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 Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution

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MessageSujet: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 6:16

Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution ( Journal de Célestin Guittard de Floriban ) de
Présenté et commenté par Raymond Aubert,
France-Empire, 1974, 632 p

Les considérations météorologiques sont importantes dans ce journal , comme quoi l'intérêt pour le temps qu'il fait ne date pas d'aujourd'hui.
Ainsi , voici le temps qu'il faisait le Jeudi 27 janvier 1791 ( thermidor 5 ) :

"Vent est , sud-ouest. A 2 heures après-midi, le temps s'est couvert d'un brouillard si épais et nuage dans l'air et pas sur terre comme le jour d'une éclipse , on ne se voyait presque plus dans l'obscurité des appartements ; c'était effrayant . Cela a duré une bonne heure , puis le temps s'est remis à la pluie et il n'a cessé de pleuvoir assez fort jusqu'à minuit qu'il pleuvait encore sans discontinuer. On n'a jamais vu un hiver si pluvieux. "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 6:21

Ce journal comporte beaucoup d'informations précieuses sur le temps. Chaque jour, nous savons le temps qu'il fait , les personnes que cette personne a reçues chez elle , ce que cette personne a fait de son temps , comme par exemple le fait de faire telle ou telle démarche pour sa famille , d'écrire à sa famille...
Pour le moment , c'est assez monotone.
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 6:23

Tiens , pour le samedi 29 janvier 1791, pour qualifier le temps, Célestin utilise ce terme : " Il a brouassé toute l'après-midi."
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 6:30

Célestin guittard de Floriban est en relation avec le duc d'Orléans. Voici ce qu'il écrit :"Mardi Ier février 1791 :"J'ai été au trésor de Mr. le duc d'Orléans voir si l'on paye : on paye. "

Et sur le temps, voici ce qu'il écrit le jeudi 3 février : " Vent nord avec bourrasque et couvert. Il est tombé assez de neige avant midi et toute l'après-midi avec grésil. Un temps affreux . C'est l'hiver qui commence aujourd'hui. "

Puis , il continue : " Aujourd'hui , on a fait l'ouverture de la Foire ST Germain . Il a fait un temps affreux aujourd'hui. Grand vent, bourrasque, neige et grésil toute la journée. C'est l'hiver qui va commencer
. "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 6:39

Célestin a des savants dans ses relations. Notons qu'il note aussi les informations religieuses . Comme par exemple, le Dimanche 6 février 1791 : " On a nommé aujourd'hui 3 curés à N. Dame : celui de St Germain l'Auxerrois, de St Roch et de ...

Mais il donne aussi des informations politiques , comme par exemple le mardi 8 février 1791 :
" La HAUTE COUR NATIONALE

a été organisée aujourd'hui. Elle se tiendra à 15 lieues de Paris. On travaille à achever le code général et des délits qui seront dénoncés par le Corps Législatif à la Haute Cour comme crimes de Lèse-Nation et de Lèse-Majesté. Voilà encore un nouveau tribunal qu'on croyait bien qui serait dans Paris.
Tous les articles de l'Organisation des Jurés a enfin fini aujourd'hui aussi ; il y avait bien du temps qu'on était après.

La PENSION

des curés qui n'ont pas prêté serment a été décrétée à 500 L. à titre de secours comme si c'était une charité, mais les autres prêtres ne sont pas compris dans cette générosité. "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 7:06

Vendredi 11 février , Célestin note : " Reçu une lettre de Juppin , datée de Plomion le 7;
Il me mande qu'il y a une misère très grande et qu'on ne voit plus d'argent : que les prêtres aristocrates qui ne veulent pas prêter serment font le diable , prêchent contre les décrets , séduit toutes les bigottes ; et notre curé , dit-il , leur assure que celui qui le remplacera est un apostat et dit aux enfants que c'est un Loup Garou , et sème la discorde dans toutes familles . Les prêtres sont devenus fanatiques et en font d'autres. On devrait bien arrêter cette tragédie. "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 7:12

" Ce journal " rédigé à Paris par le citoyen Nicolas , Célestin Guittard de Floriban pendant la Révolution et , sans doute, ramené à sa mort au village d'Evergnicourt berceau de sa famille , était finalement parvenu à 8 lieues de là et sans quitter la province champenoise , entre les mains d'un notable ardennais de Rethel : M. Eugène Lacaille , mon beau-père .

