Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Così fan tutte à l'Opéra de Versailles

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Chakton

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MessageSujet: Così fan tutte à l'Opéra de Versailles   Lun 6 Nov - 11:14

Ca promet du tout grand !

Le metteur en scène Ivan Alexandre s'attaque à cet opéra de Mozart, sur un livret de Da Ponte, à partir du 8 novembre à l’Opéra de Versailles.


Cosi van tutte de Mozart à partir du 9 novembre à l'Opéra de Versailles.
© Mats Backer/Drottningholms Slottsteater

Dirigé par Marc Minkowski, interprété par les Musiciens du Louvre, cet opéra fait partie de la trilogie Mozart/Da Ponte, avec Don Giovanni et Le nozze di Figaro. Ces deux derniers ont été donnés à l'Opéra de Versailles les saisons passées. Rencontre avec Ivan Alexandre, le metteur en scène.

► EN SAVOIR PLUS | Così fan tutte de Mozart, à l'Opéra de Versailles, du 8 au 12 novembre 2017.
https://www.franceinter.fr/emissions/classic-co/classic-co-05-novembre-2017

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globule
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MessageSujet: Re: Così fan tutte à l'Opéra de Versailles   Dim 12 Nov - 14:55

Pourquoi l'opéra ne pourrait-il pas toujours être aussi simple, fluide, léger ? Pourquoi cet art que nous chérissons tant serait-il forcément un spectacle de l'égo, une foire d'individualités ?


© Mats Bäcker

L'exploit banal, ordinaire du tandem Alexandre/Minkowski (qui renouvelle celui qu’ils avaient réalisé il y a quelques mois avec Don Giovanni), consiste simplement à faire de la musique, ensemble. Cela passe d'abord par une disposition d'esprit, la possibilité de devenir à nouveau naïf devant une partition mille fois lue : il faut donc s'étonner encore, rire vraiment lorsqu'il faut rire, pleurer vraiment lorsqu'il s'agit de pleurer. En un mot, prendre au sérieux la musique plutôt que de se prendre soi-même au sérieux. Et puis il faut être libre, s'affranchir de la grande tradition d'interprétation, comprendre à nouveau ce que la musique a à nous dire, faire « comme si » c'était la première fois.

Libre, la direction de Marc Minkowski l'est assurément, insolente et indolente. Suspensions, déroulés, attentes, précipitations, le fil mozartien se noue et se dénoue, se tend et se détend à volonté. La phalange des Musiciens du Louvre est quasi-irréprochable, en confiance avec son chef, souple, laissant l’élasticité nécessaire à sa direction nerveuse. Silences et relances sont admirablement menés, et saluons le travail toujours exemplaire fourni au continuo par Luca Oberti, dont le pianoforte n’est pas un simple accompagnateur mais bien le septième personnage de l’intrigue. Ses interventions sont autant de ponctuations au service de récitatifs reprenant la place qu’ils doivent avoir chez Mozart : la première.

Travail acharné qui doit être aussi salué chez les chanteurs-acteurs : on sait à quel point il est ingrat de consentir à redonner la priorité au récit, à l’action, sur l’air soliste. Ils le font de bonne grâce, avec le sourire : c’est qu’ils s’amusent ! Déjà, hilares sur scène quinze minutes avant le début du spectacle, ils discutent, se rhabillent, jouent aux cartes. Ils resteront tous sur scène durant la quasi-totalité des trois heures de l’ouvrage, n’étant plus simplement « solistes », mais membres d’une joyeuse troupe.

C’est que la mise en théâtre d’Ivan Alexandre a besoin d’une telle troupe pour réaliser son projet dramatique. Sur le même théâtre de tréteaux que dans les deux premiers volets de la trilogie montés à Versailles et Drottningholm, auquel sont toujours attachés ces rideaux qui structurent l’espace, le metteur en scène tisse les liens imaginaires entre Les Noces, Don Giovanni et Cosi. Cherubino, l’adolescent qui adule toutes les femmes du palais, a grandi : il est devenu Giovanni, le macho intrépide. Revenu des enfers, mais devenu trop vieux pour consommer son désir lui-même, Cherubino-Giovanni-Alfonso règle son petit théâtre de sexe et de lucre à distance, sans oublier tout de même de passer la main sous le decolleté de la servante. L’idée, qui aurait pu être creuse et s’arrêter à sa seule énonciation, est au contraire pleine de sens, prétexte à de savoureuses citations croisées (« Notte e giorno faticar », « Voi che sapete »). Elle est soutenue par une inventivité rare, une poésie du geste et de l’attitude que l’on devine être les fruits d’un travail long et engageant. Elle repose enfin sur l’intelligence d’une scénographie (décors et costumes somptueux d'Antoine Fontaine) qui n’a pas fini de livrer ses astuces : ces voiles qui se lèvent pour figurer le bateau du départ ; ces rideaux qui se tirent, faisant s’envoler les illusions des deux amantes. Voilà une mise en scène qui traite la musique au pied de la lettre, devient son esclave.


