Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Louise de Polastron

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 1 Mai - 17:00

Louise d'Esparbès de Lussan


Pastel de Kucharski

Marie Louise d’Esparbès de Lussan, par son mariage vicomtesse puis comtesse de Polastron, née à Bardigues le 19 octobre 1764 et morte à Londres le 27 mars 1804, à l’âge de 39 ans, a été la maîtresse du comte d’Artois.
Elle était la fille de Louis François d’Esparbès de Lussan et de Marie Catherine Julie Rougeot (1746-1764).
Dame du palais de la reine Marie-Antoinette, elle épousa Denis de Polastron 1758-1821 demi-frère de Yolande de Polastron, comtesse puis duchesse de Polignac, gouvernante des Enfants de France, amie intime de la reine.
Le comte d’Artois, futur roi de France Charles X,
grand amateur de jolies femmes, la remarqua à la cour de Versailles et
s’attacha durablement à sa personne au point d’en faire sa favorite en titre. Cette liaison ne donna aucune descendance au comte d’ Artois.
Quand Louise d’Esparbès de Lussan mourut de la tuberculose en 1804, le comte d’Artois décida de prononcer un vœu de chasteté
perpétuelle. Son chagrin était intense, car il avait été vraiment
amoureux de Louise. Il tomba dans la dévotion et sa vie privée devint
irréprochable. Dans les années suivantes, il soutint avec enthousiasme
le mouvement ultramontain de l’Église catholique en France.

Bien à vous.
Revenir en haut Aller en bas
pimprenelle
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 39401
Date d'inscription : 23/05/2007

MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 1 Mai - 17:12

Qu'elle a l'air tristoune, la pauvre petite... Sad

_________________
rien que la mort peut me faire cesser de vous aimer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chou d'amour
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 31670
Age : 35
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 22/05/2007

MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 1 Mai - 23:31

Oui ça n'est pas la joie...

_________________
Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme c'est le contraire!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://maria-antonia.justgoo.com
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Sam 2 Mai - 7:31

pimprenelle a écrit:
Qu'elle a l'air tristoune, la pauvre petite... Sad




Oui, elle avait de grands yeux langoureusement mélancoliques, qui la faisaient appeler "Bichette".
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Sam 2 Mai - 11:03

Mme de Sabran a écrit:

Oui, elle avait de grands yeux langoureusement mélancoliques, qui la faisaient appeler "Bichette".
Elle n'est pas la tante de "Guichette" pour rien Wink

Bien à vous.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 9:41

C'est la mort de Mme Dillon, que j'évoquais il y a deux jours ( Marie-Antoinette cachant ses larmes derrière son chapeau ) qui libère la place de Dame du Palais offerte à Louise de Polastron .
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 12:11

Je n'en reviens pas pour madame de Polastron. J'ai l'image de vieilles duègnes entourant la reine de France et en fait Marie-Antoinette a réuni des jeunes femmes, même des très jeunes, plus jeunes que la reine elle-même. Elle avait quoi, seize ans ?


Dernière édition par olivia le Ven 30 Juil - 12:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 12:17

Je pense que marie-Antoinette devait en avoir " sa claque"des vieilles duègnes !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 12:30

Ce qui se comprend. Quand elle est arrivée Dauphine, elle a eu droit aux dames appartenant à Marie Lezscynska. Ce ne doit pas être très gai quand on a 14 ans. Elle s'est bien rattrapée par la suite. Vive la jeunesse et adieu "les siècles"!
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 14:41

olivia a écrit:
Je n'en reviens pas pour madame de Polastron. J'ai l'image de vieilles duègnes entourant la reine de France et en fait Marie-Antoinette a réuni des jeunes femmes, même des très jeunes, plus jeunes que la reine elle-même. Elle avait quoi, seize ans ?

Nous tenons les détails des circonstances de la nomination de Louise de Polastron comme Dame du Palais vacante à la mort de Mme Dillon, par la correspondance du fermier général Rougeot, grand-père de Louise . Il rapporte ces mots-même de Louise :

Ma jeunesse va peut-être être un obstacle ( elle n'a pas dix-huit ans ) . Mais, comme il ne faut pas être titrée, que, de longtemps, il n'y aura de place non titrée à donner, M. d'Aubeterre ( un parent ) serait très fâché si je ne l'avais pas . Ma sœur Yolande ( * ) fera les démarches nécessaires, mais nous aimerions bien que cela vînt directement de la Reine et sans sollicitations ni demande . Il y a des concurrentes . Il paraît que la duchesse de Noailles qui, à son ordinaire, veut tout avoir, la demande pour Mme de Lafayette .

