Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 les enfants adoptés

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pimprenelle
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MessageSujet: les enfants adoptés   Ven 15 Juin - 12:55

En relisant un des plus beaux ouvrages qui aient été écrits sur Marie Antoinette, celui de Philippe HUISMAN et Marguerite JALLUT, Marie Antoinette, l'impossible bonheur, Vilo, 1970, je suis tombée par hasard sur des renseignements au sujet des enfants adoptés par Marie Antoinette.

Comme nous nous étions posé quelques questions à ce propos, j'ouvre un topic. flower

Les auteurs du livre constatent que Marie Antoinette a elle-même gardé la fraîcheur et la spontanéité de l'enfance. Comme le rappelait Zoom, elle aimait à s'entourer d'enfants (et de chiens, aussi, en effet... Wink ).

C'est ainsi que, dès son arrivée, elle s'amuse à jouer avec le fils d'une de ses dames, Madame de Misery, ce qui offusque Mercy. Quelques années plus tard, elle adopte François Michel Gagné, qu'elle rebaptise Armand. (Remarquons au passage que c'est le nom du fils aîné de Madame de Polignac...)

La protection royale s'étend à toute la famille du petit garçon. Son frère, qui manifeste des dons pour la musique, aura ainsi la faculté de suivre un bon enseignement, et deviendra en 1787 violoncelliste du roi. La reine l'aidera jusqu'à la limite de ses possibilités : en 1792 encore, elle lui envoie de l'argent pour l'assister dans sa carrière.

Nous avons évoqué déjà le comportement d'Armand, qui, oubliant sa bienfaitrice, se battra jusqu'à la mort dans les armées républicaines.

Les deux autres enfants de la famille jouiront eux aussi de la protection de la reine. C'est ainsi que, lorsque Marie Madeleine Gagné se marie, son contrat stipule à son actif 3000 livres provenant des bienfaits qui lui ont été faits par la défunte, alors femme de Louis Capet, qui a pris soin de son entretien jusqu'à la révolution du 10 août.

Pour arrondir les angles du caractère de Madame Royale, Marie Antoinette choisit de lui donner une compagne, Marie Philippine Lambriquet, fille d'une femme de chambre de Madame Royale et d'un garçon de chambre de Monsieur.

Elle est elle aussi rebaptisée, et devient Ernestine, d'après l'héroine d'un roman de Madame Riboconi à la mode. La petite fille passe toutes ses journées avec Mousseline. Lorsque, en avril 1788, Madame Lambriquet meurt, Marie Antoinette décide d'élever tout à fait Ernestine avec sa fille. On installe pour elle un appartement chez Madame de Polignac, et les petites filles partagent jeux, leçons et vêtements. (On pense bien sûr ici à la propre enfance de Marie Antoinette et à la relation quasi gémellaire qu'elle entretenait avec sa soeur Charlotte. A-t-elle voulu reproduire ce schéma ?)

Elles prennent leurs repas ensemble et chacune est servie la première alternativement. Ernestine accompagne Mousseline à Saint Cloud et la suivra aux Tuileries. Elle feront leur communion ensemble en mars 1790 en l'église Saint Germain l'Auxerrois.

Quant à Zoé, elle est la plus jeune fille d'un huissier de la chambre de Louis XVI. Lorsque son père et sa mère meurent à quelques mois de distance, Marie Antoinette, alertée par Hüe (je sais, Zoom... Rolling Eyes ), adopte immédiatement les orphelins. Les deux aînées sont placées au couvent de la Visitation et la cadette, Jeanne Louise Victoire, qui a le même âge que Louis Charles, est installée dans les appartements royaux. Rebaptisée Zoé, elle sera la compagne de jeux de Chou d'amour aux Tuileries, de 1790 à 1792.

On sait que Marie Antoinette vint encore en aide à d'autres enfants, comme ce petit garçon noir, qu'elle avait reçu du chevalier de Boufflers en guise de cadeau souvenir du Sénégal. La reine le fit baptiser, l'appela Jean Amilcar et le garda à la cour jusqu'aux journées d'octobre, où elle le fit entrer dans une institution pour enfants à Saint Cloud. Elle paiera ses mensualités jusqu'au 10 août 1792.

La fuite a Montmédy provoque des bouleversements aux Tuileries. Marie Antoinette confie Ernestine à son père et Zoé rejoint ses soeurs au couvent. Ernestine, elle, reviendra près de Mousseline. Quand la famille royale doit abandonner le château, elle sera emmenée par Madame de Mackau, la sous gouvernante.