C'est miracle que ce manuscrit , demeuré aux rives de l'Aisne , ait survécu aux guerres et aux pillages qui ont dévasté cette malheureuse contrée , rasant le village d'Evergnicourt et ruinant en grande partie les propriétés et les industries textiles retheloises de la famille Lacaille.
De fait , peu de semaines avant sa mort en 1930, M. E. Lacaille me confia ce document comme il l'avait reçu lui-même à travers quelque 5 générations."
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 7:20

"Plus de 40 ans ont passé –lourdes d’épreuves et de deuils –et voici que , l’âge venu , je ressens le mystérieux devoir de rendre à la vie ce saisissant témoignage d’outre-siècles et d’outre-tombe.

Son mérite majeur est précisément de sonner prodigieusement vivant et vrai avec ses notations à bâtons rompus , mêlant » le quotidien « d’un vieux bourgeois vétilleux aux grandes nouvelles d’une capitale en transes cueillies au hasard des conversations et des gazettes .

Coiffant tour à tour la couronne laurée de Clio et le casque à mèche de M. Jourdain , M. Guittard note en effet , de la même encre , les rebondissements haletants du drame historique de la France : Varennes, l’invasion des Tuileries, les massacres de septembre , la guerre , la mort du Roi , la Terreur, Thermidor…et ses pittoresques incidents personnels : la mort de son chat, ses comptes de rentes , ses créances antillaises , ses humeurs peccantes , ses bains de pied , ses billets de garde …on frémit …on sourit ! "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 7:34

"Qui est le « sieur « Guittard de Floriban ?

Il nous donne son signalement : taille : 5 pieds 4 pouces ( environ 1m, 76 ), visage ovale , front très découvert , nez très aquilin et large…Il est né le 3 septembre 1724 à Evergnicourt , petit village champenois, paroisse d’Evergnicourt , Proviseux et Plesnoy, à 2 pas de Neufchatel , diocèse de Soissons , bientôt englobé dans le département de l’Aisne.

Malgré la particule dont il a « empanaché « son nom , selon le mot de Lenotre ( Il se dit de « Floriban « comme son frère se dit de « St Martin « ). C’est , sans doute plus , un honnête bourgeois moyen appartenant à la fraction du Tiers –Etat réputée bénéficiaire de la révolution , mais surtout à cette espèce qui perd à tout coup dans les bouleversements ; le rentier.

L’ordre militaire de l’Eperon d’Or dont il est chevalier , titre emporté d’ailleurs avec d’autres de plus franc aloi par la bourrasque révolutionnaire , est une distinction pontificale qui, par sa lointaine origine , conférait le titre de Comte Palatin de Latran mais qui a décliné avec le XVIIIe siècle.

Fixé à Paris en 1769, M. Guittard a perdu son épouse , née Duquerny-Morin, le 3 janvier 1783, et il habite depuis 1777 à « l’ancienne académie de Vandeuil « , N° 468 , place St Sulpice , à l’angler de la rue des canettes.
Ce quartier St Sulpice , rempli au XVIIIe siècle de séminaires, de couvents et d’établissements ecclésiastiques , évoque encore pour nous le commerce et l’art religieux. "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 7:51

"Aujourd’hui , la place s’est agrandie et aérée, mais l’église elle-même , cette immense nef au transept plus vaste que celui de Notre Dame et dont la première pierre a été posée en 1646 par Anne d’Autriche, n’a pas sensiblement changé. De Le Vau à Chalgrin, une série d’architectes y a travaillé , mais si ses tours ont été modifiées , tout en restant dissymétriques , sa célèbre façade de Servandoni n’a subi , depuis la Révolution , d’autre altération que l’heureux ravalement Malraux .

La maison de M. Guittard n’existe plus. Elle a été sacrifiée à l’élargissement de la place et, même avec beaucoup d’imagination , on a peine à évoquer , en cet endroit , l’Ancienne Académie de Vandeuil issue de la « Grande Académie Royale de Manège » dirigée par Mesmont en 1689, où les jeunes gens de famille venaient apprendre les arts de l’équitation et des armes.

Reportons-nous à l’époque révolutionnaire . C’est dans ce cadre naguère si paisible , à l’ombre du grand sanctuaire où la section du Luxembourg tient ses bruyantes assises et où vont se dérouler les mascarades sacrilèges du nouveau culte révolutionnaire , que notre « Bourgeois-honnête-homme » se penche assidûment sur les feuillets de son journal qu’il illustre lui-même de croquis naïfs mais combien expressifs !

Il s’interrompt parfois pour écouter monter confusément les rumeurs de la rue en émoi , mais plus souvent encore , dans les périodes d’accalmie , pour « s’aller promener », car , malgré ses gémissements sur sa faiblesse congénitale et sur les maux qui le rongent , cet alerte vieillard trotte régulièrement à travers la grande ville .
Sa flânerie le conduit souvent au café Procope du sieur Zoppi, au Luxembourg, à la place Louis XV devenue place de la révolution , aux Champs-Elysées et jusqu’au Champ de Mars . Ce dernier , avec ses Fédérations « , l’attire irrésistiblement , comme d’ailleurs les multiples manifestations républicaines , et des plus extravagantes , où il se flatte d’avoir « été de la cérémonie. »

Une place éminente est réservée dans son emploi du temps à ses relations de Paris et d’Evergnicourt , à sa famille champenoise …Bienvenus sont les porteurs de nouvelles du Pays pour lesquels il a toujours table ouverte.
Mais , parmi ses amis, Mme Sellier , familièrement Dasel , mérite une mention spéciale. "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 8:16

" Certains signes marginaux ( triangles , étoiles , astérisques …) accompagnant les mentions : « Dasel a dîné « ou « Dasel a dîné mecum « ou encore « Dasel prandit » voire « Dasel cub. « … constituent , pour un observateur tant soit peu curieux et imaginatif , autant d’indices codés masquant les rapports intimes de notre galant barbon , presque septuagénaire avec la piquante jeune femme de 31 ans ( en 1791 ). Il va jusqu’à noter , certain jour sa déception : « Dasel non potuit… »

…Glissons ! ….Cette liaison devait être la fable d’Evergnicourt car son frère y fait allusion en 1795 dans une lettre où il le presse de revenir au village .

Le « citoyen » Guittard se montre , par ailleurs, attaché à ses devoirs civiques. Embrigadé , malgré son âge , dans la Garde Nationale, il reçoit régulièrement son billet de garde à une cadence qui atteint 2 fois par mois.
Bien sûr , il paye , à raison de 3 à 4 livres , un remplaçant , souvent le citoyen Rixe , l’écrivain public du quartier , mais il n’est pas moins inscrit à l’effectif de la Section du Luxembourg composée , comme le montre Lenotre , de boutiquiers et de bourgeois timides , bouche bée devant les braillards et les meneurs . Cela lui vaut d’être rançonné par d’incessantes contributions d’office ou parfois prétendues « libres » mais auxquelles il serait dangereux de se dérober…



Les motifs foisonnent :

-« Pour l’équipement du contingent «
-« Contre les révoltés de la Vendée »
-« Pour les femmes des volontaires à l’armée «
-« Pour l’ équipement d’un cavalier par Section «
-« Pour le remboursement d’un prêt consenti par l’Assemblée à la Section…


Il paye de plus en plus à contrecoeur au fur et à mesure que son pouvoir d’achat s’amenuise sous l’effet du désastre monétaire qui s’abat sur le pays.
Le plus clair de ses préoccupations se tourne bientôt vers la dégradation accélérée de ses moyens d’existence.
Il touche à grands renforts de démarches et de paperasses ses rentes chez 5 payeurs distincts , sans oublier sa « Tontine du duc d’Orléans « , sorte de caisse mutuelle. Il « reçoit « aussi de l’Amérique où il a des intérêts à Saint Domingue, bientôt, hélas ! compromis par l’embargo anglais puis anéantis par les émeutes qui mettent les Antilles à feu et à sang . "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 8:16

Ah ! Continuons ! Cela me passionne !
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 8:34

"Sur la piste de Célestin Guittard , je me suis rendu à Evergnicourt et à Neufchatel.
L’Evergnicourt d’aujourd’hui a totalement oublié son lointain passé . aucun vestige n’a résisté au temps et surtout à la grande tourmente de 1914 après laquelle il ne restait du village qu’un pan de mur. Toutes les maisons sont neuves et l’église date de l’entre deux guerres. …
La vigne a disparu et la culture subit la concurrence d’une activité industrielle apportée par une importante entreprise de papeterie .
Dans les archives de la mairie comme dans la mémoire de ses 600 habitants , aucune trace des noms ni des faits si souvent cités par M . Guittard.
Par contre , l’intéressant ouvrage de L. Labrusse sur le « Doyenné de Neufchatel » ( 1) recoupe en de nombreux points notre manuscrit.
D’autre part, les archives départementales de l’Aisne à Laon ont recueilli des registres paroissiaux du XVIIIe siècle parmi lesquels j’ai retrouvé , entre autres , l’acte de baptême de Célestin Guittard en 1724 et l’acte de mariage –en 1796 –de sa nièce Marie-Jeanne Guittard avec le fils du Braconnier , meunier à Evergnicourt et l’un des acquéreurs du prieuré , évenements largement évoqués dans le Journal .

( 1 ) » Notes sur les dernières années du Doyenné de Neufchatel sur Aisne , 1789-1812 « de L. Labrusse , éditions Librairie du Dauphin "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 8:41

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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 9:04

"Mais comment des bribes d’Etat civil endormies au chef-lieu pourraient-elles faire resurgir l’image d’une région et d’une époque si palpitantes … ?
Ce sera plutôt au journal manuscrit d’un de ses honnêtes bourgeois et à ses croquis naïfs que ce petit univers devra peut-être de ne pas disparaître à jamais dans le gouffre de l’oubli…

Mais revenons à Célestin Guittard …

Il dispose , au total , pour les dernières années de stabilité rekative , de plus de 3000 livres par an –soit environ 10 fois le salaire minimum de l’époque ( 1 ) . A 13 Frs actuels la livre , le budget de M. Guittard était d’environ 40 000 francs par an .
Bien que ces comparaisons soient toujours sujettes à caution en raison de la distorsion des niveaux de vie à près de 200 ans de distance , on peut avancer qu’en 1791, M. Guittard , avec sa cuisinière , son logement bourgeois à 400 livres de loyer ( 1/10e de son revenu ), sa table accueillante et ses distractions , vivait très confortablement pour son temps.

Hélas, il connaîtra bientôt la chute vertigineuse des assignats , le poids de la nouvelle fiscalité , la disette et l’inflation que ne parviendront pas à endiguer les taxes du maximum , les cartes de pain , de viande et de sucre …les queues interminables aux boutiques et l’attente anxieuse des envois de vivres d’Evergnicourt , planche de salut du Parisien , comme le sera 150 ans plus tard, sous l’occupation ennemie « le colis familial » providentiel.
C’est en présence de cette funeste évolution que nous voyons se cabrer ce citoyen débonnaire .

Cependant , M. Guittard n’est guère au fait des dessous des convulsions qu’il rapporte et qu’il puise dans la rumeur publique ou dans sa « Gazette Nationale et Moniteur Universel « , parfois dans le « Courrier Républicain ».
Vers la fin de la Convention seulement , ses yeux se dessillent . Il découvre par exemple , dans les Jacobins les « hommes dangereux » , placés avec leurs séides , espions et dénonciateurs dans toutes les administrations, tous les comités, toutes les prisons…Enfin , s’écrie t-il , on pourchasse à leur tour ces « septembriseurs « , ces « massacreurs », ces hommes de sang « !
Nous approchons avec l’année 1796 de la fin du journal de M. Guittard …et de ses illusions . Il se termine sur un constat de faillite . S’il a approuvé la Révolution en ses débuts , son verdict final, quoique tardif , est sans appel :

( 1 ) « Histoire de la Presse Française « de R . de Livois , éditions Spes , Lausanne "
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 9:05

« Il n’y a qu’à voir tout ce qui s’est passé : des horreurs , des meurtres, des assassinats …
tout a été renversé : le trône , la noblesse , l’Eglise, la Religion . On a été dans la disette de tout ce qui a augmenté au point qu’on en est réduit depuis le 14 mars 1795 à 2 ou 3 onces de pain … »

Suit « le Tableau affligeant où se trouvent Paris et la France « . Parmi la liste des prix démentiels atteints par diverses denrées figure le louis qui, de 24 livres au départ atteint 8600 livres le 23 février 1796 ! Ce qui arrache au vieillard ruiné ce cri de détresse :

« Il semble que le terme est venu où il faut mourir de faim et de froid …Quelle république , Grand Dieu ! …Et le pire est qu’on ne sait ni quand ni comment cela finira… »

Cela a fini dans un Directoire taxé de « pourriture des pourritures »…tandis que « la Révolution expirante enchaînait ses successeurs à la guerre éternelle sous la conduite d’un nouveau dynaste .
Mais ceci est une autre histoire. "



Préface de R. Aubert
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 21:33

Le samedi 12 février 1791 , voici ce que Célestin note dans son journal : " C'est aujourd'hui samedi 12 que la libre culture du tabac a été décrétée . A l'appel nominal , il n'y avait que 10 voix de plus ; ainsi, il s'en est peu fallu que cela ne passât pas. L'impôt du tabac rapportait 30 millions, il s'agit de savoir comment on remplacera cela.
Ainsi il est permis à tout le monde en France de cultiver le tabac. ainsi le sel et le tabac libres , plus de contrebande à craindre de ce côté-là.

Il n'y a plus qu'à diminuer les droits sur le vin et l'eau de vie et il ne faudra plus de commis ni garde dans l'intérieur du Royaume, mais seujlement aux barrières des frontières du royaume. "


C'est de toute même très intéressant cette vie quotidienne à la révolution...
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 21:37

Et voici notre Célestin qui ne se prive de rien. Ainsi, le dimanche 13 février 1791 , il note : " J'ai été à une comédie bourgeoise avec Mde Sellier rue des Mathurins ; où l'on a joué Pigmalion amoureux de sa statue : les deux frères-les battus payent l'amende."
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 21:54

"Célestin note tout consciencieusement . Voici ce qu’il écrit à la date du mercredi 16 février 1791 :

« Suppression des jurandes et des maîtrises dans tout le Royaume ( 1 )

C’est aujourd’hui que l’Assemblée Nationale a décrété la suppression de toutes les maîtrises . Il est permis à tout le monde de faire tel métier et profession qu’il voudra en payant tous les ans une somme modique. On fera sa déclaration tous les ans au mois de décembre et on donnera une Patente qu’on payera sur le champ. Elle sera pour un an et on la renouvellera chaque année à moins qu’on ne veuille quitter son état.

Il n’y a aucun marchand ni profession , qui soit exempt de prendre une patente ; cela va commencer le 1er avril 1791. On ne payera que pour 9 mois y ayant déjà trois mois de passé. On va rembourser toutes les maîtrises.



( 1 ) Ce décret prépare la loi du 14 juin 1791 interdisant les coalitions entre ouvriers et supprimant au nom de la liberté du Travail les Corporations et leurs usages séculaires. Elle est connue sous le nom de « Loi le Chapelier ».
Ce dernier , ancien avocat à Rennes et représentant du Tiers aux Etats Généraux , avait rédigé avec Barnave le texte du Serment du Jeu de Paume.
Porté un moment à la présidence de la Constituante , il avait été un des fondateurs du Club Breton , ancêtre du club des Jacobins.
Ralliés aux modérés , il devait , à la suite d’un voyage en Angleterre , être accusé d’émigration et guillotiné le 22 avril 1794 )"
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 22:00