( * ) Pim !!!!! Tu notes que, comme je te le soutenais mordicus ( ), sa famille appelle Mme de Polignac " Yolande " et non " Gabrielle " !!!!!

Mme Lafayette doit être l'Adrienne de Gilles César allias Blondinet .
M. d'Aubeterre est Henri-Joseph d'Esparbès de Lussan, marquis d'Aubeterre, baron de Saint-Quentin, maréchal de France en 1783 ( oncle de Louise : Je te rappelle qu'elle est née d'Esparbès de Lussan .... )

En effet, le 19 octobre, M. Rougeot écrit :

Les prétentions de votre nièce sont appuyées par une promesse du Roi et de la Reine . L'amitié de la Reine pour votre nièce et la faveur de Mme de Polignac toujours constante et augmentant chaque jour donnent beaucoup d'espérances . Aussitôt qu'il y aura du positif et du nouveau, je vous informerai de tout et des circonstances en détail.

Le Ier novembre, Marie-Antoinette annonce à Mme de Polignac avoir repoussé une sollicitation de la place de Dame du Palais ( sans doute Mme de Noailles ) au prétexte que cette place était accordée par le Roi à Mme de Polastron à qui elle avait été promise lors de son mariage .

Louise peut écrire à M. d'Aubeterre :

La Reine y a mis la plus grande grâce, car personne ne lui a rappelé dans le moment qu'elle avait eu la bonté de me promettre une place auprès d'elle . Ma sœur a la place de Mme de Guéménée qui a donné sa démission ( suite à la banqueroute de son mari ) , nous sommes comblées des bontés de la Reine, aussi rien n'égale t-il notre reconnaissance .
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 15:49

On comprend qu'entre la belle-sœur chérie de son cher cœur et l'épouse du Blondinet, son choix fut rapide!
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 17:09

olivia a écrit:
l'épouse du Blondinet

..... surtout sur la demande de Mme de Noailles !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Ven 30 Juil - 19:13

En plus! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Sam 31 Juil - 23:06

Mme de Sabran a écrit:
olivia a écrit:
Je n'en reviens pas pour madame de Polastron. J'ai l'image de vieilles duègnes entourant la reine de France et en fait Marie-Antoinette a réuni des jeunes femmes, même des très jeunes, plus jeunes que la reine elle-même. Elle avait quoi, seize ans ?

Nous tenons les détails des circonstances de la nomination de Louise de Polastron comme Dame du Palais vacante à la mort de Mme Dillon, par la correspondance du fermier général Rougeot, grand-père de Louise . Il rapporte ces mots-même de Louise :

Ma jeunesse va peut-être être un obstacle ( elle n'a pas dix-huit ans ) . Mais, comme il ne faut pas être titrée, que, de longtemps, il n'y aura de place non titrée à donner, M. d'Aubeterre ( un parent ) serait très fâché si je ne l'avais pas . Ma sœur Yolande fera les démarches nécessaires, mais nous aimerions bien que cela vînt directement de la Reine et sans sollicitations ni demande. Il y a des concurrentes. Il paraît que la duchesse de Noailles qui, à son ordinaire, veut tout avoir, la demande pour Mme de Lafayette.

La jeune Madame de Polastron se montre plutôt superbe envers les Noailles dans cette lettre. Il faudrait rappeler qu'en 1782 il y avait plus de Polignac que de Noailles avec des charges à la cour:
- la Duchesse est Gouvernante;
- le Duc est Premier écuyer en survivance et Directeur des Postes;
- Diane de Polignac est Dame d'honneur de Madame Élisabeth;
- Mme de Deux-Ponts-Forbach - sœur de M. de Polastron - est Dame pour accompagner Madame Élisabeth;
- l'Évêque de Meaux, Mgr de Polignac, est Premier Aumônier de la Reine.
Il faut se rappeler qu'on doit adjoindre à tout ça aussi tous les honneurs, les pensions, les ambassades etc...

