Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Ventes aux enchères

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The Collector



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Jeu 10 Nov - 11:29

Grisebach 1 décembre
Orangerie   Cool

https://www.grisebach.com/en/auctions/catalogues/list-view/?katalog[kat_id]=264

Retenons par exemple cette table à écrire
signée Riesener  Cool


en chêne plaqué d'acajou
bonze plaqué or

Provenance: Collection privée, Suisse 
littérature et illustration: catalogue de vente aux enchères: Sotheby, Paris, le 18 Octobre, 2006, lot 69 

Estimation entre 30 000 et 50 000 

........ continuons 


Irrésistible faïence (en Lorraine) XVIIIe 
avec chinoiserie dans le style Pillement 






Provenance: 1980 marché de l' art Vandermeesch, Paris 



Estimation 6 000 - 8 000 

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Superglu



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Ven 18 Nov - 4:27

Vente d'autographes chez Ader, ce 30 novembre.  Very Happy

On citera la Clairon, la Contat, diverses lettres du domaine théâtral, divers imprimés du XVIIIe.

Ainsi que l'incontournable Madame Campan, de nombreux princes et princesses, Marie Leszczynska, Madame Clothilde 



à la jolie petite écriture régulière. 

Louis XVI

4 pièces manuscrites, provenant des archives de l’historien G. Lenotre, fin XVIIIe et début XIXe siècle. 
 Quelques paroles recueillies de Louis XVI pendant sa prison au Temple . Relation d’une conversation avec l’abbé Edgeworth de Firmont, confesseur de Louis XVI, à Wolfenbüttel (27 mai 1797), sur les derniers instants de Louis XVI. Copie d’une lettre de Louis XVI à l’abbé Maton de La Varenne (au Temple, 19 août 1792). 
Notes sur Turreau et Garnier, chargés par la Convention d’accélerer le recrutement. 


Hélas ils ne donnent que cette moche photo. De quoi, d'abord ??  Shocked



Pour la petite histoire, il y a aussi une lettre de Naundorff.  Wink
Catalogue :   http://www.auction.fr/_fr/vente/lettres-et-manuscrits-autographes-44849

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Den Duvel



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Sam 19 Nov - 23:00

Il s'annonce une belle vente chez GODTS à Bruxelles - 13/12 -  Wink

Kyrielle de lots intéressants et en ce qui nous intéresse plus particulièrement  Wink Wink

Portraits de Charles VI et son épouse

Charles VI et son épouse Élisabeth Christine, beaux-parents de Charles de Lorraine. PEINTURES à l'huile sur CUIVRE, 30 x 22 cm (format ovale). 
Sous passe-partout de bois cernant l'ovale du cuivre, sous cadre de bois noir et or. Bustes de 3/4, tous deux représentés assez jeune. Charles porte le Collier de la Toison d'or et Élisabeth Christine une robe rouge parée de diamants. Charles III de Habsbourg (Vienne 1685-1740) devint empereur des Romains sous le nom de Charles VI. Le 1er août 1708, il épousa Élisabeth Christine de Brunswick-Wolfenbüttel (1691-1750), protestante qui se convertira par raison d'état. Ils eurent 4 enfants dont la future impératrice Marie-Thérèse (1717-1780) et Marie-Anne (1718-1744) qui épousa Charles de Lorraine.
Provenance : [Jean Jadot] (sans mention ni cachet).


Les grands-parents de Marie-Antoinette, donc 

Redevenons sérieux. Portrait de son père en buste

Buste de François Ier (1708-1765), empereur du Saint-Empire, avec cuirasse et ruban de la Toison d'or. [C. 1760]. 
TERRE CUITE, 38 x 24 x 14 cm, sur piédouche et socle carré (pet. percement au sommet du crâne). 
Buste identique à celui de la paire de bustes de François Ier et Marie-Thérèse d’Autriche exécutée en porcelaine par la manufacture de Tournai qui entame vers 1760, alors qu'elle rivalise avec les plus grands ateliers européens, une suite de bustes de personnages illustres. Probablement réalisés avant le décès de l’empereur, il est présumé qu’ils sont de la main du tournaisien Antoine Gillis ou du parisien Nicolas Gauron.
Provenance : E. de Coussemaker (Galerie Reding, vente Bxl.,16 déc 1947, n° 329; # notes personnelles de J.J.); Jean Jadot (sans cachet). 


François II - oui on va se faire toute la famille 


François II, empereur des Romains. Autriche, 18e s. PEINTURE SOUS VERRE (églomisé), 21,8 x 14 cm, mention peinte sous le sujet "Franciscus. II. Imp. Rom. Hung. et Boh. Rex. Ar. Aus." (qqs défauts ou éclats à g. du sujet). 
Sous cadre de bois mouluré doré. Buste de profil g., perruque nouée dans la nuque par un ruban noir, jaquette olivâtre à revers brodés d'or, jabot de dentelle, écharpe rouge et blanc de l'ordre de Marie-Thérèse autour de l'épaule, collier et bijou de la Toison d'or autour du cou, étole de tissu bleu-gris avec agrafe dorée. Portrait figuré, sur fond noir, dans un cadre orné surmonté d'un noeud et divers ornements dorés. François II (1768-1835) est le dernier empereur du Saint-Empire romain dont il porta le titre de 1792 à 1806 à la suite du décès de son père Léopold II.
Provenance : collection notaire Delporte (vente Brux., Beaux-Arts, 18-1-1952, n° 257; # notes personnelles J.J.); [Jean Jadot] (sans mention ni cachet). 


Qu'est-ce que je vous disais ? Joseph maintenant ! 

[ GRASSI, Anton (Vienne, 1755-1807)]. 
- Buste de l'empereur Joseph II. Vienne, Manufacture Impériale et Royale, 18e siècle. BISCUIT en PORCELAINE DURE BLANC, 19,3 x 11 x 6 cm, sur pied en porcelaine émaillée blanche (très légère trace de fissure au niveau de la tempe g. et du cou, fissure de 3 cm au dos sur l'épaule dr., pet. point noir et pet. fissure sur le socle). 

Tête de trois-quarts à dr., perruque bouclée et nouée avec couronne de laurier. Joseph II (1741-1790) porte une cuirasse romaine ornée, à hauteur de poitrine, d'une tête de Méduse. Départ de manche figurant une tête de lion et tunique sur l'épaule gauche avec fibule. Marque de manufacture à l'intérieur du socle.
# Brongniart, Description méthodique du musée céramique de la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres, Paris, vol. 2, 1845, p. 441, n° 114.
Provenance : J. Brassine, Liège (vente Liège, 6 nov. 1958 # notes personnelles de J.J.); Jean Jadot (sans cachet). 





Joseph II, Empereur des Romains. PEINTURE à l'HUILE, 3,4 x 2,9 cm (ovale), sur NACRE (2 cassures et 1 petit manque -restauré- dans la jaquette). 
Dans un cadre de métal doré guilloché et orné. Avec suspensoir. Buste de 3/4 g., perruque à queue de cheval tenue par un ruban noir, jaquette noire à revers rouge, jabot et croix de l'ordre de Marie-Thérèse (créé en 1757) sur la poitrine à g., ceinture rouge et blanc sous la jaquette entrouverte.
Provenance : [Jean Jadot] (sans mention ni cachet). 


Pas mal d'autres représentations du même. J'aime assez celle-ci

Joseph II, Empereur des Romains. Autriche, 18e s. PEINTURE SUR VERRE (églomisé), 29,4 x 15 cm, mention peinte sous le sujet "Iosephus. II. Imperator." (qqs très pet. manques). 
Buste de 3/4 droite, perruque à marteaux nouée dans la nuque par un ruban noir, cravate noire et jabot de dentelle blanche, jaquette olivâtre à col rouge et revers brodés d'or, jabot de dentelle, écharpe bleue passée sur l'épaule g., croix de l'ordre de la Toison d'or (avec écharpe bleue !), de l'ordre de Marie-Thérèse (rouge et bleu !) et ordre de Saint-Étienne de Hongrie. Portrait figuré, sur fond noir, dans un cadre orné surmonté d'un aigle et guirlandes dorés.
Provenance : [Jean Jadot] (sans mention ni cachet). 

Exposition : "Sous l'arbre de la liberté [...]". Brux., Maison du Roi, sept-déc. 1980, n° 4.



Celui-ci est comique - à la Frederik II 

RIDDERBOSCH, Françoise-Jeanne de (1754-1837). 
- Joseph II, empereur du Saint-Empire romain de la Nation Germanique. GOUACHE, 6 x 4,5 cm, sur PEAU DE VÉLIN, mention ms. ancienne collée au verso "peint sur parchemin par Me De Metts née Ridderbosch". Sous vitre et cadre en métal torsadé doré. Avec suspensoir (non désencadrée). 
À mi-corps de face, tête de dr. légèrement souriante, coiffé d'un chapeau à bord rouge, jaquette verte ouverte au revers de manche rouge, main dr. dans le gilet (à la Napoléon), ceinture rouge et blanc, collier de la Toison d'Or au cou et croix de l'ordre de Marie-Thérèse (créé en 1757) sur la poitrine à g. 

Provenance : acheté à "Max" en juin 1960 (# notes personnelles de J.J.); [Jean Jadot] (sans mention ni cachet).

Il y en en veux-tu en voilà. Restons raisonnables et passons à la grande soeur 

DENON, Dominique VIVANT [VIVANT DENON Dominique dit] (Givry, 1747-1825, Paris). 
- Portrait de profil de Marie-Caroline d'Autriche, reine de Naples et de Sicile. 1784. DESSIN ORIGINAL, pierre noire lég. rehaut de rose sur la joue, médaillon de 12 x 8,5 cm, sur papier vergé, signé et daté à la plume en bas du sujet "Denon 1784", collé en plein sur f. de support de 23 x 17 cm (à vue), encadrement dessiné figurant un chien, un sanglier, un aigle et des attributs sur le thème de la chasse (faibles taches brunes sur le médaillon, f. de support lég. bruni). 
Sous passe-partout, vitre et cadre de bois peint en noir et doré (non désencadré). 
Une inscription ms. au verso identifie Marie-Caroline d'Autriche (1752-1814), fille de François Ier et de Marie-Thérèse d'Autriche. Pour des raisons diplomatiques, Marie-Caroline épousa, en 1768, Ferdinand Ier, roi de Naples et de Sicile. Artiste, écrivain, diplomate et administrateur français, Vivant Denon, fut attaché à l'ambassade française à Naples, de 1776 à 1785.
Provenance : Famille royale d'Orléans (vente Brux., Galerie Giroux, 5 déc. 1947, n° 122); Edmond de Bruyn (Ibidem, déc. 1956, n°264; # note ms. de J.J. au verso); Jean Jadot (cachet de collection au verso du cadre; # Lugt 4009). 

Exposition : "Reflets de la bibliophilie en Belgique, IV". Brux., KBR, sept-oct 1979 (cfr. notice du cat. au verso). 



Maman 


Copie d'après le pastel de DUCREUX, Joseph (1735-1802)]. 
- Marie-Thérèse d'Autriche en habit de deuil. [Après 1769]. 
PEINTURE à l'HUILE, 27,5 x 20 cm, Sous vitre et cadre de bois mouluré doré de l'époque. Buste de 3/4 droite, l'impératrice porte voile, collier de perles et robe noirs, bijou de l'ordre de Saint-Étienne retenu par un noeud de ruban sur la poitrine, à gauche. Ducreux réalisa un pastel en 1769 (conservé à Vienne) dont nous présentons une copie. Marie-Thérèse porte le deuil de son mari François III de Lorraine, devenu François II de Toscane et François Ier empereur des Romains, décédé à Innsbruck le 18 août 1765. Ils eurent 16 enfants dont Marie-Antoinette, reine de France, et Joseph II.
Provenance : acheté à Bruxelles, Galerie Fievez, 28-4-1948, n° 29 (le tableau était alors attribué à Joseph Ducreux, # notes personnelles de J.J.); Jean Jadot (mention ms. sur l'étiq. au verso). 



La même, dans une posture aussi inhabituelle qu'interpellante


Marie-Thérèse, "roi" de Hongrie, à cheval et tenant une épée levée. [Peu après 1741 ?]. 
HUILE sur toile, 36 x 26,5 cm (lég. craquelures, vernis obscurcissant lég. le tableau). 
Sous vitre et cadre de bois mouluré doré de l'époque. Fine représentation (traits du visage et détails divers) de l'impératrice en tant que reine (mais dite "roi") de Hongrie, titre auquel elle accède à 24 ans, le 25 juin 1741 lors de son couronnement. Montée en amazone sur un cheval noir, elle porte une robe de soie brodée d'or avec rangs de perles à la taille et à l'encolure, des manches 3/4 ceintes de dentelles et une cape doublée de rouge. Elle est coiffée de la couronne, ses mains sont gantées (la gauche porte une épée levée, la droite est posée sur sa hanche). 
Au ras du cou, un collier en diamant et aux oreilles des perles. Dans le fond, un village en grisaille.
Provenance : Jean Jadot (cachet sur le bois au verso du cadre). 


Je vous renvoie avec un enthousiasme non dissimulé au catalogue de cette belle vente.  Very Happy Very Happy
http://www.godts.com/fr/auction/vente-13-decembre/catalogue/
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le beau lauzun



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Jeu 24 Nov - 11:36

Génial !

Toujours chez GODTS, je me damnerais pour ce manuscrit écrit pas un proche de Joseph lors du voyage à Versailles de 1777. Là, si mon compte (misérable) me le permettait ! Mais il ne me le permet pas, rien à faire.



Pas la peine de mettre le Père Noël sur le coup, ce sera déjà vendu. Sad

Alors, pour nous consoler (vu que j'imagine ne pas être le seul dans le cas ), je prends toujours les infos données par les experts. Ce sera déjà ça. Rolling Eyes

