Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Le 9 thermidor

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Chou d'amour
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MessageSujet: Le 9 thermidor   Mer 7 Oct - 17:03

Dans sa biographie de Robespierre, Gérard Walter expose la journée du 9 thermidor de manière assez précise, je me permets donc de reporter quelques extraits de cette journée magique Wink

Je commence directement lorsque les choses sérieuses allaient commencer, c'est à dire lorsque Saint-Just monte à la tribune de la Convention pour prononcer son discours tant attendu au nom du Comité de Salut Public :

"La séance était ouverte depuis deux heures déjà quand il [Saint-Just] fit son entrée. Pendant qu'à côté, Billaud-Varenne et ses collègues s'impatientent dans une vaine attente, Saint-Just monte à la tribune et commence la lecture de son discours. A la treizième ligne il est interrompu par Tallien. Alors il se passe une chose stupéfiante, inconcevable : saisi d'un subit désarroi, Saint-Just s'arrête et sans opposer la moindre résistance, sans essayer la moindre tentative de défendre son droit à la parole, droit sacré dans cette assemblée des représentants de la nation, il se laisse chasser honteusement de la tribune, lui, le beau, le fier, le superbe Saint-Just, par un petit tripoteur médiocre et insignifiant. Dès lors, muet et abattu, il restera immobile, blotti dans un coin, regardant avec une morne indifférence ses amis, ses compagnons d'armes, sombrer dans la tempête.
Comment expliquer l'inexplicable? Est-ce la fatigue d'une nuit agitée qui vint briser les ressorts de sa résistance morale? Ses nerfs ont-ils cédé devant un choc subit et imprévu? Chez tout autre que Saint-Just, ces raisons sont plausibles et peuvent être invoquées. Mais lui, ce modèle de sang-froid, d'impassibilité, d'endurance?...[...]
Les membres du Comité de Salut public pénètrent dans la salle des séances au moment où Tallien avait déjà pris possession de la tribune.
[...]
Saint-Just n'ose plus ouvrir la bouche. Robespierre qui s'est placé en bas de la tribune, dans l'intention peut-être de le seconder, se tait également, écrasé à son tour sous ce lamentable effondrement.
[...]
A un moment donné, Robespierre, revenu de sa torpeur, veut escalader les marches de la tribune, pour l'interrompre. Un cri retentit aussitôt : "A bas le tyran!". Déconcerté, Robespierre s'immobilise, puis descend les marches.
[...]
Un témoin oculaire, le député Ch. Duval, nous le dira : "Robespierre se présente de nouveau à la tribune où il est accueilli par un cri unanime d'indignation : il insiste en s'agitant d'un air furieux. "A bas le tyran!" lui répète-on de toutes parts."
[...]
C'est alors qu'on entend, pour la première fois depuis le commencement de la séance, une phrase intelligible de Robespierre : "Je saurais bien la rappeler à..." Et aussitôt, commes des pierres lancées du haut de la Montagne, pleuvent les cris convenus "A bas le tyran!". Il peut prononcer encore quelques mots : "Je réclame! Mes ennemis veulent abuser de la Convention nationale!" mais les "A bas le tyran!" recommencent et couvre définitivement sa voix. Ce qui permet à Tallien de reprendre son réquisitoire. Quand il aborde la question des arrestations ordonnées par Robespierre dans le temps où il dirigeait le bureau de police générale, on entend celui-ci s'écrier : "C'est faux!Je..." Le reste est de nouveau noyé dans les vociférations et les huées de ses ennemis. Mais cette fois Robespierre est prêt à tout pour arracher à l'assemblée son droit de parler.[...]le Courrier républicain en offre un aperçu plus substantiel. C'est lui qui paraît offrir la version la plus vraisemblable. La voici :
"Après bien des efforts pour se faire entendre : "Je demande la mort" s'écrie Robespierre.[...] Le tumulte augmente; le président se couvre. Robespierre veut avoir la parole; on s'y oppose. "De quel droit, s'écrie-t-il avec rage, le président protège-t-il les assassins!"[...]"
[...]
C'est au cours de ces "débats" que le rédacteur place la phrase de Robespierre sur les assassins, laquelle provoque la réplique de Tallien : "Vous l'entendez, le monstre, il nous traite d'assassin!""


