Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 1er août 1793: Au Temple

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yann sinclair

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MessageSujet: 1er août 1793: Au Temple   Mer 2 Aoû - 21:05



Dans la nuit du 1er au 2 août 1793, au Temple, on fait lecture à Marie Antoinette du décret de la Convention ordonnant "le transfert à la Conciergerie de la veuve Capet, mise en accusation"

Or, la Conciergerie est l'antichambre du redoutable Tribunal révolutionnaire.

Et la veuve de Louis XVI "sait qu'une accusation du Tribunal révolutionnaire équivaut à une condamnation et que la Conciergerie pour elle est la maison des morts (...)

L'impression d'un nom sur le registre des entrées peut être considérée comme un acte de décès", précise l'écrivain Stefan Zweig dans sa biographie de la reine.

Peu après, Richard, le concierge de la sinistre prison, inscrit sur le gros livre d'écrou sa deux cent quatre vingtième prisonnière, "prévenue d'avoir conspiré contre la France"

Bien que l'Assemblée estime que, en pleine guerre contre l'Autriche, Marie Antoinette peut être un otage utile, son incarcération à la Conciergerie ne suscite aucune réaction de la part des Habsbourg.

Dès lors, "trois urgences s'imposent à la Convention: tuer la reine, tuer les Girondins, battre les Autrichiens", remarque Jules Michelet dans son Histoire de la Révolution Française.

Le 2 septembre, Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, demande que la procédure soit accélérée.

A onze heures du soir, le Comité de Salut public se réunit pour délibérer secrètement sur la "mort de la reine"

Alors que certains considèrent encore Marie Antoinette comme une monnaie d'échange, l'extrémiste, Hébert, comme toujours, se distingue par sa violence: "J'ai promis la tête d'Antoinette, j'irai la couper moi même si on tarde à me la donner".

La discussion se prolonge jusqu'à l'aube. Puis, on fait venir Fouquier-Tinville, lequel explique que, pour être certain que la veuve Capet sera condamnée, il faut choisir des jurés fiables, nommés à titre définitif et rémunérés. Ce sera chose faite le 8 septembre

Longuement, la reine est interrogée dans sa cellule. La découverte de la "conspiration de l’œillet", visant à la faire évader, lui vaut d'être transférée et plus étroitement surveillée: "on aménage la pièce qui servait de pharmacie et on la munit de doubles portes de fer.

La fenêtre qui donne sur la cour des femmes est murée jusqu'à mi-hauteur des barreaux.

C'est le silence, l'éternel silence dans la pièce humide, basse, étroite et sombre comme un cercueil", relate Stefan Zweig. Le maladroit complot a par ailleurs pour fâcheuse conséquence d'allonger la liste des adversaires de la reine et de provoquer l'afflux de pétitions réclamant sa mise en jugement, voire sa tête.

Le 3 octobre, la Convention décrète que le Tribunal révolutionnaire s'occupera "sans délai et sans interruption du jugement".

Fouquier-Tinville acquiesce, tout en objectant qu'il n'a en sa possession aucun document concernant Marie Antoinette.

Les preuves manquent? Deux membres du Comité de Salut Public, Hébert et Chaumette, le maire de Paris, Pache, et plusieurs commissaires de la Commune de Paris se chargent d'en trouver en interrogeant le dauphin et en faisant témoigner cet enfant de huit ans contre sa mère.

Le 11 octobre, on remet les compte rendus des interrogatoires de la reine à l'accusateur public, qui, dès lors peut passer à l'action.

Le lendemain, il fait appeler la prévenue dans l'ancienne Grand-Chambre du Parlement, rebaptisée "salle de la Liberté", où siège le Tribunal révolutionnaire, et charge Hermann, son adjoint, de conduire le réquisitoire.

Marie Antoinette est accusée d'avoir entretenu des relations politiques avec le "roi de Bohême et de Hongrie" avant la Révolution, d'avoir "dilapidé d'une manière effroyable les finances de la France, fruit des sueurs du peuple, pour ses plaisirs et ses intrigues, de concert avec d'infâmes ministres", d'avoir fait parvenir des "millions à l'Empereur pour servir contre le peuple qui la nourrissait".

Elle est accusée de conspiration contre la France, de négociation avec des agents étrangers, d'avoir engagé Louis XVI sur la voie du veto. La reine récuse ces faits avec énergie: "Toutes ses réponses sont d'une étonnante précision et en même temps prudentes et judicieuses".

Seule, sous la garde d'un gendarme, elle affronte ses juges avec un calme, un sang-froid et la dignité pleine de noblesse dont elle ne se départira jamais tout au long de son procès

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