Et il y a même d'autres lié aux Polignac qui ont obtenu des charges:
- M. de Guiche, gendre de la duchesse est Capitaine en survivance des Gardes du Corps du Roi;
- Mme de Chalon, cousine de la Duchesse, est dame pour accompagner la Comtesse d'Artois;
- Mme de Grammont d'Aster, belle-sœur de la Duchesse de Guiche, deviendra en 1788 Dame du Palais de la Reine;
- Mme d'Ossun, était la sœur de M. de Guiche, est Dame d'atours (elle est peut etre la seule bonne choix que la Reine a faite) et bien d'autres...

Il faut aussi dire qu'ils n'ont fait presque rien pour les mériter...
Je dirait qu'ils sont devenus bien pire des Noailles. Si j'étais la Reine moi j'aurais accepté la demande de Mme de La Fayette: au moins elle aurait montré un peu de gratitude envers l'homme qui venait de donner à la monarchie française la dernière des ses victoire contre les anglais!!!
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Dim 1 Aoû - 2:19

Comte de Fersen a écrit:
Mme de Sabran a écrit:
olivia a écrit:
Je n'en reviens pas pour madame de Polastron. J'ai l'image de vieilles duègnes entourant la reine de France et en fait Marie-Antoinette a réuni des jeunes femmes, même des très jeunes, plus jeunes que la reine elle-même. Elle avait quoi, seize ans ?

Nous tenons les détails des circonstances de la nomination de Louise de Polastron comme Dame du Palais vacante à la mort de Mme Dillon, par la correspondance du fermier général Rougeot, grand-père de Louise . Il rapporte ces mots-même de Louise :

Ma jeunesse va peut-être être un obstacle ( elle n'a pas dix-huit ans ) . Mais, comme il ne faut pas être titrée, que, de longtemps, il n'y aura de place non titrée à donner, M. d'Aubeterre ( un parent ) serait très fâché si je ne l'avais pas . Ma sœur Yolande fera les démarches nécessaires, mais nous aimerions bien que cela vînt directement de la Reine et sans sollicitations ni demande. Il y a des concurrentes. Il paraît que la duchesse de Noailles qui, à son ordinaire, veut tout avoir, la demande pour Mme de Lafayette.

La jeune Madame de Polastron se montre plutôt superbe envers les Noailles dans cette lettre. Il faudrait rappeler qu'en 1782 il y avait plus de Polignac que de Noailles avec des charges à la cour:
- la Duchesse est Gouvernante;
- le Duc est Premier écuyer en survivance et Directeur des Postes;
- Diane de Polignac est Dame d'honneur de Madame Élisabeth;
- Mme de Deux-Ponts-Forbach - sœur de M. de Polastron - est Dame pour accompagner Madame Élisabeth;
- l'Évêque de Meaux, Mgr de Polignac, est Premier Aumônier de la Reine.
Il faut se rappeler qu'on doit adjoindre à tout ça aussi tous les honneurs, les pensions, les ambassades etc...

Et il y a même d'autres lié aux Polignac qui ont obtenu des charges:
- M. de Guiche, gendre de la duchesse est Capitaine en survivance des Gardes du Corps du Roi;
- Mme de Chalon, cousine de la Duchesse, est dame pour accompagner la Comtesse d'Artois;
- Mme de Grammont d'Aster, belle-sœur de la Duchesse de Guiche, deviendra en 1788 Dame du Palais de la Reine;
- Mme d'Ossun, était la sœur de M. de Guiche, est Dame d'atours (elle est peut etre la seule bonne choix que la Reine a faite) et bien d'autres...

Il faut aussi dire qu'ils n'ont fait presque rien pour les mériter...
Je dirait qu'ils sont devenus bien pire des Noailles. Si j'étais la Reine moi j'aurais accepté la demande de Mme de La Fayette: au moins elle aurait montré un peu de gratitude envers l'homme qui venait de donner à la monarchie française la dernière des ses victoire contre les anglais!!!


Votre démonstration est détonnante et prouve bien que les Noailles, ainsi que les Rohan, avaient perdu de leur superbe sous le règne de Louis XVI et Marie-Antoinette. Mais après tout, pourquoi plus ces familles que les Polignac et leurs alliés qui eux avaient reçu l'amitié du roi et de la reine ? Peut-on leur reprocher de s'entourer de personnes qu'ils aiment ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Dim 1 Aoû - 10:15

Cher M. de Fersen, j'ai vu votre message, hier soir, mais il était beaucoup trop tard pour que je prenne le temps de rassembler mes esprits pour vous répondre .
Je m'y attelle maintenant . Very Happy

Comte de Fersen a écrit:

La jeune Madame de Polastron se montre plutôt superbe envers les Noailles dans cette lettre. Il faudrait rappeler qu'en 1782 il y avait plus de Polignac que de Noailles avec des charges à la cour:
- la Duchesse est Gouvernante;

Pourquoi Mme de Polignac ? A cela, Olivia vient de répondre ci-dessus avec brio . La Reine confie ses enfants à l'amitié .

Pour Simone Bertière, Louis XVI encourage l'amitié de Marie-Antoinette et Yolande . Il pense, non seulement que son amie a une bonne influence sur la Reine, mais aussi qu'elle l'éloigne du tandem Mercy/Vermond, donc de la mouvance autrichienne .

Mais, vous avez raison, Louise s'exprime, la bouche en cœur, comme une jeune personne bien sûre de son fait !

Comte de Fersen a écrit:
- le Duc est Premier écuyer en survivance et Directeur des Postes;

En effet, Jules ne passe auprès d'aucun de ses contemporains pour quelqu'un de remarquable , reconnaissons-le . Il ne doit cette charge non pas à ses qualités personnelles mais ( entièrement ) à la faveur de sa femme et au désir de la Reine de les faire venir habiter au château pour rapprocher d'elle son amie .

Comte de Fersen a écrit:
- Diane de Polignac est Dame d'honneur de Madame Élisabeth;


Certes, mais Diane avait été nommée Dame pour accompagner la comtesse d'Artois, par Louis XV, avant la faveur accordée par Marie-Antoinette à sa belle-sœur .

Comte de Fersen a écrit:
- - Mme de Deux-Ponts-Forbach - sœur de M. de Polastron - est Dame pour accompagner Madame Élisabeth;
- l'Évêque de Meaux, Mgr de Polignac, est Premier Aumônier de la Reine.


Ben oui, et pourquoi pas ? Il fallait bien que ces charges soient remplies de toute façon .
Vous semblez croire que les Polignac tombent de la Lune pour usurper toutes les places à la Cour, mais je vous rappelle que, bien avant la faveur de Yolande, le marquis de Polignac ( oncle de Jules ) est premier écuyer du comte d'Artois ( ce qui lui permettra de faire main-basse sur Chambord , voyez, je ne vous cache rien) , et sa femme était dame d'honneur de la duchesse d'Orléans .

Comte de Fersen a écrit:
- Il faut se rappeler qu'on doit adjoindre à tout ça aussi tous les honneurs, les pensions, les ambassades etc...
Et il y a même d'autres lié aux Polignac qui ont obtenu des charges:
- M. de Guiche, gendre de la duchesse est Capitaine en survivance des Gardes du Corps du Roi;
- Mme de Chalon, cousine de la Duchesse, est dame pour accompagner la Comtesse d'Artois;
- Mme de Grammont d'Aster, belle-sœur de la Duchesse de Guiche, deviendra en 1788 Dame du Palais de la Reine;
- Mme d'Ossun, était la sœur de M. de Guiche, est Dame d'atours (elle est peut etre la seule bonne choix que la Reine a faite) et bien d'autres... .


Vous oubliez de citer le vicomte de Polignac qui obtient l'ambassade de France à Soleure, et le comte de Vaudreuil qui se voit propulsé Grand Fauconnier ......

Comte de Fersen a écrit:
- Il faut aussi dire qu'ils n'ont fait presque rien pour les mériter....

Oh, que fallait-il en somme pour les mériter ? Ils suffisait de se donner la peine de naître, comme raille Figaro .
Car enfin, tout ce qui était était susceptible de paraître à la Cour et d'y glaner tout ce qui venait à vaquer !

Les états de service des Polignac, depuis le Moyen-Age, envers la Couronne de France, n'étaient pas moins estimables que ceux de nombre de famille .
C'était une noblesse d'extraction, donc d'épée ( défense du royaume ) et toutes les générations de Polignac, jusqu'à Jules compris, s'occupaient de l'administration de la province du Velay, ce qui n'est pas rien tout de même .

Comte de Fersen a écrit:
- Je dirais qu'ils sont devenus bien pire des Noailles. Si j'étais la Reine moi j'aurais accepté la demande de Mme de La Fayette: au moins elle aurait montré un peu de gratitude envers l'homme qui venait de donner à la monarchie française la dernière des ses victoire contre les anglais!!!

Le hic, c'est que Marie-Antoinette avait pris en grippe Mme de Noailles, comme vous vous en souvenez sûrement, quant à La Fayette, elle ne l'aimait pas ( elle allait bienôt le prendre en complète détestation )

Quant à dire que les Polignac sont devenus pire que les Noailles, ce n'est pas l'avis du comte d'Allonville :

Trois familles seules, quiqu'elles ne pussent citer ni services ni talents, recevaient environ trois millions en bienfaits annuels : c'étaient les Noailles, les Polignac et les Talleyrand .
La famille des Noailles surtout réunissait au commencement de la Révolution ( et c'était là un des abus amèrement reprochés à l'Ancien Régime ) , outre des traitements pécuniaires immenses, deux duchés, deux bâtons de maréchal, deux des quatre compagnies des Gardes du Corps, deux Cordons du Saint-Esprit et nulle famille ne pouvait en obtenir un troisième, une grandesse, un régiment propriétaire, des gouvernements, ambassades et places de Cour .

Avouez que les Polignac, même avec leurs entours, tous privilèges confondus, font franchement parents pauvres, comparés à ce que Marie-Antoinette appelait la tribu des Noailles !

En songeant à tant de bienfaits et si peu de reconnaissance, poursuit d'Allonville, les rois doivent sentir pour leur intérêts mêmes, tous les vices du favoritisme, qui n'attache que rarement ses élus et mécontente la véritable fidélité . Nous pourrions accoler aux Noailles les Talleyrand, usurpateurs de l'un des plus beaux noms de l'ancienne France, et qui, à peine sorti d'une indigente médiocrité, devinrent d'ingrats favoris .
Honneurs donc aux Polignac, qui, par un noble et rare exemple au sein des Cours, se vouèrent à une fidélité sans réserve .


J'ai déjà posté cela ailleurs, j'en suis sûre . Pardonnez la redite ...
Voyez que, même à chaud, les avis sont partagés .
Celui du comte de la Marck est pourtant assez généralement partagé :

Quant aux dépenses auxquelles la société Polignac aurait entrainé la Reine, on les a extrêmement exagérées dans le public ( Bien sûr, puisqu'il fallait à toute force nuire à la Reine et la discréditer . Attaquer les Polignac, c'était désigner Marie-Antoinette ) On ne peut pas comparer les avantages pécuniaires que les membres favorisés de cette société ont tirés de leurs relations avec la Cour, à ces fortunes d'anciens favoris . Dans le fait, le comte et la comtesse Jules de Polignac n'ont reçu que ce qu'il fallait au juste pour soutenir à Versailles une maison devenue pendant quelques temps celle de la Reine, et où le Roi se montrait quelquefois .
Aussi , quand la Révolution est venue et les a renversés, avaient-ils plutôt des dettes que des richesses .


Et puis, je finirai là pour l'instant ( car ça commence à sentir bien bon, dans mon four ), la hargne des ennemis des Polignac était suscitée non pas tant par le montant exorbitant, sonnant et trébuchant, des privilèges et pensions, que par la faveur elle-même, l'intimité avec la souveraine " confisquée " aux autres courtisans .
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Dim 1 Aoû - 11:49

Tu développes parfaitement ce que j'ai voulu dire tard cette nuit! Merci! Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Dim 1 Aoû - 23:05

Vous avez raison, mais lorsque l'on est souveraine comme M.-A. les sentiments devraient passer après les devoirs que ce titre comporte. Il faut même dire que Louis XV a fait de même avec ses amis comme Soubise, Richelieu et ses maitresses (les Mailly-Nesle, Mme de Pompadour et Mme du Barry) mais c'était le Roi qui decidait de cette façon. Mais sous Louis XVI on savait très bien que c'etait la reine qui dirigeait ces affaires et comme la mysoginie dans la France du XVIII siècle était encore très forte on ne supportait guère tout ça.

Il faut admettre que les Polignac et leurs alliés (Polastron, Vaudreuil, Guiche...) se sont vite enfuis en 1789 (seulement après la promesse de la reine que leurs charges seraient maintenues). Il est vrai qu'ils couraient des risques et que la reine même leur avait ordonné de partir mais c'était pareil pour Mme de Lamballe, qui toutefois s'en est allée seulement lors de la fuite de varennes et est ensuite retournée à coté de M.-A. (en plus elle faisait beaucoup pour aider la famille royale quand elle se trouvait en Angleterre et au cours des nombreuse étapes de son retour en France, tandis que Mme de Polignac, une fois passé la frontière a bien pensé à reclamer pour elle des tableaux qui se trouvaient dans son appartement et qui n'était pas même à elle mais faisaient partie des collections royales).

Pas la même chose avec les Noailles: personne de cette famille n'a quitté la France. Le vicomte de Noailles, qui sauva de justesse Marie Antoinette après le retour de Varennes aux Tuileries, accompagna les souverains dans la salle de l'Assemblée Nationale la nuit du 10 aout 1792, et c'est le Maréchal de Mouchy (cette même nuit), bien que agé de 77 ans, qui se trouva à côté de son Roi et de sa Reine, qui n'avait pourtant pas traité sa femme trop bien et n'avait pas même demontré beaucoup d'estime pour sa famille. Deux ans plus tard ce brave soldat, ainsi que sa femme, autrefois Mme Etiquette, sa belle-fille la Vicomtesse de Noailles, sa nièce la Duchesse de Noailles et sa belle-soeur la Duchesse douairière de Noailles montèrent courageusement sur l'echafaud. Ainsi merite t-on les honneurs!!!

En plus je vous assure qu'à cette epoque Marie-Antoinette éprouvait de l'estime pour le futur M. blondinet: lors de la fête à l'Hôtel de Ville, le 21 janvier 1781 elle annonce à Mme de La Fayette que son mari, qu'elle croyait encore en Amerique, était à Paris et voulut, par une faveur presque sans exemple, conduire madame de La Fayette dans sa propre voiture à l'hôtel de Noailles, où venait de descendre son époux.


Dernière édition par Comte de Fersen le Dim 1 Aoû - 23:23, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Dim 1 Aoû - 23:19

Certes le vieux couple Mouchy a montré un vrai courage sur l'échafaud, n'ayant pas émigré comme nombre de courtisans. Mais les Noailles ont beaucoup contribué aux premiers coups de la Révolution : c'est le vicomte qui déclenchera la nuit du 4 août, et La Fayette, marié à une Noailles a été un acteur de tout premier plan.

De plus, Marie-Antoinette n'a pas imposé les Polignac au roi, au contraire. Louis XVI a encouragé Marie-Antoinette dans cette amitié, La douce Yolande ayant un caractère plus en accord avec les goûts du roi que les excentricités de la princesse de Guéménée, représentante d'une autre grande famille qui se partageait jusque-là les grandes charges de la Cour, les Rohan. Celle-ci avait un salon qualifié de "tripot" par Joseph II et elle communiquait avec les esprits de ses chiens. Rien de tout ça chez madame de Polignac.

Les Polignac ont subi les pires calomnies car ils ont été extrêmement jalousés par les courtisans qui seront eux, les premiers à tourner le dos à la famille royale (qui, je l'admets ne faisait rien pour les garder auprès d'eux). Ils ont émigré mais n'ont pas participé aux magouilles des émigrés qui ont fait sûrement autant de mal que les Jacobins à la famille royale restée à Paris. Madame de Polignac avait une amitié sincère envers Marie-Antoinette et Louis XVI. Son exil (car elle l'a pris ainsi, pas comme une fuite lâche ou un abandon, mais bien comme un geste politique, sur ordre du roi) a été pour elle une longue suite de maladie, de stress extrême, ne sachant pas ce que devenaient ceux qu'elle laissait à Versailles puis à Paris échauffé. Il ne faut pas oublier non plus qu'elle avait élevé les enfants du couple royal. Vous imaginez, l'inquiétude que ce devait être de laisser ces pauvres enfants, dans cette situation ?
Elle ne se relevera pas en apprenant la mort de Louis XVI et mourra très peu de temps après l'annonce de la mort de la reine.

