par une étroite fenêtre.
Après une tentative d’évasion (voir Alexandre Gonsse de Rougeville), Marie-Antoinette fut transférée dans la deuxième cellule.
La reconstitution de la cellule de la reine a été faite pour une moitié sur l’authentique cellule et pour l’autre moitié sur la travée contiguë à l’est.
Elle fut gardée par Madame Larivière qui montra trop de compassion envers la reine et fut remplacée par la citoyenne Harel qui, en tant qu'épouse d'un membre de la police secrète, était là à titre d'espionne.

La seconde cellule de Marie-Antoinette

Elle est située à côté de la petite chapelle royale.
Pour plus d'intimité, la cellule fut coupée en deux par une cloison de planches avec un paravent qui la séparait des deux gendarmes, qui assuraient sa surveillance en permanence.
Louis XVIII de France fit ériger à l’endroit même de la cellule de la reine, qui fut coupée par un mur, une chapelle expiatoire.
La moitié ouest fut réunie à la chapelle par un local où la tradition situe les dernières heures de Maximilien de Robespierre

Une porte de cellule

La cour des femmes



reconstitution de la cellule de la Reine sur la travée contigüe à l'est

Reconstitution de la cellule de la Reine sur l'authentique cellule

Couchée sur un lit de sangle, à peine abritée par un vieux paravent, elle était surveillée jour et nuit par deux gardes et n'avait aucune intimité

La pièce était composée d'un fauteuil en canne, de deux chaises et d'une table, et donnait sur la cour des femmes par une étroite fenêtre

Marie-Antoinette était à ce moment-là très éprouvée par la fatigue, la maladie, l'abattement: le portrait ci-dessus réalisé à cette époque révèle une reine vieillie, au regard absent, bien loin de la coquette et fringante princesse d'antan. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même


Détenus célèbres
Il passe à la Conciergerie, durant la Terreur, 2 768 personnes suspectées d'actes anti-révolutionnaires ou coupables de faits plus ou moins avérés, dont :

   Marie-Antoinette d'Autriche
   Jean Sylvain Bailly
   La comtesse du Barry
   Charlotte Corday
   Georges Jacques Danton
   les Carmélites de Compiègne
   Élisabeth de France
   Anne-Louise de Sérilly
   Francisco de Miranda
   Les Girondins
   Jacques-René Hébert
   Antoine Lavoisier
   Théophile de Viau
   Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes
   Philippe d’Orléans
   Maximilien de Robespierre
   Manon Roland
   Antoine Jullien
   Olympe de Gouges




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La lugubre cellule de la Reine, entourée de "petites gens" sans cervelles ni cœur.
Vous êtes bien à la Conciergerie

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MessageSujet: Re: 02 août 1793: La Conciergerie   Mar 1 Aoû - 16:14

Que c'est triste ! Sad Sad

Il faut voir le film L'Autrichienne, ça montre très bien l'arrivée de la Reine à La Conciergerie. Sad

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Je dois avouer ma dissipation et paresse pour les choses sérieuses
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02 août 1793: La Conciergerie
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