Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot

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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 11:29

Citation :
Je copie/colle, ici, les premiers commentaires de nos amis qui avaient eu la chance de voir ce film avant la date de sortie officielle..

 .....  très très bonne idée !  Very Happy
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 11:34

Ravi de vous relire, cher Calonne ! Very Happy
Votre critique est des plus intéressantes, elle corrobore presque parfaitement celle que vient de me faire une amie qui est allée voir le film hier.
Je crois bien que j'irai le voir, s'il est encore à l'affiche le 28 mai 2022 à 14 heures!

(N'oubliez pas notre pique-nique, le 7 juillet prochain! Wink)

...
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 11:39

pimprenelle a écrit:

C'est que, perso, je ne classifie pas les sentiments en hétérosexualité, homosexualité, bisexualité...
Baah, puisque ces notions existent, je ne vois pas pourquoi les écarter ?
Appellons un chat, un chat ; sans que cela n’entache en rien l’intensité des sentiments, ou ne suppose une hiérarchie de ceux-ci.

pimprenelle a écrit:
Pour moi, les gens aiment, et donc désirent être près de l'objet de leur affection, lui parler, boire ses paroles, les toucher, l'embrasser...
Après, tu mettras le curseur qui t'est cher pour en mesurer l'intensité, mais la nature du sentiment est toujours la même. On aime, donc on touche, même du bout des yeux... C'est ce qu'exprime ce film, pour moi... Du moins, de la part de la reine, prise entièrement par sa passion, de tout son coeur.
Oui, oui. Nous n’avons pas la même perception des choses.
Je considère, pour ma part, que la nature des sentiments n’est pas la même, même si je conçois que les frontières sont parfois floues, ou ambigües.
Et je ne pense justement pas que Benoit Jacquot ait été si subtile que ça sur ce terrain-là.

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MessageSujet: LES ADIEUX A LA REINE   Jeu 22 Mar - 11:42

Peut-être parceque notre époque ne peut malheureusement pas s'empêcher de cataloguer les sentiments et de les mettre dans des cases ? De les définir avec des mots ? PIM a raison, c'est bien dommage...
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 11:45

CALONNE a écrit:
PIM a raison, c'est bien dommage...
Je ne comprends guère pourquoi ? Mais bon... Rolling Eyes
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 11:48

Je n'ai pas vu le film . Je vous lis tous pour l'instant avec attention et beaucoup d'intérêt .
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MessageSujet: LES ADIEUX A LA REINE   Jeu 22 Mar - 12:15

Disons que je trouve dommage et un peu réducteur de "classer" un sentiment comme l'amour et surtout, d'y associer automatiquement l'acte physique. On peut aimer sincèrement, trés fort, une personne du même sexe, sans pour autant coucher avec. Marie Antoinette aimait Mme de Polignac et c'est tout. Je reproche au film de se sentir obligé de suggérer un lien physique pour souligner l'intensité de ce sentiment  Wink .
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 12:19

Absolument ! Ce n’est pas moi qui dis le contraire !  Shocked
Je crois que nous ne nous comprenons pas ; mais cela n’a pas beaucoup d’intérêt pour la critique de ce film.
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 14:36

Citation :
Je n'ai pas vu le film . Je vous lis tous pour l'instant avec attention et beaucoup d'intérêt .

Dieu sait si tout cela est éloquent ! Wink
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 14:44

Antoine de Baecque du MONDE DES LIVRES a écrit:
Marie-Antoinette démaquillée

Aucune figure historique n'a eu plus de surnoms : l'archiduchesse Antoine, l'Autrichienne, l'Autre Chienne, la Bergère royale, Madame Déficit, la Catin royale, Toinette, la Fureur utérine, la Messaline royale, Madame Veto, la Veuve Capet, la Reine martyre... Un foisonnement de représentations s'est immédiatement emparé de Marie-Antoinette (1755-1793). A ces réputations qui ont accompagné son existence a succédé une moisson de reflets jusqu'à nos jours, comme si chaque époque avait voulu construire "sa" reine. Autant elle fut en décalage dans la France de son temps, qui l'a peu comprise, autant sa figure s'est épanouie dans l'imaginaire fantasmatique par la suite, ce qui fait de Marie-Antoinette le personnage historique le plus glosé à l'échelle mondiale, ce phénomène se renforçant depuis une quinzaine d'années. Elle est partout et appartient à tous, biographes, romanciers, cinéastes, publicitaires, créateurs de mode, pâtissiers. Elle est tendance, en version rococo, écolo, BCBG, pop, punk, mais aussi martyre ou pécheresse. Cela s'appelle le kitsch.

La Reine scandaleuse, de Cécile Berly, commente ces "idées reçues sur Marie-Antoinette", comme l'indique le sous-titre d'un ouvrage très stimulant. Dans sa thèse publiée en 2006, Marie-Antoinette et ses biographes. Histoire d'une écriture de la Révolution (L'Harmattan), cette jeune historienne a déjà étudié les multiples interprétations contradictoires de cette existence. Certains insistent sur la vie versaillaise d'une princesse luttant contre l'étiquette de la cour ; d'autres s'attachent à l'opposition à la Révolution, confrontation tragique entre deux légitimités qui conduisent les républicains à exiger sa mort. La tradition royaliste "fabrique", elle, deux Marie-Antoinette : la mère admirable subissant son martyre avec une dignité qui en remontre à ses bourreaux ou la "tête à vent" qui creuse le déficit par ses inconséquences puis précipite Louis XVI vers la chute en se mêlant de politique.

Enfin, il y a tous ceux qui ont tenté de faire coller les réputations avec les faits. Cette historiographie pose des questions à la reine : a-t-elle vidé les caisses du royaume ? A-t-elle eu une sexualité débridée ? Est-elle responsable de la fin de la monarchie ? A-t-elle eu un procès inique ? Cécile Berly tente de répondre à ces questions, parfois avec des éléments concrets - le portrait de "Madame Déficit" est accablant, la reine coûtant environ 50 millions de livres - ou en éclairant ces interrogations d'un jour nouveau : la frivolité de la reine est aussi le point de départ d'une ambitieuse "politique culturelle", finançant selon ses goûts l'architecture, la musique, le théâtre, la mode... Ces relectures d'une vie et de ses éclats multiples confèrent aux représentations historiques de la reine l'aspect d'une installation kaléidoscopique majeure.

De leur côté, Edmond (1822-1896) et Jules (1830-1870) de Goncourt ont publié le premier récit "moderne" de la vie de Marie-Antoinette en 1858, et la réédition de ce texte oublié est une révélation. Car les Goncourt ne sont pas seulement favorables à la reine, s'inscrivant dans l'historiographie royaliste. Ce sont également et surtout des "fans" : ils adorent cette princesse dans ses détails, ses fétiches, sa frivolité même, et en font une "femme-femme" plus déchirante encore dans la tragédie qui l'accable, de la mort de son fils aîné en juin 1789 à sa décapitation en passant par les accusations incestueuses lors de son procès. Les Goncourt sont les premiers à réunir en un seul personnage les deux faces contradictoires de Marie-Antoinette pour faire naître émotion et adhésion de ce jeu de miroirs : une reine légère que le malheur va mûrir. Ils infléchissent le portrait de la martyre créé à la Restauration vers celui d'une "femme aimant la vie, l'amusement, la distraction, une femme un peu vive, un peu folâtre, un peu moqueuse, un peu étourdie, mais une femme honnête, une femme pure". Cette figure est absolument nôtre : c'est cette reine-là que l'on a vu resurgir voici une quinzaine d'années dans un fracas de publications, de films, d'expositions, d'imageries et de gadgets.

Il faut remonter plus précisément à 1997 pour comprendre l'entrée de Marie-Antoinette dans cette gloire postmoderne. Le phénomène prend son ampleur avec Marie-Antoinette. The Journey, biographie de la Britannique Antonia Fraser. Celle-ci l'a écrite avec en tête la disparition de Lady Di (Diana Spencer, 1961-1997). Ce récit en miroir des deux princesses transforme Marie-Antoinette en héroïne parce qu'elle en devient profondément humaine, fragile, tout en restant une mère modèle. Cette figure contemporaine, Sofia Coppola la filme dans Marie Antoinette en 2006 : voici une adolescente retranchée au sein d'un monde clos dont la modernité tient dans le refus de l'étiquette monarchique, la revendication du privé, le souci de soi, la médiatisation de son image à travers son apparence et ses bonnes oeuvres. Où l'on retrouve Lady Di...

En 2002, Chantal Thomas, spécialiste de la littérature libertine, publie son premier roman, Les Adieux à la reine. Le livre est un succès critique et un triomphe public, décrochant le prix Femina, attirant près de 120 000 lecteurs. Les premières pages se situent en 1810, à Vienne, où a émigré Agathe-Sidonie Laborde, ancienne lectrice adjointe de Marie-Antoinette à Versailles. Flash-back : la lectrice se souvient des trois journées, du 14 au 16 juillet 1789, qui ont vu s'effondrer "sa" monarchie. Tout est perçu, parfois mal ou avec de multiples écrans, de son point de vue personnel, celui d'une subalterne du palais, qui vit sous les combles et fait face à l'insalubrité permanente. Ici, Versailles est un miroir aux alouettes pestilentiel, surpeuplé, auquel tous, des princes de sang aux domestiques, veulent appartenir, subissant les cascades de mépris qui dévalent la hiérarchie royale.

Chantal Thomas voit la reine comme une "personnalité fragmentée, traversant des destins opposés" : "Ce qui me touche, dit-elle dans un entretien réalisé pour la nouvelle réédition de son roman, c'est sa volonté de se former, tant intellectuellement, culturellement que politiquement. Ce qui va à l'encontre de sa personnalité originelle, frivole, évanescente. Elle saute dès lors d'une humeur à l'autre, avec envie, colère, caprice." Le choix de la romancière consiste à jouer sur l'ambivalence de ce caractère, entre innocence et manipulation, énergie et fatalisme, fierté mâle et langueur féminine.

Benoît Jacquot, dans le film adapté du roman qui vient de sortir, a tenu à concentrer son travail sur une vision "sidonienne" : la reine n'existe que dans l'oeil amoureux, désarçonné, finalement déçu, de sa lectrice. Le cinéaste a redessiné le personnage principal : rajeunie de vingt ans, Sidonie/Léa Seydoux est désormais une innocente qui découvre. Le rythme du film tient dans cette captation vive, ses dialogues tendus, la jeunesse des actrices faisant contraste avec les vieux courtisans décatis. Cette vivacité des gestes et des humeurs est la réussite du film.

Ainsi Jacquot fait-il relire le roman autrement : le cinéaste va au plus direct, il propose un film au présent sur l'histoire. Et ce coup de force fait exploser le kitsch d'une représentation de la reine aujourd'hui gorgée de "psychologie féminine" et d'"identification pop". La voici, libérée de ses biographes et de ses fans. Comme amaigrie et épurée, elle erre dans les couloirs de Versailles à la recherche d'une histoire qui lui échappe, toujours mystérieuse mais enfin sans réponse aux questions qu'elle nous pose.


Antoine de Baecque


Repères
1793
Marie-Antoinette, 37 ans, est guillotinée.
1858
Histoire de Marie-Antoinette, des frères Goncourt (premier portrait de "fans").
1953
Marie-Antoinette, d'André Castelot, Perrin (le classique synthétique).
1991
Marie-Antoinette, d'Evelyne Lever, Fayard (la somme érudite).
2001
Marie-Antoinette, d'Antonia Fraser, Flammarion (la biographie à succès : une "ladydianisation").
2002
Les Adieux à la reine, de Chantal Thomas (le roman, du point de vue de sa lectrice).
2006
Marie Antoinette, film de Sofia Coppola (la reine pop).
2012
Les Adieux à la reine, film de Benoît Jacquot (la figure décapée).
Document
"Au début du mois d'août 2001, par une journée d'une chaleur incroyable, (...) je faisais mon bagage pour aller passer une quinzaine de jours à Versailles. Un bagage petit mais lourd : ma valise contenant, outre deux ou trois robes d'été, une veste et un châle qui ne pesaient rien, un énorme volume du prince de Ligne, plusieurs tomes de Mémoires, des kilos de notes et photocopies et mon manuscrit des Adieux à la reine, quasi achevé, c'est-à-dire toujours inachevé. (...) Que prendre de plus ? J'avais du mal à faire un choix. Finalement (...) les lettres de Marie-Antoinette à Gabrielle de Polignac, son inséparable, m'accompagneraient. (...)
Le soir, dans le parc redevenu vide, les longues heures où le ciel était encore clair faisaient croire à une miraculeuse extension de la journée. Après dîner, plutôt que de rentrer directement par la rue des Récollets, je passais par la rue de l'Indépendance Américaine. J'avais remarqué tout en haut, à l'extrémité de l'aile des Princes, une fenêtre de mansarde encore éclairée, et avais eu, malgré moi, cette réaction : "Tiens ! elle habite là. C'est là où se trouve la chambre de la lectrice", et ça me plaisait de lui dédier une ultime pensée avant de m'endormir.
Sa fenêtre m'éclairait.
Le 15 août je suis rentrée à Paris. (...) J'ai relu le dernier paragraphe. J'ai ajouté : "Je n'ai donc connu des bals de la reine que leur ombre et, par la gentillesse d'un page, quelques oranges. C'est peu et c'est immense...", et j'ai éclaté en sanglots - de peine et de joie mêlées parce que le roman était terminé
."
Extrait d'un texte inédit de Chantal Thomas, "La fenêtre éclairée", datant de janvier 2012, évoquant la fin de la rédaction des Adieux à la reine.
Ouvrages
La Reine scandaleuse. Idées reçues sur Marie-Antoinette, de Cécile Berly
Sur une quinzaine de thèmes, "l'Autrichienne", "la mère", "la bergère", "la mode", "la dépensière", "la sexualité", "la chute de la monarchie", "le procès", "le martyre"... le livre fait un point précis, historique, biographique et bibliographique, sur les diverses réputations qui ont forgé le portrait multiface de la reine, de son arrivée en France en 1770 à nos jours.
Le Cavalier bleu, "Idées reçues", 208 p., 20 €.
Marie-Antoinette, d'Edmond et Jules de Goncourt
Cette biographie de 1858 est fameuse, à l'époque, pour son ton. Les frères Goncourt y célèbrent la féminité de la reine, sa frivolité et son goût, puis la campent en injuste victime de la Révolution. Cette réédition permet de replacer le livre à l'origine d'une tradition de compréhension élogieuse de Marie-Antoinette. On y retrouvera le style brillant des frères Goncourt, qui ont consacré plusieurs ouvrages à la période révolutionnaire.
France-Empire, 360 p., 22 €.
Les Adieux à la reine, de Chantal Thomas
Le récit, par Agathe-Sidonie Laborde, lectrice adjointe de Marie-Antoinette à Versailles, des trois journées (du 14 au 16 juillet 1789) de la crise monarchique. Au coeur de cet effondrement, la reine tente de faire face. Tout est vu par Sidonie, à la fois proche de Marie-Antoinette par ses lectures et subalterne du palais. Cette nouvelle réédition du roman accompagne la sortie en salles de son adaptation cinématographique par Benoît Jacquot.
Points, 252 p., 6,70 €.

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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 14:48

Nora Bouazzouni a écrit:
Marie-Antoinette aimait-elle (aussi) les femmes ?

"Accusée de quantité de choses, Marie-Antoinette, frivole et tragique, est devenue le miroir dans lequel se projettent les fantasmes de n'importe quelle époque", explique l'historienne Evelyne Lever, qui a écrit de nombreux livres au sujet de la souveraine. Adolescente chez Sofia Coppola en 2006, celle qu'on surnommait "l'Autrichienne" aime les femmes dans le film de Benoît Jacquot, Les adieux à la reine, sorti mercredi 21 mars en salles, d'après le roman de Chantal Thomas publié en 2002. Au-delà du fantasme, existe-t-il des éléments historiques tendant à prouver que Marie-Antoinette était lesbienne ?

Une reine frivole et qui ne fait pas l'unanimité

Louis XVI a 20 ans lorsqu'il accède au trône de France. Son épouse, Marie-Antoinette d'Autriche, en a 19. Et elle compte bien profiter de sa jeunesse. Elle aime les riches toilettes, passe ses nuits incognito au bal de l'Opéra, fuit le lit conjugal, raconte Evelyne Lever. Le mariage mettra sept ans à être consommé. "C'est une femme légère, qui a voulu une Cour jeune. Elle a donc évincé de vieux aristocrates, qu'elle a traité avec beaucoup de désinvolture, poursuit-elle. Elle n'aimait pas non plus la famille royale, les tantes, les sœurs du roi." La jeune reine se fait ainsi de nombreux ennemis.

Alors, avant d'être honnie par les Français, c'est d'abord à Versailles que Marie-Antoinette divise. Et à l'époque, c'est en détournant sa vie privée qu'on cherchait à la discréditer et à l'atteindre. La Cour a donc très tôt fait circuler des "pamphlets" sous le manteau. Ces courts textes érotiques, censés exciter le lecteur, parfois agrémentés de dessins, transformaient les aventures sexuelles de Marie-Antoinette, l'accusant d'une sexualité débordante. Et notamment de saphisme.

"Au début, ça l'a fait rire", explique Evelyne Lever. "Elle va même jusqu'à le raconter à sa mère. 'On me prête deux goûts : celui des femmes et des amants', lui dit-elle." Mais la reine, qui n'a aucun rôle excepté celui de donner des héritiers au roi, "se doit d'être au-dessus de tout soupçon", souligne l'historienne. Or, ses prétendues tribulations sexuelles ternissent l'image du souverain. Contrairement à Louis XIV, Louis XVI n'a pas de maîtresses, ce qui est interprété, à l'époque, comme un manque de virilité. Alors si, en plus, sa femme le trompe, "le roi est un cocu, incapable de gouverner", explique Lever. Et l'humiliation est d'autant plus grande que Marie-Antoinette est accusée d'adultère avec des femmes.

Lamballe et Polignac, les deux favorites de la reine

Mais la rumeur ne tombe pas du ciel. Les informations colportées sur le prétendu lesbianisme de Marie-Antoinette prennent racine dans ses amitiés féminines, notamment avec madame de Lamballe, puis avec la duchesse de Polignac. Marie Thérèse Louise de Savoie-Carignan, dite "princesse de Lamballe", a 26 ans lorsque Marie-Antoinette la nomme "surintendante de la Maison de la reine". Elle a la charge d'organiser les plaisirs de la jeune souveraine. Problème : Lamballe est timorée, pieuse et sage. La reine s'ennuie avec cette confidente. Elle délaisse alors son "cher cœur" pour Madame de Polignac, plus enjouée et spirituelle.

La duchesse de Polignac est mariée et mère. Avec elle, "Marie-Antoinette a l'impression de vivre sa vie par procuration", raconte Evelyne Lever. Et comme la reine voit plus souvent Polignac que Louis XVI, le supposé saphisme de la souveraine est relancé. D'autant que le clan des Polignac pousse la duchesse à s'immiscer dans les affaires politiques du royaume. Raison de plus pour que ses détracteurs s'en donnent à cœur joie. Les pamphlets deviennent rapidement pornographiques et font le tour du royaume de France. Leur contenu va crescendo, jusqu'en 1789 où, à la veille de la Révolution, ils sont carrément orduriers, Mais rien, aujourd'hui, ne permet de confirmer ce qui constituait à l'époque une accusation grave. Surtout qu'on soupçonnait également Marie-Antoinette d'entretenir une relation amoureuse passionnée avec un certain Hans Axel von Fersen, un comte suédois...

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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 14:55

Reynald Dal Barco a écrit:
Les Adieux à la Reine: La critique de CineMovies

Entre épure et esthétisme caractérisé, Les Adieux à la Reine, dernière réflexion de Benoît Jacquot sur la féminité, invite le spectateur à se pencher sur les quatre derniers jours du règne de la plus contestée des reines du royaume de France. Marie-Antoinette n'a jamais été aussi attachante. Entretien croisé avec la critique !

Le personnage et plus encore le destin de Marie-Antoinette ont fasciné bien des réalisateurs. La dernière transposition de cette héroïne tragique ayant marqué les esprits fut bien évidemment le Marie-Antoinette de Coppola qui rejoignait, par la présentation d'une femme décalée, pleine de vie, donc fatalement naïve, la dramaturgie historique. Si le classicisme et l'épure du film Benoît Jacquot se distinguent de la flamboyance de l'œuvre précédemment évoquée, les deux films ne sont pas si éloignés l'un de l'autre. D'abord parce qu'ils présentent tous deux une Reine exsangue des tourments de son époque, concernée uniquement par ses intrigues amoureuses et son apparat, et l'esthétisme revendiqué des deux œuvres sert le propos (à ce titre, les dernières scènes des deux films, par la prédominance du rouge, apparaissent indissociables). A la différence que pour le cinéaste français, la beauté des images souligne plus encore le décalage existant entre la réalité monarchique et sa décadence morale et sociale – si l'on évoque les déconnections avec un peuple souffrant de la faim (c'est pour cela d'ailleurs qu'il prit la Bastille).

Comme il le reconnaît lui-même, Jacquot est un cinéaste qui aime adapter, plus que transposer à l'écran des scénarii originaux. Les Adieux à la Reine n'échappe pas à la règle. Pour celles et ceux qui se passionneraient pour le film, qui émettraient le désir de se pencher sur l'œuvre écrite par Chantal Thomas (à noter que le livre a été réédité ces derniers jours, comportant un entretien croisé entre le réalisateur et l'écrivaine), il faut savoir que beaucoup de différences existent entre les deux œuvres. Outre des personnages volontairement supprimés, la plus parlante est que le personnage principal, Sidonie Laborde (Léa Seydoux), a 60 ans dans le roman et que, par l'entremise du procédé flash-back, celle-ci se remémore son service auprès de la Reine lorsqu'elle était âgée de 45 ans. Dans le film, la lectrice est très jeune – pas plus de 25 ans. Cette jeunesse désirée par Jacquot appuie une dichotomie entre la gravité des événements et le quotidien de cette petite caste complètement isolée du monde. "Il est plus facile de transposer une œuvre écrite lorsque son auteur est décédé depuis des lustres. Dans le cas inverse, il faut toujours faire attention aux angoisses de l'écrivain", nous déclarait le réalisateur.

Les Adieux à la Reine a été tourné à Versailles. "Pour moi, c'était un impératif, même si cela a coûté extrêmement cher. Les scènes du canal comme celles des sous-sols ont été tournées ailleurs. Pour les bonnes raisons que le canal ne pouvait être fermé au seul prétexte du tournage, et que les sous-sols de Versailles n'existent plus", souligne le réalisateur de Sade. "Diane Kruger qui incarne Marie-Antoinette voulait absolument le rôle. Elle s'est quasiment imposée. En fin de compte, cela tombait bien. Car je souhaitais une étrangère et non une actrice française. Saviez-vous que Marie-Antoinette était appelée, de son vivant, l'Etrangère ? De plus, c'est une actrice qui joue avec son cœur, et non avec son image, à l'inverse de beaucoup de comédiennes françaises." Cinéaste de la femme, Jacquot a auréolé son dernier film de beaucoup de sensualité, jouant de prime abord avec les ragots (les relations prétendument lesbiennes d'avec Gabrielle de Polignac, la favorite de la Reine incarnée par la troublante et exquise beauté Virginie Ledoyen), et pour souligner encore l'esprit libertin de mise à l'époque. Si le staff technique a donc pris un soin particulier à rendre crédible la petite histoire, le réalisateur n'en a pas moins joué avec la grande. "J'ai totalement inventé la fin du film !".

C'est un film de fin de règne. "Une transposition des cataclysmes passés et à venir. Il est intéressant de noter que les contemporains de la Reine appelaient le Château de Versailles, le Bateau", observe le réalisateur. Les Adieux à la Reine, le Titanic ? Pas loin. Durant ces quatre derniers jours de monarchie présentés par le prisme de la lectrice, le spectateur assiste à un véritable naufrage. C'est le sauve-qui-peut généralisé ! Alors que certains ne pensent qu'à sauver leur tête, d'autres planquent les bijoux pour recommencer une vie ailleurs. Les Adieux à la Reine est un film abrasif, âpre dans le sens où il faut se rendre disponible pour bien comprendre son propos. L'Histoire présente toujours cette époque par la grandiloquence. Ici, c'est un petit monde qui nous est décliné. Un petit monde totalement déconnecté, filmé avec retenue, comme pour mieux appuyer l'idée qu'après avoir été la Reine de la légèreté, Marie-Antoinette devint la Reine tragique, la martyre. Là encore, Jacquot rejoint Coppola. Les Adieux à la Reine est un très bon film d'auteur que le grand public, passionné ou non, a toutes les raisons de ne pas rater cette semaine.

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 15:10

Merci pour les tartines, mais ça n'est pas encore l'heure du goûter !
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 15:16

vendredi 9 mars - les attachés de presse du film étaient particulièrement prétentieux et antipathiques, mais quel battage pour la sortie de ce mercredi !!!! et des affiches géantes sur les panneaux de la ville !!!!!
en fin de lecture je trouve que c'est de trop !!! chacun veut affirmer ses idées, surtout des journalistes qui n'ont jamais étudié le personnage de la Reine !!!!!

Pour conclure, comme pour un soufflé laissons le retomber, chacun se rendra à la projection de l'oeuvre et pourra se faire une impression favorable ou non sur le traitement du sujet !!!!!!! puis, comme pour le COPPOLA, le temps fera le nécessaire !!!!!!

de tout coeur je vous souhaite de passer une bonne soirée -

amicalement MARIE ANTOINETTE
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 15:55

Globalement, j'ai plutôt bien aimé : le scénario, les personnages, l'atmosphère, le jeu des acteurs (sauf le pauvre Louis XVI, ratage complet comme d'habitude Rolling Eyes ). Dans la mesure où j'y suis allé en me disant qu'il s'agissait de l'adaptation d'un roman et non d'une biographie sur la reine, j'ai essayé de me "détendre" et d' "accepter" que le réalisateur prenne des libertés par rapport à la réalité historique. Diane Kruger est fascinante, notamment dans la scène où elle apparaît, couverte d'or et de bijoux, telle une pharaonne d'Egypte...

L'ambiguïté de la reine vis-à-vis de la duchesse de Polignac est étrange... je ne crois pas que le réalisateur a voulu "diffamer" la reine et donner du crédit aux pamphlets, mais plutôt donner un côté "branché" et "sensuel" à la reine (à la mode 2012 naturellement albino ). Cela étant, les scènes de c*l entre la reine et Fersen dans le film de Sofia Coppola étaient beaucoup plus hot. En tout cas, bravo à Diane Kruger.

