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 28 septembre 1791: promulgation de la Loi sur l'émancipation des juifs en France

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yann sinclair

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MessageSujet: 28 septembre 1791: promulgation de la Loi sur l'émancipation des juifs en France   Lun 13 Nov - 15:30

Les Juifs de France obtiennent tous les droits de citoyens, par un décret de la Constituante


Promulgation de la Loi sur l'émancipation des juifs en France
L'émancipation des Juifs désigne le processus de libération des Juifs en Europe et dans le monde, qui leur a permis d'obtenir la citoyenneté et la pleine égalité de leurs droits avec leurs concitoyens. Si la France a été la première à attribuer la pleine égalité de droits aux Juifs par le vote de l'Assemblée constituante en 1791 au début de la Révolution française, il faut rappeler que le processus d'émancipation a débuté juridiquement avec l'Édit de tolérance de Joseph II d'Autriche (1781) qui accorde la liberté de culte aux Protestants comme aux Juifs, l'Édit de tolérance de Louis XVI (1787) et en Allemagne avec la conjonction de la philosophie des Lumières et de la Haskalah (dont le plus illustre représentant est Moïse Mendelssohn). L'émancipation se traduit par une série d'actes législatifs par laquelle les états ont reconnu la citoyenneté aux Juifs. En France, la Terreur a empêché un temps chrétiens et juifs de pratiquer leur religion, mais l'égalité de droits a été confirmée sous Napoléon Ier. Dans le reste de l'Europe, l'émancipation qui s'est faite au XIXe siècle, a conduit à la disparition au moins formelle des ghettos et à l'égalité des chances pour les Juifs, en Europe occidentale et en Amérique. Là où elle s'est heurtée à une plus grande opposition, dans l'Empire russe particulièrement, les Juifs se sont plus volontiers tournés vers les mouvements révolutionnaires ou le sionisme.

Le contexte

Depuis le Concile de Latran de 1215 jusqu'au XVIIIe siècle, les Juifs sont sujets dans la plupart des pays d'Europe occidentale à de multiples discriminations : vêtements spéciaux comme le chapeau pointu ou la rouelle, interdiction de séjour comme c'est le cas en Espagne et dans la plus grande partie du royaume de France, taxes comme en Lorraine, droits limités en justice, etc. Dans certains pays comme l'Espagne et le Portugal, l'Inquisition pourchasse et fait brûler vifs les marranes, c'est-à-dire les juifs officiellement convertis au catholicisme, mais qui professent en cachette le judaïsme. Inversement, là où ils sont tolérés, les Juifs bénéficient d'une certaine autonomie administrative dans la mesure où les conflits intracommunautaires sont du ressort du tribunal rabbinique (Beth Din) et souvent un syndic juif représente la communauté auprès des autorités et est chargé de la répartition et de la collecte des impôts et taxes. Ainsi, au XVIIIe siècle, Cerf Beer devient-il syndic général des Juifs d'Alsace.

Toutefois, dès le XVIIe siècle aux Pays-Bas, les Juifs participent à la vie intellectuelle et économique du pays, en bénéficiant d'une égalité partielle des droits. Cette acceptation des Juifs dans la société civile est difficile : Manasse ben Israël, un Juif portugais établi aux Pays-Bas, plaide auprès de Cromwell l'intégration des Juifs en Angleterre avec un succès mitigé et Spinoza est exclu de la communauté juive hollandaise pour ses positions philosophiques.

La philosophie des Lumières et la Haskalah


La philosophie des Lumières change la perception des Juifs par la société. Si certains des philosophes les plus connus tel Voltaire tiennent des propos hostiles aux Juifs1, la perception générale des Juifs par le mouvement des Lumières marque un réel changement par rapport à l'image qu'a véhiculée jusqu'alors l'Église. L'article Juifs de l'Encyclopédie de D'Alembert et Diderot2 reflète cette évolution:


Si l'image du judaïsme est assez flatteuse, si les persécutions sont reconnues, on ne manque pas de remarquer qu'il subsiste des préjugés quant au nombre de Juifs lorsqu'on lit : « les prodigieux essaims de [Juifs] qui pullulent en Orient, à la Chine ». De même, le vocabulaire choisi montre encore un grand mépris pour les Juifs.

Chez les Juifs eux-mêmes, les Lumières donnent naissance en Allemagne à la Haskalah, la conception du judaïsme que développe Moïse Mendelssohn. Défenseur de l'émancipation juive, Moïse Mendelssohn est pour certains le « troisième Moïse », après Moïse le législateur biblique et Moïse Maïmonide le philosophe médiéval (« De Moïse à Moïse, aucun ne fut aussi sage que Moïse3 »). La pensée de Mendelssohn serait ainsi un jalon fondamental de l'histoire de la philosophie juive.

Pour d'autres, il est parmi les théoriciens de l'assimilation des Juifs, précurseur de la perte de leur identité spécifique et de l'extinction de leurs traditions4. On lui reproche notamment de vouloir fondre l'identité juive dans la germanité. En effet, Mendelssohn souhaite faire apprendre l'allemand à la communauté juive ; il refuse néanmoins de remplacer la langue hébraïque des anciens par l'allemand. Ces deux langues doivent pour lui coexister. De même, il appelle les juifs à s'intégrer dans la vie civique de la nation dans laquelle ils vivent afin de remplir d'une part leurs devoirs envers la religion, d'autre part leurs devoirs envers l'État.

La conjonction de ces deux mouvements (Lumières et Haskalah) externe et interne au judaïsme précipite les événements. Deux personnalités de premier plan durant la première partie de la Révolution, Mirabeau et l'abbé Grégoire, ont publié en 1787 des textes fondamentaux5.

Mirabeau a voyagé en Allemagne et apprécie l'œuvre de Mendelssohn qu'il fait connaître dans son ouvrage « Sur Moses Mendelssohn, sur la réforme politique des Juifs »6. Il y déplore que le « prêt d'argent dont le profit est très conforme à l'équité naturelle » soit devenu « grâce à de mauvaises lois [...] l'unique moyen de subsister des Juifs ». De façon très moderne, il évoque la diversité sans oublier les musulmans chiites ou sunnites: « Que le chrétien et le circoncis, soit juif, soit musulman, sectateur d'Ali ou d'Omar de Socin ou de Calvin s'écartent les uns des autres, le grand et noble emploi du gouvernement consiste à faire en sorte que chacune de ces divisions tourne au profit de la grande société7. »

Quant à l'abbé Grégoire, il publie son « Essai sur la régénération physique, morale et politique des Juifs8 » en réponse à un concours organisé par la Société royale des Sciences et des Arts de Metz qui le prime en 1788 et dont la question était « Est-il des moyens de rendre les Juifs plus utiles et plus heureux en France ? » Dans cet essai où il reconnaît certes certaines vertus aux Juifs, il les estime toutefois dégénérés comme le suggère le titre. Mais, surtout comme Mirabeau, il déplore les lois qui les séparent des autres nations et peut écrire : « Les Juifs seront soumis à la jurisprudence effective des nations chez lesquelles ils résident et l'on se dispensera de rédiger pour eux des coutumes particulières comme on l'a fait à Metz »

L'émancipation politique


Sur le plan politique, le principe de tolérance va progresser à l'époque de Louis XVI avec quelques étapes clés comme l'Édit de tolérance de Joseph II d'Autriche (1781) qui accorde la liberté de culte aux Protestants comme aux Juifs, la suppression du péage corporel en Alsace (1784) et l'Édit de tolérance de Louis XVI (1787), publié sous l'influence de Malesherbes, qui accorde l'état-civil aux non-catholiques de France. Mais plusieurs parlements, à l'exemple de celui de Metz, y ajoutent une clause qui exclut les Juifs5. Les Juifs des États-Unis, dont l'indépendance a été soutenue par le gouvernement français, bénéficient (avec quelques restrictions) de l'égalité des droits.

Émancipation au début de la Révolution française


Dans le même temps, la Révolution française s'étend. La chute de la Bastille est le signal de désordres partout dans le pays. Les émeutiers s'en prennent aux châteaux pour y brûler les titres seigneuriaux. Ces troubles, connus sous le nom de la Grande Peur prennent une tournure anti-juive en Alsace. Dans certains districts, les paysans attaquent les demeures des Juifs qui trouvent refuge à Bâle. L'abbé Henri Grégoire relate ces faits durant la séance du 3 août de l'Assemblée nationale et demande la complète émancipation des Juifs. L'Assemblée nationale partage l'indignation du prélat mais ne prend pas de décision quant à l'émancipation. Elle est intimidée par des députés anti juifs d'Alsace, en particulier Rewbell, qui déclare que le décret qui accorderait aux Juifs les droits de citoyens serait le signal de leur destruction en Alsace. À la demande de Théodore Cerf Berr, représentant des Juifs d'Alsace et fils de Cerf Berr, l'Assemblée accordera toutefois la protection des pouvoirs publics aux Juifs dans sa séance du 28 septembre.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Berr_Isaac_Berr_de_Turique

Le 14 octobre 1789, Berr Isaac Berr s'adresse à l'Assemblée nationale et présente les revendications des Juifs.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mancipation_des_Juifs



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Sampa

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MessageSujet: Re: 28 septembre 1791: promulgation de la Loi sur l'émancipation des juifs en France   Mar 14 Nov - 13:11

A mettre à l'actif de ce bon roi Louis XVI !
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