Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 la famille Hesse-Darmstadt

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madame antoine

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Mar 13 Déc - 11:45

Voici une miniature montrant la famille.





We are dealing here with a group portrait of then 31-32-year-old Louise Henriette Karoline, Grand Duchess of Hessen and by Rhine, nee Princess of Hessen-Darmstadt. 
She was born in 15 February 1761 in Darmstadt as daughter of Prince Georg Wilhelm of Hessen-Darmstadt (1722-1782) from his marriage to Maria Luise Albertine of Leiningen-Falkenburg-Dagsburg (1729-1818). 
In 1770, the princess was in the entourage of Marie-Antoinette, as they traveled to France for latter's marriage. Louise exchanged letters with the French Queen until 1792. 


https://www.wilnitsky.com/scripts/redgallery1.dll/details?No=37226

madame antoine

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juul

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Jeu 15 Déc - 12:26

Je pense très type du dessinateur. Wink

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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 19:04

Plongé que je suis dans le recueil du Comte de Reiset, je ne résiste pas au plaisir de vous faire partager les lettres qui s'y trouvent.  
Le Comte de Reiset commence par une biographie de Louise de Hesse Darmstadt.

La Princesse Louise-Caroline-Henriette de Hesse naquit à Francfort, le l5 février 1761. Elle était fille de Georges-Guillaume, Prince de Hesse-Darmstadt , second fils du Landgrave Louis VIII , feld-maréchal et chef du régiment de dragons au service de l'Empereur d'Allemagne, et de Marie-Louise-Albertine de Leiningeu-Heidesheim, morte à Strélitz en 1818.


La très jolie Louise de Hesse

Cette Princesse, d'une rare beauté et d'un esprit élevé, avait un caractère doux et bienveillant qui la faisait aimer en même temps qu'on admirait ses autres qualités. Elle fut élevée, ainsi que sa sœur la Princesse Charlotte, à la Cour de Vienne (2), et y contracta une étroite amitié avec la jeune et charmante Archiduchesse qui devait bientôt monter sur le trône de France.

Elle revint ensuite à Darmstadt, où elle habitait avec ses parents la maison nommée le Palais (1), sur la place du Marché, près le château. C'est là que le Prince héréditaire l'aima et la demanda en mariage.

Les fiançailles furent célébrées le 6 janvier 1777, et les noces le 19 février. Peu de temps après, les nouveaux époux allèrent s'installer à Auerhach, château des Landgraves, dans la. Bergstrasse, où on avait découvert, en 1739, une source d'eau minérale abondante.

Ce lieu, embelli par de nouveaux bâtiments et des promenades, devint le séjour favori de la Princesse. Elle y invitait chaque année beaucoup de monde, et revenait l'hiver à Darmstadt s'occuper de musique avec son mari, qui était un grand mélomane. Elle faisait aussi jouer chez elle la comédie, et remplissait les rôles difficiles avec un véritable talent.

Les lettres que nous publions disent assez les tendres sentiments qu'éprouvait Marie-Antoinette pour la Princesse Louise. La Reine s'occupe, avec une simplicité et un dévouement admirables, des intérêts de la famille de Hesse. Elle sollicite en Autriche un régiment pour le Prince Georges, et ne se lasse pas de presser son frère l'Empereur Joseph II, jusqu'à ce qu'elle ait obtenu une réponse favorable.

La Princesse Louise n'avait pas pour la Reine un moindre dévouement. On nous a dit qu'après le 20 juin 1792 elle avait conçu le projet de faire enlever Marie-Antoinette des Tuileries, et qu'elle avait envoyé dans ce but à Paris le Prince Georges, son frère. Nous croyons que ‘c'est à lui que la Reine fait allusion dans la dernière lettre de ce recueil, où elle refuse positivement les offres de son amie.

- Je n'ose pas le voir chez moi, dit-elle; il m'auroit pourtant été bien doux de parler avec lui de vous.

Quoi qu'il en soit, les Princes de Hesse furent de tous les Princes les plus disposés à agir efficacement pour le salut de la Reine. Ils secondèrent de tout leur pouvoir les premiers efforts des Princes frères du Roi, et n'abandonnèrent sans doute les projets de l'émigration que sur la demande de Marie-Antoinette elle-même.

Nous avons vu plusieurs portraits de la Grande Duchesse Louise. Elle avait les cheveux d'un brun foncé, les yeux bleus, la taille svelte et les traits pleins de charmes. Le portrait qui nous a le plus frappé est celui qui se trouve au château de Kranichstein et qu'elle fit faire à son retour de France. Elle tient à la main un livre sur lequel sont inscrits quelques vers italiens , charmante allusion à ses sentiments pour celle qu'elle appelait sa chère Reine de France :


  • L'amore è il veleno
  • E Famistà l'incanto della vita :
  • L'uno cangia come il vento,
  • L'altra dura sempre.


De son côté, la Reine écrivait dans sa dernière lettre : "Ils m'ont tout ôté, hors mon cœur, qui me restera toujours pour vous aimer" ; et au moment où elle quittait le Temple pour la Conciergerie, on trouva sur elle, au milieu des souvenirs de ceux qu'elle aimait le plus en ce monde, le portrait de la Princesse Louise et celui de la Princesse Charlotte de Mecklembourg.

Ce fait est ainsi rapporté par MM. de Goncourt :

"Le 1er août 1793, à deux heures du matin, la Commune arrachant la Reine au sommeil, lui signifiait le décret suivant de la Convention ; Marie-Antoinette est envoyée au tribunal extraordinaire ; elle sera transférée sur-le-champ à la Conciergerie.

La Reine se tait et se met à faire un paquet de ses vêtements. Madame Élisabeth et Madame implorent, mais en vain, la grâce de la suivre. La Reine s'habille sans que les municipaux s'écartent. Ils lui demandent ses poches. La Reine les leur donne. C'est tout ce qu'elle a de ceux qu'elle prie au ciel, c'est tout ce qui lui reste de ceux qu'elle aime sur la terre ! Un paquet de cheveux de son mari et de ses enfants, la petite table de chiffres sur laquelle elle apprenait à compter à son fils, un portefeuille où est l'adresse du médecin de ses enfants, les portraits des Princesses de Hesse et
de Mecklembourg, les amies de sa jeunesse, un portrait. de madame de Lamballe, une prière au sacré Cœur de Jésus, une prière à l'lmmaculée-Conception. Il ne lui est laissé qu'un mouchoir et un flacon, pour le cas où elle se trouverait mal.

La Reine embrasse sa fille, l'exhorte au courage, et finit en lui rappelant les instructions de pardon que lui a données son père."

Après la mort de la Reine, la Landgrave Louise garda le deuil pendant plus d'un an. Profondément frappée au cœur par l'événement tragique qui venait de se passer en France, et poursuivie par la Révolution dans ses propres États, elle quitta pour quelque temps la Hesse et se retira en Saxe.
Ce ne fut qu'en 1796 qu'elle revint à Darmstadt, où, à l'occasion de son retour, elle fut fêtée par les habitants de cette ville.

Elle séjourna dès lors plus que jamais au château d'Auerbach. Elle habitait, dans l'aile droite, une petite chambre où elle est morte en 1829. On y voyait encore sur la tapisserie, en 1859, des pensées et des vers écrits de sa main. (Il y a aussi dans le parc d'Auerbach deux monuments intéressants, l'un élevé à la Reine Marie-Antoinette, en 1783, à la vraie amitié).


Le parc d'Auerbach

Dans les derniers jours de sa vie, la Grande-Duchesse Louise ne soupait plus avec sa Cour. Un soir qu’elle se trouvait un peu plus mal, sa vieille femme de chambre, devenue sa confidente, mademoiselle Weil, excellente personne, mais d’une laideur proverbiale, étant sortie pour lui préparer une tasse de thé, trouva en revenant l'auguste Princesse morte sur sa chaise longue, sans avoir éprouvé la moindre agonie. Le lendemain, le comte de Gœrlitz accompagna le ministre des finances, M. de Hoffman , pour apposer les scellés sur les portes de son appartement.

Ils y trouvèrent le Prince Émile, second fils de la Grande-Duchesse, en proie au plus violent chagrin. Ce Prince adorait sa mère et lui consacrait tout le temps dont il pouvait disposer. Elle-même était fière du Prince Émile, de ses talents militaires et de son esprit fin , délicat et cultivé.

La Grande-Duchesse avait ordonné que ses funérailles eussent lieu sans beaucoup de solennité. Le 27 octobre, elle fut placée à Auerbach sur un lit de parade, et, le 29 au soir, le corps fut déposé dans les caveaux de la famille grand-ducale à Darmstadt (1).
Hanovre, le 20 mars 1865.
Comte de Reiset

Ces lignes sont très touchantes.


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The Collector

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 20:44

Oui, Reiset écrit bien

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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 21:49

Passons aux lettres de la Reine à Louise.

1780, mai ou juin

J'accepte avec grand plaisir votre proposition, Madame; je vous prierai seulement de me faire dire de bouche par l'homme que j'envoie, lequel des jours vous aimez mieux de demain ou de vendredi, si vous voulez venir a mon jardin tout de suite. Il fait si beau que je serai charmée de vous le montrer, ainsi qu'à Messieurs les Princes Héréditaires (1) et Frédéric (2). Pour la Princesse Charlotte (3), j'espère qu'elle me connoit assez pour ne pas douter du plaisir que j'ai toutes les fois que je la vois, ainsi que vous, Madame, que j'embrasse de tout mon cœur.

Notes :

(1) Le Prince Héréditaire de Darmstadt Louis, plus tard premier Grand-Duc de Hesse, né le 14 juin 1753, à Prenzlow. Il fit ses premières campagnes contre les Turcs, au service de Russie, en qualité de lieutenant général. Ce Prince avait un goût très-vif pour les arts et surtout pour la musique. Il était fils du Landgrave Louis IX, et sa mère était la Princesse Palatine CaroIine-Henriette-Christiane-Louise de Deux-Ponts, sur la tombe de laquelle le grand Frédéric fit graver ces mots qui peignaient son caractère : Sexu femina, ingenio uir. Le Prince Louis, qui monta sur le trône sous le nom de Louis X, épousa, le 19 février 1777, sa cousine germaine Louise-Henriette-Caroline de Hesse. Ce fut trois ans après son mariage qu'il vint à Paris avec sa jeune femme, qui passait avec raison pour une des plus agréables princesses de l'Europe. Le Prince Louis était alors âgé de vingt-sept ans et sa femme de dix-neuf ans.

(2) Est-ce Frédéric-Louis de Hesse, né à Bouxwiller le 10 juin 1759, mort à Darmstadt le 11 mars 1802, qui était colonel du régiment de son père au service de France, et frère du Prince Héréditaire, ou bien le Prince Frédéric, né le 21 juillet 1759, colonel d'infanterie au service de France, chevalier de l'ordre de Saint-Jean, mort le 19 mai 1808, qui était le frère de la Princesse Louise ? C'est ce que nous n'avons pu savoir.

(3) La Princesse Charlotte-Wilhelmine-Christiane-Marie, née le 5 novembre 1755, mariée, après la mort de sa sœur, à son beau-frère Charles, duc de Mecklembourg, le 28 septembre 1784, mourut à Hanovre le 12 décembre 1785.