(Manuscrits & Autographes, Joseph II) - COBENZL, Jean Philippe, comte de (Ljubljana 1741-1810 Vienne).
- " Journal de mon Voyage en France avec l'Empereur Joseph en 1777". 93 pp. in-f°, en français, graphie lisible, ratures et corrections (attestant qu'il s'agit bien du manuscrit original), texte sur la droite des ff., jours ou ajouts sur la partie gauche, 2 croquis légèrement exécutés à la mine de plomb aux pp. 29 et 67, sur le titre : cote de classement "Litt[érature] M[anuscrit] A[rmoire] 3" (rares piqûres, déchirures restaurées au 1er f., qqs notes au crayon d'une main récente aux derniers ff., numérotation postérieure).
Rel. de récupération du 18e s. : plein vélin vert, plats cernés de filets dorés avec fleurons d'angle au lys royal doré, dos lisse fleurdelisé doré, cordons de fermeture en tissu vert (mors et dos part. craquelés, fente dans le cuir du plat sup., gardes renouvelées, une 50aine de ff. de papier blanc in fine servant à adapter le corps d'ouvrage à la reliure).
MANUSCRIT INÉDIT de cette relation très détaillée, d'un style plaisant et alerte, par Cobenzl accompagnant le premier voyage en France, du 18 avril au 30 mai 1777, du comte de Falkenstein, pseudonyme adopté par Joseph II pour jouir d'une plus grande liberté de mouvement lors de visites non officielles.
Alors corégent avec sa mère Marie-Thérèse, Joseph II était chargé des affaires extérieures de l'Empire. Son voyage en France avait des motifs à la fois politiques et privés : consolider l'alliance nouée par le mariage de Louis XVI avec sa soeur cadette Marie-Antoinette (et la "sermonner" pour sa réputation de frivolité), obtenir le soutien de son beau-frère pour intervenir en Bavière et conseiller le couple, leur mariage n'étant toujours pas consommé sept ans après les noces. L'intercession de l'empereur porta ses fruits puisque le 18 août 1777, le roi de France put enfin remplir son devoir conjugal. Outre Versailles et Paris, Joseph II visita la Normandie, la Bretagne, la Touraine, l'Aquitaine, la Provence et le Lyonnais, étudiant en particulier les vaisseaux et les installations portuaires de la marine royale à Brest, Nantes, La Rochelle, Toulon. Il retourna par Genève, Berne et Bâle.
Formé à Vienne et Salzbourg, le comte Jean-Philippe de Cobenzl avait été envoyé en 1760 à Bruxelles chez son oncle Jean-Charles-Philippe de Cobenzl, ministre plénipotentiaire dans les Pays-Bas autrichiens. Il travailla dans divers conseils et continuera une belle carrière diplomatique. Il est en 1777 vice-président de la députation ministérielle de la Banque de Commerce mais, selon une note de Jadot, il est également grand maître de la garde-robe de Joseph II.
- Contenu. Sous le titre, l'auteur souligne : "N.B. ce ne sont que des annotations que je fesois à la hâte tous les soirs avant de me mettre au lit pour garder le souvenir de ce qui s'étoit passé dans la journée, m'étant proposé de rédiger après mon retour à Vienne une Relation circonstanciée de ce Voyage". Si son témoignage est de première main, il ne dévoile pas pour autant le détail des entretiens privés de l'empereur (p. 46 : "en voiture S[a] M[ajesté] me dit les propos tenus entre lui, le Roi et la Reine concernant la consommation du mariage du Roi") mais relate avec précision ses conversations avec Joseph II, les lieux visités (intéressantes descriptions du palais de Versailles, du jardin anglais du duc de Chartres, du pavillon de Madame du Barry et de la machine de Marly, du palais Gallien à Bordeaux), les repas et divertissements, etc. Il décrit les bâtiments remarquables, tant civils que religieux, les fortifications, les industries et les commerces, tout en donnant des commentaires brefs mais incisifs sur les personnes rencontrées, en particulier à la cour de Louis XVI : "[l'empereur] trouva la Reine fort belle, de l'esprit, le ton bien français, beaucoup de goût pour les plaisirs et un peu de légèreté"; quant au roi, Joseph II lui trouva "un extérieur peu avantageux"; "le comte d'Artois d'une jolie figure et l'air bien étourdi"; "M.r de Meaurepas [i.e. le comte de Maurepas, ministre d'État] vieux goguenard"; "la duchesse de Grammont [i.e. Gramont] d'un abord froid et hautain"; visite du château de Bicêtre "pour voir les prisonniers qui y sont en grande quantité" et de la Salpêtrière "où il y a 1°. des enfants trouvés, 2°. près de 13 cent folles, 3°. quelques centaines de filles et femmes de mauvaise vie, 4°. des bonnes pauvres"; démonstration de langue des signes chez l'abbé de l'Épée, pionnier de l'éducation des sourds et muets; expériences d'électricité chez "Camus"; visite de l'Académie française où l'empereur écoute des conférences par d'Alembert, de La Harpe et Marmontel; entretien avec l'explorateur et aventurier hongrois Maurice Beniowski; visite du port de Brest et rencontre du comte Louis-Antoine de Bougainville; démonstration de torpilles à Nantes; visite à Toulouse du canal de Brienne, de la bibliothèque du comte Justin Mac-Carthy Reagh, bibliophile d'origine irlandaise, et de la congrégation des filles du Bon Pasteur qui n'accueille que "les filles qui veulent expier la faute d'être devenue mère hors du mariage"; coup de foudre pour la cité phocéenne : "Marseille est après Paris la plus belle ville que nous ayons rencontrée en France [...].
Le port est très sûr quoique peu large [...].
La ville est fort peuplée, les habitants sont fort vifs et le cours où on se promène le soir est si rempli de beau monde qu'il y a plus de foule que dans les promenades les plus fréquentées à Paris". Souvent cité par Cobenzl, le comte Louis-Charles-Marie de Barbiano et Belgiojoso, futur ministre plénipotentiaire de Joseph II dans les Pays-Bas, faisait également partie du voyage.
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The Collector



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Dim 27 Nov - 13:12

Un vente
qui s'annonce pas mal  Wink

mardi 06 décembre
Drouot
Art russe, souvenirs historiques 



Vers les lots 150
cela pourrait en intéresser certains parmi nous  Cool




LOT 151  Cool
École française de la première moitié du XVIIIe siècle. Portrait de Louis XV, roi de France. Miniature ronde peinte sur ivoire, le représentant en buste de trois-quarts d’après le portrait de J.-B. Van Loo peint en 1723. Dans un cerclage en pomponne ciselée et ajourée. Bon état, petits manques de peinture. D. 3,5 (4,2) cm. Provenance : ancienne collection Isabelle de Lassus (étiquette au dos).
ESTIMATION 600 - 800 €

Les lots suivants concernent Louis XVI
en bustes, médailles, coupes ... divers
LOT 160 

d'après Callet
vers 1900
200 - 300 mais y en a 2 


LOT 161
buste disons très expressif


Marie-Antoinette. Buste en biscuit représentant la reine de France drapée, sur un socle carré, d’après un modèle de Sèvres par Boizot réalisé en 1785. Bon état, légers fêles de cuisson. Travail français du XIXe siècle. H. 29 x L. 18 cm.
400 - 600  Cool

Nous retrouvons ensuite
des lots déjà présentés
précédemment


  Sautons au 164

École française de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Portrait présumé de la reine Marie-Antoinette. Miniature peinte de forme ronde, la représentant à mi-corps accoudée à un meuble, vêtue d’une robe blanche à ruban bleu. Dans un cadre rond en argent 800 millièmes monté en broche. Bon état, légères usures. D. 6,5 (7,7) cm.
500 - 700  Cool
ça monte 

LOT 165


Coffret en cuir formant diptyque, contenant une lithographie miniature ovale réhaussée représentant la reine Marie-Antoinette face à des révolutionnaires. Bon état, légères usures. Travail français du XIXe siècle. H. 12 x L. 9,5 cm (fermé)
150 - 200
ça rdescend 

LOT 168


Duchesse d’Angoulême. Gravure représentant « Madame la duchesse d’Angoulême » au tombeau de ses parents, par Debucourt d’après Mallet. Dans un cadre à baguettes noires. Usures. Epoque Restauration. Cadre : H. 37 cm x L. 28,5 cm.
100 - 150

Catalogue
http://catalogue.drouot.com/html/d/index.jsp?id=78896&np=1&lng=fr&npp=20&ordre=1&aff=1&r=

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Sido Scorpion



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Mer 7 Déc - 22:00

Deux grandes dames, l'une chez Tajan :



Description du lot :
Jean-Martial FREDOU (Fontenay-Saint-Père 1710- Versailles 1795) 
Portrait de la comtesse de Provence Marie-Joséphine de Savoie posant devant une sculpture représentant Louis XVIII en buste 
Toile 
Griffures et restaurations anciennes 
Portrait of the Countess of Provence Marie-Joséphine de Savoie in front of a sculpture figuring the bust of Louis XVIII, canvas. 
132 X 98 cm - 52 X 38 9/16 IN. 


L'autre chez Millon et Associés :



Description du lot :
Elisabeth VIGEE – LEBRUN 
(Paris 1755 – 1842) 
Portrait de femme au manteau de satin bordé de fourrure blanche 
Toile ovale 
65 x 54 cm 
Signé à gauche Lebrun 
Porte en dos une ancienne étiquette de vente n° 75 Vigée Lebrun, portrait présumé de Rose Bertin, modiste de Marie Antoinette (1744 – 1813) 

Provenance
Vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot 4 avril 1928, (Me Baudoin), n° 53, (Portrait de la comtesse de Verdun).

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Avais-je atteint ici ce qu'on ne recommence point ?
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madame antoine



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Sam 10 Déc - 12:52

Signalons qu'une signature du Roi Louis XIV va être mise en vente à Schaerbeek (Commune de Bruxelles). Le prix avancé est de 1.000 €.


http://www.lavenir.net/cnt/dmf20161209_00928205/la-signature-de-louis-xiv-en-vente-a-schaerbeek

madame antoine

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le beau lauzun



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Lun 12 Déc - 12:22

Ah bon ? Pas cher
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madame antoine



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Lun 2 Jan - 8:30

Lundi 30 Janvier prochain à Roubaix aura lieu une intéressante Vente aux Enchères. Divers lots ayant trait à la Famille Royale y seront proposés.

n°152













Rare carnet de modiste formant livret, les plats en émail dans le goût de Battersea, à décor émaillé de guirlandes de fleurs et deux médaillons en grisaille figurant des paysages. Le carnet renferme des dessins à la plume et rehaussés à la gouache de modèles de tissus et de modèles de tenues à la mode du Petit Trianon soit "en négligé, à la villagoise, chapeau à coque de gland etc. Témoignage précieux de l'influence de Marie Antoinette sur la mode de l'époque. Monture ajourée en or, avec son petit crayon. France, 18ème siècle. Dans un écrin de protection en cuir. (Traces d'usure et d'humidité).

L'estimation de ce lot oscille entre 2.000 et 3.000 €.


n° 195



Gravure rehaussée sous verre représentant la famille royale autour de Louis XVI et Marie Antoinette. Dans son cadre en loupe. France, fin 18ème siècle. (A vue 7.5 cm).


L'estimation est ici de 80 à 100 €.


n°230





Médaillon pendentif en ivoire représentant en son centre la Vierge, l'Enfant Jésus et deux anges faisant des offrandes dans un entourage à décor de feuilles d'acanthes et noeuds. France, Dieppe, époque Louis XVI. Dans un cadre, sous verre, à fond de velours rouge. Une étiquette ancienne au dos indique : " Le médaillon au milieu aurait été offert par Mme la Princesse De Lamballe qui disait le tenir de la Reyne Marie Antoinette. A. Mme la Comtesse de Segeberg, seconde femme du Général de Segeberg, gouverneur du Velay sous la fin du règne de Louis XVI. Mme de Segeberg était l'arrière grand mère d'Elysabeth Greveys épouse d'Alexandre Paret" (8.5 x 5.5 cm).


L'estimation s'élève à 400 - 500 €. L'ensemble des lots peut être consulté ici.
http://www.interencheres.com/fr/meubles-objets-art/objets-de-vitrine-vente-live-ie_v89484.html

Bien à vous

madame antoine

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Superglu



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Mer 25 Jan - 20:59

Buste noir sur colonne blanche :





chez COUTON VEYRAC JAMAULT à Nantes. Very Happy

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Sido Scorpion



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Jeu 16 Fév - 19:13

Belle vente chez Christie's Paris le 7 mars :
http://www.christies.com/zmags/?ZmagsPublishID=586c7267&SaleTitle=&SaleId=27063&GUID=0

Notamment ce portrait de la Reine :





ATTRIBUE A ALEXANDRE KUCHARSKI
(WARSAW 1741-1819 PARIS)
Portrait de la reine Marie-Antoinette au Temple
aquarelle, rehaussé de gomme arabique
20,1 x 14,8 cm.

€3,000-4,000 $3,300-4,300
£2,700-3,500
PROVENANCE :
Duchesse d’Angoulême ; offert au marquis de Luynes (selon une inscription au verso du cadre).
Ce dessin est inspiré d’un pastel d’Alexandre Kucharski (M. Jallut, Kucharski, dernier peintre de Marie-Antoinette, dans Revue de l’histoire de la philosophie et d’histoire générale de la civilisation, 1939, p. 264-5, ill).

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Avais-je atteint ici ce qu'on ne recommence point ?
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The Collector



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MessageSujet: Re: Ventes aux enchères   Hier à 11:52

très belle vente en effet
très attendue

un événement
Boniface de Castellane & Anna Gould: "A way of life"



Parmi les merveilles exposées
l'on épinglera le lot 132



Craufurd
du nom de ce couple d'amis de Fersen
et donc de Marie-Antoinette  Wink

Ces cabinets nous les avons envisagés ici
http://maria-antonia.justgoo.com/t439p275-des-amis-de-la-reine-le-couple-craufurd

Quentin Craufurd étant
lui aussi  
un collectionneur patenté  
http://maria-antonia.justgoo.com/t6495-l-athena-craufurd

Mais revenons donc aux cabinets Very Happy Very Happy

PAIRE DE MEUBLES A HAUTEUR D'APPUI D'EPOQUE LOUIS XVI
VERS 1780, ESTAMPILLES D’ETIENNE LEVASSEUR ET D'ADAM WEISWEILER
EXECUTEE PAR E. LEVASSEUR ET REHAUSSEE PAR A. WEISWEILER

En marqueterie Boulle de première partie à fond d'écaille de tortue caret, incrustations de cuivre et d'étain gravés, placage d'ébène, ornementation de bronze ciselé et doré, les dessus de marbre Portor à légers ressauts, les montants en pilastre à chapiteau corinthien et centré de masques de satyre encadrant un vantail centré d'une marqueterie probablement d'époque Louis XIV à décor d'un vase fleuri dans un médaillon retenu par un nœud de ruban et entouré de rinceaux, reposant sur des pieds en toupie à cannelures torses, chacun estampillé E.LEVASSEUR sur le montant antérieur gauche, une fois JME pour l'un et deux fois JME pour l'autre et A.WEISWEILER à deux reprises au-dessus de la traverse postérieure du sur-cadre
Hauteur: 108 cm. (42 ½ in.) ; Largeur: 72 cm. (28 ½ in.) ; Profondeur: 41 cm. (16 ¼ in.)
Etienne Levasseur, reçu maître en 1766
Adam Weisweiler, reçu maître en 177





Sur les cabinets Wink
Avec ses lignes architecturées épurées et sa précieuse marqueterie dite Boulle richement ornée de bronzes dorés, cette rare paire de cabinets est un magnifique exemple du renouveau du « style Boulle » dans les années 1770-1780, caractéristique de l’œuvre de son créateur l’ébéniste Etienne Levasseur.

LEVASSEUR : GENIE DU RENOUVEAU « BOULLE »

Comme un certain nombre de ses contemporains, Philippe-Claude Montigny, Joseph Baumhauer et Adam Weisweiler, Etienne Levasseur (1721-1798, maître en 1767) collabora avec des marchands-merciers tel que Philippe-François Julliot (1727-1794) qui se spécialisèrent dans la production et la vente de meubles dits Boulle remis au goût du jour vers 1770. Alors que certains ébénistes copièrent à l’identique les modèles du début du siècle d’André-Charles Boulle, Levasseur fut certainement le plus créatif, bien que réutilisant parfois des éléments de marqueterie de meubles réalisés par André-Charles Boulle. La présente paire de cabinets est une parfaite illustration du génie de Levasseur et de sa capacité à réinterpréter les modèles de son illustre prédécesseur André-Charles Boulle.