© Mats Backer

Encore une fois, on ne saurait louer ce travail collectif splendide en jugeant trop isolément les chanteurs qui y concourent : il faut dire avant tout que les voix sont belles, jeunes et adaptées au lieu, et c’est déjà le principal. Tressons des lauriers à Jean-Sébastien Bou, Alfonso resté et Cherubino et Giovanni, à la fois salaud libidineux et homme-enfant admirant trop les femmes pour leur faire vraiment du mal. La présence est admirable, bien que non tapageuse, et la voix garde l’autorité parfaite du personnage. Ce que Robert Gleadow trouvait de désinvolture et d’allure dans Leporello, il le reproduit, sans une certaine cabotinerie, chez Guglielmo, exposant une vocalité sans défaut. Son camarade Anicio Zorzi Giustiniani, l'archétype du ténor jeune premier cisèle pour Ferrando un magnifique « Un'aura amorosa ». Chez les femmes, c'est festival ! Ana Maria Labin, Donna Anna la dernière fois, est une Fiordiligi ample et veloutée, une héroïne d'opera seria, nous donnant peut-être le plus beau « Come scoglio » que l'on ait entendu. Le reste du trio est équitablement talentueux : l'autre soeur (Serena Malfi), même sensibilité dans un autre tempérament ; Despina (Maria Savastano), espiègle servante doublée d'un timbre sucré.

Maintenant, on voudrait qu'Ivan Alexandre reprenne les mêmes tréteaux et les mêmes rideaux, peut-être les mêmes chanteurs, et qu'y jouent et chantent Violetta et Alfredo, Leonore et Florestan, et pourquoi pas Siegfried et Brünnhilde. Cela ne coûterait pas très cher, on y emmènerait les écoles et on écrirait au fronton du théâtre de bois : « L'opéra, c'est la liberté ! »
Par Maximilien Hondermarck
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madame antoine

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MessageSujet: Re: Così fan tutte à l'Opéra de Versailles   Mar 14 Nov - 8:27

Voici des renseignements complémentaires sur ce spectacle.

Élégant théâtre dans le théâtre, le joli décor d’Antoine Fontaine se prête enfin, après Les Noces de Figaro l’année dernière, et Don Giovanni en mars, aux jeux de masques du dernier épisode de la trilogie Da Ponte, mise en scène par Ivan Alexandre. Le fougueux Chérubin, devenu un Don Giovanni hagard, a vieilli mais gardé la voix et les traits capiteux de Jean-Sébastien Bou : il orchestre, avec l’assise d’un Don Alfonso affaibli mais aux appétits intacts, une intrigue adultérine dont l’issue, connue de tous, a moins d’importance que les moyens déployés comme autant de cartes à jouer, que manieront les personnages et qui deviendront éléments du décor.

Comme pour les Noces, et avec moins de peine que sur un Don Giovanni plus linéaire, le cadre presque vaudevillesque de la trame se prête particulièrement à une mise en abyme fonctionnelle mais jamais écrasante. La jouissance de la mise en scène transparaît alors de tous les tableaux, non sans résonances humoristiques – Bou donne le départ aux percussions d’un geste de parapluie – ou clairement perverses – Alfonso a le regard lubrique et les mains baladeuses. Contrairement à d’autres, Ivan Alexandre ne pointe pas du doigt l’ambiguïté morale du canevas, et préfère au regard moraliste celui d’un voyeur complaisant. Héritier de Don Giovanni mais aussi de Chérubin, dont l’air retentira en début de deuxième acte, Don Alfonso se fait le relais d’une mise en scène somme toute bon enfant. Emerge alors l’émoi des personnages qui ne semble, lui, jamais feint, si bien que les tourments de Fiordiligi peuvent encore atteindre un Don Alfonso plus proche de Valmont que de Sade : c’est qu’ici, encore, le vrai est un moment du faux. Le théâtre existe donc sans peine.

Il faut dire que l’investissement des interprètes, vocal comme scénique, est évident. Présents sur les précédentes mises en scène, Robert Gleadow et Ana Maria Labin, en Guglielmo et Fiordiligi, font montre de leurs habituelles qualités mozartiennes : ils passent sans effort de la légèreté du trait à une expressivité un peu outrée, qu’appuie la direction toujours colorée de Marc Minkowski. Tout juste déplorera-t-on que le gracieux vibrato de la soprane, ici plus appuyé, jure par endroits avec la texture par ailleurs plus filandreuse et moins nette de l’orchestre, sujet à de regrettables faussetés. Les nouveaux venus ne sont pas en reste, et insufflent aux polyphonies de brillants contrastes. Serena Malfi campe une Dorabella sensuelle, au timbre charnu. La Despina de Maria Savastano, introduite par l’air de Leporello, s’approprie le registre du valet de comédie sans effort : volubile, hardie, elle n’en projette pas moins, du haut de son timbre acidulé, des aigus délicats. Anicio Zorzi Giustiniani ne peut apporter à Ferrando l’aplomb d’un Guglielmo massif mais se défend sans difficulté dans les duos, et fait forte impression sur ses airs. Toujours présent sur scène, Jean-Sébastien Bou ne bénéficie pas d’une partition aussi importante mais saisit à chaque intervention par la pureté et la richesse expressive de sa voix.

Ouvert sur une animée partie de cartes, le rideau se referme sur une nouvelle manche, comme empressé de remettre en jeu ses gains. De quoi rêver à un élargissement d’une trilogie si vite achevée.

https://bachtrack.com/es_ES/critique-cosi-fan-tutte-minkowski-alexandre-bou-opera-royal-versailles-novembre-2017

madame antoine

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Chakton

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MessageSujet: Re: Così fan tutte à l'Opéra de Versailles   Jeu 16 Nov - 6:43

Autre source, autre image ! Very Happy


http://www.resmusica.com/2017/11/14/theatre-de-treteaux-pour-le-cosi-fan-tutte-a-lopera-royal/

De quoi se plonger vraiment dans le bain. Very Happy

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MessageSujet: Re: Così fan tutte à l'Opéra de Versailles   

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