Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République

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madame antoine

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MessageSujet: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Jeu 21 Sep - 6:59

Bonjour à tous les Amis du Boudoir de Marie-Antoinette,

Voici proposé à votre réflexion un très intéressant article qui interroge les convictions politiques de l'establishment français.

Personnellement, j'ai toujours pensé, vécu et enseigné l'Histoire comme une école sans pareil de formation au sens critique. Avec rigueur.

Pas certain que ce soit dans l'air du temps macronien de "l'histotainment", au moment où le Président de notre République nomme Stéphane Bern chargé de mission pour le patrimoine historique (gratis pro deo...) Petits arrangements entre amis - pour qui l'histoire de la royauté tient une si grande place.

N'oublions pas qu' E.M., juste après sa déclaration de candidature à l'élection présidentielle, le 16 novembre dernier, est allé se recueillir sur les tombeaux des Rois de France à St Denis. Quelques semaines plus tard, le 11 décembre, il déclarait à TF1 que "le rôle des enseignants est de faire aimer notre pays."

Sans oublier, surtout, ce qu'il disait en juillet 2015, à propos de la royauté : "Dans la politique française, l'absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au coeur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu."

C'est peu dire qu'à l'époque, ces déclarations m'avaient scandalisé à plus d'un titre. Par l'argumentaire et la prise de position ; par l'interprétation plus que douteuse de ce moment historique fondateur ; par la filiation sous-tendue (Napoléon - de Gaulle - et maintenant, Macron lui-même) ; par l'absence de référence à la République ; par l'insolence inique d'un Ministre à l'égard de son patron-parrain de l'époque... Mais pas seulement.

Car ces déclarations étaient l'écho exact des paroles du Comité royaliste qui en 1993, commémorait le bicentenaire de la mort de Louis Capet en prétendant que "depuis, les français cherchent un roi, sans le savoir", comme le disait alors Thierry Ardisson, très investi. Bern, lui, dans une récente émission sur Marie-Antoinette, fait tout pour réhabiliter celle qui voulait "faire égorger tout Paris" comme le chantait justement la Carmagnole, dans ces paroles en lien direct avec les menaces explicites du manifeste de Brunswick.

Le 22 septembre 2014 - soit le jour anniversaire de la Première République en 1792 ! - Bern annonçait clairement la couleur à la télévision (visible ici : https://www.youtube.com/watch?v=RO14-YAqSLU ) en précisant : "On a besoin d'un symbole national. On n'a aucun symbole autour duquel se rassembler... A titre personnel je reste royaliste et même profondément monarchiste."

Ce sont donc les nostalgiques royalistes qui tiendraient le haut du pavé ?

Et la République continuerait à être vidée de son sens, par les nominations, les projets, les pratiques, les ordonnances ?

https://blogs.mediapart.fr/marc-evelyne-dumont/blog/190917/la-republique-en-bern

Bien à vous

madame antoine

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Mr Pump

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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Jeu 21 Sep - 12:32

Un pays qui ne se remet pas en question est mort. Rolling Eyes

Donc, bonne chose !

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levengeur

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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Lun 2 Oct - 14:14

royaliste Suspect
gaulliste Suspect

il a toujours dit des trucs chelou

en juillet 2015, alors ministre de l'Économie, macron décrivait  “l'incomplétude” de la démocratie, causée, selon lui, par “la figure absente du roi (…) dont le peuple français n'a pas voulu la mort”.

alors soit il veut rassembler soit c un cryptoroyaliste (ou pas si cypto)

d ailleurs il est pote avec bern What a Face

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globule
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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Sam 27 Jan - 9:11

Salut la compagnie !
Je me suis permis de renommer le topic de Dame Antoine (que je salue bien bas   ) afin de pouvoir y insérer cet article de fond (également )

De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République




« Il y a dans le processus démocratique et dans son fonctionnement un absent. Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n’a pas voulu la mort[…] » (Emmanuel Macron)

Cette réflexion provient d’une interview donnée par Emmanuel Macron en 2015. Depuis lors, le candidat Macron s’est mué en un monarque républicain qui accueille Vladimir Poutine à Versailles au détour d’une exposition sur le Tsar Pierre le Grand. Les commentaires ont fusé sur le style présidentiel et la dimension symbolique de l’Ancien Régime. Pourtant derrière cette communication, il existe des réalités juridiques.

La Ve République n’assume pas seulement une continuité culturelle avec l’Ancien Régime comme, par exemple, à travers l’utilisation des châteaux et hôtels particuliers au profit des hauts dignitaires de la République. La nature même du régime se fonde sur une ambiguïté institutionnelle permanente.

Vous voyez le topo ?
Rien que la photo en jette




Le droit de grâce
Sous l’ancien régime, « toute justice vient du roi. » Les tribunaux comme les parlements qui jugent en appel n’exercent qu’une justice déléguée au nom du monarque, qui peut donc se saisir de toutes affaires judiciaires, c’est le pouvoir d’évocation. Le justiciable peut aussi se tourner vers le roi après épuisement de tous les autres recours, c’est son pouvoir de cassation.


Saint Louis rendant la justice sous le chêne, G. Rouget, 1826

Le droit de Grâce et les lettres de cachet s’inscrivent dans la même logique. Le roi peut aussi bien dispenser un de ses sujets d’exécuter une peine d’un de ses tribunaux, qu’il peut l’emprisonner arbitrairement.

Quand François Hollande gracie Jacqueline Sauvage, la décision provoque un tollé chez les magistrats. Ces derniers avaient auparavant rejeté la demande de libération conditionnelle de la requérante, mais cette sentence fut balayée d’un revers de main présidentiel.


La subordination du parquet à la Chancellerie
En France, la justice n’est pas un pouvoir mais une autorité, c’est-à-dire que la légitimité appartient au pouvoir exécutif, qui daigne la transmettre à « l’autorité judiciaire ». Certes, la justice est réputée indépendante, mais c’est au Président – à travers l’article 64 de la Constitution – qu’il convient de garantir l’indépendance de l’autorité judiciaire.

Lors de l’audience solennelle de rentrée de la Cour de cassation, Emmanuel Macron, fidèle à son fameux « en même temps », a déclaré souhaiter que le parquet soit à la fois le relais de la politique pénale du gouvernement, tout en prétendant garantir l’indépendance du ministère public. Ces deux exigences semblent contradictoires : si le parquet était véritablement indépendant du pouvoir exécutif, les magistrats seraient alors libres de porter la politique pénale qu’ils souhaiteraient dans le respect de la loi.



D’ailleurs, depuis l’Ancien Régime, la position du procureur demeure ambiguë. Comme le dit l’adage : « La plume est serve, mais la parole est libre ». En effet, si le parquet est subordonné au ministère de la Justice, il existe une exception : lors des réquisitions à l’audience, où un magistrat du parquet reste libre de s’exprimer comme il l’entend, y compris en contradiction avec les pièces qu’il a précédemment versées à la procédure. Contesté par les magistrats, ce lien constitue un héritage régalien de plus au sein de la République.


Le statut juridictionnel du Président
Le Président ne peut être tenu responsable devant la justice ordinaire pour des actes commis durant son mandat. Cette irresponsabilité vaut aussi bien dans le domaine politique, pénal, civil qu’administratif. Seule exception prévue par la Constitution : « en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec l’exercice de son mandat » et devant la Cour pénale internationale (CPI).

Cette irresponsabilité correspond également à un héritage régalien : en effet, le roi n’était pas lié par les lois ordinaires. Il possédait une « immunité législative », étant à l’origine des lois du royaume.


Une monarchie encadrée par des droits fondamentaux
Si le monarque n’était pas soumis aux lois ordinaires, il l’était en revanche aux lois fondamentales du royaume. Son pouvoir étant de droit divin, la puissance du clergé, véritable contre-pouvoir, l’obligeait à respecter cette fondamentalisation du droit.

Pareillement, le Président ne peut aller à l’encontre des droits fondamentaux reconnus par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, et accolée à la Constitution via son préambule. La décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971 consacre cette valeur constitutionnelle du préambule de la Constitution.


Les pleins pouvoirs
Les constitutionnalistes préfèrent souvent utiliser le terme de « pouvoirs exceptionnels du président de la République ». Pourtant, le terme de « pleins pouvoirs » qualifie mieux l’article 16 de la Constitution et sa nature monarchique.

L’idée de cette disposition est qu’en période de crise, le Président retrouve la « plénitude de ses pouvoirs ». Cela se traduit par un cumul des pouvoirs exécutifs et législatifs, à l’instar du roi sous l’ancien régime.


Du lit de justice au 49-3
Le 49.3 est une disposition constitutionnelle qui permet à l’exécutif de faire adopter une loi sans que les parlementaires ne puissent l’amender, sauf à renverser le gouvernement. Durant le dernier quinquennat, son utilisation a été dénoncée comme « une sorte de coup d’État ».


Lit de justice tenu par Louis XV en la Grand’Chambre du Parlement de Paris

Cette pratique renvoie à une autre propre à l’Ancien Régime, le lit de justice. Lorsque les parlementaires refusaient d’enregistrer un texte, le roi venait présider en personne la séance du Parlement. Suivant l’adage « adveniente principe, cessat magistratus » (« quand le Prince arrive, les magistrats se taisent »), ces derniers perdaient alors leur rôle de juge pour redevenir de simples conseillers et devaient adopter le texte tel quel, sans pouvoir faire usage de leur droit de remontrance.


La dissolution
L’article 12 de la Constitution de 1958 offre au Président le pouvoir discrétionnaire de dissoudre l’Assemblée nationale. Son utilisation à sens unique – l’Assemblée ne peut renverser que le gouvernement et non le Président – a souvent créé la polémique, rappelant plusieurs dissolutions des régimes antérieurs.

Le 12 avril 1771, Louis XV et son chancelier Maupeou décident le renvoi et l’exil des Parlements, des institutions datant du Moyen âge qui exerçaient un pouvoir de justice délégué au nom du roi. Cette décision représente un acte fort de la monarchie, très décrié par la population. Si Louis XV avait affirmé lors de l’évènement : « Je ne changerai jamais », son successeur Louis XVI rappellera les Parlements lors de son accession au trône.

En 1830, Charles X tentera d’utiliser par deux fois l’article 14 de la charte de 1814 qui permet la dissolution du Parlement, rejetant ainsi le verdict des urnes et la logique parlementaire. Cette décision sera un échec et provoquera la Révolution des trois Glorieuses qui aboutira à la Monarchie de Juillet. Il en résultera l’adage : « Dissolution ne vaut qu’une fois. »

Le 16 mai 1877, le Président Mac Mahon utilise son pouvoir de dissolution à l’encontre d’une chambre élue l’année précédente, l’opposition crie alors au coup d’État. Convoqués, les électeurs renforcent leur précédent vote ; et Gambetta appelle le Président à « se soumettre ou se démettre. »


La question du régime : le véritable clivage gauche-droite
La question du régime est historiquement à l’origine du clivage gauche-droite depuis le vote qui décida de l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793. Dans l’hémicycle, les partisans de la République se répartirent à gauche, tandis que ceux qui souhaitaient sauver la royauté vinrent à droite.


Le procès de Louis XVI

Pour la gauche, la légitimité du pouvoir est populaire, comme le défend Jean‑Jacques Rousseau dans le Contrat social. Concrètement, cela s’est souvent traduit par une instabilité parlementaire que dénonçait Charles de Gaulle en juin 1946 dans son discours de Bayeux, à l’origine de la Ve République.



Le général défendait l’ordre et un parlement rationalisé. Ces idées correspondent à celles de la monarchie avec lesquelles renoue la Ve République. Le rôle du Président a, depuis, été renforcé par l’élection au suffrage universel du président de la République, ainsi que le passage au quinquennat qui assure systématiquement la majorité au chef d’État nouvellement élu.

Ainsi, la Ve n’est pas tout à fait « un régime parlementaire », sans être pas non plus un « régime présidentiel ». Selon les mots célèbres du professeur de droit Maurice Duverger, elle s’apparente plutôt à une « monarchie républicaine ».

La Ve République, a dès sa création, fait l’objet de critiques : en 1964, François Mitterrand publiait à son encontre un véritable réquisitoire, « Le coup d’État permanent ». Lors de la dernière présidentielle, Jean‑Luc Mélenchon et Benoît Hamon, entre autres, militaient pour son abolition et la proclamation d’une VIe République,. A l’inverse, Emmanuel Macron reste attaché à Ve, comme une permanence du clivage originel.

Dans l’interview de 2015 précédemment cité, l’actuel locataire de l’Élysée estimait que « la Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n’est plus là ! » Selon Emmanuel Macron, « ce qu’on attend du président de la République, c’est qu’il occupe cette fonction ».

À moins que la prochaine échéance présidentielle ne vienne lui rappeler la précarité d’un règne en République.
https://theconversation.com/de-louis-xvi-a-emmanuel-macron-lheritage-monarchique-de-la-v-republique-90324

Ca laisse songeur

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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Sam 27 Jan - 9:34

Tant que j'y suis, j'ajoute le lien du topic Macron à Versaille
http://maria-antonia.justgoo.com/t16722-macron-investit-versailles#344707

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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Sam 27 Jan - 17:14

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«Emmanuel Macron pense qu’il faut des substituts à la figure du roi»

INTERVIEW Le professeur Philippe Raynaud, qui publie ce mercredi «Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée» (Desclée de Brouwer) analyse les bouleversements liés à l'élection d'Emmanuel Macron à la présidentielle…


  • Philippe Raynaud publie ce mercredi Emmanuel Macron: une révolution bien tempérée (Desclée de Brouwer​).
    Le professeur de science politique​ à l’université de Paris II-Panthéon-Assas revient sur la campagne présidentielle et la victoire d'Emmanuel Macron qui a bouleversé le système politique français.
    Partisan d'une société libérale, admirateur de la figure du roi tout en étant dans la tradition présidentialiste, Emmanuel Macron y apparaît comme une personnalité complexe.

L’élection d’Emmanuel Macron à la présidentielle a bouleversé la politique française et fait exploser le système partisan. Dans Emmanuel Macron : une révolution bien tempérée ( éd. Desclée de Brouwer, 16,90 euros) publié ce mercredi, Philippe Raynaud, professeur de science politique à l’université de Paris II-Panthéon-Assas, analyse la campagne et les nouveaux schémas politiques. Pourquoi le président de la République admire-t-il la figure du roi ? Quelles sont les limites de son pouvoir présenté comme « jupitérien » ? 20 Minutes a posé quelques questions au professeur et politologue…

Quelle est l’ambition de ce livre évoquant la « révolution » d’Emmanuel Macron ?
J’ai publié il y a un an un livre sur l’esprit de la Ve République, qui était une réflexion sur la transformation du système politique depuis 1958. Avec ce nouvel ouvrage, je prolonge mes analyses, notamment sur la crise du système bipartisan. La supériorité d’Emmanuel Macron réside dans le fait qu’il a mieux compris cette crise politique que les autres candidats à la présidentielle.

« La révolution d’En Marche se situe à l’intersection de 1789 et la tradition whig » en Angleterre. Que voulez-vous dire ?
Durant la campagne électorale, Emmanuel Macron a établi un lien entre la société [contemporaine] et celle de l’Ancien régime en crise. Il a par ailleurs organisé un clivage entre progressistes et conservateurs, sur le modèle des whigs [libéraux] contre les tories [conservateurs] dans l’Angleterre des XVIIIe et XIXe siècles : il a opposé l’élite des villes et la bourgeoisie en province, l’innovation contre la tradition, la finance contre la rente foncière… Je prends un exemple pour illustrer cette structuration : la réforme de l’ISF, l’IFI, voulue par Emmanuel Macron, cible la fortune immobilière, pas les capitaux mobiliers [dividendes ou intérêts].

Selon vous, « Emmanuel Macron pense que la République n’a jamais remplacé la figure du roi ». Pourquoi ?
Ce n’est pas moi qui parle de cette figure mais Emmanuel Macron lui-même, dans une interview à Le 1 durant la campagne. D’un côté, il se place dans une tradition présidentielle, voire présidentialiste de la Ve République tant par sa culture que son parcours technocratique. Mais il a aussi un imaginaire favorable à certains souvenirs de la monarchie. On l’a vu ensuite avec l’utilisation du château de Versailles, ou encore le rétablissement des chasses présidentielles à Chambord. Emmanuel Macron ne souhaite pas une restauration de la monarchie, mais il pense que le règlement violent et radical de cette question sous la Révolution pose toujours problème. Il pense qu’il faut aujourd’hui des substituts à cette figure.

Vous estimez que le président peut « réaliser l’essentiel de son programme car à terme, les batailles politiques à venir se joueront davantage sur les questions identitaires qu’économiques ». Pourquoi ?
Pour l’instant, Emmanuel Macron a triomphé d’obstacles jugés auparavant insurmontables. L’opposition à la loi travail n’a pas été immense, et il n’apparaît pas, aujourd’hui, que la sélection à l’université va engendrer un grand mouvement d’opposition. Mon hypothèse est qu’il peut réussir l’essentiel de son programme socio-économique si la conjoncture économique est favorable, mais cela ne neutralisera évidemment pas toute l’opposition conservatrice. Celle-ci estime que le succès d’Emmanuel Macron n’empêchera pas le ressentiment et qu’elle peut fédérer dans cette situation. Le cas du président polonais Lech Kaczyński [2005-2010] est ici exemplaire. Ce dernier, conservateur, a été élu alors que le gouvernement précédent avait une économie saine. On peut donc imaginer ce scénario d’un retour des conservateurs après Emmanuel Macron, sans qu’il y ait de crise économique aux effets importants. Ce qui se passe avec les populismes en Europe centrale montre que cette situation n’est pas qu’une théorie.

Pourquoi rappeler que le dieu Jupiter, dont Emmanuel Macron est fan, n’est pas le seul dieu du panthéon ?
C’est une remarque. Jupiter est le premier des dieux mais ce n’est pas un dieu unique. S’il transcende l’opposition, toutes les sphères d’opposition ou de valeurs ne lui sont pas soumises. Je souhaite rappeler que Jupiter est puissant, mais qu’il n’est pas le seul dieu.

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud
http://www.20minutes.fr/politique/2207447-20180124-emmanuel-macron-pense-faut-substituts-figure-roi

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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Sam 27 Jan - 17:23

Dans le genre régalien il veut rétablir les chasses présidentielles aussi Sad Sad Sad

Il n'y a rien d'anodin dans le rétablissement de cette tradition. La chasse était sous l'ancien régime une prérogative de l'aristocratie. L'activité reste prisée des grands de ce monde et participe d'une pratique de la distinction. Elle est toujours l'occasion de nouer des liens, de renforcer des alliances, autour d'une activité fédératrice. Fusil à la main, et loin des caméras.

quelle idée idiote !!!
criminelle !!!! Sad Sad



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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   Lun 29 Jan - 11:57

Il a passé par ici, il repassera par là. Du coup, certains se demandent s'il n'en fait pas trop.
http://www.planet.fr/politique-selfies-anglicisimes-versailles-emmanuel-macron-en-fait-il-trop.1496219.29334.html

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MessageSujet: Re: De Louis XVI à Emmanuel Macron, l’héritage monarchique de la Vᵉ République   

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