Avec son unique vantail orné d’un médaillon, ce modèle de meuble reprend en effet le module central des bibliothèques tripartites de Boulle mais se libère des panneaux qui l’encadrent, créant ainsi un meuble d’un nouveau type. Levasseur s’en fit une spécialité et plusieurs meubles de cette forme portent son estampille ou lui sont attribués. Citons la paire de cabinets ornés de mascarons estampillée Levasseur vendu chez Couturier-Nicolaÿ, Paris, 14 mars 1972, lot 122 (illustrée dans A. Pradère, French Furniture Makers, Paris, 1989, p. 309, ill. 349) ou encore la paire de cabinets vendue chez Christie’s, Londres, 8 décembre 2011, lot 260. D’autres meubles avec même encadrement et des têtes de satyres mais comprenant trois tiroirs en leur milieu sont également répertoriés. Citons notamment la suite de quatre cabinets estampillés par Levasseur vendus chez Sotheby’s, New York, lot 212 (illustrés dans A. Pradère, French Furniture Makers, Paris, 1989, p. 309, ill. 350). Un troisième groupe de cabinets est constitué quant à lui d’un vantail central flanqué de deux panneaux latéraux plus étroits, comme la paire de cabinets de la collection Champalimaud vendue chez Christie’s, Londres, 6 juillet 2005, lot 125, qui provient possiblement de la collection du marquis de Laborde pour son château de Méréville.

Le motif de bouquet de fleurs en marqueterie Boulle visible sur la présente paire s’inscrit lui aussi dans la production de meubles d’André-Charles Boulle. On retrouve notamment ce principe sur les panneaux rectangulaires d’une paire de cabinets provenant des collections de Charles-Joseph Lenoir du Breuil aujourd’hui au musée du Louvre (inv. OA5453 et OA5454). Il est intéressant de noter que ces meubles d’époque Louis XIV portent l’estampille de Levasseur qui les restaura probablement durant la seconde moitié du XVIIIème siècle. Le motif de médaillon suspendu comme un tableau sur fond de placage ou de marqueterie fut quant à lui particulièrement en vogue dans les années 1770, comme en témoignent les nombreuses commodes de Foullet ou encore les bibliothèques de marqueterie Boulle ornées de médaillons de bronze produites pour le marchand Julliot dans les mêmes années.

La postérité de ces deux cabinets sera une série de cabinets bas en marqueterie Boulle à médaillons de fleurs, médaillons de bronze ou bas-reliefs octogonaux, réalisés par Julliot et commercialisés par le marchand Lerouge sous l’Empire qui terminèrent toutes, à la suite de la vente Lerouge de 1818, dans de grandes collections anglaises à l’instar de celle du duc de Wellington à Stratfield Saye et de celle du duc de Buccleuch à Boughton House (A. Pradère, « Lerouge, Le Brun, Bonnemaison : le rôle des marchands de tableaux dans le commerce du mobilier Boulle de la Révolution à la Restauration », in Revue de l’Art, n. 184, 2014-2, pp. 47-62).

Avec ses lignes architecturées épurées et sa précieuse marqueterie dite Boulle richement ornée de bronzes dorés, cette rare paire de cabinets est un magnifique exemple du renouveau du « style Boulle » dans les années 1770-1780, caractéristique de l’œuvre de son créateur l’ébéniste Etienne Levasseur.

LES PROVENANCES DES CABINETS CASTELLANE

Ces meubles sont décrits pour la première fois dans le supplément du catalogue de vente du duc de Chabot, le 10 décembre 1787 :

« 316. Deux bas d’armoires, première partie sur fond écaille ouvrant à un battant, enrichi d’un médaillon ovale à vases fond cuivre & étain, avec cadre à nœud de ruban & feuille d’eau ; les champs à mascarons de faunes & les côtés de même : le tout terminé par un pied à avant-corps très orné, avec tablette en griotte d’Italie. Hauteur 36 pouces, largeur 26 pouces 6 lignes, profondeur 14 pouces [H. 97 x L. 71,5 x P. 37,8 cm.] … 2050 livres Lebrun ».

Alors que la première partie du catalogue de cette vente regroupait les collections de tableaux et d’objets d’art du duc de Chabot, le supplément du catalogue proposait quantité de lots de tableaux et de meubles provenant d’autres amateurs ou marchands dont Le Brun lui-même. En l’occurrence, cette paire de meubles fut achetée par Le Brun 2.050 livres, enchère importante qui laisse penser que Le Brun était commissionné par un de ses clients privés. On ignore l’identité du propriétaire suivant mais ces meubles réapparaissant au début du Premier Empire dans la demeure, rue d’Anjou, d’un des grands collectionneurs étrangers alors installés à Paris, Quentin Craufurd.

Cette paire de meubles est en effet décrite dans la première vente aux enchères des collections de Quentin Craufurd qui eut lieu un an après son décès, le 20 novembre 1820 « et jours suivants » précédée par trois jours d’exposition dans sa résidence parisienne, l’hôtel de Créquy rue d’Anjou.

« 468. Deux bas d’armoire ouvrant chacun à un vantail, fond écaille, à dessin incrusté en cuivre et étain, encadrement, moulure et pieds à vis en fonte dorée d’or moulu et à: dessus de marbre portor ; le médaillon du milieu offrant un bouquet de fleurs, pareille incrustation en cuivre et étain. Ils portent 41 pouces de hauteur sur 27 de large [H. 111 x L. 73 cm.] ».

Ces cabinets figuraient dans la section du catalogue consacrée aux « Riches meubles, par Boulle et autres ébénistes », et étaient précédés par trois autres paires de bas d’armoires à un vantail ornés de figures des Saisons, décrits sous les numéros 463, 464, 465, et également décrits de façon sommaire dans l’inventaire après décès : « 596. Huit pièces qui sont armoires à hauteur d’appui ouvrant à un vantau partie ébène et écaille avec incrustations de cuivre et d’étain et figures et groupes d’appliques en bronze sur pieds tortue [sic], ouvrage de Boule avec dessus en marbre dit Ste. Anne et portor, prisés ensemble la somme de deux mille quatre cents francs cy ». Ces quatre paires de cabinets bas se trouvaient, ainsi que tous les autres meubles Boulle à hauteur d’appui, dans la bibliothèque de Craufurd, vaste galerie à éclairage zénithal, bâtie dans une aile latérale en retour sur le jardin de l’hôtel de Créquy.

Plus particulièrement sur notre ami collectionneur

QUENTIN CRAUFURD

Le destin singulier et les collections de Quentin Craufurd (1743-1819) ont été étudiés par Gonzague Mézin (cf. « Chez Quentin Craufurd en 1819 : Le Goût d'un gentleman espion », in Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, année 2009, Paris, 2010, pp. 335-361).

Né en Ecosse, Craufurd fait fortune à Manille dans l'East India Company avant de revenir en Europe vers 1780, s'installant à Paris avec Eléonore Franchi, dite « la belle Sullivan ». Logé vers 1786-1792 dans l'hôtel Rouillé d'Orfeuil rue de Clichy, Craufurd devint familier d’une société de riches étrangers parisiens, approchant même Axel de Fersen et le cercle de la reine Marie-Antoinette. Lorsque la Révolution éclata, ils apportèrent leur soutien fidèle à la famille royale en participant activement à la « fuite de Varennes ». Il dut par la suite s'exiler et ses premières collections furent confisquées. Une partie fut vendue et l’autre fut en partie réservée au profit de la Nation.

De retour en France en 1802 grâce à la Paix d'Amiens, Craufurd réussit grâce à la protection de Talleyrand à y demeurer après la rupture de la paix avec l'Angleterre un an plus tard. Sous l'Empire, le couple Craufurd s'installe successivement dans deux belles demeures parisiennes. Ils occupent tout d'abord l'hôtel de Monaco (actuel hôtel Matignon), acheté en 1804 puis échangé avec le prince de Talleyrand quatre ans plus tard contre l'hôtel de Créquy. C'est dans ce dernier hôtel situé au 21 de la rue d'Anjou que Craufurd habita jusqu'à son décès en 1819 ; son épouse y résidera jusqu'en 1833.

La grande galerie de cet hôtel qui abrita la présente paire de cabinets servait lieu d’exposition pour une collection de bustes en marbre représentant des personnages historiques (Gustave III, Marie-Antoinette, Napoléon, Madame de Maintenon) mais aussi des philosophes et des écrivains (Voltaire et Rousseau, Homère et Corneille). Posés sur des gaines d’acajou, quatre bustes en bronze représentaient d’autres personnages historiques parmi lesquels Henri II, Richelieu, Montesquieu et Louis XII. Tout autour de la galerie et accrochés en hauteur, on pouvait apprécier une collection de soixante-huit portraits historiques respectant un véritable programme iconographique, véritable collection des rois de France affichant les convictions politiques de Craufurd. Cette bibliothèque faisait l’admiration de certains visiteurs, tel Thomas Dibdin qui écrivait avec enthousiasme : « Vous entrez dans une longue et vaste pièce, qui sert à la fois de bibliothèque et de galerie. On se trouve alors comme un instant étourdi ; c'est-à-dire que l’on ne sait ce qu’on doit admirer le plus : ou de ses proportions et de la structure de la salle, ou des livres, des bustes et des tableaux. » (T. Dibdin traduit par T. Licquet et G.-A. Crapelet, Voyage bibliographique, archéologique et pittoresque en France et en Allemagne, 1821-1825).

Les trois autres paires de petits meubles de marqueterie Boulle de la galerie étaient elles aussi des meubles de l’époque néoclassique. Les deux premières paires, sous les numéros 463 et 464, et aux dessus de marbre gris Saint-Anne, sont attribuables à Weisweiler (le n°463 a été présenté lors d’une vente au palais d’Orsay, Paris, 8 juin 1977, lot 83 ; puis ancienne collection Wormser, Christie’s, New York, 14 novembre 1985, lot 194 A). La troisième paire de cabinets, sous le numéro 465, était munie de dessus de marbre Portor, et terminera dans la collection du 4e marquis de Hertford. Elle se trouve aujourd’hui à la Wallace Collection (inv. F. 393-394). Il s’agit là encore de meubles néoclassiques, estampillés en l’occurrence par Adam Weisweiler. Il est intéressant de noter que la paire de la Wallace Collection présente la même hauteur (111 cm.) et les mêmes dessus de marbre Portor que ceux ici présentés. Il est tentant d’imaginer que la surélévation de ceux-ci et la substitution d’un marbre Portor à un marbre griotte initial correspondent à une modification par Adam Weisweiler lors d’un changement de lieu, d’autant plus que l’ébéniste était toujours actif et ce jusqu’au décès de sa femme en 1809. Compte tenu de la réinstallation parisienne de Craufurd en 1803-1804, il est probable que ces légères transformations furent exécutées à ce moment par l’ébéniste ou bien à une date légèrement antérieure et par un collectionneur précédent qui aurait réuni les deux paires de meubles entre 1787 et 1803.

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