Tallien m'a ôté les mots du clavier

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 7 Oct - 17:11

L'auteur ne parle pas du couteau de cuisine brandi par Tallien qui vocifère que si l'on ne condamme pas Robespierre, il le tuera lui-même de sa main !
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 7 Oct - 17:13

Je n'ai pas tout mis et je n'ai pas encore fini de lire les suites, mais je te dirai si Walter en parle ou non Wink

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 7 Oct - 17:16

Il devrait car ce geste incroyable est tout à fait historique ! Vivement que tu nous racontes la suite !
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 7 Oct - 17:17

Patience ça viendra vite

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Ven 9 Oct - 13:43

Désolé mais Walter n'évoque pas cette réplique de Tallien dont tu parlais  

Saurais-tu quelle en est la source?  Very Happy

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Ven 9 Oct - 13:49

Je l'ai lu à plusieurs reprises, notamment dans l'Histoire et Dictionnaire de la Révolution Française de Tullard, Fayard et Fierro , que l'on peut difficilement mettre en doute, tu en conviendras sûrement ! Wink
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Ven 9 Oct - 13:52

Je te l'accorde Wink

C'est étonnant alors que Walter n'en parle pas, car pour retranscrire cette journée décisive (comme pour le reste d'ailleurs), il a pris la peine de comparer plusieurs source de l'époque et d'argumenter en faveur des plus crédibles. Il rapporte via ces sources des paroles de Tallien, mais il est vrai que celle dont tu as parlé n'y figure pas.
Ah que l'histoire est compliquée!

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Ven 9 Oct - 14:03

Tu as remarqué ?
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Ven 9 Oct - 14:16

Oh oui depuis bien longtemps

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Ven 9 Oct - 18:23

Ce n'est pas le moindre de ses attraits: tous ces dessous de cartes, ces non-dits, ces questions sans réponse, sur lesquels nous nous échinons ......
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Ven 9 Oct - 18:47

C'est vrai, et c'est aussi ce qui rend tout ça intéressant Very Happy

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Sam 29 Sep - 19:48

Source : Journal de la Convention Nationale
Séance du 9 thermidor an II (27 juillet 1794) (matin)
Présidence de Collot-d'Herbois
disponible ici

Tallien.
« Je demande la parole pour une motion d'ordre. L'orateur [ndr : il cite ici Saint-Just, qu'il a interrompu] a commencé par dire qu'il n'était d'aucune faction. Je dis la même chose. Je n'appartiens qu'à moi-même, qu'à la liberté. C'est pour cela que je vais faire entendre la vérité. Aucun bon citoyen ne peut retenir ses larmes sur le sort malheureux auquel la chose publique est abandonnée. Partout on ne voit que division. Hier un membre du gouvernement s'en est isolé, a prononcé un discours en son nom particulier ; aujourd’hui un autre fait la même chose. On vient encore s'attaquer, aggraver les maux de la patrie, la précipiter dans l'abîme. Je demande que le rideau soit entièrement déchiré. (On applaudit très vivement à trois reprises différentes.)

Long tumulte.

Je demandais tout à l'heure qu'on déchirât le voile. Je viens d'apercevoir avec plaisir qu'il l'est entièrement, que les conspirateurs sont démasqués, qu'ils seront bientôt anéantis, et que la liberté triomphera. (Vifs applaudissements). Tout annonce que l'ennemi de la représentation nationale va tomber sous ses coups. Nous donnons à notre République naissante une preuve de notre loyauté républicaine. Je me suis imposé jusqu'ici le silence parce que je savais, d'un homme qui approchait le tyran de la France, qu'il avait formé une liste de proscription ; je n'ai pas voulu récriminer, mais j'ai vu hier la séance des Jacobins ; j'ai frémi pour la patrie ; j'ai vu se former l'armée du nouveau Cromwell, et je me suis armé d'un poignard pour lui percer le sein si la Convention nationale n'avait pas le courage de le décréter d'accusation. (Vifs applaudissements).

