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 Marbeuf, le bienfaiteur breton de Napoléon

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globule
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MessageSujet: Marbeuf, le bienfaiteur breton de Napoléon    Lun 16 Avr 2018 - 12:35

Aujourd'hui, faisons connaissance avec un bienfaiteur de Napoléon.

Issu d’une famille de la vieille aristocratie bretonne, Louis-Charles René de Marbeuf naît à Rennes le 4 novembre 1712. Son père est lieutenant général dans les armées du roi et Marbeuf suit les pas de son géniteur en s’engageant dès son plus jeune âge. À 16 ans, il intègre le régiment de Bourbonnais et gravit peu à peu la hiérarchie dans les troupes du roi de France.



La conquête de la Corse
Lieutenant puis capitaine, ses obligations militaires le font voyager : Malte, la Westphalie, l’Espagne… Et la Bretagne, où il rentre entre 1760 et 1762. Quelques années auparavant, il a épousé une riche veuve, plus âgée que lui : Éléonore de Goyon, baronne de Callac et dame de Cadoudal. Le couple se voit peu, Louis privilégiant sa carrière militaire. En 1764, il commande le corps expéditionnaire qui débarque en Corse. La troupe est présente pour aider la République de Gênes à garder sa souveraineté sur l’Île de Beauté, face aux velléités autonomistes de Pascal Paoli. Marbeuf rencontre d’ailleurs plusieurs fois le chef des indépendantistes, et c’est alors qu’il croise pour la première fois Charles Bonaparte, secrétaire du patriote corse, et sa jeune épouse Letizia. En 1768, Louis XV rachète la Corse à Gênes, et l’armée est chargée de « pacifier » le nouveau territoire du royaume, le souverain refusant de reconnaître la République Corse. Marbeuf est désigné lieutenant-général des armées du roi et a la charge de la répression contre les indépendantistes, qu’il pourchasse dans le maquis. Après la défaite des troupes paolistes lors de la bataille de Ponte-Novo, la France assied sa domination sur l’île, le leader indépendantiste et ses partisans doivent fuir le territoire. Mais certains d’entre eux y renoncent, quitte à servir le nouveau pouvoir. C’est le cas de Charles Bonaparte et de sa famille. De son côté, Marbeuf est nommé gouverneur, et met en place un Conseil supérieur, comme dans les colonies des Antilles, où les nobles corses sont invités à siéger.

Louis est alors un homme solide de 52 ans, plutôt bel homme, qui n’est pas insensible à la gent féminine. Son épouse, qu’il a laissée en Bretagne, n’est qu’un lointain souvenir quand il recroise la femme de l’ancien secrétaire de Pascal Paoli. Letizia Bonaparte, 19 ans, vient de donner naissance quelques mois auparavant à un petit Napoléon. La jeune femme est réputée pour sa beauté et même si elle n’a reçu aucune instruction, le Breton tombe immédiatement sous le charme. Le Comte va alors répandre ses bienfaits sur la famille Bonaparte.

Il aide Charles à être anobli, le désigne comme membre de la délégation envoyée en France pour le couronnement de Louis XVI et le fait nommer assesseur auprès de la juridiction d’Ajaccio. Bonaparte père siège également à la Commission des Douze et reçoit en concession l’une des trois pépinières d’État installées en Corse pour développer la production de vers à soie… Autant de fonctions agrémentées de substantielles rentrées financières.

Une histoire d’amour
Tant de faveurs permettent à Marbeuf de se rapprocher de Letizia, qui ne reste pas insensible. Marié à un homme dépensier et volage, elle passe de plus en plus de temps auprès du gouverneur breton. « Madame Bonaparte était l’objet de soins les plus empressés et l’on peut dire du culte de M. de Marbeuf. Il en était éperdument amoureux », écrit dans ses mémoires le comte Colchen, intendant de Corse entre 1778 et 1784. Il est l’un des nombreux témoins du rapprochement de ce couple qui se fréquente régulièrement, alimentant la rumeur d’une liaison amoureuse. Cela n’échappe pas à Charles Bonaparte, qui préfère fermer les yeux et jouir des largesses que lui offre le comte. Louis de Marbeuf soutient également les enfants de la famille. Il intervient pour que Joseph et Napoléon soient admis au collège d’Autun et fait par la suite entrer Napoléon à l’école militaire royale de Brienne, avec une bourse.