Pendant son incarcération au temple, Marie Antoinette s'inquiète de ses enfants adoptifs. Elle reçoit des nouvelles de Zoé, mais plus d'Ernestine. Son père sera guillotiné sous la Terreur. A sa libération, Marie Thérèse Charlotte demandera à quitter la France avec sa soeur adoptive, mais les enquêteurs du Directoire ne la retrouveront pas. Plus tard, à son retour à Paris en 1814, elle cherchera encore Ernestine... en vain. Celle-ci est morte quelques mois plus tôt.

Voilà les renseignements puisés chez Huisman et Jallut.

On peut en trouver d'autres sur le site de Maialen :
http://madameroyale.free.fr/lambriquet.htm
et sur wiki :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Comtesse_des_T%C3%A9n%C3%A8bres

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 15 Juin - 17:10

Merci Pim! cheers

La question des enfants adoptifs de Marie-Antoinette est malheureusement plus que survolée par les historiens, et du coup ce sujet reste très vague...mais là tu recadres très bien les choses flower

J'ai toujours trouvé admirable l'amour qu'avait Marie-Antoinette pour les enfants, dès son adolescence...au début elle jouait avec eux, étant Dauphine, même contre l'avis de la Comtesse de Noailles ou de Mercy, et après effectivement elle en a adoptés.

Citation :
Pendant son incarcération au temple, Marie Antoinette s'inquiète de ses enfants adoptifs.
Ceci fait plaisir à lire, car il est vrai qu'il y a des doutes quant à l'attention que Marie-Antoinette portait sur Armand après avoir accouché de Marie-Thérèse...par exemple il se pourrait qu'elle l'ait un peu délaissé au profit de ses enfants légitimes, ce qui expliquerait le futur révolutionnaire du petit Armand.
Mais...Marie-Antoinette était aussi du genre à vite s'inquiéter et à demander des nouvelles très souvent de son entourage...donc qu'elle s'inquiétait pour ses enfants adoptifs quand elle était au Temple me semble très logique aussi. Very Happy

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 15 Juin - 17:39

Oui, ce qui ressort de l'étude de Huisman et Jallut à propos des enfants adoptifs, c'est qu'ils n'étaient pas des caprices dont Marie Antoinette se serait lassée au bout d'un temps. Rolling Eyes Non, au contraire, elle les a entourés et suivis tant qu'elle l'a pu.

Et Mousseline était sincèrement attachée à Ernestine.

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 27 Juil - 12:20

En mal d'enfant, Marie-Antoinette se fait donner, en 1776, pour l'élever ,un petit paysan orphelin qui a failli être renversé par Son carosse.
Les témoignages divergent sur l'âge du garçon (entre trois et cinq ans ) mais le décrivent généralement comme vif et très beau, avec des cheveux blons et de grands yeux bleus. Le chevalier a fait son portrait : il est plutôt brun...
L'enfant s'appelle François-Michel Gagne, mais sa nouvelle protectrice le renomme Armand et l'habille avec raffinement , le fait déjeuner avec Elle et entreprend de lui donner une éducation soignée. Elle protège toute sa famille . L'un de ses frère, Denis, est nommé violoncelliste du Roi en 1787, et sa soeur, Marie-Madeleine, mariée après l'exécution de la Reine, touche encore, d'après Jean Chalon, 3000 livres provenant des sommes données par la "Veuve Capet".
Quant à "Armand", qui a une vingtaine d'années en 1792, il devient, selon Madame Campan, crainte de se voir reprocher le patronage royal dont il a bénéficié, "le terroriste le plus sanguinaire de Versailles".
Il est tué à la bataille de Jemappes.

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 27 Juil - 22:26

Le cas Armand est vraiment surprenant et intéressant : comment un tel enfant élevé à Versailles à la cour a t'il pu devenir révolutionnaire?
Les réponses sont nombreuses...parmi elles, le fait qu'il n'a pas vraiment désiré être adopté à priori, le fait qu'il ait été un peu délaissé par la suite par Marie-Antoinette une fois Marie-Thérèse née...ou alors par convictions propres...dur à dire...

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Mar 28 Aoû - 20:42

Une très jolie gravure illustrant le jeune Armand avec Marie-Antoinette Very Happy


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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Mar 28 Aoû - 20:44

Ah, merci ! C'est très joli, en effet... et on sent bien la défiance du petit garçon qui ne comprend pas trop bien ce qui lui arrive.