Encore une fois, je ne vois pas ce qu'il y a de critiquable de s'entourer de ceux qu'on aime. La cour a toujours été un système de favoritisme. Louis XIV a honoré les Rohan et les Noailles qui ont cru que c'était un dû pour la suite. Louis XVI et Marie-Antoinette ont souhaité honoré d'autres aussi bien nés. Qui ne leur ont pas planté un couteau dans le dos, contrairement aux Rohan et aux Noailles (et un paquet d'autres).
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Dim 1 Aoû - 23:32

Il faut aussi admettre que Mme de Polastron s'est révélée une femme pas trop vertueuse (son histoire d'amour avec Artois), tandis que Mme de La Fayette a été au cours de toute sa vie une épouse fidèle même si l'attitude de son mari envers les femmes (Mmes d'Hunolstein et de Simiane) aurait justifié une infidelité.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Dim 1 Aoû - 23:38

Mais il n'y a rien d'immoral entre madame de Polastron et le comte d'Artois! Ils ont tous les deux été mariés à des personnes qu'ils n'aimaient pas. Quel mal dans ces conditions à aller voir ailleurs ? Quand ils se sont trouvés, il n'y avait plus qu'eux deux. Le comte d'Artois, qui a été libertin dans sa jeunesse n'a jamais plus touché une autre femme. Quand madame de Polastron mourra, il n'aura aucune autre maîtresse. C'est de l'amour, du vrai. Je trouve même ce couple très attendrissant.

Quant à Adrienne, elle a vraiment été plus que fidèle, allant même se constituer prisonnière chez les Autrichiens afin de partager la captivité de son mari qui ne le méritait aucunement.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Lun 2 Aoû - 16:27

Comte de Fersen a écrit:
Mais sous Louis XVI on savait très bien que c'etait la reine qui dirigeait ces affaires et comme la misogynie dans la France du XVIII siècle était encore très forte on ne supportait guère tout ça.

Etes-vous en train de dire que Marie-Antoinette faisait ingérence dans les affaires de l'Etat ? Vous savez bien qu'il n'en est rien, en tout cas avant la mort de Vergennes et les prémices de la Révolution . Ensuite, cela devient presque du sauve-qui-peut politique. le Roi qui n'a plus d'appui ferme, de conseiller d'envergure ( Montmorin fait pâle figure auprès d'un Vergennes ), comme l'a bien expliqué Mme Bertière, s'enfonce dans un état de passivité proche de la dépression .
Marie-Antoinette est bien forcée de se jeter à l'eau .

Comte de Fersen a écrit:
Il faut admettre que les Polignac et leurs alliés (Polastron, Vaudreuil, Guiche...) se sont vite enfuis en 1789 (seulement après la promesse de la reine que leurs charges seraient maintenues). Il est vrai qu'ils couraient des risques et que la reine même leur avait ordonné de partir mais c'était pareil pour Mme de Lamballe, qui toutefois s'en est allée seulement lors de la fuite de varennes et est ensuite retournée à coté de M.-A. (en plus elle faisait beaucoup pour aider la famille royale quand elle se trouvait en Angleterre et au cours des nombreuse étapes de son retour en France, tandis que Mme de Polignac, une fois passé la frontière a bien pensé à reclamer pour elle des tableaux qui se trouvaient dans son appartement et qui n'était pas même à elle mais faisaient partie des collections royales).

Tout cela a déjà été discuté, coupant les cheveux en quatre, dans le sujet de la duchesse .................