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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Jeu 22 Mar - 18:12

Merci à tous pour ces commentaires qui donnent envie

Je vois que Diane Kruger fait l'unanimité c'est bien

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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Ven 23 Mar - 9:45

Merci pour tous ces articles que tu recherches pour nous.  

J'ai beaucoup aimé le récit que Chantal Thomas fait en cours d'écriture. C'est fascinant. A mon avis, elle a été, comme nous tous, touchée par la reine. Sinon, comment expliquer que, dans sa très universitaire étude sur "la reine scélérate", elle ne puisse résister à la faire s'évader... ?  

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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Ven 23 Mar - 10:31

pimprenelle a écrit:
J'ai beaucoup aimé le récit que Chantal Thomas fait en cours d'écriture. C'est fascinant. A mon avis, elle a été, comme nous tous, touchée par la reine. Sinon, comment expliquer que, dans sa très universitaire étude sur "la reine scélérate", elle ne puisse résister à la faire s'évader... ?

Ce que j'aime cette uchronie , moi aussi

Bien à vous.
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pimprenelle
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Ven 23 Mar - 10:36

Tu m'étonnes...

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rien que la mort peut me faire cesser de vous aimer
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Ven 23 Mar - 16:20

Dans le troisième article je relève de passage où Chantal THOMAS écrit :

Ce qui me touche c'est sa volonté ... de se former tant intellectuellement , culturellement que politiquement ce qui va à l'encontre de sa personnalité originelle, frivole, evanescente.

Ces propos me dérangent parce qu'une fois de plus la reine est la "conne" absolue. C'est agaçant à la fin ! Nous avons tous été jeunes et nous ne savions rien ! J'en ai marre qu'il ne lui soit systématiquement attribuée uniquement que cette image de femme frivole.

Et pourtant, ils parlent d'elle et d'elle encore et toujours !
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MessageSujet: LES ADIEUX A LA REINE   Ven 23 Mar - 18:45

Un détail me chiffonne... Le film se déroule aux alentours du 14 juillet 1789, Marie Antoinette vient de perdre son fils aîné il y a peu... Ne convenait-il pas de la représenter vêtue de noir ? Ou le deuil était-il déjà terminé ?
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Ven 23 Mar - 18:50

Est-ce que la couleur de deuil des reines de France n'était pas le blanc ?
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MessageSujet: LES ADIEUX A LA REINE   Ven 23 Mar - 19:09

Bonne remarque... Dans tous les films sur Marie Antoinette, elle est habillée de noir à ce moment-là... Une erreur commune à tous les réalisateurs ?
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Ven 23 Mar - 19:11

CALONNE a écrit:

Ne convenait-il pas de la représenter vêtue de noir ? Ou le deuil était-il déjà terminé ?
Il me semble que, malgré le fait que le dauphin ait dépassé l’âge de raison (je ne sais pas si c’est le bon mot), Louis XVI avait demandé à ce que soit allégé l’ensemble du protocole (et les cérémonies) relatif à la mort d’un membre de la famille royale.
La période de crise politique, sociale et financière l’excluant !
J’ignore si cela concernait aussi l’habillement...
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MessageSujet: Re: Nos avis sur le film "Les Adieux à la Reine", avec Diane Kruger de Benoît Jacquot   Ven 23 Mar - 19:27

Citation :
Est-ce que la couleur de deuil des reines de France n'était pas le blanc ?

Je crois que cet usage existait au XVIème siècle mais qu'il s'est perdu ensuite. Marie-Antoinette a porté le deuil de Louis XVI en noir donc manifestement cet usage s'était perdu. D'ailleurs pour l'humilier un peu plus on l'a empêché d'aller à l'échafaud en noir (en lui faisant croire que si le peuple la voyait habillée en noir, portant le deuil du roi, elle serait déchiquetée par la foule)- c'est pour cela qu'à partir du 21 janvier 1793 elle était toujours habillée en noir - sauf le jour de sa propre mort où elle est allée à l'échafaud en blanc. G. Lenôtre a retrouvé les commandes d'habits noirs pour la reine aux archives.
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