Tallien a donc bien joué cet acte.
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Sam 29 Sep - 20:03

Je reviens un instant sur l'objet de ce fil, en vous rapportant l'exacte narration de la fin politique de Robespierre, tel qu'écrite dans le Journal de la Convention Nationale du 9 Thermidor.
Je vous présente mes excuses car c'est un peu long, mais les échanges y sont courts et violents, et permettent d'imaginer cette ambiance échauffée au sein de l'Assemblée.



Tallien.
« Citoyens, ce n'est pas en ce moment sur des faits particuliers que je dois porter l'attention de la Convention. Les faits qu'on a dit ont de l’importance sans doute, mais il n'est pas dans cette assemblée un membre qui ne pût en alléguer autant, qui ne pût se plaindre d'un acte tyrannique.
C'est sur le discours prononcé hier à la Convention et répété aux Jacobins que j'appelle toute votre attention. C'est là que je rencontre le tyran; c'est là que je trouve toute la conspiration ; c'est dans ce discours qu'avec la vérité, la justice et la Convention, je veux trouver des armes pour le terrasser, cet homme dont la vertu et le patriotisme étaient tant vantés, mais qu'on avait vu, à l'époque mémorable du 10 août, ne paraître que trois jours après la révolution ; cet homme qui, devant être dans le comité de salut public, le défenseur des opprimés, qui devant être à son poste, l'a abandonné depuis quatre décades ; et à quelle époque ? Lorsque l'armée du Nord donnait à tous ses collègues de vives sollicitudes. Il l'a abandonné pour venir calomnier les comités, et tous ont sauvé la patrie. (Vifs applaudissements.)
Certes, si je voulais retracer les actes d'oppression particuliers qui ont eu lieu, je remarquerais que c'est pendant le temps où Robespierre a été chargé de la police générale qu'ils ont été commis ; que les patriotes du comité révolutionnaire de la section de l'Indivisibilité ont été arrêtés. »

Robespierre.
« C'est faux ! Je... (Il s'élève de violents murmures.) C'est faux ! Je... (Murmures, cris. Robespierre arrête un moment ses yeux sur les plus ardents montagnards ; quelques-uns détournent la tête, d'autres restent immobiles ; la majorité le repousse. Alors s'adressant à tous les côtés de l'assemblée : c'est à vous, hommes purs, que je m'adresse, et non pas aux brigands... (Violente interruption.).... Je demande la mort. »

André Dumont.
« Tu la mérites mille fois. »

Robespierre.
« Je demande la mort. Qu'on me délivre du spectacle du crime. » (L'arrestation ! aux voix !)

Louchet.
« Je demande le décret d'arrestation contre Robespierre. »

Loseau.
« Il est constant que Robespierre a été dominateur, je demande par cela seul le décret d'accusation. » (Les applaudissements d'abord isolés deviennent bientôt unanimes. De toutes parts : appuyé ! aux voix.)

Louchet.
« Ma motion est appuyée ; aux voix l’arrestation ! »

Robespierre jeune.
« Je suis aussi coupable que mon frère : je partage ses vertus ; je veux partager son sort. Je demande aussi le décret d’accusation contre moi. » (Quelques membres paraissent émus ; la majorité, par un mouvement d'indifférence, annonce qu’elle accepte ce vote généreux.)

Collot cède le fauteuil à Thuriot.

Robespierre veut parler sur le dévouement de son frère ; il lui est impossible de se faire entendre ; alors il apostrophe de nouveau le président et toute l'assemblée avec une grande véhémence.

Il se fait un grand tumulte.
Le président se couvre.
Le calme renaît. Les président veut rappeler les diverses propositions.

Robespierre.
« Pour la dernière fois, président d'assassins, je te demande la parole... » (Bruit.)

Le président.
« Tu ne l'auras qu'à ton tour. » (Non ! non ! reprend-on de tous côtés... Le bruit continue ; Robespierre s'épuise en efforts ; sa voix s'éteint.)

Garnier de l'Aube.
« Le sang de Danton l’étouffe. »

Robespierre.
« C’est donc Danton que vous voulez venger. » (Bruit. Mouvement d'indignation générale. Un nouveau tumulte oblige le président à se couvrir une seconde fois.)

Tallien.
« Vous l'entendez, le monstre, il nous traite d'assassins ! » (Aux voix l'arrestation !)

Charles Duval.
« Président, est-ce qu'un homme sera le maître de la Convention ? » (Une voix : Il l’a été trop longtemps !)

Fréron.
« Ah ! qu'un tyran est dur à abattre ! »

Loseau.
« Aux voix l'arrestation des deux frères. »

Billaud-Varenne.
« J'ai des faits positifs que Robespierre n'osera pas dénier. Je citerai d'abord le reproche qu'il a fait au comité d'avoir voulu désarmer les citoyens. »

Robespierre.
« J'ai dit qu'il y avait des scélérats... » (On murmure.)

Billaud-Varenne.
« Je disais qu'il a reproché au comité d'avoir voulu désarmer les citoyens. Eh bien ! c'est lui seul qui a pris cet arrêté. II a accusé le gouvernement d'avoir fait disparaître tous les monuments consacrés à l'Être Suprême ; eh bien ! apprenez que c'est par Couthon... »

Couthon.
« Oui, j'y ai coopéré. » (Nouveaux murmures.)

Plusieurs membres.
« Aux voix l'arrestation. »

Le président met aux voix l’arrestation ; elle est décrétée à l'unanimité.

Tous les membres se lèvent et font retentir la salle des cris de Vive la liberté ! vive la République !

Louchet.
« Nous avons entendu voter pour l'arrestation des deux Robespierre, de Saint-Just et de Couthon. »

Lebas.
« Je ne veux pas partager l'opprobre de ce décret ! je demande aussi l’arrestation. » (Mouvements divers.)

Élie Lacoste.
« Je demande l'arrestation de Robespierre jeune ; il est un de ceux qui ont sonné aux Jacobins le tocsin contre les comités. Il finissait son discours par ces paroles mémorables : On dit que les comités ne sont pas corrompus ; mais, si leurs agent le sont, les comités le sont aussi. »

L'arrestation de Robespierre jeune est décrétée. (Vifs applaudissements.)

Fréron.
« Citoyens collègues, la patrie, en ce jour, et la liberté vont sortir de leurs ruines. »

Robespierre.
« Oui, car les brigands triomphent. » (Mouvement d'indignation et d'horreur.)

Fréron.
« On voulait former un triumvirat qui rappelait les proscriptions sanglantes de Sylla ; on voulait s'élever sur les ruines de la République, et les hommes qui le tentaient sont Robespierre, Couthon et Saint-Just. »

Plusieurs voix.
« Et Lebas. »

Fréron.
« Couthon est un tigre altéré du sang de la représentation nationale. Il a osé, par passe-temps royal, parler dans la société des Jacobins de cinq ou six têtes de la Convention. (Oui, oui, s'écrie-t-on de toutes parts.) Ce n'était là que le commencement, et il voulait se faire de nos cadavres autant de degrés pour monter au trône. »

Couthon.
« Je voulais arriver au trône, oui ! »

Fréron.
« Je demande aussi le décret d’arrestation contre Saint-Just, Lebas et Couthon. »

Élie Lacoste.
« J'appuie cette proposition. C'est moi qui ai dit le premier au comité de salut public que Couthon, Saint-Just et Robespierre formaient un triumvirat. Saint-Just a pâli et s'est trouvé mal. Lorsqu'il arriva de l'armée du Nord, après qu'il nous eut parlé de l’état et de la position de cette armée, il nous rapporta qu'un officier suisse fait prisonnier lui avait dit que nous ne devions pas compter sur nos succès, que l'ennemi était instruit de nos ressources, et qu'il espérait une scission dans le gouvernement, à l’aide de laquelle il traiterait de la paix avec une faction quelconque. Ce sont eux, les scélérats, qui ont voulu produire la scission. Depuis quelque temps nous étions tranquilles ; les conjurations étaient déjouées ; ceux qui les avaient formées, périssaient sous le glaive de la loi, et les armées avaient mis la victoire à l’ordre du jour, lorsque ces hommes perfides ont tenté d'étouffer la liberté. Je demande le décret d'arrestation contre Couthon, Saint-Just et Lebas. »

(Cette proposition est décrétée au milieu des plus vifs applaudissements.)