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Mar 28 Aoû - 20:50

Exact! Wink
Ainsi que la tendresse de Marie-Antoinette pour celui qu'elle appellera "mon enfant" quelques temps.

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Mar 20 Nov - 15:47

Vers 1791, peu après Varennes, un officier de la chambre du Roi (M. de Chaumont) et sa femme moururent à peu de jours d'intervalle, laissant ainsi derrière eux trois orphelines en bas âges et peu riches.
"Je les adopte" aurait dit marie-Antoinette : elle plaça les deux aînées au couvent, en payant leur pension, et elle fit élever sous ses yeux la plus jeune.
Décidément...généreuse jusqu'au bout! Very Happy

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Mar 20 Nov - 16:40

Ne s'agit t'il pas de Zoé ? Mais je crois qu'elle était arrivée en 1790 ?
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Mar 20 Nov - 16:51

Ah si ! vous avez raison. Il doit s'agir de Zoé

Je n'avais pas le raprochement car selon la chronologie de Hüe ça se passe après Varennes donc courant 1791...et il ne nomme pas ces trois soeurs...mais effectivement vous avez raison il doit y avoir confusion sur les dates car c'est bien elle :s:

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Dim 1 Juin - 15:46

J'ai déplacé les quelques messages de ce sujet sur Ernestine dans ce nouveau sujet qui lui est consacré Wink
Oui elle n'est pas un enfant de Marie-Antoinette, mais bon ainsi son sujet sera à côté de ceux sur Madame Royale

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Jeu 23 Juil - 15:38

Le net nous gratifie de cet article intéressant autant qu'interpelant :

Les enfants adoptés de Marie-Antoinette



Mes lectures d’été m’ont fait découvrir une page d’histoire assez étonnante et
quasiment inconnue, que j’évoque ici en pensant que les généalogistes pourront
peut-être aider l’historien. L’histoire est très simple. Je l’ai moi-même
découverte en lisant un récent numéro du précieux Intermédiaire des Chercheurs et
Curieux
(673-674, de janvier-février 2009).
1776. Mariée depuis six
ans, Marie-Antoinette, se languit de ne pas avoir d’enfants – Mme Royale ne
naîtra qu’en 1778 – et cherche à en avoir autour d’elle. Au cours d’une
promenade, son carrosse renverse, à Bougival (78), un petit garçon, Louis-Michel
Gagné. L’enfant, fils de vignerons et orphelin, est élévé par sa grand-mère,
avec ses deux frères et sa soeur. La reine, profondément émue, n’a pas grand mal
à convaincre la vieille de lui confier toute la fratrie. Elle prend alors
Louis-Michel avec elle à Versailles, le rebaptise Armand et ne cessera pas de le
faire traiter comme un prince, l’enfant prenant même ses repas à la table des
souverains. Malheureusement, celui-ci épousera – sans doute par lâcheté – les
idées républicaines, deviendra un vrai terroriste et tombera finalement à la
bataille de Jemmapes.
Mais les protections et subventions royales ont
également profité à ses frères et sœurs : l’un des frères d’Armand était devenu
violoncelliste du roi ; l’article signale que le contrat de mariage de leur
sœur, Marie-Madeleine Gagné, daté de 1794, fait état d’un apport de "3 000
livres, provenant des bénéfices donnés par la défunte veuve Capet".

D’où ma question : Marie-Madeleine a-t-elle laissé une descendance et
celle-ci a-t-elle profité des libéralités royales ? Ni cet article, ni un site
dédié à Marie-Antoinette (citons ici celui de l'Association Marie-Antoinette :
www.marie-antoinette-association.com) ne donne malheureusement
ni le nom de l’époux, ni les coordonnées du mariage ou du contrat, qui semble
pourtant avoir été retrouvé par les historiens ayant approché cette question.
Mes recherches pour le retrouver ont été vaines… Quelqu’un saurait-il trouver un
fil conducteur ?
http://geneinfos.typepad.fr/geneinfos/2009/07/les-enfants-adoptes-de-marieantoinette.html

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 9 Juil - 12:08

Chou d'amour a écrit:
Le cas Armand est vraiment surprenant et intéressant : comment un tel enfant élevé à Versailles à la cour a-t-il pu devenir révolutionnaire?
Les réponses sont nombreuses...parmi elles, le fait qu'il n'a pas vraiment désiré être adopté à priori, le fait qu'il ait été un peu délaissé par la suite par Marie-Antoinette une fois Marie-Thérèse née...ou alors par convictions propres...dur à dire...

Je pense que l'on peut ajouter aussi le mépris des courtisans, il faut voir comment étaient traités les enfant légitimés de Louis XIV qui étaient pourtant des enfants du Roi. Leur descendance le payait encore bien longtemps après
puisque le Duc Penthièvre et sa famille malgré leur fortune restaient que des légitimés.
Pour en revenir à Armand, je pense qu'il y avait de la part de Marie-Antoinette un désir de le protéger de ce monde tout en gardant un "œil" sur lui.
Cela a dû être mal interprété par Armand qui y voyait sûrement un mépris de sa condition.
Les idées nouvelles n'ont sûrement rien arrangées.
Avait il dans son entourage des personnes qui ont terni l'image de la Reine à ses yeux ?
Marie-Antoinette avait du cœur nous nous le savons !!! Mais les contemporains ne le savaient pas et faisaient semblant de ne pas le savoir...
Aucune justice pour ce bon cœur
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MessageSujet: les enfants adoptés   Ven 9 Juil - 13:48

si nous suivons bien les enfants les plus célèbres qui ont été adoptés par la reine, en ce qui concerne le petit enfant noir, je crois me souvenir qu'il a eu une triste fin !!!

Il aurait été chassé de sa pension après le 10 Août 1792 l'argent n'étant plus versé par la Reine et il aurait fini dans la rue , à ne pas confondre avec la fin de ZAMOR !!!!!

Je vais me replonger dans le GRAND LENOTRE où je me rappelle avoir lu cette histoire !!!!!! profitez pour le lire ou le relire.

Amicalement MARIE ANTOINETTE

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 9 Juil - 13:53

MARIE ANTOINETTE a écrit:

Je vais me replonger dans le GRAND LENOTRE où je me rappelle avoir lu cette histoire !!!!!! profitez pour le lire ou le relire.

Amicalement MARIE ANTOINETTE


C'est ce qu'il y a de plus agréable avec Marie-Antoinette c'est que l'on a toujours une bonne raison de relire et relire et relire... sa vie (je n'ai pas assez de "relire")
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 20 Jan - 15:03

Chose promise, chose due, je viens de trouver un tiré à part de 1913 de la Revue de l'HISTOIRE DE VERSAILLES ET DE SEINE ET OISE article de Monsieur MOUSSOIR - "LE PETIT INDIEN DE LA REINE MARIE ANTOINETTE" je l'ai acheté immédiatement, et surprise il s'agissait de JEAN AMILCAR dont je ne retrouvais pas de "biographie complète" !!!!!!! la patience des chercheurs et curieux !!!!!!

au milieu de 1787 Monsieur de BOURNEUF , officier au bataillon d'afrique, tenant garnison au SENEGAL, amenait à PARIS un petit nègre que le CHEVALIER DE BOUFFLERS offrait à la REINE.

Nommé GOUVERNEUR DE LA COLONIE, il était revenu à PARIS en AOUT 1786 rapportant quelques souvenirs - une perruche offerte à la Reine, un petit nègre donné à MADAME DE SABRAN et que les enfants de celle-ci appelèrent VENDREDI, un autre nègre nommé ZIMEO pour Monsieur et Madame DE BLOT et une jeune négresse nommée OURIKA pour Monsieur DE BEAUVAU (oncle de Monsieur DE BOUFFLERS)

la Reine avait-elle manifesté son regret de n'être comprise dans cette distribution que pour une perruche, et le désir d'avoir, elle aussi, un petit indien,
toujours est-il que le CHEVALIER envoyait un petit sénégalais de 5 ou 6 ans - il est à PARIS le 11 Août 1787 et quelques jours plus tard à VERSAILLES
- acte de baptème - paroisse NOTRE DAME - 20.8.1787 JEAN AMILCAR , enfant de couleur, né aux ISLES DU SENEGAL , dans l'année 1782 a été baptisé - parrain JEAN MULLER, grçon des garçons de la chambre de la Reine, et marraine MARIE JEANNE GRONGNET, épouse du parrain.

La reine ne transforma pas l'enfant en jouet vivant ..... Destiné à prendre place dans la domesticité de la Cour... confié par la bonté de la Reine à l'un des serviteurs, l'enfant allait grandir en se préparant à son futur métier sans être réduit à un simple role d'amusement comme un animal exotique, singe ou perruche.

