Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Le 9 thermidor

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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mar 2 Oct - 21:29

Je n'arrive pas à déterminer pour ma part s'il y a eu tentative de suicide de sa part ou coup de feu d'un tiers, volontaire ou non.
Je pencherais moi aussi pour un acte qui prouverait à quel point ce type détestable n'était pas capable d'affronter ce qu'il avait semé.
Mais j'ai lu une bio de Robespierre où le moins qu'on puisse dire est que l'auteur ne lui fait pas de cadeaux. Après cette lecture, j'ai eu confirmation qu'il n'y avait rien à tirer de bon de ce fou furieux. Mais il lui accorde au moins le courage d'avoir voulu mourir sur l'échafaud. Argumentation assez convaincante.

Donc... Shocked
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mar 2 Oct - 23:55

Citation :
Oui, mais c'est l'un des rares à ne pas avoir eu droit à un procès, fut-il aussi tronqué que celui de la Reine ou des Dantonistes.

Oui. Mais à l’époque, les procès avec audition des accusés, défense, délibération etc. (entre bons gros guillemets, puisque vous évoquez ceux de la reine ou des dantonistes, fussent-ils tronqués) n’existent plus.
Mise en accusation = condamnation. Rien d’autre ! Pas de bla-bla.
C’est la Grande Terreur.
Enfin Robespierre et ses potes sont, d’office, décrétés hors-la-loi (cette loi déjà plus qu’expéditive).
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 3 Oct - 7:56

Si il n'a pas eu de procès, il ne peut s'en prendre qu'à lui même. N'est ce pas Saint Just qui avait fait voter un décret interdisant aux accusés de se défendre avec trop d’ardeur ?
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 3 Oct - 9:44

Citation :
Je vois pour ma part une véritable brisure à l'occasion de la mise en place du calendrier républicain et, conséquemment, du culte de l’Être Suprême (décret du 18 floréal). Le clivage entre Robespierre, théiste et rousseauiste, et l'athéisme ambiant atteint un point de non retour. On l'accusera de vouloir non seulement exercer une dictature (c'est de facto le cas depuis l'élimination des Indulgents), mais de se prendre pour Dieu.

Absolument ! C'est là qu'il signe sa perte .

Philosophiquement, le culte de la Raison et celui de l'Être suprême procèdent des Lumières :

   Le culte de la Raison procède de l'athéisme et du naturalisme de Denis Diderot, dont s'inspirait Jacques-René Hébert.
   Le culte de l'Être Suprême procède du déisme de Voltaire et de Rousseau, dont s'inspirait Robespierre.

Ces cultes se voulaient une expression des idéaux des Lumières : liberté (d'expression, de pensée, etc.), égalité. Une nouvelle Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen fut mise en place en 1793, par rapport à celle de 1789 ; les lieux de culte furent fermés à partir de mai 1793 .




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Un décret du 18 floréal an II (7 mai 1794), adopté par la Convention montagnarde sur un rapport de Robespierre (Comité de salut public), instituait un calendrier de fêtes républicaines marquant les valeurs dont se réclamait la République et se substituant aux fêtes catholiques : à l’Être suprême & à la nature ; au genre humain ; au peuple français ; aux bienfaiteurs de l’humanité ; aux martyrs de la liberté ; à la liberté & à l’égalité ; à la République ; à la liberté du monde ; à l’amour de la patrie ; à la haine des tyrans & des traîtres ; à la vérité ; à la justice ; à la pudeur; à la gloire & à l’immortalité ; à l’amitié ; à la frugalité ; au courage ; à la bonne foi ; à l’héroïsme ; au désintéressement ; au stoïcisme ; à l’amour ; à la foi conjugale ; à l’amour paternel ; à la tendresse maternelle ; à la piété filiale ; à l’enfance ; à la jeunesse ; à l’âge viril ; à la vieillesse ; au malheur ; à l’agriculture ; à l’industrie ; à nos aïeux ; à la postérité ; au bonheur. En outre, elle établissait le culte à l'Être Suprême, qui se juxtaposait au culte de la Raison.











Robespierre, déiste, avait vivement attaqué les tendances athées et la politique de déchristianisation des ultra-révolutionnaires (hébertistes), qui avaient institué le culte de la Raison fin 1793.

Il leur opposa une religion naturelle – reconnaissance de l'existence de l'Être suprême et de l'immortalité de l'âme1 – et un culte rationnel (institution des fêtes consacrées aux vertus civiques) dont le but était, selon lui, « de développer le civisme et la morale républicaine ».

Le culte de l'Être suprême était un culte déiste, influencé par la pensée des philosophes des Lumières, et consistait en une « religion » qui n’interagissait pas avec le monde et n’intervenait pas dans la destinée des hommes.

Le culte de l'Être suprême se traduisait par une série de fêtes civiques, destinées à réunir périodiquement les citoyens et à « refonder » la Cité autour de l’idée divine, mais surtout à promouvoir des valeurs sociales et abstraites comme l’Amitié, la Fraternité, le Genre humain, l’Enfance, la Jeunesse ou le Bonheur. La fraternité et le genre humain n'avaient sur un point au moins rien d'abstrait : l'abolition de l'esclavage des Noirs en février 1794 par la Convention et qui se traduisit dans les semaines et les mois qui suivirent (jusqu'en thermidor an II) par l'envoi d'adresses de félicitations, d'annonce de fêtes civiques et l'arrestation de colons blancs, intriguant contre le décret émancipateur. À Paris, ce fut le cas si l'on en croit le témoignage, la plainte, le 20 prairial an II d'un colon esclavagiste de Saint-Domingue emprisonné à la prison de la Santé, Thomas Millet, contre le député de Saint-Domingue, Dufay, qui contribua au vote de la loi du 16 pluviôse an II.


( Merci WIKI )



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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 3 Oct - 21:51

"Le calendrier républicain fut officiellement adopté le 24 octobre 1793, soit plus d'un an après l'avènement de la Première République (il n'y a donc pas d'An I !), après un long débat entre les mathématiciens Romme et Monge, les poètes Chénier et Fabre d'Eglantine et le peintre David. Le calendrier républicain est l'une des grandes réformes entreprises par la Convention nationale qui, tout comme le système métrique, visait à réformer la société jusque dans ses références au temps et à l'espace. Contre la superstition et le fanatisme, le dimanche, les saints, les fêtes chrétiennes étaient abolis au nom de la Raison, la science, la nature, la poésie, l'idéologie et l'utopie.

L'oeuvre des mathématiciens : création d'un découpage égal des mois (12 mois, 30 jours), un système décimal des décades et des heures. L'année débute le jour de l'équinoxe d'automne.

L'oeuvre des poètes : on donne aux jours des noms de plantes, d'animaux domestiques et d'outils. Les mois riment trois par trois, selon la "sonorité" des saisons.

A noter que l'année commence au jour anniversaire de l'abolition de la royauté et qu'elle se termine par la fête des "sans-culottides" (jours complémentaires).

On ne doit pas confondre les datations du calendrier républicain avec la mention, courante, "n..ème année de la Liberté", qui prend pour référence 1789. Dans les premières semaines d'utilisation du calendrier républicain, il est fréquent que les officiers de l'état-civil ne mentionnent pas le nom du mois, mais comptent par jours de "décade". La diffusion de ce calendrier, promu par la participation de grands artistes, se heurta cependant aux problèmes de la réduction des jours de repos qu'il impliquait ainsi qu'au rythme ancestral des foires et marchés agricoles."


source : Philippe Chapelin
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 3 Oct - 22:19

Pour en revenir au décret évoqué en amont, c'est celui du 22 prairial an II (10 juin 1794).

Ce décret modifie la procédure - doux euphémisme, comme vous pourrez en juger :

IV. - Le Tribunal révolutionnaire est institué pour punir les ennemis du peuple.

V. - Les ennemis du peuple sont ceux qui cherchent à anéantir la liberté publique, soit par la force, soit par la ruse.

VI. - Sont réputés ennemis du peuple ceux qui auront provoqué le rétablissement de la royauté, ou cherché à avilir ou à dissoudre la Convention nationale et le gouvernement révolutionnaire et républicain dont elle est le centre ;
Ceux qui auront trahi la République dans le commandement des places et des armées, ou dans toute autre fonction militaire, entretenu des intelligences avec les ennemis de la République, travaillé à faire les approvisionnements ou le service des armées ;
Ceux qui auront secondé les projets des ennemis de la France, soit en favorisant la retraite et l’impunité des conspirateurs et l’aristocratie, soit en persécutant et calomniant le patriotisme, soit en corrompant les mandataires du peuple, soit en abusant des principes de la Révolution, des lois ou des mesures du gouvernement par des applications fausses et perfides ;
Ceux qui auront trompé le peuple ou les représentants du peuple, pour les induire à des démarches contraires aux intérêts de la liberté ;
Ceux qui auront cherché à inspirer le découragement pour favoriser les entreprises des tyrans ligués contre la République ;
Ceux qui auront répandu de fausses nouvelles pour diviser ou pour troubler le peuple ;
Ceux qui auront cherché à égarer l’opinion et empêcher l’instruction du peuple, à dépraver les mœurs et à corrompre la conscience publique, et altérer l’énergie et la pureté des principes révolutionnaires et républicains, ou à en arrêter les progrès, soit par des écrits contre-révolutionnaires ou insidieux, soit par tout autre machination ;
Les fournisseurs de mauvaise foi qui compromettent le salut de la République, et les dilapideurs de la fortune publique, autres que ceux compris dans les dispositions de la loi du 7 frimaire ;
Ceux qui, étant chargés de fonctions publiques, en abusent pour servir les ennemis de la République, ou travaillé à empêcher l’affermissement.