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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 22:17

Comme il fait plus beau le matin que le soir, .si vous voulez venir à midi, je vous donnerois à déjeuner; je serai toute seule, ainsi je vous demande en grâce de ne point venir parée, mais comme on est à la campagne, et ces messieurs en frac.


12 septembre 1780

La part que Madame votre mère (1) a bien voulu me donner de votre heureux accouchement (2), Madame, m'a enchantée. Ma sincère amitié pour vous me fera toujours partager avec plaisir tout ce qui peut vous regarder. Il est bien heureux que vous soyez accouchée si heureusement et que votre fils se porte aussi bien, car assurément vous ne vous êtes point ménagée, et j'étois bien inquiète que le voyage que vous avez fait ici ne vous fît mal. Je devrois être bien honteuse envers vous de n'avoir pas encore envoyé ce portrait que vous avez bien voulu me demander. Il étoit presque fini, mais il est si peu ressemblant que je n'ai pas trouvé qu'il fût digne de vous être envoyé. Voulez-vous bien, Madame, faire tous mes compliments à M. le Prince Héréditaire et l'assurer que je n'ai pas oublié la promesse qu'il m'a faite en partant de revenir avec vous ? Pour vous, Madame, vous feriez injure à mon amitié si vous doutiez du plaisir que j'aurai à vous embrasser et vous renouveler mon tendre et sincère attachement.
Ce l2 septembre 1780.
MARIE-ANTOINETTE (3)


Notes :

(1) Marie-Albertine-Louise, comtesse de Linange-Heidesheim, née le 16 mars 1729, mariée, en 1748, à George-Guillaume, prince de Hesse ; elle mourut le 11 mars 1818, à Strélitz.

(2) Louis-Georges, né le 31 août 1780, marié le 29 janvier 1804, à Caroline-Odile, comtesse de Nidda, née le 23 avril 1786, dont Louise-Charlotte, comtesse de Nidda, née le 11 novembre 1804.

(3) Cette lettre est la seule qui soit signée.

Sur l'enveloppe, il y a ces mots: A Madame la Princesse Héréditaire de Hesse-Darmstadt.
(Rigoley d'Ogny. Chargée) (4)
Le sable de cette lettre est de poudre luisante.

(4) Lors de la faveur de madame de Polignac auprès de la Reine, le Roi nomma le duc de Polignac directeur des Postes et des Haras ; il fit une réserve pour la poste aux lettres, qu'il confia à M. d'Ogny.

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Lucrezia P

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 22:22

Ce Reiset est une mine de renseignements !

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Je préfère l'original à la copie
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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 22:43

C'est ce qui est passionnant !

Le 17 mars 1781

Je compte trop sur votre amitié, Madame, pour différer de vous faire part de l'événement le plus intéressant et le plus heureux pour moi : je me trouve grosse (1) de deux mois, et en outre je me porte à merveille depuis cette époque.
Si j'avais plus de temps, j'écrirois aussi à la Princesse Charlotte. Embrassez-la pour moi. Vos deux lettres m'ont charmée, et surtout l'espérance que vous m'y donnez l'une et l'autre de recevoir quelquefois de vos nouvelles. Vous ne pouvez douter du plaisir qu'elles me feront si vous rendez justice à la tendre amitié que vous m'avez inspirée.
Mes compliments et remerciments à M. le Prince Héréditaire pour le souvenir qu'il m'a fait témoigner. Je crains d'avoir oublié, en écrivant à Madame votre mère, les compliments pour M. le Prince Georges : voulez-vous bien réparer mon omission et mander à votre frère que je me flatte que les charmes des villages de Hollande ne lui feront pas oublier entièrement
toutes ses connoissances ?

A Madame la Princesse Héréditaire de Hesse-Darmstadt. Enveloppe bordée de noir ; le cachet n'existe plus.

Note :

La Reine était alors grosse de Louis-Joseph-Xavier-François, qui naquit le 22 octobre 1781.





Ce 7 mai 1781

J'ai été désolée, Madame, de n'avoir pas pu répondre tout de suite à votre charmante lettre ; mais nous sommes depuis quinze jours ici, à Marly, où il y a beaucoup de monde, et où l'on n'a pas un moment à soi. C'est ce qui m'a empêchée aussi de voir M. Weinleau. J'aurois été charmée de m'entretenir avec lui de vous et de tout ce qui vous intéresse. Ma santé est parfaite, je grossis beaucoup. Votre sorcellerie est bien aimable de me prédire un garçon. J'y ai beaucoup de foi et je n'en doute nullement. Adieu, Madame, bien mes compliments à M. le Prince Héréditaire. Je ne finirois pas si je vous parlois de toute mon amitié pour les vôtres. Je vous prie de les en bien assurer, et de croire que je vous aime aussi tendrement que je vous embrasse. Je vous prie, Madame, de m'écrire sans aucune cérémonie et sur du petit papier.



Ce 8 juin 1781

Je suis bien touchée, Madame, du sentiment que vous me témoignez et de l'intérêt que vous marquez pour ma santé. Elle est présentement fort bonne. Recevez mes remerciments, et faites-les agréer, je vous prie, à M. le Prince Héréditaire. J'ai parlé au Roi et à M. de Ségur (l) pour l'affaire du régiment. Vous ne devez pas douter du plaisir que j'aurai toujours à vous obliger tous deux. Mais cette affaire rencontre des difficultés qu'il paroît bien impossible de vaincre. J'ai tout lieu de croire que le Roi n'a jamais entendu parler des espérances que l'on vous a données pour les vingt-trois ans.
Vous ne sauriez croire, Madame, combien votre lettre m'a fait de plaisir. Je trouvois qu'il y avoit bien longtemps que je n'avois eu de vos nouvelles et de celles de la Princesse Charlotte ; j'étois au moment de vous écrire. pour vous en demander. J'avois eu l'espoir de vous voir l'une et l'autre, ce printemps; j'ai été fort affligée d'y renoncer. J'espère que vous m'en dédommagerez cet hiver. Mes compliments, je vous prie, à M. le Prince et à madame la Princesse Georges (1). J 'embrasse bien tendrement la Princesse Charlotte. J'espère que M. votre Frère (2) n'est pas toujours confiné dans son vilain village de Hollande, et qu'il se souvient quelquefois de moi. Pour vous, Madame, l'amitié que vous m'avez inspirée est trop tendre et trop sincère pour que je ne compte pas sur la vôtre. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Notes :

(1) Georges-Guillaume, père de la Landgrave Louise, né le 21 juillet 1722, épousa Marie-Albertine-Louise, comtesse de Linange-Heidesheim.
(2) Georges de Hesse, né le 14 juin 1754, lieutenant général au service de la Hollande.

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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 22:53

Ce 1er juillet 1781

Je partage bien votre douleur, Madame, et personne ne sent plus que moi la perte que vous venez de faire (1). Je vais faire de mon mieux pour engager l'Empereur à conserver le régiment. Vous ne devez pas douter du plaisir que j'en aurai et pour votre famille et pour le Prince Georges. Vous connoissez trop ma tendre amitié pour vous, Madame, pour douter de mes sentiments dans cette triste circonstance.
Le Prince Héréditaire voudra bien recevoir ici mon compliment.

Sur l'enveloppe il y a : A Madame la Princesse Héréditaire de Hesse-Darmstadt, de la main de la Reine.
Puis la signature de M. Rigoley d’Ogny, avec ces mots : Chargée et très-recommandée.

Note :

(1) Le père de la Princesse Louise, Georges-Guillaume, mourut le 21 juin 1781, à cinquante-neuf ans, à Darmstadt.



Ce 28 septembre 1781

Je vous fais un véritable sacrifice, Madame, en cédant à l'occasion que me propose M. de Nassau pour vous faire passer mon portrait (1). Je le trouve fort peu ressemblant, et il ne peut servir qu'à vous prouver ma bonne volonté à vous satisfaire. M. de Nassau ayant voulu me remettre lui-même la lettre de Madame votre mère, je ne l'ai reçue qu'il y a peu de jours. Voulez-vous bien lui en faire tous mes remercîments? Quoique ma santé soit fort bonne, la gêne naturelle et souffrance de mon état m'empêchera de lui écrire. J'entre le 12 octobre dans mon neuf, et j'espère accoucher promptement. Mes compliments, je vous prie, à M. le Prince Héréditaire et à tous les vôtres. N'oubliez pas d'embrasser la Princesse Charlotte pour moi. Vous devez être bien sûres toutes deux de ma sincère amitié et du prix que j'attache à la vôtre.

Note :

(1) Le portrait dont il est ici question n'est pas celui fait par madame Lebrun (donné par la Reine à la Princesse Louise en 1783), et qui se trouve dans la galerie de tableaux du palais du Grand-Duc, à Darmstadt. Ce portrait doit être celui que le Grand-Duc conserve dans un de ses salons de réception.





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Charlotte

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 11 Juin - 23:02

Portrait de la destinataire - Wink


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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Lun 12 Juin - 0:02

Qu'elle est jolie !

J'ajoute encore quelques missives.

Ce 6 septembre [I782]

Je suis bien fâchée, Madame, de n'avoir pu vous répondre plus tôt sur les intentions de l'Empereur ; le zèle et l'activité que j'avois mis à ma demande devoient naturellement me procurer cet éclaircissement un mois plus tôt ; il a été retardé par un malentendu.
Par la lettre de mon frère, je vois qu'il n'est pas éloigné d'accorder un régiment à M. le Prince Georges, mais il exige deux conditions préalables : 1° qu'il lui écrive et que, dans sa lettre ou mémoire, il exprime son désir d'entrer au service d'Autriche et le grade convenable auquel il aspire ; mon frère ajoute qu'il ne doit réclamer que l'intérêt que j'ai marqué. J'ai été surprise de cette réflexion et j'ai hésité à vous la marquer, l'intérêt de la chose et la confiance que j'ai en vous et dans les vôtres me décident à ne vous rien cacher. 2°L'Empereur désire que le Prince qui est actuellement à son service comme lieutenant-colonel, passe à celui de Hollande à la place du Prince Georges. Je désire bien, Madame, que ces arrangements puissent se faire à votre entière satisfaction. Mes amitiés, je vous prie, à madame la Princesse Douairière, que je n'ai pas voulu fatiguer de tout ce détail. Il me tarde bien d'avoir de vos nouvelles à tous. J'embrasse bien tendrement la Princesse Charlotte. Mes compliments au Prince Héréditaire et au Prince Georges. Pour vous, Madame, j'espère que vous ne doutez pas de la tendre et inviolable amitié que je vous ai vouée pour la vie.



Ce 14 octobre [I782]

Quoique je n'aie pas de vos nouvelles par vous-même, Madame, on connoit trop mon amitié pour vous pour m'en laisser ignorer. Madame la Comtesse du Nord (1) m'a mandé qu'elle avoit passé plusieurs jours avec vous et votre sœur. Elle ne m'a pas laissé ignorer la manière charmante dont vous voulez bien parler toutes les deux de moi. Mais elle m'a inquiétée en me mandant que vous souffriez de la poitrine. Je vous prie de me rassurer sur cela le plus tôt possible, et d'entrer dans tous les détails de votre santé : mon amitié l'exige. Je n'ose pas dire que l'air de Paris vous feroit du bien : cela auroit l'air trop intéressé ; mais j'aime à le croire. Ma fille vient d'être inoculée et s'en porte à merveille.
Il me tarde bien de savoir la réussite de l'affaire de M. le Prince Georges. Vous pouvez compter que tous mes vœux sont pour qu'il obtienne le régiment. Voulez-vous bien lui faire mes compliments, ainsi qu'à Madame votre Mère et à M. le Prince Héréditaire! J'embrasse la Princesse Charlotte, et j'espère que si jamais votre régime vous mène à Paris, elle voudra bien ne pas vous quitter pendant le voyage.
Adieu, Madame. Mon amitié pour vous est trop vraie, et, j'espère, vous est trop connue, pour vous faire de grandes phrases. Je vous embrasse de tout mon cœur.

Note :

(1) Marie-Feodorowna, fille de Frédéric-Eugène, Duc de Wurtemberg, seconde épouse de l'Empereur Paul de Russie, venue en France en 1782.



Ce 18 novembre [I782]

J'attends au premier jour un courrier de Vienne, Madame, j'en profiterai pour renouveler à mon frère mes instances, et vous devez être bien sûre que je n'oublierai rien de ce que vous me confiez sur l'affaire de M. le Prince Georges. Recevez tous mes remercîments pour les sentiments que vous me témoignez et la manière si obligeante avec laquelle vous vous êtes souvenue de ma naissance. Ne craignez jamais de m’écrire trop souvent. Faites, je vous prie, mes compliments à M. le Prince Héréditaire. Je suis charmée que vous. soyez tous deux d’accord sur le désir de venir ici, j'espère qu’à la fin cela arrivera. Adieu , Madame, j'espère que vous êtes bien persuadée de la tendre et sincère amitié avec laquelle je vous embrasse tendrement.



Ce 29 novembre [I782]

Vous êtes bien aimable, ma chère Princesse, d’avoir pensé à moi pour ma naissance. Je vais bientôt voir la Princesse Palatine. J’aurai un grand plaisir de causer avec elle de vous et de tout ce qui vous intéresse. Il faut bien que je me dédommage par là du peu d’espoir que vous me donnez de vous revoir jamais. Vous connoissez assez ma tendre amitié pour ne pas douter du plaisir sincère que j'aurois de pouvoir vous embrasser et vous renouveler de vive voix, ma chère Princesse, tous les sentiments que mon cœur vous a voués depuis longtemps et pour la vie.
Chargez-vous, je vous prie, de tous mes compliments pour le Prince Héréditaire et Madame votre mère.



Ce 24 décembre [I782]

Je viens, Madame, de mander à Madame votre mère la réponse de l'Empereur sur les Princes Georges et Charles (1). J'espère que vous en serez contente. Le prince Max de Deux-Ponts m'a beaucoup parlé de votre séjour à Stuttgardt. Il m'a dit en même temps que Madame votre mère et le Prince Georges comptoient venir cet hiver. Ce seroit une belle occasion pour vous de tenter à venir. Dites-le, je vous prie, de ma part, à M. le Prince Héréditaire, en lui faisant tous mes compliments. Vous ne pouvez pas douter du plaisir que j'aurai à vous embrasser et à vous renouveler la tendre et bien sincère amitié que je vous ai vouée pour la vie. J 'embrasse la Princesse Charlotte. J'espère bien qu'elle accompagnera sa mère. Mes compliments au Prince Georges.

Note :

(1) Charles, né le 16 mai 1757, général-major de cavalerie au service d'Autriche, mort le 15 août 1795, autre frère de la Princesse Louise.



Ce 2 juin [I783]

J'ai toujours tardé à vous répondre, Madame, dans l'espoir de vous voir arriver ici ; mais à présent que j'ai appris l'inoculation de vos enfants, je ne peux pas différer de vous remercier de l'aimable lettre que vous m'avez écrite. J'avoue que ma joie auroit été parfaite si j'avois pu vous embrasser en même temps que toute votre famille, mais j'espère bien que ce moment n'est que différé. La malheureuse affaire du procès de Madame votre mère devant durer vraisemblablement très longtemps, c'est une raison de plus pour venir.
Je suis désolée : je sens pour ces dames toutes les incommodités et l'ennui d'un aussi long séjour. Mais j'avoue que pour moi, je suis ravie d'être sûre de les voir plus longtemps et plus souvent.
J'ai trouvé la Princesse Charlotte un peu maigre à son arrivée. Mais à présent elle paroît se porter à merveille. Pour la Princesse Auguste (l), dont j'ai fait connoissance, c'est une charmante enfant. Elle avoit, avant que je la connusse, des droits sur mon amitié, comme toute votre famille ; mais j'ose dire que plus on vous connoit tous et plus on vous aime. Adieu, Madame ; je désire que l'inoculation de vos enfants ne vous donne nulle inquiétude et vous mette bientôt à même de venir recevoir les assurances de ma tendre et inviolable amitié.
Faites, je vous prie, mes compliments à M. le Prince Héréditaire.
Je désirerois bien vivement pouvoir rendre service à M. le Prince Georges et terminer ses affaires ; mais malheureusement il se trouve bien des obstacles à ses désirs.

Note :

(1) Autre sœur de la Princesse Louise, née le 14 avril 1765, mariée le 30 septembre 1785 à Max-Joseph, duc de Deux-Ponts, plus tard Roi de Bavière, mère du Roi Louis de Bavière, d'Auguste, Duchesse de Leuchtenberg, de Charlotte, Impératrice d'Autriche, et de Charles Théodore. Elle mourut le 30 mars 1796 à Rohrbacli, près de Heidelberg.

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spa monopole

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Lun 12 Juin - 7:47

J'adore ces lettres de la reine ! Tellement intimes !

Mais je croyais que c'était plus Charlotte son amie ? scratch
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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Mer 14 Juin - 11:41

Je ne sais pas, je n'ai ici que des lettres à Louise. Shocked

Continuons un peu :

Ce 20 janvier [1784]

Je suis. bien sensible, Madame, à votre souvenir et aux sentiments que vous me témoignez. Votre amitié m'est trop précieuse pour ne pas tenir une place bien particulière, et je serois bien affligée si vous pouviez douter un instant des tendres sentiments que je vous ai voués pour la vie.
Voulez-vous bien vous charger, Madame, de mes excuses vis-à-vis de Madame votre mère (l) de ce que je ne lui réponds pas ; faites-lui bien mes compliments , ainsi qu'à MM. les Princes Héréditaire et Georges.

Notes

(l) Marie-Albertine-Louise de Hesse, née Comtesse de Linange-Heidesheim, le 16 mars 1729, morte le 11 mars 1818.

Le détail suivant serre le coeur :  
La Reine poudrait ses lettres avec de la sciure de bois, il y en a encore sur l'original de cette lettre.  

Ce 6 septembre [1784]

Mon fils, ma chère Princesse, a fort bien fait sa commission, et s'il savoit écrire, ce seroit lui qui vous enverroit ce que vous lui avez demandé. Je suis bien occupée dans ce moment-ci du mariage de la Princesse Charlotte (1). Je sens combien le moment où elle ira à Hanovre sera pénible pour elle et pour vous tous (2).
Je n'oublie pas le charmant projet que vous avez fait de venir vous deux ici. C'est vous, Madame, qui en avez eu l'idée, et c'est vous sur qui je compte pour le remplir. Faites, je vous prie, tous mes compliments à M. le Prince Héréditaire, et ne doutez jamais, ma chère Princesse, de ma bien tendre et sincère amitié.

Notes

Cachet de la Reine aux armes de France et d’Autriche (cire noire).

(1) Charlotte, née le 5 novembre 1755, épousa, le 28 septembre 1781, Charles, Duc de Mccklembourg-Strélitz; elle mourut le 12 décembre 1785. Elle était sœur de la Landgrave Louise et fille de George-Guillaume de Hesse, né le 21 juillet 1722, mort le 21 juillet 1782. Il avait épousé, le 15 mars 1748, Marie-Albertine-Louise, comtesse de Linange-Heidesheim, née le 16 mars 1729, morte le 11 mars 1818.
La Princesse Charlotte, après la mort de sa sœur aînée, épousa son beau-frère Charles de Mecklembourg, et, comme elle, mourut à Hanovre. On comprend, comme le dit la Reine dans cette lettre, combien il devait être pénible à cette Princesse d'entrer dans le palais de Hanovre, déjà témoin de la mort de sa sœur.
(2) Le Roi Georges V, de Hanovre, me disait en 1865, à Norderney, que la Reine Frédérique sa mère était morte à Hanovre, dans la même chambre où elle était née et à la même place, c'est-à-dire dans le palais d'Ernest-Auguste, qui est en face du château de la Leinstrasse.

Ce 19 mai [1785]

Rien ne pouvoit augmenter ma joie, ma chère Princesse, que l'assurance que vous me donnez de partager mon bonheur sur la naissance de mon fils (1) : il se porte à merveille, ainsi que moi. J'ai tant de lettres à répondre dans ce moment-ci, que, comptant sur votre amitié, je me borne à vous renouveler, ma chère Princesse, les tendres assurances de la mienne.

Notes

A Madame la Princesse Héréditaire de Hesse-Darmstadt, à Darmstadt.
Sur l'enveloppe se trouve le mot Chargée, d'une autre écriture ; le cachet est de cire rouge aux armes de France et d’Autriche .
(1) Cette lettre est évidemment du 19 mai 1785. La naissance du second fils de Louis XVI est du 27 mars 1785.

La lettre suivant émeut aux larmes. Sad Sad

Ce 18 janvier [1786]

J'ai été bien touchée, Madame, de votre lettre, et personne ne partage plus sincèrement vos peines. Vous devez juger par là combien sa perte m'a affligée. Le pressentiment affreux qu'elle a toujours eu, et dont elle me parloit encore dans ses dernières lettres, a augmenté mon saisissement à la nouvelle de sa mort.
Vous m'avez toujours montré de l'amitié, Madame, mais à présent j'espère que vous voudrez bien l'augmenter pour remplacer en même temps l'amie que j'ai perdue. Pour mon cœur, il n'y a rien à faire, vous savez que depuis longtemps il vous est tendrement et entièrement attaché.
J'espère que M . le Prince Georges s'est acquitté de ma commission pour vous; voulez-vous bien lui faire mes compliments, ainsi qu'à M. le Prince Héréditaire?

Notes

(l) L'année 1785 venait de se terminer bien douloureusement pour la Reine; elle avait perdu dans la personne de la Princesse Charlotte une amie véritable. La mort de la Princesse semblait être pour elle le commencement de tous ses chagrins ; les tristes événements qui devaient déchirer la France se faisaient sentir dès l'année 1785.

Voilà qui répond à notre ami Spa. La Reine avait une grande amitié pour Charlotte et entretenait avec elle aussi une correspondance suivie.

C'est vraiment trop triste ! Sad Sad

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Charlotte

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Mer 14 Juin - 11:58

Euh... Suis-je la seule à trouver cette dernière lettre un peu superficielle ? Shocked

D'abord, hop, elle veut une amie pour remplacer l'autre, comme si elles étaient interchangeables. Gonflé ! Ensuite, elle passe sans transition à un petit bonjour tranquillou pour ces messieurs.

Pas écrasée de douleur, la fille ! Rolling Eyes Rolling Eyes

Certainement, je suis brutale et sans nuances, mais cette lettre m'a vraiment choquée.

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decadenzia

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Jeu 15 Juin - 11:15

Charlotte a écrit:
Euh... Suis-je la seule à trouver cette dernière lettre un peu superficielle ? Shocked

D'abord, hop, elle veut une amie pour remplacer l'autre, comme si elles étaient interchangeables. Gonflé ! Ensuite, elle passe sans transition à un petit bonjour tranquillou pour ces messieurs.

Pas écrasée de douleur, la fille ! Rolling Eyes Rolling Eyes

Certainement, je suis brutale et sans nuances, mais cette lettre m'a vraiment choquée.

Mais non !! C'est juste sa grave copine et elle a une peine de ouf !! Sad Sad Sad Sad

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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Dim 18 Juin - 20:29

Oui, la Reine est perdue de chagrin. Sad Sad

Les temps sont durs, aussi, pour elle. Sad Sad

Continuons à lire ses si belles lettres.

Ce 22 février [1786]

Vous ne devez pas être étonnée, ma chère Princesse, qu'après la perte que vous avez faite et que j'ai partagée si vivement, je désire savoir plus souvent de vos nouvelles et de celles de tous les vôtres.
La pauvre Princesse Charlotte avoit un portrait de moi, pareil au votre ; ce sont les plus ressemblants qui aient été faits : je désirerois bien le ravoir, ou au moins savoir entre les mains de qui il a passé (l).
Vous aurez sûrement entendu parler de ma grossesse (2) ; quoiqu'elle ait été longtemps douteuse, je crains bien à présent qu'elle ne soit tout à fait certaine ; ma santé est d'ailleurs fort bonne. Mes compliments au Prince Héréditaire et à tous vos parents ; pour vous, ma chère Princesse, vous ne devez jamais douter de la tendre amitié avec laquelle je vous embrasse de tout mon cœur.
Voulez-vous bien dire à M. le Prince Georges de ma part que, malgré les bruits d'une promotion prochaine, elle me paroît encore éloignée, et que je n'oublierai pas ses intérêts.

Notes

(l) Pendant le séjour que j'ai fait à Norderney dans le courant du mois de septembre 1865, auprès du Roi de Hanovre, et dont j'ai parlé plus haut, le Roi Georges V, dont l'esprit et le savoir égalent la bonté, me fit l'honneur de m'entretenir de mon étude sur la Reine Marie-Antoinette, et de me parler entre autres du portrait que la Reine avait envoyé à sa grand'tante, la Princesse Charlotte. "Nous ne l'avons pas à Hanovre, me dit ce Prince, et je pense qu'il est à Strélitz. Puisque, d'après la lettre du 22 février 1786, la Reine le trouvait le plus ressemblant de tous ceux qui avaient été faits d'Elle, je veux immédiatement savoir ce qu'il est devenu en demandant par le télégraphe au Grand-Duc de Mecklembourg s'il n'est pas, comme je le crois, dans sa collection de Strélitz." Cette intéressante conversation, que je n'oublierai de ma vie, avait lieu après un dîner auquel le Roi m'avait invité à la "Marienhöhe", pavillon qui se trouve placé à Norderney, sur la dune la plus élevée qui domine la mer du Nord. C'est de cet endroit si pittoresque que Sa Majesté dicta au colonel de Kohlzansch, son aide de camp, une dépêche au Grand-Duc de Mecklembourg, qui était alors près de Francfort au château de Rumpenheim. Dès le lendemain, Sa Majesté voulut bien me faire remettre le télégramme suivant de Son Altesse Royale le Grand-Duc de Mecklembourg-Strélitz.

DE PAPENBOURG A NORDERNEY.
Francfort, le 16 septembre 1865.
A Sa Majeste le Roi de Hanovre.

"supposition tout à fait juste concernant le portrait ovale au pastel ; par contre, tableau à l'huile, copie de Darmstadt.
Grand-Duc ,
Ce renseignement si précis prouve que le portrait dont fait mention la Reine est resté entre les mains de l'illustre maison de Meeklembourg-Strélitz."

(2) Sophie - Hélène - Béatrix, née le 9 juillet 1786.

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Superglu

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Lun 19 Juin - 4:41

Charlotte a écrit:
Euh... Suis-je la seule à trouver cette dernière lettre un peu superficielle ? Shocked

D'abord, hop, elle veut une amie pour remplacer l'autre, comme si elles étaient interchangeables. Gonflé ! Ensuite, elle passe sans transition à un petit bonjour tranquillou pour ces messieurs.

Pas écrasée de douleur, la fille ! Rolling Eyes Rolling Eyes

Certainement, je suis brutale et sans nuances, mais cette lettre m'a vraiment choquée.
Assez d'accord, d'autant plus que, dès la correspondance suivante, la reine pense à récupérer son portrait. Pas très délicat.

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bourbon powah

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Lun 19 Juin - 10:15

J'aime bien toutes ces lettres. Merci à tous les amis qui nous les postent. Ca nous remet vraiment dans l'ambiance de l'époque. Very Happy
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Charlotte

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Jeu 22 Juin - 8:06

La correspondance s'arrête-t-elle là ? Shocked

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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Ven 23 Juin - 6:04

Non, non, rassurez-vous.

Ce 23 mars [1786]

Votre lettre, ma chère Princesse, m'a bien retracé l'honnêteté, la sensibilité de votre âme et votre amitié pour moi. Ma grossesse continue très-heureusement ; je compte accoucher à la mi-juillet, et les petites souffrances n'altèrent point du tout ma santé.
J'avois toujours compté qu'on m'instruiroit de ce qu'étoit devenu le portrait que j'avois eu tant de plaisir à donner à la malheureuse Princesse Charlotte. Dès le moment de sa perte, je l'avois destiné à madame la Princesse Auguste, qui me l'avoit demandé plusieurs fois pendant son séjour ici. Comme elle est présentement avec vous, voulez-vous bien le lui offrir de ma part ? Quoique je ne sois plus jeune, M. le Prince Georges l'est beaucoup trop pour avoir mon portrait en miniature. Je ne lui réponds pas. Faites-lui bien mes compliments ainsi qu'à M. le Prince Héréditaire. Pour vous, ma chère Princesse, ne doutez jamais de la tendre amitié avec laquelle je vous embrasse de tout mon cœur.
Je vous envoie cette lettre pour la remettre avec le portrait.

Ce 23 septembre [1786]

J'aurois répondu sûrement plus tôt, Madame, à vos deux aimables lettres, mais je ne les ai reçues toutes deux ensemble que depuis huit jours.
L'intérêt que vous me marquez sur mon accouchement ne peut que me faire plaisir, me donnant une preuve de votre amitié. J'ai bien partagé votre joie sur la naissance du fils de la Princesse Palatine. Madame votre mère a bien voulu me la mander tout de suite.
J'espère que votre santé est entièrement remise ; la mienne revient bien, aux forces près, que je ne peux pas encore retrouver.
Adieu, Madame, vous connoissez la tendre et sincère amitié que je vous ai vouée pour la vie.
Voulez-vous bien faire mes compliments au Prince Héréditaire et à monsieur votre frère ?

Ce 1 août [1787]

Vous ne pouvez pas douter, Madame, du plaisir que me font toujours vos lettres. J'ai été bien sensible de la part que vous avez prise à la perte que j'ai faite de ma fille cadette (1). J'en ai été très-affligée. Malheureusement, presque depuis sa naissance je m'y attendois, cette enfant nïiyantjamais profité ni avancé pour
son âge. Grâce à Dieu, les trois autres se portent à merveille. Voulez-vous bien, Madame, vous charger de mes remercîments et compliments pour M. le Prince Héréditaire et M. le Prince Georges ? Vous connoissez mon inviolable amitié pour vous ; quand donc pourrai-je vous en assurer de vive voix?

Note :

(1) Depuis l'année 1785 et après l'affaire du Collier, il n'y eut sorte de calomnies qu'on n'inventât contre la Reine ; on fit sur elle des pamphlets, des libelles, des satires et des chansons infâmes. Ce fut à ce point que madame Lebrun ayant terminé dans le courant d'août 1787 son beau portrait de la Reine avec ses enfants, on n'osa pas le mettre sous les yeux du public au Louvre, lors de l'exposition qui s'y tint : on craignait les outrages publics qui lui seraient adressés. La Reine se priva dès lors de tout plaisir et des spectacles, délassements qui lui étaient si agréables. Sa seule distraction, au milieu de ses chagrins, était d'aller encore dans son cher Trianon, où elle invitait Madame Elisabeth à venir auprès d'elle : "Venez, lui disait-elle après la perte de sa fille, nous pleurerons sur la mort de mon pauvre a petit ange. J'ai besoin de tout votre cœur pour consoler le mien... "
(Lettre de la Reine appartenant à M. le marquis de Biancourt.)



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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Ven 23 Juin - 10:38

belle langue de l'epoque.

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Sam 24 Juin - 21:25

Oui.
Et, contrairement à ce que l'on raconte trop souvent, Marie-Antoinette la maniait très joliment.

Ce 11 décembre [1787]

J'ai été charmée, Madame, de revoir M. lePrince Georges; j'ai bien parlé de vous avec lui, et vous savez combien je m'intéresse à tout ce qui vous regarde. J'espère que votre grossesse (1) et votre couche se passeront aussi heureusement que les autres.
Ma santé et celle de mes enfants est très-bonne ; ma fille vient d'avoir la rougeole, mais des plus heureuses ; elle commence à devenir un personnage, et ces trois semaines où j'ai été enfermée avec elle, elle m'a réellement tenu compagnie. Mille compliments de ma part à M. le Prince Héréditaire. Vous connoissez, Madame, la tendre amitié qui me lie pour jamais à vous.

Note :
(1) Il est ici question de la naissance de Frédéric-Auguste-Charles, qui naquit le 14 mai 1788.

Saint-Cloud, ce 23 [juin 1788]

J'ai été enchantée, ma chère Princesse, de vous savoir heureusement accouchée ; je vous avoue que je commençois à trouver le retard un peu long. J'espère que vous et votre gros garçon vous portez bien ; et pour ne pas vous fatiguer, je me borne à vous renouveler (ce dont vous ne pouvez pas douter depuis longtemps) la tendre amitié avec laquelle je vous embrasse de tout mon cœur.
Bien mes compliments au Prince Héréditaire ; je ne sais quand cette lettre vous arrivera : j'attends le Prince Georges pour la lui donner. (1)

Note :
La Reine confiait souvent au Prince Georges la correspondance qu'elle entretenait avec sa famille.

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MessageSujet: Re: la famille Hesse-Darmstadt   Hier à 10:40

Quelle exquise politesse !

Une vraie reine, qui savait comment écrire à ses proches !

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