Il vit le départ de la Famille Royale et resta à VERSAILLES avec le reste de la domesticité laissée sur place.
dans les derniers jours d'OCTOBRE 1789 la Reine fit savoir qu'elle désirait que l'enfant fut placé à SAINT CLOUD dans la pension de Monsieur BELDON, elle s'engageait à régler la pension de 400 livres par an.

L'enfant fut conduit par FLANCHET , piqueur des écuries de la Reine le 1er janvier 1790 - Monsieur DE SALVERT, écuyer de la Reine payait la pension, payable d'avance, pour l'année 1790 - BELDON fut payé régulièrement pour 1791 et 1792.

Monsieur DE SALVERT ne revint pas pour 1793 - le 10 Août 1792 avait achevé la ruine de la Monarchie et la liste civile n'était plus payée !!!!!!

JEAN AMILCAR n'est plus que "le petit indien de la ci-devant REINE"
BELDON n'est pas riche et ne pouvait garder l'enfant - il s'était attaché à lui et ne pouvait se résoudre à le jeter brutalement dehors.
Le 12 MAI 1793, il adresse à la CONVENTION une pétition dans laquelle il expose par qui et dans quelles conditions AMILCAR lui a été confié.

La CONVENTION renvoie la pétition au COMITE DE SECOURS PUBLIC pour faire un rapport sous 3 jours !!!!!
le COMITE demande le 10 Juin que la municipalité certifie l'énoncé de la pétition - le lendemain la MUNICIPALITE envoie le certificat demandé.

Après de nombreuses démarches et pièces fournies !!!!!!
le 22 Octobre 1793 Le Directoire du district de VERSAILLES s'occupe de la demande de BELDON - il est considéré qu'il entre dans la classe des
enfants qui ont droit aux secours accordés par le décret du 28 Juin 1793 " en ce qu'il a été victime des ci-devant dont l'orgueil s'entendoit à acheter des hommes d'une nation étrangère pour en faire des dons sous l'espoir que ce vil trafique leur procurerait soit des places à la cour ou accelèreroit et donneroit jour à une décision avantageuse à leurs injustes demandes pour les priver de leur liberté , se les attacher et les traiter comme des esclaves."

Accord pour régler au CITOYEN BELDON les frais de nourriture et d'entretien qu'il fournit à JEAN AMILCAR ; que ledit AMILCAR doit rester chez BELDON
jusqu'à la fin de 1794 époque à laquelle ledit CITOYEN AMILCAR aura atteint l'âge de 12 ans, et doit être mis en Apprentissage aux frais de la Nation.

L"argent n'arrivant pas BELDON relance l'affaire le 1ER novembre 1793 - cinq semaine d'attente et accord le 24 décembre 1793

en parcourant le mémoire des dépenses d'entretien , on s'aperçoit que l'élégance de l'enfant se ressent des mauvais jours sitôt venus !!! dans le mémoire du 9 janvier au 30 décembre 1794 - il est question de culottes racommodées, de souliers ressemelés , de bas rallongés etc....
dans le mémoire du 6 septembre 1795 il compte "un habit acheté au hazard(d'occasion) un chapeau de même !!!!!

Les temps sont de plus en plus durs, BELDON est obligé de quitter sa pension et part à PARIS avec l'enfant et demande qu'on lui paye la pension qi n'est plus versée en expliquant qu'il vit dans une misère noire - après 3 mois d'attente, il reçoit un mandat de 652 livres qui porte la pension annuelle d'AMILCAR à 800 livres par an.
L'Administration de SEINE ET OISE prévoit que BELDON ayant quitté sa pension, il serait possible que le gouvernement qui lui avait confié l'éducation du jeune AMILCAR, "ne voulut pas le lui laisser comme simple particulier, à moins qu'il ne l'adoptat définitivement par un acte légal".

AMILCAR est dans sa 14° année et il ne lui reste que BELDON dont il partageait la misère !!!

en Février/Mars 1796 il fut admis à l'ECOLE NATIONALE DE LIANCOURT
fondée par le DUC DE LA ROCHEFOUCAULD ,elle admettait dès l'âge de 7 ans, des enfants orphelins ou fils d'invalides ou de miltaires persionnés pris pami les plus pauvres - ils apprenaient un métier manuel.
Elle devait devenir L'ECOLE DES ARTS ET METIERS DE CHALONS

Le 18 MAI 1796 BENEZECH fait savoir que BELDON lui a annoncé le décès de l'enfant.Il serait mort à PARIS à l'HOSPICE DE L'UNITE qui est en 1913 l"HOSPICE DE LA CHARITE, au coin de la rue Jacob et de la rue des Saint Pères.

BELDON fut autorisé à garder les quelques objets appartenant à AMILCAR
"un petit couvert en argent, une timbale de même métal, un coucher complet pour un enfant et quelques habits de nulle valeur".

le Président du Département lui écrivait à sa nouvelle adresse RUE DES FOSSOYEURS
"l'Administration en vous accordant ces effets, n'aura pu les regarder que comme une très foible indemnité des avances que vous avez faites pour ce jeune indien,et surtout des soins que vous avez donnés à son éducation".

JEAN AMILCAR est certainement enterré dans une fosse commune du cimetière montparnasse dont dépendait l'hospice !!!!!!!!


(j'ai gardé l'orthographe de certains passages d'époque, mais me suis permise de faire quelques coupures dans le texte qui comporte 20 pages)

Amicalement MARIE ANTOINETTE
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 20 Jan - 15:24

Merci, très chère MARIE-ANTOINETTE, pour ces précieuses informations Very Happy

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 20 Jan - 16:25

MARIE ANTOINETTE a écrit:
au milieu de 1787 Monsieur de BOURNEUF , officier au bataillon d'afrique, tenant garnison au SENEGAL, amenait à PARIS un petit nègre que le CHEVALIER DE BOUFFLERS offrait à la REINE.

Nommé GOUVERNEUR DE LA COLONIE, il était revenu à PARIS en AOUT 1786 rapportant quelques souvenirs

Il écrit :

Ce 19 ( juillet 1786 )

Tout ce que j'apporte, et ce n'est pas grand chose, meurt autour de moi . J'ai perdu un perroquet vert à tête rouge que je destinais à Elzéar, deux petits singes que je réservais pour Mme de Poix, la spatule de l'évêque de Laon
( ??? ), cinq ou six perruches .... ( ... ) Il me reste une perruche pour la reine, un cheval pour le maréchal de Castries, une petite captive pour M. de Beauvau, une poule sultane pour le duc de Laon, une autruche pour M. de Nivernais, et un mari pour toi .

MARIE ANTOINETTE a écrit:
et une jeune négresse nommée OURIKA pour Monsieur DE BEAUVAU (oncle de Monsieur DE BOUFFLERS)

Ourika devint plus tard l'héroïne du roman du même nom publié par Mme de Duras en 1823 .  Le roman commence par ces mots :

Je fus rapportée du Sénégal à l'âge de deux ans, par M. le chevalier de B. qui en était gouverneur . Il eut pitié de moi un jour qu'il voyait embarquer des esclaves sur un bâtiment négrier qui allait bientôt quitter le port ; ma mère était morte, et l'on m'emportait dans le vaisseau malgré mes cris . M. de Boufflers m'acheta, et, à son arrivée en France,  à Mme le maréchale de B. , sa tante, la personne la plus aimable de son temps, et celle qui sut réunir aux qualités les plus élevées, la bonté la plus touchante .

La vraie Ourika mourut d'une pneumonie, à l'âge de seize ans, au grand chagrin de Mme de Beauvau .
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 20 Jan - 17:06


Merci beaucoup chères amies. Very Happy .... La destinée de ces enfants fut bien triste ...
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 20 Jan - 17:09

Le petit enfant de deux ans est mentionné au milieu des perruches, singes, autruche ......
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 20 Jan - 17:11

Citation :
Le petit enfant de deux ans est mentionné au milieu des perruches, singes, autruche ......

... ça m'en sert la gorge ...
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Dim 22 Jan - 19:25

Des détails bien affligeants... Sad
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Mer 8 Fév - 21:05

Merci pour vos recherches toujours plus intéressantes les unes que les autres. Il est vrai que tous ces enfants adoptés par la Reine sont passé outre dans l'Histoire!! C'est bien malheureux de ne pas montrer sa gentillesse une fois de plus!
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Lucrezia P

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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   Ven 5 Aoû - 21:28

J'ai trouvé un article bien fait sur les enfants adoptés par la Reine.
http://www.lovapourrier.com/marie-antoinette-et-les-enfants

_________________
Je préfère l'original à la copie
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MessageSujet: Re: les enfants adoptés   

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