------------
On voit là, notamment, le rôle éminent joué par Tallien et Billaud-Varenne dans la perte du "nouveau Cromwell".
Le Brutus de César était un apprenti à coté d'eux Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Dim 30 Sep - 17:34

Maillard était huissier, c'est Santerre, le brasseur. Wink

Une belle brochette de pourris en tout cas !
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 4:40

attachboy a écrit:
Maillard était huissier, c'est Santerre, le brasseur. Wink

Une belle brochette de pourris en tout cas !

Exact !
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 10:15

C.F Chauveau-Lagarde a écrit:
Je reviens un instant sur l'objet de ce fil, en vous rapportant l'exacte narration de la fin politique de Robespierre, tel qu'écrite dans le Journal de la Convention Nationale du 9 Thermidor.
Je vous présente mes excuses car c'est un peu long, mais les échanges y sont courts et violents, et permettent d'imaginer cette ambiance échauffée au sein de l'Assemblée.

C'est en effet vraiment comme si nous y étions !
Robespierre avait son frérot comme Mirabeau son tonneau .

Merci, cher Chauveau-Lagarde .   Very Happy

C.F Chauveau-Lagarde a écrit:
On voit là, notamment, le rôle éminent joué par Tallien  

Nous l'expliquons largement dans le fil de Mme Tallien ( justement nommée Notre-Dame de Thermidor ), que l'on ne trouve pas avec la fonction Rechercher.

Il figure dans la section Marie-Antoinette et ses contemporains, les autres .

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 10:52

C.F Chauveau-Lagarde a écrit:


Le symbole de cela, c'est l'assassinat du Duc d'Enghien. Cadoudal, Pichegru et Moreau en seront les victimes collatérales.

..... et Armand de Polignac !

Il croque une réunion des acteurs du complot de Cadoudal .
Cette aquarelle est au musée de Carnavalet .

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 11:11

Citation :
C'est en effet vraiment comme si nous y étions !

C’est ce qui m’a surpris dans cette lecture ; c’est presque romancé, tant certains détails sont mentionnés... Shocked
C’est quoi exactement ce Journal de la Convention nationale du 9 thermidor ?
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 11:32

Citation :
C’est ce qui m’a surpris dans cette lecture ; c’est presque romancé, tant certains détails sont mentionnés... Shocked

Tu veux dire, comme un procès verbal un peu enjolivé ?

Mais tout de même, il y avait très certainement un côté théâtral dans ces réunions au sommet . Des Mirabeau, des Danton cabotinaient !
Et souviens-toi de Hérault de Séchelles qui prenait des cours de diction, maintien, éloquence auprès de Mlle Clairon !
Il en explique l'utilité et l'efficacité dans ses Réflexions sur la Déclamation .
Il fallait captiver son auditoire pour se le mettre dans la poche ...  

Citation :
C’est quoi exactement ce Journal de la Convention nationale du 9 thermidor ?

Je ne sais pas . L'une des innombrables gazettes du temps, sans doute .

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 12:07

Citation :
C’est quoi exactement ce Journal de la Convention nationale du 9 thermidor ?

Il s'agit en fait du contenu de la Gazette Nationale ou Le Moniteur Universel (n°311 daté du 11 Thermidor).
Son contenu est disponible en ligne ici dans sa mise en page originelle.
D'après wiki :
La Gazette était un journal fondé à Paris en 1789 par Charles-Joseph Panckouke et disparu le 30 juin 1901. Journal de propagande qui fut longtemps l’organe officiel du gouvernement français, chargé notamment de la transcription des débats parlementaires, Le Moniteur universel eut pour premier titre celui de Gazette nationale. Les mots de Moniteur universel ne formaient qu’un sous-titre qui servirent à le désigner.
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 12:20

Citation :
Tallien a donc bien joué cet acte.

.......    vu par  Raymond-Quinsac Monvoisin  ( 1794 - 1837 )



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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 12:37

Et par Max adamo (1860) :

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 13:14

Citation :
Tu veux dire, comme un procès verbal un peu enjolivé ?
C’est cela. Disons que je trouvais ce procès verbal étrange dans sa composition.
Mais C.F Chauveau-Lagarde confirme bien qu’il s’agit du compte-rendu d'une gazette. Merci... Wink
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Lun 1 Oct - 14:04

C'était un souk pas possible !!!
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   

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