(La loi de prairial ne fait plus allusion à la notion de « suspects », mais donne une définition aussi vague et extensible que possible de « l’ennemi du peuple »).


VII. - La peine portée contre tous les délits dont la connaissance appartient au Tribunal révolutionnaire est la mort.

(Après avoir délibéré à haute voix et en public, les jurés prononcent la sentence : l’acquittement ou la mort. Simple et efficace.)

VIII. - La preuve nécessaire pour condamner les ennemis du peuple est toute espèce de document, soit matérielle, soit morale, soit verbale, soit écrite, qui peut naturellement obtenir l’assentiment de tout esprit juste et raisonnable. La Règle des jugements est la conscience des jurés éclairés par l’amour de la patrie ; leur but, le triomphe de la République et la ruine de ses ennemis ; la procédure, les moyens simples que le bon sens indique pour parvenir à la connaissance de la vérité dans les formes que la loi détermine.

Elle se borne au point suivant :

IX. - Tout citoyen a le droit de saisir et de traduire devant les magistrats les conspirateurs et les contre-révolutionnaires. Il est tenu de les dénoncer dès qu’il les connaît.

(La délation érigée en devoir civique !)

X. - Nul ne pourra traduire personne au Tribunal révolutionnaire, si ce n’est la Convention nationale, le Comité de salut public, le Comité de sûreté générale, les représentants du peuple commissaires de la Convention, et l’accusateur public du Tribunal révolutionnaire.

XI. - Les autorités constituées en général ne pourront exercer ce droit sans avoir prévenu le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale, et obtenu leur autorisation.

XII. - L’accusé sera interrogé à l’audience et en public ; la formalité de l’interrogatoire secret qui précède est supprimée comme superflue ; elle ne pourra avoir lieu que dans les circonstances particulières où elle serait jugée utile à la connaissance de la vérité.

(l'accusé n'a plus droit à un interrogatoire préalable)

XIII. - S’il existait des preuves, soit matérielles, soit morales, indépendamment de la preuve testimoniale, il ne sera point entendu de témoins, à moins que cette formalité ne paraisse nécessaire, soit pour découvrir des complices, soit pour d’autres considérations majeures d’intérêt public.

(On imagine la flexibilité dans l'interprétation de la notion de preuves "morales"... Et donc, pas d’audition de témoins à décharge)

XIV. - Dans le cas où il y aurait lieu à cette preuve, l’accusateur public fera appeler les témoins qui peuvent éclairer la justice, sans distinction de témoins à charge et à décharge.

XV. - Toutes les dispositions seront faites en public, et aucune déposition écrite ne sera reçue, à moins que les témoins ne soient dans l’impossibilité de se transporter au Tribunal, et dans ce cas il sera nécessaire d’une autorisation expresse des Comités de salut public et de sûreté générale.

XVI. - La loi donne pour défenseurs aux patriotes calomniés des jurés patriotes ; elle n’en accorde point aux conspirateurs.

(l'accusé doit répondre seul, sans l’assistance d’un défenseur)

XVII. - Les débats finis, les jurés formeront leurs déclarations, et les juges prononceront la peine de la manière déterminée par les lois.

Le président posera la question avec clarté, précision et simplicité. Si elle était présentée d’une manière équivoque ou inexacte, le jury pourrait demander qu’elle fût posée d’une autre manière.

XVIII. - L’accusateur public ne pourra, de sa propre autorité, renvoyer un prévenu adressé au Tribunal ou qu’il y aurait fait traduire lui-même ; dans le cas où il n’y aurait pas matière à une accusation devant le Tribunal, il en fera un rapport écrit et motivé à la chambre du conseil, qui prononcera. Mais aucun prévenu ne pourra être mis hors de jugement avant que la décision de la chambre n’ait été communiquée aux Comités de salut public et de sûreté générale, qui l’examineront.

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Une véritable industrialisation du crime politique. Et le plus ironique est que Robespierre avait le mot "vertu" pendu à la bouche...
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 3 Oct - 22:24

J'ai des frissons (de terreur ?) à lire tout ceci.
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MessageSujet: Re: Le 9 thermidor   Mer 15 Fév - 22:12

La Commune le 9 Thermidor An II :



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