Comte de Fersen a écrit:
Pas la même chose avec les Noailles: personne de cette famille n'a quitté la France. Le vicomte de Noailles, qui sauva de justesse Marie Antoinette après le retour de Varennes aux Tuileries, accompagna les souverains dans la salle de l'Assemblée Nationale la nuit du 10 aout 1792, et c'est le Maréchal de Mouchy (cette même nuit), bien que agé de 77 ans, qui se trouva à côté de son Roi et de sa Reine, qui n'avait pourtant pas traité sa femme trop bien et n'avait pas même demontré beaucoup d'estime pour sa famille. Deux ans plus tard ce brave soldat, ainsi que sa femme, autrefois Mme Etiquette, sa belle-fille la Vicomtesse de Noailles, sa nièce la Duchesse de Noailles et sa belle-soeur la Duchesse douairière de Noailles montèrent courageusement sur l'echafaud. Ainsi merite t-on les honneurs!!!

Oui, chapeau ! Very Happy

Pour ce qui est du fameux vicomte, il démissionne en 1792, de l'armée du Nord et part pour l'Angleterre puis les Etats-Unis. Il se met au service de Rochambeau à Saint-Domingue, en 1802, refuse de se rendre aux Anglais et , faisant route vers la Havanne, s'empare de l'un de leurs vaisseaux à l'abordage.
Il meurt des suites de ce combat .

Et j'ajouterais, puisque vous faites un parallèle entre les Polignac et les Noailles, que le duc Jules de Polignac rendit l'âme en 1817, en Russie, assisté par le comte de Noailles alors notre ambassadeur à Saint-Pétersbourg .
Ils étaient parents . En effet, la grand-mère de Jules était la fille d'Anne-Jules, duc de Noailles, maréchal de France en 1693 et de Françoise de Bournonville . ( La Maison de Polignac, étude d'une évolution sociale de la noblesse . Héracle de Polignac )

Comte de Fersen a écrit:
En plus je vous assure qu'à cette epoque Marie-Antoinette éprouvait de l'estime pour le futur M. blondinet: lors de la fête à l'Hôtel de Ville, le 21 janvier 1781 elle annonce à Mme de La Fayette que son mari, qu'elle croyait encore en Amerique, était à Paris et voulut, par une faveur presque sans exemple, conduire madame de La Fayette dans sa propre voiture à l'hôtel de Noailles, où venait de descendre son époux.

Il me semble bien avoir déjà lu cette anecdote quelquepart, sous quelle plume, dans quels mémoires, je ne me souviens pas au juste .... Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Lun 2 Aoû - 16:41

Comte de Fersen a écrit:
Il faut aussi admettre que Mme de Polastron s'est révélée une femme pas trop vertueuse (son histoire d'amour avec Artois), tandis que Mme de La Fayette a été au cours de toute sa vie une épouse fidèle même si l'attitude de son mari envers les femmes (Mmes d'Hunolstein et de Simiane) aurait justifié une infidélité.

Je ne le vous fais pas dire ! Rolling Eyes

Quant à l'amour de Louise et Artois, je suis en accord total avec Olivia ci-dessus .
Revenir en haut Aller en bas
Chou d'amour
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 31670
Age : 35
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 22/05/2007

MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Lun 2 Aoû - 18:07

Comte de Fersen a écrit:

En plus je vous assure qu'à cette epoque Marie-Antoinette éprouvait de l'estime pour le futur M. blondinet: lors de la fête à l'Hôtel de Ville, le 21 janvier 1781 elle annonce à Mme de La Fayette que son mari, qu'elle croyait encore en Amerique, était à Paris et voulut, par une faveur presque sans exemple, conduire madame de La Fayette dans sa propre voiture à l'hôtel de Noailles, où venait de descendre son époux.

Exact, mais elle a très vite déchanté avec les années

_________________
Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme c'est le contraire!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://maria-antonia.justgoo.com
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Louise de Polastron   Lun 2 Aoû - 18:40

J'ai scindé le sujet de Loménie de Brienne où notre papotage s'étendait, en tout état de cause, sur Louise de Polastron .
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Louise de Polastron   

Revenir en haut Aller en bas
 
Louise de Polastron
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
 Sujets similaires
-
» Une lettre de Mme de Laage de Volude à Louise de Polastron
» Louise d'Esparbès de Lussan, comtesse de Polastron
» Sainte Louise de Marillac et commentaire du jour "L'homme crut à la parole que Jésus lui avait dite"
» Elle dort dans la mer. Louise Longo
» Les fausses révélations a Louise Tomkiel

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Boudoir de Marie-Antoinette :: Marie-Antoinette et ses contemporains :: Ses relations amicales-
Sauter vers: