Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 La collection Rosenberg

Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: La collection Rosenberg   Jeu 26 Mai - 18:36

Citation :
parce que le jour ou Anne Sinclair en aura marre d'être celle qui paye, il aura plus les moyens !
Il n’est pas sans le sous non plus, mais rien de comparable, c’est sûr, à l’immense fortune de Anne Sinclair.

Pour mémoire, elle est la petite fille de Paul Rosenberg, célébrissime marchand d’art du XXème siècle.
Incontournable pour ce qui était de l’art moderne, il avait repris, avec son frère, la galerie de leur père (lui même marchand de Cezanne, Degas, Monet et Pissaro) avant de monter sa propre affaire pour mener une activité plus novatrice (l’art contemporain de l’époque).
Lorsque la guerre éclate, en 39, ses stocks mélangent donc les styles et les artistes : Géricault, Ingres, Delacroix, Courbet, Cézanne, Manet, Degas, Monet, Renoir Gauguin, Lautrec, Corot, Daumier, Pissaro, Van Gogh mais aussi donc Picasso, Matisse, Braque, Léger, Marie Laurencin, le Douanier Rousseau, Bonnard, Modigliani etc.
Pendant un temps (après la première guerre mondiale), il est LE marchand exclusif de Picasso et de Braque, puis celui de Matisse et Marie Laurencin.
Vous voyez le genre ?

Si je parle de la seconde guerre mondiale, c’est que la collection de Paul Rosenberg va subir, on s’en doute, les aléas (le mot est faible) du conflit mondial.
C’est une aventure rocambolesque : il parviendra à sauver des oeuvres du pillage, mais pas toutes !!
Quand je dis « des » oeuvres, je parle de plusieurs centaines de toiles des artistes que je viens de citer !!

Si le sujet vous intéresse, et si j’ai le temps le ce soir, je vous raconterai tout ça... Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Jeu 26 Mai - 18:46

Tu parles que ça m'intéresse !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Jeu 26 Mai - 18:48

on va pouvoir bientôt dans de prochaines ventes, voir ressurgir de "collection particulier" des oeuvres impressionnistes, fauvistes et cubistes provenant de la petite fille de M. Rosenberg. Aux prix ou sont les loyers New Yorkais il va bien falloir se separer de quelques Braque, Picasso, Monet etc etc. Tant mieux nous pourons en profiter quelques fugaces instants
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Jeu 26 Mai - 18:51

Nous brûlons d'impatience !!!  

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Jeu 26 Mai - 23:05

OK je m’engage à vous préparer une petite série de l’été à ce sujet !  Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 27 Mai - 9:28

Nous serons toute ouïe !  Very Happy
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: La collection Rosenberg   Ven 27 Mai - 19:11

Moi aussi, j'attends avec impatience la saga ROSENBERG !...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 9:59

Comme convenu, je reviens vous raconter l’histoire de la collection Paul Rosenberg, et en particulier durant la seconde guerre mondiale et les années qui suivirent le conflit.
Si le sujet vous intéresse, je vous conseille la lecture de : Le musée disparu. Enquête sur le pillage d’oeuvres d’art en France par les nazis, de Hector Feliciano.
Un bouquin passionnant, grâce auquel je reviens vous faire ce petit exposé...  Wink

Vous vous souvenez, nous avions parlé de Paul Rosenberg en évoquant la fortune de Anne Sinclair, sa petite-fille, dans le sujet sur l’affaire DSK.  Wink

Reprenons.
L’homme est galeriste, marchand d’art et grand collectionneur.
De son père, il a déjà hérité du formidable patrimoine que celui-ci avait accumulé à la fin du XIXème siècle.
Avec son frère, il perpétue le commerce de la galerie parisienne.
Mais Paul Rosenberg est un amateur d’art averti, et il s’est aussi intéressé à l’art contemporain de l’époque, auquel il croit.
Et il a raison ! Les oeuvres qu’il aime, et les artistes qu’il soutient, sont parmi les chefs-d’oeuvres de l’art que nous appelons « moderne » aujourd’hui.
Bref, vous l’avez compris : un patrimoine artistique énorme, presque impossible à évoluer aujourd’hui : des centaines de toiles des plus grands maîtres de l’art impressionniste et moderne.
La collection d’oeuvres d’art de Paul Rosenberg était alors une des plus importantes d’Europe.


Quelques mois avant le début de la guerre, le marchand d’art commence à transférer quelques tableaux de sa collection dans l’une de ses résidences secondaires, près de Tours.
Toujours à la même période, une grande exposition consacrée à Picasso est organisée aux Etats-Unis.
Contacté par les commissaires de l’exposition, Paul Rosenberg est sollicité, et accepte de prêter quelques toiles du peintre.
Il fait donc embarquer, sur un cargo, quelques dizaines de toiles qui sont ainsi acheminées vers New-York.
Enfin, et toujours par mesure de précaution, il expédie d’autres tableaux dans sa seconde galerie, à Londres.

Lorsque le conflit éclate, c’est bien le gros de sa collection privée et des stocks de sa galerie qui se trouve encore en France : à Paris donc, et à Tours.
En tout, plus de 300 tableaux de maîtres, ou de (futurs) grands artistes du XXème siècle.
Aidé de son fils et de son chauffeur, un certain Louis Le Gall, Paul Rosenberg décide d’inventorier précisément l’ensemble des oeuvres encore en sa possession.

Lorsque les Allemands lancent l’offensive contre la France, le marchand d’art continue de transférer une partie de sa collection à Tours, mais cette fois sous le nom du beau-frère de son chauffeur.

D’autres oeuvres restantes sont envoyées à Libourne.
Elles seront entreposées dans le vaste coffre-fort d’une banque.
Dans cette succursale, à titre d’exemple, se trouvent 162 peintures : et notamment l’auto-portrait de Van Gogh, des Seurat, Cézanne, Ingres, Delacroix, Corot, Courbet, Monet, Gauguin, et naturellement encore plusieurs dizaines de Picasso et de Matisse. Shocked
Il incite Georges Braque, son ami, à louer un coffre-fort dans la même banque : le peintre y dépose ses propres oeuvres, et d’autres de sa collection personnelle, dont un Cranach.

Non loin de Libourne, Paul Rosenberg transfère une centaine de toiles dans son autre résidence secondaire, celle de Floirac : les Picasso auxquels il est le plus attaché, des Degas, Corot, Braque, Monet ou encore un...David !

La France tombe.
C’est l’exode sur les routes, la débâcle.  
Tous ses amis parisiens qui fuient la capitale et passent, dans leur exode, par Floirac, finissent par convaincre Paul Rosenberg de quitter la France.
Début Juin 1940, avec sa femme et sa fille (la maman d’Anne Sinclair), il parvient à se réfugier en Espagne, puis au Portugal.

Son fils, Alexandre, est néanmoins bloqué à la frontière, et reste en France.
Il a l’âge d’être enrôlé dans l’armée, et on ne le laisse donc pas passer.
Lorsqu’il entend l’appel du général de Gaulle, Alexandre décide de fuir, et parvient sous des déguisements et une fausse identité à passer en Angleterre.
Arrivé sur le sol anglais, comme à tous les étrangers en situation irrégulière, les autorités lui demandent de citer un ou plusieurs sujets britanniques de sa connaissance.
Alexandre répond : Winston Churchill !!  
C’est que le Premier ministre anglais, peintre du dimanche à ses heures perdues, avait l’habitude d’emprunter des chefs-d’oeuvres à la galerie Rosenberg, afin de s’en servir comme modèles...

De Lisbonne, où il vient d’arriver avec toute sa famille, Paul Rosenberg donne des ordres à son chauffeur, Le Gall, afin que celui-ci organise le transfert des tableaux restés à Floirac vers New-York.
En effet, le collectionneur a réussi à obtenir des visas pour les Etats-Unis.
Il embarque avec sa femme et sa fille à bord d’un transatlantique, et file vers New-York.
Paul Rosemberg croit que les oeuvres laissées à Tours, sous un autre nom, et celle de Libourne, dans un coffre-fort, sont à l’abri.

A Floirac, le dévoué Le Gall se démène tant qu’il peut pour organiser l’expédition du précieux trésor.
Il a contacté une société de transport de Bordeaux, qui lui demande la liste précise des objets.
Une fois les documents en main, le transporteur déclare au chauffeur que, les frontières étant fermées, il est désormais impossible d’envoyer des marchandises à l’étranger.
Ce qui est faux...

