Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 La Bastille et la rue Saint-Antoine

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MessageSujet: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 0:31

Histoire de la Bastille et de la rue Saint-Antoine avant 1789: Reconstitution historique par G. Rémy
BookSurge Publishing , 2004, 133 p : 31,31 euros
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 0:57

Qu'est-ce au juste que ce livre, chère Madame de Chimay? Shocked study scratch

Bien à vous.
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pimprenelle
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 9:19

Cela, Majesté :
http://www.wikio.fr/livres/histoire-de-la-bastille-et-de-la-rue-saint-antoine-avant-1789-reconstitution-historique-9781421214078-828380,b.html

Il s'agit d'une réédition, dirait-on, consultable ici :

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 9:20

Voici une liste des publications de l'auteur, un scientifique de renom :
http://de.scientificcommons.org/g_r%C3%A9my

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 9:37

Mon idée , Majesté , en donnant les références de ce livre ( que je n'ai pas lu au demeurant ) était de répondre à Chou D'Amour qui parlait à un moment donné sur ce forum du quartier St Antoine. Je me suis dit que cela pouvait être intéressant d'avoir une référence de ce quartier de Paris afin de mieux comprendre l'époque révolutionnaire.
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pimprenelle
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 9:44

Vous avez très bien fait, Madame de Chimay ! Les références que vous cherchez pour nous nous donnent des idées de lecture ! flower

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 10:45

Merci, madame mais vous êtes une terrible tentatrice Smile
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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Lun 24 Aoû - 18:10

En effet, ce quartier est réputé et je pense qu'il peut être intéressant d'en savoir plus car il a dû s'en passer des trucs pas nets là-bas

Merci pour l'info Madame de Chimay!

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MessageSujet: Les Mémoires de la Bastille   Jeu 19 Nov - 14:00

Mémoires sur la Bastille : Linguet, Dusaulx, publiés avec préface, notes et tables, par H. Monin
Librairie des bibliophiles, 1889, 299 p

Il est intéressant d’en apprendre un peu plus sur la Bastille. Voici ce que dit la préface de cet ouvrage :
« Dans l’ancien langage français, on appelait Bastie, Bastille, Bastilde ou bastide , toute espèce de logement fortifié. Ce nom est appliqué à des tours en bois construites pour l’attaque ou pour l’isolement d’une place ; à des forts en maçonnerie, entourés de fossés ou de palissades , servant à garder les routes et à défendre le plat pays ; enfin à des châtelets faisant partie intégrante d’une enceinte , et situés , en général , au-dessus et aux côtés d’une porte. Cette variété de significations n’a rien d’étonnant, puisque le nom de Bastille se rapporte au même radical que le verbe bâtir. Dans le gai pays de Provence , une bastide est un vide-bouteille, à la campagne , parmi les oliviers. Mais revenons au quartier Saint Antoine, et au triste XIVe siècle.


Pour la deuxième fois en dix ans, la royauté féodale avait donné en face de l’invasion anglaise la mesure de son incapacité. Après Crécy, Poitiers, le roi Jean était captif, le royaume abandonné à lui-même , la capitale ouverte. Le dauphin Charles , régent , d’un caractère plus politique que guerrier , en voulait aux États Généraux plus encore qu’à l’ennemi national. C’est au milieu de ces dangers , c’est malgré cette défiance , qu’un homme énergique , le prévôt des marchands Étienne Marcel , chef élu et légal de la bourgeoisie parisienne , guide reconnu du tiers état français, poursuivit avec une admirable énergie l’œuvre de la réformation intérieure et de la défense militaire. Tout l’espoir de la France et de la liberté était dans Paris. Il entoure de fortes murailles cette patrie commune ; à chaque entrée , à chaque porte , il fait placer des bastides , immobiles et vigilantes sentinelles d’une population qui ne veut se laisser ni braver ni surprendre.

La Bastide Saint Antoine, située près de la porte du même nom qui conduisait à l’abbaye, n’avait probablement rien d’extraordinaire. Lorsque en effet, Marcel, succombant à la tâche, conçut le projet désespéré de remettre la cause de la bourgeoisie entre les mains du roi de Navarre Charles Le Mauvais, c’est la Bastide Saint Denys qu’il tenta de livrer à son équivoque allié. Déjoué par le parti du dauphin, poursuivi par l’échevin Jean Maillart , il se porta du côté de la Bastide Saint Antoine . Il se disposait à l’ouvrir ou à s’y réfugier , lorsqu’il fut égorgé ( 31 juillet 1358 ).

Après la honteuse paix de Brétigny ( 1360 ) et les fêtes plus honteuses encore qui la saluèrent , après la deuxième captivité et la mort du second Valois, Charles Le Sage s’efforça d’abolir la mémoire de Marcel . Mais l’œuvre de défense et de réorganisation nationales fut continuée au compte et au profit de la royauté. Une fois achevés , les remparts de la capitale prirent le nom d’enceinte de Charles V. Le parloir aux bourgeois rentra dans l’ordre : le Châtelet reprit le dessus. Dix ans ne s’étaient pas écoulés depuis la mort de Marcel que le roi commençait à faire construire , à une faible distance de son séjour ordinaire de l’hôtel Saint Pol, un énorme château royal, par la disposition duquel il prenait en quelque sorte possession des murs de sa bonne ville : la Bastille , berceau et tombeau du pouvoir absolu.

« J’admire ce château , disait au XVIe siècle un poète italien, Antonio d’Asti. On le nomme vulgairement la Bastille Saint Antoine. C’est par là que le roi peut , ou bien rentrer en ville , ou bien en sortir, de jour et de nuit, et se rendre où il veut ». Telle paraît avoir été , en effet, la destination essentielle et primitive de la Bastille. Les rois absolus y enfermèrent plus tard leurs sujets : pour les rois féodaux , il s’agissait de ne pas se laisser enfermer par leurs sujets , ou de trouver au besoin contre eux un asile formidable et respecté.

Bien que la Bastille ait emprunté la partie de l’enceinte de Paris dont elle porte le nom, il paraît douteux qu’elle ait eu pour objet principal de contribuer à la défense de la ville en cas de siège. Pourquoi l’eût-on placée à l’est , lorsque toutes les agressions anglaises partaient de Bordeaux, des côtes de Normandie , ou de Calais, c'est-à-dire du sud ouest , du nord ouest ou du nord ? La partie orientale était la plus abritée , non la plus menacée. Pourquoi , d’autre part, si elle devait ajouter quelque chose à la force des remparts , en avoir étendu les constructions à l’intérieur des remparts ? Toujours , on le voit , pour qu’elle fût mieux protégée. Autre considération importante , celle-là, tirée du droit administratif de l’époque : les remparts de Paris et leurs annexes se rattachaient au domaine et à la juridiction du prévôt des marchands et des échevins. La défaite d’Etienne Marcel , la condamnation de ses actes et de ses projets , ne firent point perdre son privilège à l’Hôtel de Ville. Dans ce sujet « traître et félon », il était prudent et politique de ne voir que l’individu et non la fonction. Et bien, ce ne fut pas à la prévôté des marchands que Charles V confia le soin d’élever la Bastille : ce fut à son prévôt à lui, au prévôt de sa ville et vicomté de Paris, au chef de sa justice du Châtelet, au convocateur légal du ban et de l’arrière ban de sa noblesse , à Hugues Aubriot , bourgeois de naissance , mais d’autant plus homme du roi.

C’est un 22 avril qu’eut lieu la cérémonie de la pose de la première pierre , quant au millésime de l’année, on hésite de 1367 à 1371. deux ans après la mort de Charles V , en 1382, tout était terminé. Cette même année, le jeune Charles VI, déjà un peu fou de la victoire de Rosbecque , remportée sur les communes de Flandre, faisait par la br èche une entrée triomphante dans sa capitale, la véritable vaincue, mettait à rançon les Parisiens, et supprimait la prévôté des marchands.

On a beaucoup reproché à Étienne Marcel son entente avec Charles Le Mauvais , le Navarrais, l’allié des Anglais. Voyons la suite. Sous le roi fou, Paris, en haine des Valois et des Grands , se livre aux Bourguignons et par eux aux Anglais. Une allemande, reine de France , signe et fait signer à tous un traité où elle proclame comme son fils adoptif et comme légitime héritier de la couronne de France le roi d’Angleterre Henri V et traite le dauphin, son propre fils , de bâtard. Celui-ci, le futur Charles VII, avait pu dès son enfance bénir la Bastille : car c’est dans ce château qu’il avait momentanément trouvé asile , sous la garde fidèle de Tanneguy-Duchâtel, pendant qu’Armagnacs et Bourguignons , seigneurs et bouchers , ensanglantaient les rues de la capitale. Le 15 avril 1436, légitimé et sauvé par Jeanne d’Arc , sacré à Reims, il recevait à capitulation les derniers occupants anglais et bourguignons de son château royal.

Durant les guerres civiles dont à diverses époques le royaume eut à souffrir, il sembla convenu en quelque sorte que l’on ne possédait point Paris si l’on ne tenait la Bastille , et que , réciproquement , le maître de la Bastille l’était aussi de Paris. »A La Bastille ! « crièrent les ligueurs : et l’ayant ravie au débile Henri III, ils y installèrent comme capitaine Bussy Leclerc ; ils y enfermèrent les magistrats fidèles à la loi salique ; ils y logèrent leurs amis, les Espagnols ; ils y exercèrent plus d’une vengeance et plus d’une atrocité, jusqu’au jour où abandonnés par mayenne lui-même, il leur fallut subir l’ironique congé de Henri IV.
« A la Bastille ! » crièrent les Frondeurs : et Broussel en donna le gouvernement à son fils ; et la grande Mademoiselle fit ouvrir à Condé aux abois la porte Saint Antoine, puis retourner contre l’armée royale les canons du château , pointés sur Paris.
« A la Bastille ! « cria Paris tout entier , lorsque , bloqué par l’armée de siège du duc de Broglie, il se vit séparé violemment des mandataires de la volonté nationale, ses défenseurs et ses protégés.Jusqu’au 14 juillet 1789, la Bastille avait plusieurs fois changé de maîtres, mais toujours le parti qui s’en était emparé avait eu l’intention de la garder. A cette date mémorable, c’est toute une nation qui a résolu de la détruire. Ce n’est plus une révolte , c’est la Révolution. Il ne s’agit ni d’occuper un château fort ni d’ouvrir une prison , mais bien de renverser et de fouler aux pieds le temple monstrueux du gouvernement despotique »


Le reste de la préface est très intéressant . On y voit la Bastille au long des siècles, son agencement…
Je vous ferai partager cela dans d’autres messages.
Pour en savoir plus sur Étienne Marcel ( bien que cela ne soit pas notre période ) voici quelques livres :

-Étienne Marcel : La révolte de Paris par Raymond Cazelles
Tallandier, 2006, 375 p : 25 euros
-Le Meurtre d'Etienne Marcel 31 juillet 1358/ Jacques Avout
Gallimard, 1960, 367 p : 12,62 euros

-Conjuration d'Étienne Marcel contre l'autorité royale: Ou Histoire des états-généraux de la France pendant les années 1355 à 1358 par Joseph Naudet
BookSurge Publishing, 2001, 327 p : 27,31 euros

-Étienne Marcel, un révolutionnaire au XIVème siècle par Castelnau J. .
Perrin , 1973, 299p : 8,90 euros
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Jeu 19 Nov - 14:29

Merci, chère Princesse ! Very Happy
J'ai quant à moi le tout petit ouvrage de Funck-Brentano sur les archives de la Bastille . Et je ne saurais trop recommander le chapitre plutôt décoiffant qui est consacré à la Bastille dans le Livre noir de la Révolution française .
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Jeu 19 Nov - 14:57

Chère Madame de Sabran , vous me donnez envie de lire ce livre. Il faudra qu'un jour , je me le procure mais pour l'heure, j'ai des piles et des piles de livres qui m'attendent sans compter qu'en ce moment, je suis assez occupée...
C'est plusieurs vies qu'il nous faudrait pour pouvoir tout lire !

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Jeu 19 Nov - 15:02

Oh oui !!!
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Jeu 19 Nov - 15:20

Merci Madame de Chimay! Un sujet qui m'était inconnu Wink

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Jeu 19 Nov - 18:59

Moi aussi, je croule sous les piles... Embarassed

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Jeu 19 Nov - 23:52

Je ne l'ai jamais vue baisser pour ma part

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Ven 20 Nov - 19:01

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Ven 20 Nov - 19:06

Intéressant ! D'où vient cet extrait ? Shocked

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Ven 20 Nov - 20:30

C'est extrait d'un article de Monique Cottret La Bastille, fabrication d'un mythe , du magazine HISTORIA de juillet 1987 .
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Ven 20 Nov - 20:44

Merci, Eléonore ! Il est bien, cet article ? J'avais été enthousiasmée par celui que Jean Pierre et Isabelle Brancourt ont écrit dans "Le livre noir de la révolution française" sur le 14 juillet, événement dont il dénoncent très bien la préméditation.

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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Ven 20 Nov - 20:51

pimprenelle a écrit:
Merci, Eléonore ! Il est bien, cet article ? J'avais été enthousiasmée par celui que Jean Pierre et Isabelle Brancourt ont écrit dans "Le livre noir de la révolution française" sur le 14 juillet, événement dont il dénoncent très bien la préméditation.


Il n'est pas du tout aussi incisif ! Je trouve remarquable aussi celui que tu mentionnes !!!!
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Sam 21 Nov - 11:16

Continuons d’en apprendre un peu plus sur la Bastille : « Le temps n’avait pas embelli la Bastille , mais il l’avait perfectionnée. Treize des créneaux ,élargis, étaient devenus des embrasures de canons. Au XVIe siècle, le faubourg Saint Antoine s’étant accru et isolé , Henri II isola complètement « le château des 8 tours » au moyen d’un fossé large et profond , assez mal alimenté d’ailleurs par une dérivation et par des infiltrations de la Seine. Le revêtement extérieur de ce fossé fut couronné par un chemin de ronde. Sous le même règne, la porte Saint Antoine fut déplacée et rebâtie , avec des sculptures de Jean Goujon ( Vers 1553 ) ; remaniée encore par Blondel en 1660 , pour l’entrée triomphale de Louis XIV , cette porte avait été démolie sous Louis XVI , comme gênante pour la circulation . En même temps que les remparts de Louis XIV se transformaient en simples boulevards , le bastion de cette enceinte à l’abri duquel se trouvait la Bastille était devenu sans perdre sa forme et sa disposition , le jardin particulier du gouverneur. Le XVIIIe siècle avait vu se multiplier dans l’enclos extérieur et libre qui touchait à la rue Saint Antoine et aux jardins de l’Arsenal les bâtiments annexes et les échoppes , dont le gouverneur tirait de gros revenus.
Dans le second enclos extérieur , non libre, avait été construite la maison du gouverneur ; c’est là aussi que le baron de Breteuil , qui avait lu Linguet , fit transférer les cuisines et les bains. Le changement de beaucoup le plus important remontait à 1761 : c’est alors qu’à l’intérieur des 8 tours , reliant celle de la Chapelle et celle de la Liberté , fut construit un bâtiment à 3 étages , pour les logements de l’état major , la salle du Conseil , les Archives , et , jusqu’aux révélations de Linguet , les cuisines et les bains.
La Bastille et ses dépendances comprenaient donc 4 tours : 2 extérieures à la forteresse et 2 intérieures. L’inscription placée au numéro 132 de la rue Saint Antoine indique de nos jours l’endroit où se trouvait l’entrée principale de la première cour extérieure , accessible aussi par un portillon qui donnait de l’autre côté sur les jardins de l’Arsenal. Tout le monde pouvait entrer librement dans cette première cour. Un pont-levis conduisait dans le deuxième cour extérieure , où était l’hôtel du gouverneur. De là, en tournant à gauche à angle droit, deux autres pont-levis parallèles, l’un assez large, l’autre très étroit pour l’usage courant , constituaient l’entrée de la forteresse proprement dite. En allant droit devant soi, on la traversait dans toute sa longueur. A droite, du côté du faubourg Saint Antoine , on avait la tour de la Comté, celle du Trésor et celle de la Chapelle ; à gauche, la tour de la Bazinière, celle de la Bertaudière et celle de la Liberté. Les deux autres tours , celle du Coin à droite, celle du Puits à gauche, se trouvaient masquées par le bâtiment de l’Etat-Major. La première cour intérieure mesurait 102 pieds sur 72 ; la seconde , surnommée du Puits, 72 pieds sur 42 . Pour aller de l’une à l’autre, il fallait traverser dans sa largeur le bâtiment de l’état-major.

Dans les derniers temps, la grande cour est la seule connue des prisonniers : la cour du puits et les deux tours du Puits et du Coin étaient réservées en général aux gens de service , porte-clefs , garnison….De Launey ne donnait plus accès à aucun prisonnier, même de marque , dans son jardin particulier . il avait fait murer un passage à double coude qui commençait entre la Comté et le Trésor et menait au bastion , de sorte que l’on ne pouvait plus s’y rendre que par le chemin de ronde, c'est-à-dire en sortant par la grande porte.

Les tours , de hauteur inégales , avaient toutes la forme cylindrique. Linguet les compare à des murs de fauconnier, Servan à des tonneaux bien cerclés , où un gouvernement prudent tient renfermé le vin des idées généreuses et l’empêche de s’évaporer. Mais laissons les comparaisons…Il y avait 8 cachots souterrains : 2 dans la tour de la Bertaudière, 2 dans celle de la Liberté, un dans chacune des tours de la Bazinière, de la Comté, du Coin et du Puits. Depuis 15 ans, déposent en 1789 les 4 porte-clefs , on ne mettait plus de prisonniers dans aucun de ces cachots , humides et malsains. Chaque tour se terminait par une calotte exposée à toutes les ardeurs de l’été. Entre le cachot et la calotte, un escalier , interrompu par des portes, desservait 4 ou 5 étages , qui ne consistait chacun qu’en une chambre , en général octogone. Il y avait de bonnes et de mauvaises chambres . Mais toutes étaient munies d’une seule fenêtre extérieure à triple grillage , d’une cheminée barrée avec soin dans toute sa longueur , et d’une porte solide à triple verrou. Les chambres ne se touchaient pas : entre planchers et plafonds étaient ménagés des espaces vides ou tambours. Les tours contenaient 37 chambres disponibles , sans compter des cabinets et des réduits. Dans le bâtiment même de l’état major , il y avait 5 chambres de faveur.

L’épaisseur des murs variait beacoup : 15 pieds et plus dans les substructions, 9 pour les massifs de maçonnerie qui reliaient les tours, 5 à 7 pour les tours. La hauteur maxima était de 73 pieds . Elle est souvent exagérée en perspective dans les « prises de la Bastille », peintes, dessinées ou gravées il y a un siècle : ce fut un effet naturel de la fierté du moment.

Assurément , la Bastille était imposante ; mais elle était encombrante et hideuse. La blancheur des bâtiments neufs , la vie grouillante des échoppes , accentuaient ce caractère par le contraste même. La massive forteresse apparaît à un étranger comme un « gros crapaud qui crache son venin sur la France en éloignant d’elle la liberté, la sincérité et la moralité ».

Ce serait bien si quelqu’un pouvait illustrer mon propos et aussi me dire à quoi correspond un pied . Ah, toutes ces mesures d’Ancien Régime !
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Sam 21 Nov - 11:28

.


Dernière édition par Madame Sophie le Mer 23 Mar - 21:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Sam 21 Nov - 14:20

Merci beaucoup chère Madame Sophie ! Ainsi on peut mieux se rendre compte !
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Sam 21 Nov - 17:07

Au moins l'avantage de la Révolution fut d'uniformiser les unités de mesures. Mais nous retrouvons ces différences en Grand Bretagne.
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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: La Bastille et la rue Saint-Antoine   Sam 21 Nov - 17:27

Une description des plus précises merci Madame de Chimay Very Happy

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