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 16 septembre 1824: Décès de Louis XVIII

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yann sinclair

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MessageSujet: 16 septembre 1824: Décès de Louis XVIII   Jeu 14 Sep - 16:16


Monogramme de Louis XVIII
Louis XVIII souffrait d’une goutte qui empira avec les années et lui rendait tout déplacement extrêmement difficile à la fin de son règne.

Obèse et goutteux dès son mariage, il se montrait gourmet et gourmand jusqu'à la voracité.


Dans ses dernières années, le roi podagre devait se déplacer en béquilles et était souvent déplacé en fauteuil roulant dans ses appartements, lui-même se baptisant « le roi fauteuil »

Vers la fin de sa vie, il était atteint d'artériosclérose généralisée, en outre la gangrène rongeait son énorme corps impotent, déjà appesanti par l'hydropisie.
À la fin du mois d'août 1824, la maladie avait provoqué une large plaie suppurante en bas du dos et l'avait rendu méconnaissable.
Fièrement, il refusait de s'aliter, reprenant les propos de Vespasien :
« Un empereur doit mourir debout »

Mais, le 12 septembre, sa terrible souffrance l'obligea à se coucher.

Il se décomposait vivant et dégageait une odeur si nauséabonde que sa famille ne pouvait rester à son chevet.

Un de ses yeux avait fondu; le valet de chambre, en voulant déplacer le corps, arracha des lambeaux du pied droit; les os d'une jambe étaient cariés; l'autre jambe n'était qu'une plaie; le visage était noir et jaune

En août 1824, à la veille de la fête de Saint-Louis, le roi avait fait sa promenade accoutumée en calèche découverte, on avait remarqué que non seulement cette promenade avait été plus courte qu'à l'ordinaire, mais encore que la tête de Sa Majesté était affaissée et tombait presque sur sa poitrine

Le 16 septembre, il s'éteignait, après avoir accepté, sur l'insistance de madame de Cayla, une fois encore en service commandée, de recevoir les saints sacrements

C'était la fin d'une lente agonie, qui doit être mise en parallèle avec l'agonie de la restauration libérale

Depuis la fin de la guerre d'Espagne, son état s'aggrave

Dans les derniers mois, se souvient Villèle, "le roi ne pouvait plus sortir
Il se bornait à sièger dans son cabinet et y donnait quelques audiences
Il n'avait plus la force de soutenir sa tête, qui retombait à nu sur le bois de son bureau"
A mesure que son obésité l'empêche de se déplacer et qu'il lui est de plus en plus pénible de s'exprimer, progresse la mainmise des ultras
Ils avaient pensé un moment obtenir de Louis une adbication
Mais cela devient de moins en moins nécessaire, madame du Cayla manipilant à merveille celui qui, avec irronie, s'était lui-même surnommé le "roi fauteuil"

Le 15 septembre 1824, Louis XVIII laisse donc la place à son frère, un fringant "jeune homme" de 67 ans, aimable, franc, mais également très jeune dans sa tête, vivant dans le rêve impossible d'une restauration intégrale de l'Ancien Régime

Dans les six années de son règne il allait ainsi achever la tâche qu'il avait si bien commencé dans les deux dernières du précédent, à savoir la destruction complète de l'oeuvre de reconstruction politique que Louis XVIII avait patiemment tenté de mener à bien

Le 23 septembre 1824, après une semaine de ferveur populaire où s'exprimaient les derniers feux de la religion royale, Louis XVIII est le dernier roi de France à rejoindre ses ancêtres dans le sanctuaire de Saint-Denis, escorté de quatorze voitures drapées de noir et portant l'écusson des armes de France
Après plusieurs années d'une souffrance physique grandissante, Louis XVIII s'étaient avec, entre les mains, le crucifix que lui a placé madame du Cayla

Acte de décès de Louis XVIII

Disparu lors de l'incendie des archives de Paris en 1871, l'acte de décès de Louis XVIII avait toutefois été recopié, et il a été rédigé de la façon suivante, en présence notamment de Talleyrand :

Acte de décès de Sa Majesté Louis XVIII, dressé au château des Tuileries.

Du jeudi seizième jour de septembre, l'an mil huit cent vingt-quatre, avant midi.
Acte de décès de très-haut, très-puissant et très-excellent prince Louis, dix-huitième du nom, roi de France et de Navarre, très chrétien, né à Versailles le dix-sept novembre mil sept cent cinquante-cinq, fils de très-haut, très-puissant et excellent prince Louis, Dauphin de France, et de très-haute, très-puissante et excellente princesse Marie-Josèphe, princesse de Saxe, Dauphine de France, son épouse ; veuf le treize novembre 1810, de très-haute, très-puissante et très-excellente princesse Marie-Joséphine-Louise de Savoie, reine de France et de Navarre ; décédé ce jourd'hui, à quatre heures du matin, au Château des Tuileries, à Paris.
Le présent acte dressé par nous Charles-Henri Dambray, pair et chancelier de France, président de la chambre des pairs, chancelier et commandeur des ordres du Roi, remplissant, aux termes de l'ordonnance de Sa Majesté du 23 mars 1816, les fonctions d'officier de l'état civil de la maison royale ;
Accompagné de Charles-Louis Huguet, marquis de Sémonville, pair de France, grand-référendaire de la chambre des pairs, grand'croix de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur ; et de Louis-François Cauchy, garde des archives de ladite chambre et des ordres du Roi, officier desdits ordres et de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, greffier de l'état civil de la maison royale ;
En présence d'Ambroise-Polycarpe de Larochefoucauld, duc de Doudeauville, pair de France, grand d'Espagne de la première classe, chevalier des ordres du Roi, ministre secrétaire-d'état de la maison de Sa Majesté, tenant en cette qualité les registres de l'état civil de la maison royale ;
En présence pareillement de Henri Evrard de Dreux, marquis de Brézé, pair de France, grand-maître des cérémonies de France, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, officier de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur ;
Sur la déclaration qui nous a été faite par Marie-François-Emmanuel de Croussol, duc d'Uzès, pair de France, âgé de soixante-sept ans, demeurant à Paris, en son hôtel rue Saint-Dominique, faubourg Saint-Germain, n° 63, et par Bon-Adrien Moncey, duc de Conégliano, pair et maréchal de France, chevalier des ordres du Roi, grand'croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, gouverneur de la neuvième division militaire, âgé de soixante-dix ans, demeurant à Paris, en son hôtel, rue de Valois, n° 2 ; témoins désignés par le Roi à l'effet du présent acte.
Fait à Paris, au château des Tuileries, où nous nous sommes transportés en vertu des ordres du Roi à nous transmis par le grand-maître des cérémonies, et où le corps du feu roi nous a été représenté par Charles-Maurice, prince duc de Talleyrand, pair de France, grand-chambellan de France, chevalier des ordres du Roi et de la Toison-d'Or, grand'croix de l'ordre royal de la Légion-d'Honneur, et par Louis-Marie-Céleste, duc d'Aumont, pair de France, chevalier des ordres du Roi, premier gentilhomme de la chambre de Sa Majesté, gouverneur de la huitième division militaire;
Et ont signé avec nous, après lecture faite, les personnes dénommées au présent acte, à Paris, les jours, mois et an que dessus.
Signé: le duc d'Uzès, le maréchal duc de Conégliano Moncey, le prince de Talleyrand, le duc d'Aumont, le duc de Doudeauville, le marquis de Dreux-Brézé, Dambray, le marquis de Sémonville, Cauchy.15

Durant son règne, il est couramment désigné par ses opposants sous le sobriquet de « Gros Cochon »16

«- A bas les Bourbons, et ce gros cochon de Louis XVIII ! », Victor Hugo, Les Misérables, livre III, partie III, chapitre 8






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