Quand Letizia donne le jour à Louis, c’est lui qui tient l’enfant sur les fonds baptismaux. Marbeuf devient par la suite marquis, en reconnaissance de son travail en Corse. Avec ce titre, il reçoit des terres à Cargese, où il fait construire un château, réplique de la bâtisse familiale de Pen-ar-Vern, à côté de Morlaix. Mme Bonaparte et ses enfants y viennent régulièrement séjourner. En 1883, sa première épouse meurt au couvent du Saint-Sacrement à Paris, oubliée de son volage et fringuant époux. Marbeuf, âgé de 72 ans, décide de se remarier, sous la pression de ses proches, avec Catherine de Gayardon de Fenoyl - de 24 ans sa cadette - afin de faire perpétuer son nom. Malgré son âge avancé, Louis de Marbeuf donnera deux enfants à sa jeune épouse, avant de mourir le 20 septembre 1786 à Bastia, où il est enterré dans l’église Saint-Jean-Baptiste. Pendant la Révolution, la population brisera sa tombe pour se venger de celui qui a fait pendre des dizaines d’indépendantistes. Sa veuve recevra le titre de baronne d’Empire par Napoléon Ier.


Pour en savoir plus
« Les secrets de Napoléon » de Pierre Branda, éditions Vuibert, 2014.
« Napoléon fils du comte Marbeuf » de Edmond Outin, éditions France Empire - 2006.
« Napoléon » de Jean Tulard, éditions Pluriel, 2011.

http://www.letelegramme.fr/histoire/marbeuf-le-bienfaiteur-breton-de-napoleon-10-04-2018-11925525.php

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MessageSujet: Re: Marbeuf, le bienfaiteur breton de Napoléon    Lun 16 Avr 2018 - 12:36

Creusant dans la même veine, Le Télégramme nous propose encore Wink

Napoléon et la rumeur d’une ascendance bretonne
Napoléon est-il Breton ? Cette question a alimenté les rumeurs au cours des deux derniers siècles. Napoléon s’est lui-même interrogé sur cette paternité, notamment à son retour d’Égypte où il a calculé les dates de sa conception avec les scientifiques Berthollet et Monge. Ce dernier raconte l’anecdote dans ses mémoires : « Il aborda la question scabreuse de sa naissance. Faisant allusion à la liaison connue de sa mère avec M. de Marbeuf, […] il expliqua combien il aurait désiré connaître avec certitude son vrai père. […] Il fit des rapprochements de temps sur le départ du gouverneur et sur sa naissance et arriva à conclure qu’il était bien le fils de Charles ». Pourtant, les rumeurs perdurent, agrémentées d’autres histoires, notamment celle d’une naissance en Bretagne ! Napoléon ne serait pas né à Ajaccio en 1769, mais deux ans plus tard à Sainte-Sève dans le Finistère. Letizia aurait accompagné son amant lors d’un voyage et aurait accouché dans le château de la famille Marbeuf de Pen-ar-Vern, à côté de Morlaix. Une légende propagée dans les années 1850, selon l’historien Charles Chassé, par des familles de la région comme les Crechquérault, les Saint-Prix et par une romancière à l’imagination vagabonde, la comtesse Elvire de Cerny… Et par quelques faits troublants, comme la date du baptême du petit Napoléon, célébré en Corse le 21 juillet 1771, soit près de deux ans après sa naissance. Son parrain est Laurent Giubega, un proche collaborateur de Marbeuf, envoyé par le gouverneur lui-même. Certains racontent encore que le fils adultérin aurait en fait été baptisé à Sainte-Sève, et que la page du registre paroissial aurait été secrètement déchirée par la police impériale, sous l’ordre même de Napoléon III. Enfin, le prénom même de Napoléon serait en fait une référence à cette naissance bretonne, puisqu’il signifierait Na Pol Leon, « né à Saint-Pol-de-Léon »… De quoi alimenter les fantasmes ! Photo : c’est dans le Manoir de Penanvern, à Sainte-Sève (Finistère) que, pour certains, serait né Napoléon, en 1771.


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