Le jeudi 17 février 1791 , Célestin est dépressif. Voici ce qu'il écrit : " Je ne suis pas sorti. Je me suis lavé les pieds.
Je suis toujours de plus en plus incommodé de toutes manières . J'ai si mal commencé en entrant dans le monde que je finirai de même. Ma vie est bien triste ; toujours être incommodé..."
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 22:09

Célestin note tout, les jours sans comme les jours avec . Ainsi , le samedi 19 février 1791, est un jour de joie pour lui. Voici ce qu’il écrit :

« Grand Décret

Aujourd’hui l’Assemblée a décrété que toutes les entrées de toutes les villes du Royaume et de Paris étaient abolies . On ne paiera plus rien aux entrées à commencer du Ier mai. Ainsi voilà les Fermiers Généraux, commis et gardes supprimés dans tout le royaume ; et enfin voilà la France pour cette fois libre et délivrée de toutes les entraves . Quel coup pour tous les écraseurs du peuple ! Est-il permis qu’un beau pays comme le nôtre ait été aussi longtemps écrasé par toutes sortes d’impôts . Dieu nous en délivre donc enfin !
"
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 22:23

Célestin note aussi ce qui arrive à ses voisins. Ainsi , le Dimanche 20 février 1791 :

« Aujourd’hui , le commissaire et la garde sont venus prendre au-dessous de moi Mme Clerc , maîtresse de pension , qui fut prise à distribuer aujourd’hui pendant la grande messe de St Sulpice des brochures incendiaires ; et on l’a menée à l’hôtel de la Force ; elle n’en est sortie que le 27 avril.

Il faut que les personnes soient bien bornées de se laisser amuser par des prêtres qui ne s’embarrassent pas de vous jeter dans l’embarras pour les servir dans leurs machinations diaboliques . Que je plains le peuple qui n’est pas assez éclairé. Il ne faut jamais se mettre dans des partis d’intrigues et de factieux ; on en est toujours la dupe.
"
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 22:43

Mardi 22 février 1791 , voici ce qu’écrit Célestin :

« Aujourd’hui sur les 6 heures, les dames de la Halle au nombre de seize sont parties des Tuileries et sont arrivées avec un grand nombre de peuple au Luxembourg, ayant appris que Monsieur, Frère du Roi allait lui aussi partir pour l’étranger –que l’Assemblée devant s’expliquer demain sur le Prince ; il lui était libre de partir jusqu’à ce moment.

Ces femmes ou dames ont été introduites ; une d’elles harangua Monsieur. Il leur promit sur son honneur et foi d’honnête homme et de frère du Roi qu’il ne partirait jamais , qu’elles soient rassurées . Il prit la main de celle qui l’avait harangué et elle se jeta à son cou et l’embrassa et les quinze autres en firent autant . Tout se calma.

A 7 heures , tout le peuple accompagna les trois carrosses jusqu’aux Tuileries où il alla à son ordinaire : tout Paris fut en l’air , ceux qui se trouvèrent sur son passage croyaient qu’il avait voulu s’en aller et qu’on le ramenait en triomphe aux Tuileries et il n’y avait rien de cela. Est-il bien vrai qu’il pensait à s’en aller , je ne puis le croire et cela se réalisera ainsi par une fausse peur que cela n’eut été. Il faudrait que Monsieur ait perdu la tête de s’en aller ; où sera-t-il mieux qu’en France ; la tête leur tourne donc . On ne peut concevoir cela.
"

Cet épisode avec Monsieur est intéressant !
Ainsi donc sous la révolution, il y avait une surveillance de tous les instants sur la Famille Royale au sens large du terme...
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 22:54

Madame de Chimay a écrit:
Il prit la main de celle qui l’avait harangué et elle se jeta à son cou et l’embrassa et les quinze autres en firent autant . Tout se calma.
Les paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaauvres !!! Shocked pale
Rien ne m'étonne que tout se soit calmé ainsi...après une telle confrontation ça coupe toute envie...

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Journal d'un bourgeois de Paris sous la révolution    Mar 28 Déc - 22:55

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