Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Prieur de la Côte d'Or

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 14:44

Anne-Léonarde Prieur naquit à Chalon sur Saône le 13 février 1724 et mourut à Paris le 19 juin 1799 ( 1er messidor an VII ). Madame Du Vernois éprouve pour son frère Noël , plus jeune qu’elle d’un an , une affection si vive qu’elle l’exprime sous une forme qui frise l’indécence :

« Tu es mon ami le plus ancien , le plus tendre , le plus essentiel et sûrement le plus aimé , car tout le reste n’est qu’après toi « ( 25 août 1775 )
« Adieu , mon bon ami , ton image me tient bonne et fidèle compagnie ; mais qu’il y a loin de l’idée à la réalité « ( 27 octobre 1782 ).
« Adieu mon plus cher ami , je t’embrasse de toute mon âme. Ah ! Cette âme là est bien à toi . »( 30 août 1782 ).
« Jamais personne ne me plut ni ne m’attacha autant que toi « ( 20 mars 1783 )
« Notre union est mon unique bonheur , et le charme de ma vie est de penser qu’elle sera éternelle et ne souffrira jamais d’altération "( 4 mars 1783 ).

On ne voit pas bien une femme mariée écrire à son frère sur ce ton.
Est-ce moi qui ait l’esprit mal tourné ou bien devons-nous supputer un inceste ? Il est vrai que le père de notre conventionnel prisait fort le jupon , tous les jupons…
Bref, qu'en pensez-vous ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 15:19

Dans les lettres qu’elle lui adresse , pas une phrase qui contient une allusion à une famille , à un foyer , à des enfants ; lorsqu’elle mourut , elle n’avait d’autres héritiers que des frères et des sœurs.
Il y avait le précédent dans la famille Prieur où quatre tantes étaient entrées avant elle en religion : Anne Prieur , aux dames de Lancharre, Pierrette Prieur, Catherine et Marguerite Borthon aux ursulines.
En 1763, Anne-Léonarde Prieur habitait du reste au couvent de Notre Dame de Bon Secours, qui se trouvait rue de Charonne.

Voici ce qu’affirme l’auteur : « Si nous en jugeons par sa vie qui nous paraît assez libre , nous croyons pouvoir conclure que Mme Prieur était une chanoinesse séculière. Ce titre qui donnait quelques avantages d’ordre matériel et moral , ne comportait que des obligations légères . Il s’agissait primitivement de filles ou de veuves , inscrites sur les registres d’une église et qui ne prenait d’autres engagements que de pratiquer les vertus chrétiennes et d’assister aux réunions liturgiques.
Ces chanoinesses séculières ne cessèrent , au cours des siècles de faire le désespoir des autorités ecclésiastiques sans doute parce qu’il n’y avait pas de vœu et que les abus étaient criants. Ces monastères de chanoinesses choisissaient de se mettre sous la protection des princes et donc les évêques ne pouvaient visiter ces maisons là. Les monastères de chanoinesses servaient de refuge à la noblesse.

Nous croyons donc pouvoir conclure que Mme Prieur avait été gouvernante de Melle Gabrielle de Polastron . Celle-ci , orpheline très jeune , fut élevée par sa tante, la comtesse d’Andlau et Mme Prieur qu’elle appelle ma chère maman. Lorsqu’en 1767, Melle de Polastron épousa le comte de Polignac , elle obtint sans doute un canonicat pour la femme qui lui avait tenu lieu de mère. Il existait d’ailleurs à Andlau un des plus célèbres monastères français de chanoinesses. Il est donc possible que Mme Prieur y ait été bien admise avant 1767 grâce à l’appui du seigneur de cette bourgade.

Le prieuré de Notre Dame de Bon Secours recevait au XVIIIe siècle « les jeunes femmes séparées de leurs maris , par sentence du juge ou autrement , ce qui attira parfois des scènes fâcheuses. »
On y admettait aussi « des religieuses étrangères à la maison et payant pension en icelle. «
C’est sans doute dans ce couvent que se retira Mme de Franqueville , lorsqu’elle plaidait en séparation. Devenue libre puis veuve , elle s’installa rue de Richelieu , ensuite rue Beauregard et accueillit chez elle Mme Prieur avec qui, au Bon Secours , elle s’était liée d’amitié.
Quant au nom de Du Vernois , nous n’avons pu savoir , en dépit de toutes nos recherches , à quelle date et pour quelles raisons, Mme Prieur l’avait substitué au sien.

Source : Le livre cité au début du fil.

Eléonore , vous qui avez étudié la vie de Yolande de Polignac , pouvez-vous nous en dire plus sur Madame Prieur ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 19:40

Je suis un peu déçue du manque de réactivité . Est-ce à dire que je vous " barbe" avec ce conventionnel ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 19:53

Madame de Chimay a écrit:


Nous croyons donc pouvoir conclure que Mme Prieur avait été gouvernante de Melle Gabrielle de Polastron . Celle-ci , orpheline très jeune , fut élevée par sa tante, la comtesse d’Andlau et Mme Prieur qu’elle appelle ma chère maman.

Eléonore , vous qui avez étudié la vie de Yolande de Polignac , pouvez-vous nous en dire plus sur Madame Prieur ?

Pouvez-vous me citer la phrase exacte, s'il vous plaît, chère Princesse ?
Je serais assez étonnée que Yolande appelle cette dame sa chère maman . Il doit s'agir de la comtesse d'Andlau qui fut effectivement pour elle une maman de substitution .

.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 19:57

Je vous ai cité le livre dans sa phrase exacte , chère Eléonore.

Nous croyons donc pouvoir conclure que Mme Prieur avait été gouvernante de Melle Gabrielle de Polastron . Celle-ci , orpheline très jeune , fut élevée par sa tante, la comtesse d’Andlau et Mme Prieur qu’elle appelle ma chère maman.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 20:10

Madame de Chimay a écrit:

On ne voit pas bien une femme mariée écrire à son frère sur ce ton.
Est-ce moi qui ait l’esprit mal tourné ou bien devons-nous supputer un inceste ? Il est vrai que le père de notre conventionnel prisait fort le jupon , tous les jupons…
Bref, qu'en pensez-vous ?
Meuh non ! L’on vous répondra ici que c’était le ton le plus banal utilisé pour exprimer l’amitié, l'attachement...
Aucune ambiguïté, m’enfin ! Rolling Eyes
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 20:12

Madame de Chimay a écrit:
Je suis un peu déçue du manque de réactivité . Est-ce à dire que je vous " barbe" avec ce conventionnel ?
Eh bien, l’on vous suit ! Wink
Mais personnellement, je n’ai rien à ajouter sur ces Prieur...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 20:12

Ah ?
Mon Dieu, que le XVIIIe siècle est excessif au niveau de la langue...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 20:13

Madame de Chimay a écrit:
Je vous ai cité le livre dans sa phrase exacte , chère Eléonore.

Nous croyons donc pouvoir conclure que Mme Prieur avait été gouvernante de Melle Gabrielle de Polastron . Celle-ci , orpheline très jeune , fut élevée par sa tante, la comtesse d’Andlau et Mme Prieur qu’elle appelle ma chère maman.

La phrase est peut-être bizarrement tournée ?
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 20:15

Oui mais je n'ai rien changé , même pas un iota !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 20:32

la nuit, la neige a écrit:

Meuh non ! L’on vous répondra ici que c’était le ton le plus banal utilisé pour exprimer l’amitié, l'attachement...
Aucune ambiguïté, m’enfin ! Rolling Eyes

C'est tellement vrai que, dans les archives familiales ( même époque ) j'avais été horrifiée de croire ainsi à un amour incestueux entre frère et soeur parce que leur correspondance était d'une tendresse follement lyrique .
Dans la suite de ma lecture, j'ai compris mon erreur . Le jeune-homme brûlait d'amour en effet mais pour un autre objet, confidences émouvantes à cette même soeur .........

Et que dire de Fersen ! Il écrit si passionnément à Sophie Pipper que, dans le Boudoir, certains d'entre nos amis interprètent la fameuse lettre Je ne puis être à qui j'aime, aussi je ne veux être à personne ainsi : " Je ne puis aimer ma soeur aussi je ne veux être à personne " .

Vous savez que ce n'est pas mon interprétation .

Very Happy

.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 28 Avr - 20:33

Oui, cette écriture est excessive.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Dim 29 Avr - 0:24

Mme de Sabran a écrit:
Vous savez que ce n'est pas mon interprétation .
Ni la mienne, évidemment ! Ma remarque était à prendre au second degré... Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Dim 29 Avr - 10:17

C'est ainsi que je l'ai prise . Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Dim 29 Avr - 11:55

Mme de Sabran a écrit:
C'est ainsi que je l'ai prise . Wink
Ouf ! J’ai eu peur... What a Face
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 12 Mai - 17:14

Le commerce épistolaire De Madame de Franqueville fut souvent orageux et celui-ci tenta plusieurs fois d’y mettre fin. Les premières lettres datent de 1761.
Lorsque Rousseau était agacé par les lettres pressantes de son admiratrice , il ne répondait pas. Souvent , c’est elle qui insistait jusqu’à se rendre importune.

C’est M. D’Argenson qui changea le mode de recrutement des ingénieurs militaires et ce en créant l’école du génie de Mézières.
L’examen d’entrée se tenait à Paris devant un seul examinateur. A l’époque de Prieur, cet examinateur était l’abbé Bossut, membre de l’Académie Royale des Sciences. Chaque candidat était interrogé séparément aux jours et heures que l’examinateur jugeait à propos de lui appliquer. Le jeune Prieur fut ajourné une première fois. Mais sa famille lui procura de solides appuis en vue de l’examen de décembre 1781. La première pièce qui figure au dossier militaire de Prieur est une lettre de recommandation , écrite par la Comtesse de Montrond au marquis de Ségur, ministre de la guerre.
La comtesse de Montrond était la belle-sœur de M. Poulletier de Périgny , seigneur de Prissey, le seigneur qui payait les frais d’éducation du jeune Prieur. Millot de La Craye, grand-père maternel de Prieur fait intervenir des amis bien placés.
Mais il était avéré aussi que le jeune Prieur avait les capacités intellectuelles pour faire ces études là.


En lisant la vie de Prieur de La Côte d'Or, j'en apprends plus sur la vie militaire d'Ancien Régime .
Entre Prieur et Laclos, je suis comblée de ce côté là !!!
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité
avatar


MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   Sam 25 Aoû - 13:43

Jusqu’en 1790, le cachet du lieutenant Prieur porte les armes suivantes : De gueules au bâton prieural d’argent en pal , soutenu d’un croissant du même , au chef de …chargé de deux roses de…On voit qu’avant de travailler à détruire les injustices , privilèges et vaines distinctions de l’Ancien Régime, Prieur ne se faisait aucun scrupule d’en profiter.

Les nouveaux bâtiments de l’école de Mézières ne furent terminés qu’en 1789. Les élèves étaient logés à l’école mais prenaient leurs repas dans une auberge située en haut de la ville.
Les élèves devaient s’habiller à leurs frais et devaient payer le chirurgien major, l’aumônier , la caisse des invalides, les ports de lettres, le vin ( s’ils voulaient boire à leur repas chez l’aubergiste autre chose que de l’eau ).

La boisson prise au dîner et au souper était en partie payée par des amendes , infligées dans une foule de cas , en particulier à tout convive qui prononçait à table un terme scientifique . Il devait offrir à ses camarades une « canette » , c'est-à-dire une bouteille de vin. Ils formaient comme tous les officiers de tous les corps une société amicale « la calotte ».Elle avait pour chef le premier de la promotion . C’est lui qui maintenait la discipline en dehors de l’école et distribuait les amendes.

Les familles des élèves étaient tenues de leur verser 200 livres par an , mais ne devaient pas dépasser cette somme. De fait, cette dernière prescription n’était pas observée , et c’est par l’entremise de M . de Fontenailles , major de l’école que Prieur recevait tous les trois mois les 75 livres que lui envoyait Madame du Vernois , pour le compte du cousin de Périgny.

La musique formait la distraction principale de nos jeunes officiers. En quittant Paris pour Mézières , Prieur emportait dans ses bagages un violoncelle offert par son bon ange. Il jouait de cet instrument et aussi de la guitare ; Rouget de l’Isle , son camarade de promotion, était violoniste.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Prieur de la Côte d'Or   

Revenir en haut Aller en bas
 
Prieur de la Côte d'Or
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2
 Sujets similaires
-
» PRIEUR-DUVERNOIS (Claude) - Conventionnel - Dijon COTE-D'OR
» Méditation de Fr. Aloïs Prieur de Taizé Pâques 2012
» L'âme des animaux par Jean Prieur
» L’Hôtel du Grand Prieur au Temple
» Expo: Dessiner et ciseler le bronze, Jean-Louis Prieur

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Boudoir de Marie-Antoinette :: Autour de Marie-Antoinette :: Bibliographie :: Révolution-
Sauter vers: