Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 02 décembre 1715: Vincennes

Aller en bas 
AuteurMessage
yann sinclair

avatar

Nombre de messages : 12621
Age : 60
Localisation : Versailles
Date d'inscription : 10/01/2016

MessageSujet: 02 décembre 1715: Vincennes   Ven 15 Déc - 16:24

Lundi 2, à Vincennes.



Les conseils de régence se tiendront présentement aux Tuileries, dans l'appartement du roi, hormis les mercredis matin que M. le duc d'Orléans les viendra tenir ici.


C'étoit une assez grande fatigue pour tous les conseillers de ces conseils de venir ici quatre fois la semaine.


Madame de Louvois mourut à Paris, à deux heures du matin, fort regrettée et surtout des pauvres, à qui elle faisoit de très-grandes charités.


Elle avoit soixante-neuf ans, s'étoit retirée de la cour il y a longtemps, et pendant qu'elle y avoit été, et durant la grande faveur de M. de Louvois, elle avoit toujours trouvé le secret de se faire aimer de tout le monde et même de ceux qui n'aimoient pas son mari*.


A l'assemblée du Prima mensis de la Sorbonne, il s'est passé beaucoup de choses dont on croit que le pape ne sera pas content; ils ont déclaré à la pluralité des voix, et des voix en grand nombre, qu'ils n'avoient jamais eu intention de recevoir la bulle Vnigenilus, et que ce qu'ils avoient fait en celan'étoit que pour obéir au feu roi.


* Madame de Louvois fut une perte pour sa famille, pour ses amis, pour les pauvres, et fut un exemple singulier de ce que peut une conduite sage et digne union conduite par le seul bon sens.


C'étoit une grande héritière d'une race dont l'illustration ne passoit pas le maréchal de Souvré, père de son grand-père ; mais ce maréchal fut illustre et eut des enfants qui le furent aussi, et qui tous ensemble mirent le nom de Souvré sur un pied dans le monde qui n'auroit pas gagné en approfondissant, et qui eut sa source dans le mérite, l'esprit, la faveur et les grands emplois de ce maréchal, qu'il couronna par celui de gouverneur de la personne de Louis XIII, et de premier gentilhomme de sa chambre, laquelle passa à son fils avec le gouvernement de Touraine et de Fontainebleau, et tous deux furent chevaliers de l'Ordre.


Un autre des fils du maréchal figura extrêmement [comme] grand prieur de France et en beaucoup d'emplois au dedans et au dehors.


Le maréchalde Souvré eut deux filles, qui y contribuèrent pour le moins autant. Madame de Lansac, gouvernante du feu roi, et qui de mère en fille en]a transmis la charge jusqu'à la duchesse de Tallard, qui l'exerce aujourd'hui, et madame de Sablé, si connue par sou esprit et par la considération extrême qu'elle sut s'acquérir et maintenir toute sa vie.


Leur frère avoit épousé la sœur du premier maréchal de Yilleroy, dont il ne lui resta de cinq enfants qu'un seul fils, mort même avant lui et qui, d'une Barentin, ne laissa qu'une fille unique, qui même naquit posthume et qui perdit tous ses proches avant l'âge nubile, hors le maréchal de Villeroy, frère de sa grand'mère, qui fut son tuteur.


C'étoit un homme avisé, qui ne fit pas pour rien une grande fortune, et qui se donna autant de peine à la maintenir qu'il en avoit pris à la faire.


De tant de gens qui le courtisoient pour parvenirau mariage de cette nièce si riche dont il disposoit seul, il préféra M. de Louvois, au scandale de toute la France ; mais M. le Tellier, son père, étoit lors au plus haut point de sa faveur et au plus florissant état de son ministère ; le maréchal se voulut concilier de tels amis par un service si au delà de leur portée, surtout alors, et compta pour rien tout ce qui se diroit du sacrifice qu'il se fit à soi-même de sa nièce.


Elle avoit la plus grande mine du monde et la plus grande et la plus belle taille, même de la beauté, peu d'esprit, mais un sens qui demeura étouffé pendant son mariage, quoiqu'il ne puisse rien ajouter à la considération de M. de Louvois pour elle et pour tout ce qui lui appartenoit.


A la mort de ce ministre, au lieu de tomber, elle se releva, et sut s'attirer une considération personnelle qui, de sa famille où elle régua, passa à la cour et à la ville où elle se reuferma et sut tenir une grande maison sans sortir des bornes de son état et de son veuvage, y rassembler sa nombreuse famille et ses amis, et passer sa vie dans les bonnes œuvres sans enseigne et sans embarras.


Il est immense ce qu'elle donnoit d'aumônes et combien noblement et ordonnement elle les distribuoit.


A la cour, une ou deux fois l'an, une nuit, et accompagnée de toute sa famille ; c'étoit une nouvelle que son arrivée.


Le roi lui faisoit toujours accueil et toute la cour à son exemple.


Du reste, presque point de visites.


Tout l'été à sa belle maison de Croisy, avec bonne compagnie, mais décente, de son âge, et trayée ; en un mot une vie si convenable et si décente qu'elle ne s'est jamais en rien démentie, et que sa mort, qui fut une grande perte pour sa famille, en parut une au public.


Avec elle finit la maison de Souvré.



_________________

👑    👑   👑
king
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://louis-xvi.over-blog.net/
 
02 décembre 1715: Vincennes
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Messages spirituels - Décembre -
» NEUVAINE A LA SAINTE FAMILLE Du 26 décembre 2009 (saint Etienne) au 3 janvier 2010 (fête de l'Epiphanie)
» 25 décembre : La Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ
» Ephéméride 2 Décembre......
» Semaine du 29 novembre au 5 décembre 2010

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Boudoir de Marie-Antoinette :: Au fil des jours :: 1711-1720 :: Décembre-
Sauter vers: