Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Marie-Antoinette, la rose écrasée

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Cochevis de Thekla

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Date d'inscription : 01/07/2018

MessageSujet: Marie-Antoinette, la rose écrasée   Jeu 12 Juil - 7:38

Roman français de Gérald Messadié



De la jeune archiduchesse d'Autriche, devenue reine de France et guillotinée après son mari, l'histoire officielle puis l'opinion ont tracé le portrait d'une reine éprise de plaisirs, dont l'égoïsme déclencha la colère populaire et causa la Révolution française au moins autant que la balourdise et l'obstination de Louis XVI. Faux ! Tout comme sa prétendue réplique à ceux qui demandaient du pain : « Qu'ils mangent de la brioche ! »
Alors que certains historiens réhabilitent Louis XVI, monarque ardemment réformiste, Gerald Messadié s'emploie à rétablir, sans complaisance idéologique, la vérité de cette jeune reine calomniée et caricaturée par les intrigants, avant de l être par l Histoire. Bien que mal préparée à la situation de la France, alors que le Trésor public est vide et les récoltes catastrophiques, elle fut bon gré mal gré la conseillère de son époux, toujours avec clairvoyance. Mirabeau avait vu juste : « Le roi n'a qu'un homme, c'est sa femme. » D'où l'acharnement que les meneurs du temps, à commencer par La Fayette, mirent à la discréditer et à la séparer de son époux.
« Ce ne sont pas ses goûts dispendieux qui ont poussé Marie-Antoinette à l'échafaud, écrit Gerald Messadié, c'est l'aveuglement de la noblesse française et d'un clergé qui revendiquait les mêmes droits que la noblesse d'épée. » Si « Antonia » sut dominer les machinations les plus odieuses, comme l'Affaire du Collier, elle fut vaincue par une machine infernale que le roi ne put arrêter, et demeura stoïque jusqu'à la fin, même devant les infamies révolutionnaires. Elle trouva même le temps d être femme, jusque dans l'infidélité conjugale.

Extrait
Pourquoi l'ange devint maussade

Ce 21 mai 1770, un ange qui, du haut des airs, aurait aperçu le cortège quittant Vienne, eût froncé les sourcils. Peste ! Cinquante-sept voitures tirées par trois cent soixante-seize chevaux ! Qui donc enterrait-on ? Et dans ce cas, où était le corbillard ?
S'il avait voltigé à hauteur de ces équipages, il aurait dénombré cent trente-deux personnes. Mais quoi, des domestiques, pages, laquais, gardes du corps, femmes de chambre, coiffeurs, chirurgiens, secrétaires, dames d'honneur ! Dans la première voiture, un personnage pétri de suffisance, le prince Stahremberg, commissaire évidemment impérial de Sa Majesté impériale Marie-Thérèse d'Autriche, et l'abbé de Vermond, lecteur et confesseur du roi de France, chargés d'escorter une certaine voyageuse de Vienne à Paris. Celle-ci, dans la deuxième voiture, était une demoiselle de quatorze ans et demi, mince et droite, dont une mousse de cheveux blonds nimbait les roseurs : l'archiduchesse Antonia. Une des filles de Sa Majesté impériale, qui supportait les cahots sans trop de patience.
Il ne faut pas se hâter de juger les filles sur leur joliesse, et la jouvencelle réclamait encore plus la prudence.
Elle était née le Jour des morts, c'est-à-dire celui de tous les saints. Inquiétant présage quand on connaît le nombre de martyrs qui en illustrent le calendrier.
Antonia était promise par sa mère Marie-Thérèse à un glorieux destin ; elle en avait pourtant envisagé un plus souriant. Jadis, quand un jeune musicien prodige, Wolfgang Gottlieb - plus tard Amadeus, aimé de Dieu, Mozart, était venu jouer à la cour, elle s'en était éprise. Car Antonia, à l'instar de son père François, adorait la musique et les musiciens. Et ce Mozart était tellement gracieux ! À la fin du petit concert, ils s'étaient juré l'un l'autre de se marier.
Les courtisans avaient ri de ces serments d'enfants. Antonia ignorait alors que les princesses n'épousent pas qui elles veulent et encore moins des musiciens. Pourtant...
Elle y songeait encore quand elle plongea la main dans le panier de biscuits qui faisait partie des provisions de route : des gaufrettes aux violettes cristallisées dans le sucre.
Elle se croyait née en Autriche. Erreur : elle était née dans une autre époque.

Gérald Messadié est mort le 5 juillet 2018 à Paris.
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