Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 21 janvier 1793: Le Roi est mort à 10 h 22

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yann sinclair

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MessageSujet: 21 janvier 1793: Le Roi est mort à 10 h 22   Mar 8 Aoû - 17:06


... Le Roi est mort... Le Roi est mort... Le Roi est mort...


L'exécution de Louis XVI, en application du jugement de mise à mort du roi par décapitation prononcé par les députés de la Convention nationale à la suite de son procès, a eu lieu le 21 janvier 1793 à 10 h 22, à Paris, sur la place de la Révolution (ancienne place Louis XV, devenue en 1795 la place de la Concorde). C'est un événement majeur de la Révolution française, et plus généralement de l'histoire de France.

Déroulement de la journée du 21 janvier
Dernières heures de Louis XVI à la tour du Temple
La Tour du temple.

Après une courte nuit, Louis XVI est réveillé à 5 heures par Cléry, son valet, qui avait passé la nuit sur une chaise non loin de lui. Le condamné lui dit alors « J'ai bien dormi, j'en avais besoin »

Le roi se rase, retire de ses poches sa lorgnette, sa boîte à tabac et sa bourse puis se vêt d'un habit marron pâle doublé d'une toile écrue, muni de boutons dorés4. Il demande à son valet de lui couper les cheveux mais on refuse de leur confier une paire de ciseaux.

Vers 6 heures, l'abbé Henri Essex Edgeworth de Firmont les rejoint. Il aménage la commode en autel et célèbre la dernière messe du roi, servie par Cléry. Louis XVI restera à genoux pendant toute la cérémonie et recevra le viatique (la communion du mourant).

Sur les conseils de l'abbé, Louis XVI évite une dernière scène d'adieux avec sa famille. Entendant les hennissements des chevaux et les canons que l'on roule sur la chaussée, Louis XVI observe : « C'est probablement la Garde nationale qu'on commence à rassembler » Le dispositif de sécurité est important, d'autant plus que dans la nuit du 20 au 21 janvier a eu lieu l'assassinat de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, député de la Convention ayant voté la mort du roi.

À 7 heures, Louis XVI confie ses dernières volontés à l'abbé. Il transmet à Cléry son cachet aux armes de France pour le Dauphin et son alliance pour la reine; à propos de l'anneau, il confie à son valet à l'intention de la reine : « Dites-lui bien que je le quitte avec peine » Il conserve au doigt l'anneau du sacre.

Certains historiens évoquent une question que le roi, peu avant son départ pour l'échafaud, aurait posée à son valet à propos de l'expédition d'Entrecasteaux en ces termes: « A-t-on des nouvelles de La Pérouse ? »

Louis XVI s'entretient une ultime fois avec son confesseur.
Vers 8 heures, il est interrompu par Antoine Joseph Santerre qui commande les gardes nationaux, mais lui rétorque « Je suis en affaire, attendez-moi là, je suis à vous. ». Il reçoit une dernière bénédiction de l'abbé en lui confiant « Tout est consommé », remet son testament à l'un des officiers municipaux présents et se remet aux mains de Santerre.
Le trajet de la prison du Temple à la place de la Révolution


Louis XVI sur l'échafaud, couvert d’un gilet de molleton blanc, d’une culotte grise et de bas de soie blancs (gravure anglaise de 1798).

En ce matin du 21 janvier, la température extérieure est faible: il fait 3 °C. Un brouillard épais a enveloppé Paris.

Dans la seconde cour de la maison du temple, la voiture verte du maire de Paris Nicolas Chambon attend, ce dernier ayant obtenu que le roi ne soit pas conduit dans la charrette des condamnés. Louis XVI y prend place avec l'abbé et deux personnes de la milice s'installent face à eux. Avant de monter, le roi se tourne vers l'un des concierges de la prison et lui déclare « J'ai eu un peu de vivacité avec vous avant-hier soir, ne m'en veuillez pas ! »

La voiture quitte le Temple vers 9 heures au son de tambours et de trompettes. Elle tourne à droite dans la rue du Temple, pour rejoindre les grands boulevards, tandis que le roi continue de réciter les psaumes et la prière des agonisants. Paris a alors 80 000 hommes en armes (Fédérés, Gardes nationaux, fusiliers) occupant les carrefours, les places et postés le long des rues8. Des canons sont postés à chaque endroit stratégique. Le convoi est précédé d'environ 200 gendarmes à cheval.

Les Parisiens sont venus en nombre assister à l'exécution, tant sur le trajet qu'à l'emplacement de la guillotine. Les volets sont clos et les boutiques fermées. La plupart des personnes sont silencieuses. Certains demandent grâce, d'autres au contraire fredonnent Ah ! ça ira.

Dans ses dernières volontés, Louis XVI avait souhaité se recueillir dans l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle dont la première pierre fut posée en avril 1628 par son aïeule Anne d'Autriche (1601-1666), épouse longtemps délaissée de Louis XIII.

Dans le quartier Bonne Nouvelle, aux environs de la rue de Cléry, le baron de Batz, soutien de la famille royale qui a financé la fuite de Varennes, a convoqué 300 royalistes pour tenter de faire évader le roi. Le roi devait être caché dans une maison appartenant au comte de Marsan, rue de Cléry. Le baron de Batz s'élance: « Avec moi, mes amis, pour sauver le roi ! ». À la suite de la dénonciation de ses compagnons, seuls quelques-uns ont pu venir. Trois sont tués, mais le baron de Batz réussit à s'échapper.

Le cortège emmené par Santerre poursuit son trajet par les boulevards et la rue de la Révolution (actuelle rue Royale). Il débouche vers 10 h 15 sur la place de la Révolution et s'arrête au pied de l'échafaud installé entre les Champs-Élysées et le piédestal de la statue de Louis XV qui vient d'être déboulonnée et situé à 2 mètres de haut. Peint en rouge, l'échafaud est placé au milieu d'un espace vide encadré de canons et d'une troupe de fédérés, le peuple étant tenu au loin. 20 000 hommes ont été déployés pour l'entourer. Voyant l'échafaud, le roi lance : « Nous voilà arrivés, si je ne me trompe »

L'exécution

Accueilli par le bourreau Charles-Henri Sanson à sa descente du carrosse, le monarque désigne son confesseur à l'un des bourreaux et lui dit : "Je vous recommande le prêtre que voici. Ayez soin qu'après sa mort il ne lui soit fait aucune insulte". Calme, il ôte ensuite lui-même sa redingote brune et son foulard-cravate. À la demande de Sanson, il ouvre le col de sa chemise.

Voyant qu'on veut lui lier les mains, le roi refuse : « Me lier ! Non, je n'y consentirai jamais. Faites ce qui vous est commandé, mais vous ne me lierez pas, renoncez à ce projet » Évoquant l'exemple du Christ, l'abbé de Firmont réussit à le convaincre. Louis XVI déclare alors à ses bourreaux: « Faites ce que vous voulez, je boirai le calice jusqu'à la lie » On lui lie alors les mains dans le dos par son propre mouchoir; un assistant de Sanson découpe grossièrement son col puis le rabat et lui coupe les cheveux. Accompagné par des roulements de tambour, le roi, assisté de l'abbé Edgeworth, monte sur l'escalier et rejoint les cinq bourreaux (Sanson et ses quatre assistants) sur la plate-forme.

Contre toute attente, Louis XVI s'avance sur le bord gauche de l'estrade. Il fait signe aux tambours de s'arrêter et déclare d'une voix forte: « Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France » Il veut poursuivre mais Santerre donne l'ordre de faire battre à nouveau les tambours pour couvrir sa voix. Certains auteurs mentionnent que l'ordre a été donné par d'autres protagonistes: parmi les noms cités, ceux de de Dugazon, Beaufranchet d'Ayat ou du tambour Pierrard. La légende historique attribue généralement cet acte à Santerre, mais celui-ci n'aurait fait que transmettre l'ordre du général Berruyer, commandant en second de Paris L'abbé de Firmont lui crie alors: « Fils de Saint Louis, montez au Ciel ! »

À 10h22, la planche bascule, la lunette de bois se referme sur sa tête et le bourreau Charles-Henri Sanson actionne le couperet.

... Le Roi est mort... Le Roi est mort... Le Roi est mort...
Gros, un assesseur du bourreau, saisit la tête sanguinolente et la présente au peuple. Certains auteurs prétendent au contraire que la tête fut prise par Henri Sanson, le fils du bourreau. Quelques parisiens crient « Vive la Nation ! Vive la République ! Vive la liberté ! » Quelques salves d'artillerie sont tirées et certains dansent la farandole. Jacques Roux commissaire de la Commune de Paris, rédige le procès-verbal de l'exécution; il précise que des citoyens recueillent sur l'échafaud ensanglanté le sang du roi avec leurs mouchoirs, leurs piques ou leurs sabres. Certains veulent acheter au bourreau des mèches de cheveux du roi, les bourreaux plongent leurs doigts dans le sang et se barbouillent mutuellement le visage. Le biographe Éric Le Nabour note même que l'on peut voir « un ci-devant grimper sur l'estrade, se frotter les bras avec le sang de Louis XVI, puis en asperger le public par trois fois en un sinistre et ultime rituel » Cet homme, un révolutionnaire brestois, lance alors à la foule : « Républicains, le sang d'un roi porte bonheur! » Le canon tonne et prévient la famille du roi restée à la Tour du Temple que l'exécution a eu lieu.

Vers 10h25, un homme se trouvant près de l'échafaud, Christophe Potter, parvient à duper le groupe de sans-culottes présents autour de la guillotine: il réussit à obtenir contre un louis d'or, les cheveux du roi et un mouchoir maculé de sang. Potter disparait en se fondant dans la foule et dès que possible, il va faire passer ces compromettantes reliques en Angleterre, chez son frère George Potter, prospère marchand londonien. Ce dernier fera confectionner une bague contenant quelques cheveux de Louis XVI et l'offrira au roi, George III.

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de La Reinta

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MessageSujet: Re: 21 janvier 1793: Le Roi est mort à 10 h 22   Ven 11 Aoû - 10:40

Terrible événement........ Sad Sad

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21 janvier 1793: Le Roi est mort à 10 h 22
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