Le 15 septembre 1940, un groupe de soldats et de policiers Allemands, accompagné d’un Français, foncent sur la résidence de Floirac, à bord de 5 camions.
Très bien renseigné, le commando encercle la demeure, et demande immédiatement à parler au dévoué Le Gall.
Le chauffeur se rend compte qu’il est inutile de résister : ses interlocuteurs sont déjà bien renseignés et n’ignorent rien du trésor qu’il cache.  
En quelques heures, la maison est vidée, et les toiles récupérées partent vers une destination...inconnue.  What a Face

En réalité, la destination «inconnue» est l’ambassade d’Allemagne à Paris.
Quelques antiquaires, et zélés confrères parisiens du célèbre marchand, ne s’étaient pas gênés pour informer les nazis qu’une grosse partie du trésor des Rosenberg était resté en France !
Certains ont notamment négocié, avec les autorités allemandes, la localisation de la cache de Rosenberg contre un pourcentage des oeuvres saisies.
En particulier celles que les Allemands considèrent comme « dégénérées », l’Art moderne, et qu’ils ne veulent pas récupérer pour les musées d’Allemagne, ou pour les collections personnelles des grands dignitaires du Reich.
Je reviendrai sur ce point... Wink

Bien informés, les nazis parviennent également à découvrir l’existence du coffre-fort de Libourne !  What a Face
Ils en dressent un inventaire précis, grâce au directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Bordeaux qui participe, avec zèle, à cette tâche.
Idem pour le coffre-fort de Braque, dans la même banque.
Pour comble, le peintre, qui est lui resté en France, reçoit une facture de la banque en question : on lui demande de régler la somme de 1000 francs d’honoraires à l’expert chargé d’évaluer ses biens, auxquels s’ajouteront 200 francs de frais pour les «dérangements» occasionnés !! Neutral

A Paris, l’assistante personnelle de Rosenberg restée sur place, ne parvient pas non plus à protéger les quelques oeuvres conservées dans la galerie de la rue de la Boétie, ou au domicile du collectionneur.
Tout est, à nouveau, saisi. What a Face

Les tableaux du coffre de Libourne, les oeuvres de Paris, et celles entreposées à Floirac sont donc finalement dérobés !

Réfugié aux Etats-Unis, Paul Rosenberg apprend la disparition de ses centaines de toiles.
Il ne peut rien faire.

A suivre...  
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 10:06

Merci pour cette histoire extraordinaire. J'imagine aisément la tristesse du collectionneur. Sad  Sad  Sad J'attends avec impatience la suite de cette saga. j'adore toutes ces histoires
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 10:10

Merci , mon très cher!
Je me délecte tout autant pour cette vie...je ne connaissais Rosenberg que de nom...
Comme tout feuilleton, on attend déjà la suite...

Bien à vous.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 10:33

Citation :
j'adore toutes ces histoires
Je sais que tu as d’autres projets de lecture ( Wink ), mais si tu veux sortir du XVIIIème, je t’encourage vraiment à lire le bouquin que j’ai cité.
Tu ne le lâcheras pas !
D’ailleurs, tu trouveras dans ce livre des liens avec notre XVIIIème siècle artistique, forcément.
Par exemple, notre chère marquise de Pompadour par Boucher, a été récupérée, in-extremis, en 1945, à Munich... Wink




Et je n’évoque-là que la collection Rosenberg ; mais les histoires de celles des Rothschild, des Bernheim-Jeune, celle de David David-Weill, d’Adolphe Schloss etc., sont tout aussi passionnantes !
Des pilleurs et magouilleurs sans nom d’un côté, mais aussi des hommes et des femmes honorables et courageux de l’autre, qui se sont illustrés dans une résistance artistique et patrimoniale dont on parle peu !

C’est notamment le cas de Rose Valland, la résistante du Musée du Jeu de Paume.
Elle mérite toute notre attention...
Je vous raconterai aussi l’histoire de cette femme de l’ombre !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 11:24

C'est plus palpitant que le meilleur des polars !!!    
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 13:37

C'est merveilleux de voir toute cette résistance pour sauver la culture . Mais quelle tristesse de se voir dépouillé de son patrimoine artistique.
La suite, la suite. On veut la suite...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 14:52

Bravo et plus que cela de ma part également ! Vous racontez tellement bien !

- Comment ROSENBERG pouvait-il  avoir un "nez" aussi grand pour augurer de tels talents ?
- Comment pouvait-il deviner qu'il y avait là, à la clef des trésors inestimables ?...
Ou bien était-ce le culot de l'investissement systématique ..., le jeu et le goût du risque ?

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 14:56

Citation :

Ou bien était-ce le culot de l'investissement systématique ..., le jeu et le goût du risque ?
 

Il doit y avoir de cela !

En tous cas, nous comprenons mieux maintenant comment Anne Sinclair peut payer le loyer actuel de son D.S.K. de mari sans tirer une langue de vingt pieds ...........
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 14:58

Ca ..... c'est clair !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 15:31

Merci pour ce sublime exposé. Je vais acheter ce livre car c'est aussi une période qui m'intéresse.


Dernière édition par le comte axel le Ven 10 Juin - 15:40, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 15:49

Citation :
- Comment ROSENBERG pouvait-il avoir un "nez" aussi grand pour augurer de tels talents ?
- Comment pouvait-il deviner qu'il y avait là, à la clef des trésors inestimables ?...
Ou bien était-ce le culot de l'investissement systématique ..., le jeu et le goût du risque ?
Un peu tout ça, je présume.
Mais, à l’époque, un marchand (ou un collectionneur), s’il était suffisamment avisé, devait facilement se rendre compte que la jeune garde turbulente, installée à Montmarte ou à Montparnasse, était en train d’exploser tous les codes de la peinture et de la sculpture, plutôt ennuyeuses, du XIXème siècle.
Exceptés, quelques impressionnistes talentueux, certes...
Artistes, marchands, mécènes : tout ce petit monde interlope cohabitait dans le Paris du début du XXème siècle ; tous se connaissaient plus ou moins...
Très tôt dans leurs « carrières » : Picasso, Matisse, Braque ou encore Van Dongen ont connu le succès.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Ven 10 Juin - 19:27

Dîtes surtout que le père d'Anne Sinclair avait le sens des affaires. Et cela, c'est une qualité.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Mar 14 Juin - 18:08

Je ne résiste pas à la tentation de vous montrer - après l'avoir photographié dans un journal - ce portrait réalisé par PICASSO en 1918 représentant la mère et la grand-mère d'Anne SINCLAIR ! parce que je n'aurais jamais imaginé les choses à ce point là pour cette famille !:
...tout de même, quelle drôle de chance ! ?


Et vous, que pensez-vous de ce tableau ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Mar 14 Juin - 19:24

Ce n’est pas le plus réussi de Picasso, mais bon...

Pour la petite histoire, c’est ce tableau-ci que Anne Sinclair a "donné" en dation au musée Picasso. C’était en 2008.
Il s’agit d’un mécanisme fiscal permettant de régler ses droits de succession (ou une partie de ceux-ci) à l’Etat grâce au don d’une oeuvre d’art.
Un tableau, comme celui-ci, s’évalue entre 30 et 40 millions d’euros.  Wink
Anne Sinclair est membre du Conseil d’administration de ce musée.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Mar 14 Juin - 19:55

La grand-mère est belle .  
Revenir en haut Aller en bas
globule
Modérateur
avatar

Nombre de messages : 549
Date d'inscription : 04/10/2017

MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   Mer 7 Fév - 16:49

En 2016, la splendide collection Rosenberg a fait l'objet d'une grosse exposition à Liège (en Belgique).

Ami et agent de Pablo Picasso ou encore d'Henri Matisse, Paul Rosenberg (1881-1959) fut l'un des marchands d'art les plus influents de l'entre-deux-guerres. Une riche exposition, tirée du livre "21 rue la Boétie" écrit il y a quatre ans par sa petite-fille, Anne Sinclair, lui est consacrée à Liège.



"Mon grand-père a été l'un des découvreurs de Picasso, de Matisse, de Braque, de Léger... Et les a accompagnés, beaucoup. Il était non seulement un galeriste, un marchand, mais il était un ami de ces peintres qu'il admirait par dessous tout. Lui se considérait comme un passeur, un entremetteur, un accoucheur", a expliqué à l'AFP la journaliste française lors de l'inauguration mercredi de l'exposition.

Accueillie jusqu'au 21 janvier dans l'écrin de La Boverie, le musée des Beaux-Arts de Liège, elle propose une soixantaine d'oeuvres passées par la galerie de Paul Rosenberg au 21 rue La Boétie, dans le 8e arrondissement de Paris, entre sa fondation en 1910 et sa réquisition par les nazis sous l'Occupation. Ou par sa galerie de New York, où la famille s'est exilée au début de la Seconde Guerre mondiale et où est née, en 1948, Anne Sinclair.



Ces Picasso, Braque, Matisse, Léger, Marie Laurencin, Degas, etc., sont exceptionnellement réunis dans les salles lumineuses du musée liégeois, récemment rénové, grâce aux prêts de musées prestigieux (MOMA de New-York, National Gallery de Washington, Centre Pompidou de Paris...) et de richissimes collectionneurs.

Assaut contre l'art 'dégénéré'

Ils y côtoient neuf chefs-d'oeuvre (Picasso, Chagall, entre autres) acquis par la ville de Liège en 1939 lors d'une vente publique organisée à Lucerne, en Suisse, par le régime nazi.

Pour Paul Rosenberg, Français de confession juive, il n'était pas question de profiter de cette occasion pour faire des affaires, souligne Anne Sinclair qui, petite fille, accompagnait son grand-père dans les musées ou chez Picasso, et dont Marie Laurencin a tiré un émouvant portrait, exposé à Liège.
"Mon grand-père était en lutte contre la conception nazie de l'art, dit +dégénérée+. Pour Hitler et ses sbires, la peinture, la sculpture... C'était l'art germanique traditionnel. Tout ce qu'ils appelaient dégénéré, des impressionnistes aux cubistes, de Renoir à Picasso, c'était de l'art à détruire", souligne la journaliste.

Une importante section de l'exposition met en exergue l'opposition frontale entre ces deux conceptions de l'art.



"La famille Soller", par exemple, témoignage exceptionnel de la "période bleue" de Picasso datant de 1903, propriété du musée liégeois, resplendit de modernité aux côtés de la sombre et académique toile "Famille de paysans de montagne" de l'obscur Rudolf Otto (1887-1962).

En 1940, Paul Rosenberg et sa famille parviennent à rejoindre les Etats-Unis en passant par Bordeaux. En chemin, le galeriste laisse une partie de sa collection dans les coffres d'une banque de Libourne.

Le combat de la restitution

Mais les coffres sont forcés en 1941, alors que Paul Rosenberg est déchu de sa nationalité française par Vichy, et les oeuvres pillées pour rejoindre la collection d'Hermann Göring. Cruauté de l'histoire, la galerie de la rue La Boétie accueillera les expositions antisémites de l'Institut d'Etude des Questions Juives jusqu'à la Libération.

Depuis sa nouvelle galerie à New York, où il contribue à faire de la "Big Apple" le nouveau centre mondial du marché de l'art, Paul Rosenberg et ses proches engagent alors la lutte pour la restitution des oeuvres pillées, avec le soutien de la France et de la Suisse.



Cartes à l'appui, l'exposition retrace en particulier les vicissitudes d'une toile de Matisse, "Robe Bleue dans un fauteuil ocre", achetée au peintre en 1937, volée par les nazis à Libourne avant de passer de mains en mains et de finir dans un musée d'Oslo. Elle n'a été rendue à la famille Rosenberg qu'en 2014.

"Il y a encore une cinquantaine de toiles dans la nature, mais ils ont à peu près reconstitué la collection", se réjouit Anne Sinclair.
http://weekend.levif.be/lifestyle/voyage/liege-expose-la-fantastique-collection-de-paul-rosenberg-celebre-marchand-d-art-et-grand-pere-d-anne-sinclair/article-normal-554277.html

Ca date un peu, mais c'est tellement bien raconté que j'ai pas pu résister.

_________________
- Je ne vous jette pas la pierre, Pierre -
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La collection Rosenberg   

Revenir en haut Aller en bas
 
La collection Rosenberg
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Boudoir de Marie-Antoinette :: Autour de Marie-Antoinette :: Collections et ventes-
Sauter vers: