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 Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald

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MessageSujet: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Dim 1 Juil - 21:46

France 3 diffuse ce soir à 00H25 Cagliostro film muet allemand de Richard Oswald (1929) dans lequel semble apparaître Marie-Antoinette à qui le héros   prédit Son destin funeste...

Bien à vous.
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pimprenelle
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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mer 19 Mar - 14:16

On dirait bien qu'il s'agit de ce film-là:


OSWALD RICHARD:CAGLIOSTRO / LIEBE UND LEBEN EINES GROSSEN ABENTEURERS





Cagliostro / Liebe Und Leben Eines Grossen Abenteurers
OSWALD Richard, 1929, Allemagne.

Éditeur : POTEMKINE, 2011.
Description : Noir et blanc, muet, 58 minutes.
Langue : Cartons Français, sous-titres Anglais.
Date de sortie : 8 Avril 1929 (Allemagne)

Intervenants
Richard OSWALD Réalisation, Hans STÜWE Interprète, Renée HÉRIBEL Interprète, Rina DE LIGUORO Interprète, Alfred ABEL Interprète, Illa MEERY Interprète, Charles Dullin DULLIN Interprète, Suzanne BIANCHETTI Interprète, Alice TISSOT Interprète, Edmond VAN DAËLE Interprète, Ivan KOVAL-SAMBORSKY Interprète, Jeremy LUXEUIL Interprète, Roger KARL Interprète, Andrée CANTI Interprète, Nicolas RIMSKY Interprète, Teddy MICHAUD Interprète, Herbert JUTTKE Scénario, Georg C. KLAREN Scénario, Jules KRUGER Photographie, Maurice DESFASSIAUX Photographie, Alexander FERENCZY Décors, Lazare MEERSON Décors, Johannes VON GÜNTHER Aut.Oeuv.Litt., FILMS ALBATROS Maison Prod, WENGEROFF Maison Prod, RICHARD OSWALD-FILM GMBH Maison Prod, Richard OSWALD Producteur, Eugène LOURIÉ.

Résumé
Le comte de Cagliostro, aussi connu sous le nom de Joseph Basalmo, est un aventurier italien du 18ème siècle rendu célèbre par les romans d'Alexandre Dumas. Né en Sicile en 1743, le jeune Cagliostro est banni de sa terre natale pour escroquerie. Il quitte Palerme pour un voyage au long cours à travers la Méditerranée et l'Europe. Sa réputation de guérisseur lui vaut d'être invité à la cour de Versailles où il prodigue soins et remèdes magiques. Mais le prodigieux succès du comte de Cagliostro est bientôt mis à mal par une sombre histoire, la fameuse "affaire du collier de la reine"...

Arrivé à Paris pour se gagner les faveurs de Louis XVI et Marie-Antoinette, Cagliostro est traité en paria par la cour versaillaise et disgracié quand il a la fâcheuse idée de prédire à la Reine sa mort sur l’échafaud. À l’instar du Napoléon d’Abel Gance (1927), le récit d’Oswald se veut une chronique historique dont les intertitres assurent l’exactitude, aussi bien qu’un récit d’aventure. Mais l’intérêt du film réside moins dans cette mise en scène pseudo-historique que dans la grandiloquence des effets de style, des mouvements de caméra et des décors dignes d’un film d’espionnage. Arrêté par les troupes du comte de Breteuil après la découverte de son implication dans la fameuse « affaire du collier », Cagliostro est conduit dans le château du comte pour y être interrogé. Dans un décor d’arabesques et de colonnes grandioses, les portes coulissantes ne s’ouvrent que sous l’effet d’un gong suspendu au plafond. La fuite de Cagliostro avec Lorenza est digne d’un James Bond, alors que le comte de Breteuil, cherchant à abattre son ennemi, atteint le gong et permet aux deux amants de s’échapper en actionnant ainsi le mécanisme d’ouverture des grilles.

Superproduction des derniers temps du muet, le Cagliostro de Richard Oswald, sorti en France et en Allemagne en 1929, ne devait rencontrer qu’un succès éphémère, éclipsé par le cinéma sonore qui arrivait au même moment sur les écrans. La version restaurée éditée par Potemkine rend hommage à cette coproduction internationale, produite par des émigrés russes en France (les fameux Films Albatros) et en Allemagne, tournée par un Autrichien, interprétée par des acteurs allemands, et conduite par une équipe technique française qui comptait dans ses rangs deux futurs « grands » du cinéma français : Marcel Carné et Jean Dréville.

C’est pourtant une version tronquée qui seule subsiste de cette grande fresque muette de près de deux heures, la copie originale ayant aujourd’hui disparu. La version restaurée à partir d’éléments 9,5mm des copies « Pathé-Baby » ne représente que la moitié du métrage originel. L’intégrité narrative de l’œuvre d’Oswald s’en trouve nécessairement bouleversée. De nombreux intertitres viennent pallier les lacunes du récit, si bien que la continuité narrative de la vie tumultueuse du Joseph Balsamo popularisé par Alexandre Dumas s’étiole au profit de tableaux grandioses dans lesquels la mise en scène et la technique rivalisent pour produire les effets les plus spectaculaires. La séquence d’ouverture, avec l’ombre gigantesque de Cagliostro avec un globe ou une boule de cristal se détachant sur le mur identifie le personnage comme un magicien et un aventurier. L’alchimiste se livre à un spectacle devant une foule de petites gens médusés par ses supposés miracles.

Loin du Caligari que suggère cette ouverture expressionniste, le Cagliostro d’Oswald est plutôt un héros romantique tout entier dévoué à sa belle épouse, la mélancolique Lorenza. Hans Stüwe, vedette montante du cinéma allemand de la fin des années 1920, incarne le héros rocambolesque de Dumas, face de Janus déchirée entre ses deux penchants, le Joseph Balsamo qui n’aspire qu’à l’amour de sa bien-aimée, et le ténébreux Cagliostro, rompu aux tours de magie et aux intrigues politiques. La sobriété du jeu de Stüwe et la rigidité de son visage tranchent avec l’excès de mimiques des acteurs de l’expressionnisme allemand de la même époque. Éclairées avec des lampes à incandescence, les scènes sont baignées d’une lumière feutrée, loin des saillies géométriques et contrastées de l’expressionnisme d’un Fritz Lang ou d’un Friedrich Murnau. Jean Dréville et Marcel Carné se souviennent tous deux que le film fut tourné en pellicule « panchromatique », ce qui lui donne sans doute cette texture si particulière, où le noir et blanc n’aplanit pas les couleurs et les volumes du décor mais leur confère au contraire une espèce d’irisation.

Dans les studios de la rue Francœur où la majorité des scènes furent réalisées, le tournage avait des airs de « société des nations » cinématographique écrivait Marcel Carné dans un article paru à la sortie du film en 1929. Le Russe Lazare Meerson (celui-là même qui travailla avec René Clair et Jacques Feyder), avec Alexander Ferenczi et le peintre Eugène Lourié, était responsable des décors baroques de ces palais colossaux et cachots abyssaux, à l’aide parfois de subterfuges ingénieux. Un savant agencement de maquettes et de miroirs donnent l’impression de volume et de gigantisme dans les plans d’ensemble du château de Versailles. Bernard Eisenschitz dans le livret de vingt-huit pages associé au DVD dévoile en outre certaines des techniques inventives qui permirent à Oswald d’obtenir les effets qu’il recherchait : comme l’usage du brachyscope, dans la scène d’hypnose de Marie-Antoinette, une lentille additive placée sur l’objectif de 50mm qui vient inscrire dans l’œil en très gros plan de Joseph Balsamo la vision funeste de l’avenir qu’il prédit à la reine de France sous la forme d’une potence. Jules Krüger, chef opérateur qui s’était déjà illustré chez Abel Gance (Napoléon) et Marcel L’Herbier (L’Argent, 1928 ), fait la démonstration de toute sa virtuosité, assisté de plusieurs « as de la manivelle » comme les appelle Carné, parmi lesquels le jeune Jean Dréville.

La variété des échelles de plans et des angles de vues imprime au film une dynamique rythmée, dont témoigne par exemple la scène de l’arrestation de Cagliostro et Lorenza. Poursuivi par la monarchie française, Cagliostro fuit en Italie où il est rattrapé par la papauté qui le condamne pour nécromancie. Pas moins de quatre caméramans furent nécessaires au tournage de cette scène, dont l’un, ventre à terre, ne filmait que les pieds en gros plans des soldats enserrant Cagliostro et Lorenza. Certaines des séquences les plus magistrales du film selon Carné ont malheureusement disparu, notamment une « fête au village de Lorenza » tournée durant cinq jours avec des centaines de figurants et explorant des techniques de tournage rarement employées, caméras portées à l’épaule et travellings aériens au moyen de câbles tendus au plafond du studio sur lesquels coulissaient les caméras. La dernière séquence, dans une sinistre prison italienne, offre un autre exemple de cette virtuosité des plans. Les deux amants incarcérés dans l’attente de leur exécution sont chacun dans un cachot sordide, elle au fond d’une fosse surmontée par une lourde grille, lui encerclé par un abysse profond. Le motif des grilles et du précipice évoque une géométrie carcérale rarement explorée au cinéma, sinon chez Alexandre Astruc dans Le Puits et le pendule (1963).

Oswald, cinéaste rompu à tous les genres – de l’adaptation historique (Lady Hamilton, 1921, Lucrèce Borgia, 1922) au film d’horreur avant l’heure (Nuit d’horreur, 1916, Das unheimliche Haus, 1916) – était passé maître dans le film d’exploitation dans l’Europe d’après-guerre. À une époque où la censure n’exerçait pas encore de contrôle rigoureux sur la production cinématographique, on lui doit un certain nombre de films d’« éducation sexuelle », abordant sans complexe des thèmes comme la prostitution (il y consacre deux films en 1919) ou l’homosexualité (Anders als die Anderen, 1919), avec Conrad Veidt. À n’en pas douter, la censure fut particulièrement laxiste face à un film qui ne se lasse pas d’érotiser la lascive Jeanne de La Motte, comtesse aux pieds nus, ou plus précisément aux seins nus, que Cagliostro sort de la rue. La gracieuse Illa Meery, parée comme une odalisque, donne au film une couleur libertine évoquant plus Choderlos de Laclos qu’Alexandre Dumas. Face à ce qui pourrait être considéré comme un blockbuster de l’époque, il faut ainsi être, suivant la consigne de Marcel Carné, « indulgent à ses défauts, tenté d’admirer ses qualités ».

On regrettera seulement que les bonus du DVD ne fasse qu’une si maigre place au processus de restauration du film, n’offrant qu’une interview, par ailleurs passionnante, du compositeur Mathieu Regnault, à qui l’on doit la bande-son du film au piano. Alors que la cinémathèque de Bologne présentait cet été des versions restaurées de Dida Ibsens Geschichte : das Tagenbuch einer verlorenen (1918 ) et de Lucrèce Borgia (1922), l’édition DVD de Cagliostro chez Potemkine offre une belle occasion de redécouvrir une époque glorieuse du cinéma muet.

https://www.t411.me/torrents/1929-cagliostro-oswald-richard-muet-dvd9-pal-jelbeeee

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mer 19 Mar - 14:20

« Cagliostro » : le vieux muet que l'on croyait perdu




Une version du film de Richard Oswald reconstituée avec des bribes de négatifs et des morceaux de copies : une épave merveilleuse.

Mille sabords ! Que le cinéma des années 1920, à son apogée, était beau ! Ce « Cagliostro », qui est l'un des derniers films muets, est d'une beauté incroyable : les images, les décors, les visages, la lumière, tout est sublime. Le film a bien failli être perdu. La version ici présentée a été reconstituée avec des bribes de négatifs, des morceaux de copies, et c'est une épave merveilleuse : l'aventure de Cagliostro, magicien, nécromancien, aventurier, escroc, guérisseur, est ici filmée par Richard Oswald, cinéaste viennois alors réfugié à Paris. Il signa, dit -on, plus de cent films entre 1914 et 1949, adaptant Conan Doyle, Balzac, Hoffmann, Oscar Wilde, Jules Verne. Militant de la cause homosexuelle, il réalisa un pamphlet, « Différent des autres », qui lui valut d'être classé parmi les « décadents » par les nazis. Tourné aux studios Albatros (fondés par les Russes blancs à Paris), « Cagliostro » est au carrefour de l'expressionnisme et du réalisme poétique. Les scènes de sortilèges, dans une obscurité d'encre de Chine, n'ont rien à envier aux effets spéciaux digitaux d'aujourd'hui. Le DVD est vendu avec un livret de 28 pages, dans lequel on retrouve un article d'époque rédigé par le premier assistant d'Oswald, un jeune homme promis à un bel avenir : Marcel Carné.
http://cinema.nouvelobs.com/articles/18099-dvd-blu-ray-cagliostro-le-vieux-muet-que-l-on-croyait-perdu

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mer 19 Mar - 14:22

Cagliostro – de Richard Oswald – 1929



Même amputé de la moitié de son métrage, ce Cagliostro reste un sommet du cinéma muet, sorti alors que cet art pourtant à son apogée était condamné à disparaître. Un sommet qui est largement passé inaperçu à sa sortie, boudé par un public tout entier tourné vers les prouesses techniques d’un cinéma qui parlait (souvent pour ne pas dire grand-chose, alors). Et comme le film a été considéré comme perdu pendant des longues décennies, on peut dire que le film de Richard Oswald est consacré par le public d’aujourd’hui…

Et il était temps : même si Oswald n’est pas le cinéaste le plus visionnaire de son temps, même si le décorateur s’est un peu trop inspiré des grands films d’aventures orientales pour certaines parties du film, et même si la version que l’on peut voir depuis 1988 est très différente de celle de 1929, on ne peut que saluer le souffle épique qui porte cette perle rare vers des sommets.

Oswald joue habilement sur les liens étroits entre la petite et la grande histoire. Même s’il est inspiré d’un personnage ayant réellement existé, Joseph Balsamo, Cagliostro tient davantage du mythe que de la réalité. Cet aventurier italien impliqué dans la fameuse affaire du collier de la reine (un scandale qui, en 1785, a ébranlé la monarchie française) a d’ailleurs inspiré de nombreux artistes, Dumas en tête.

Cette affaire du collier de la reine est au cœur du film, en tout cas tel qu’on le connaît (des pans entiers du film ont disparu, et des personnages présents dans le montage original sont totalement absents…). Elle est l’occasion idéale pour Oswald de creuser derrière la façade luxueuse de la cour de Versailles. Et ce qu’il révèle est étonnant : le cinéaste filme sans détour un univers d’intrigues et de traîtrise, mais aussi de luxure.

Car le sexe, plus que les sentiments ou le pouvoir, est au cœur du film, en particulier à travers le personnage fascinant de Jeanne de la Motte, aristocrate ruinée condamnée à vivre avec le peuple parisien, que Cagliostro ramène à la cour, et qui deviendra l’instigatrice de toutes les mesquineries de cette histoire. Dans ce rôle, Illa Meery ne cache pas grand-chose de sa fort jolie anatomie, dévoilant très ostensiblement un sein à un Cagliostro à peine troublé, et se pavanant longuement torse nu, portant le fameux collier de la reine.

Cagliostro lui-même n’est pas un personnage facile à cerner. Aventurier, magicien, voyant, alchimiste, est-il un charlatan ? Le film ne tranche pas, montrant les multiples facettes, parfois antinomiques, d’un homme qui oscille entre la cruauté et la bonté… Tiraillé entre une vie dissolue, aventureuse et intrigante, et l’amour innocent et pur qu’il porte à une femme qu’il ne cesse pourtant de repousser. En tout cas jusqu’à ce que le souffle de la guillotine vienne réveiller ses meilleurs côtés.

Epique et passionnant, le film marque avant tout par la beauté et la richesse de ses jeux de lumière. Dès les premières images, au bord du fantastique, et jusqu’à la dernière séquence, spectaculaire, dans la Bastille, le directeur de la photo Jules Krüger (celui-là même qui avait éclairé le formidable L’Argent de L’Herbier) fait de ce formidable film d’aventure un petit chef d’œuvre.



J'adore ce genre de décors et d'atmosphère...


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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mer 19 Mar - 14:25

DVD "Cagliostro" de Richard Oswald




Potemkine Films offre une seconde jeunesse au mystérieux "Cagliostro". Cette bien belle édition, agrémentée d'un livret de 28 pages et de deux bandes sonores, est elle appuyée par un film de qualité ?

Réalisé en 1929 en France par un Allemand et produit par des Russes, Cagliostro a tout du trésor enfoui redécouvert par des archéologues désireux de faire partager leur conquête à la cinéphilie française. Durant à l'origine presque deux heures, ce Cagliostro, ayant traversé péniblement plus d'un demi siècle, se retrouve privé d'une bonne partie de ses séquences. Le spectateur du 21ème siècle devra donc se contenter d'un maigre moyen métrage de 60 minutes.

Biopic romancé de Joseph Basalmo, alias Cagliostro – personnage popularisé par Alexandre Dumas –, ce film du pourtant très germanique Richard Oswald n'appartient ni à la case expressionniste, ni à celle du kammerspielfilm. Dans cette version raccourcie, Cagliostro porte sagement les stigmates d'une narration droite et pure, matérialisés par une lumière douce qui ne tranche jamais les contrastes ombres/lumières, comme pouvait le faire par exemple les classiques de Murnau.

Cagliostro, devin tout puissant

Le film dépeint avec beaucoup de soin l'étrange individu qu'était Joseph Basalmo. Ses deux principaux visages – Basalmo le mari aimant / Cagliostro le sorcier manipulateur – sont montrés avec une maitrise que les cadrages et le scénario propulsent au firmament de la peinture psychologique.

Des plans, on retiendra les plus larges, moins prétextes à la présentation de plateaux de tournage fastueux qu'expressions pures de décors-prisons dans lesquels errent les différentes classes sociales parisiennes d'une fin de 18ème riche en évènements. Cagliostro représente – dans la première partie – le mage surhumain traversant ces multiples cadres hiérarchiques. De la pauvreté des foules jusqu'aux richesses de la cour, seul Cagliostro décide des réels mouvements des différents protagonistes parisiens. La jeune – naïve et lascive – Anne de la Motte sera la première et principale victime du magicien vampirique. Du plus bas des statuts (par ailleurs injustifié, Anne étant la descendante d'Henry II), elle grimpera rapidement, grâce à Cagliostro, un surréaliste et anachronique ascenseur social. Le héros semble manipuler absolument tout : la révolution, les aristocrates, allant même jusqu'à « plier » le film d'un pouvoir semblant défier toute logique narrative.

Ces excès paraîtraient extravagants et abscons sans les soutiens cinématographiques évoqués plus haut. Les rares – mais captivants – passages où la magie de Cagliostro s'exprime puisent dans les plus belles expérimentations de l'avant garde française. Des superpositions, une double temporalité exprimées en un seul plan... Aucun doute : Dulac, Delluc et Epstein ne sont plus très loin...

Une magie qui s'évapore

Hélas, la brièveté de ces séquences ramène le spectateur à la dure réalité d'un film qui se perd peu à peu dans une tiédeur et une indécision dépourvues de toute poésie. Par respect pour les qualités du film de Richard Oswald, nous imputerons néanmoins ces défauts aux séquences perdues.

On ne peut tout de même s'empêcher d'évoquer les platitudes imposées par la multitude d'embranchements esquissés par la trame de ce bout de film. Romance légère et ratée, semi intrigue politique... Mais surtout magie d'une première demie heure transformée en eau de boudin par une conclusion adoptant un contrepoint virile et héroïque en inadéquation totale avec l'onirisme puissant du passage sur Paris. Cette bifurcation vers une aventure italienne envahie par de malfaisants inquisiteurs demeure incompréhensible. Le mysticisme presque gilliamien du début est remplacé par une historicité boiteuse qui perd de vue la beauté exaltée des séquences parisiennes.


Bonus

Même si Potemkine Films a globalement fait du bon travail, on regrettera la malencontreuse greffe du trip hop DJ Cam sur Cagliostro, tant cette bande sonore gagne à être écoutée indépendamment des images du film.
Heureusement, Potemkine a prévu un beau bouclier, susceptible de contrer toute protestation quant aux ajouts musicaux de ce travail de restauration : le distributeur propose en alternative au trip hop de DJ Cam les plus classiques – mais bien plus appropriées – compositions au piano de Matthieu Regnault.
Cerise sur ce gâteau honorablement garni : un livret de 28 pages comportant des textes de Marcel Carné (qui travailla comme assistant photo pour le film) et de Bernard Eisenschitz , historien et critique de cinéma.


Edité chez Potemkine Films.



Article de Antoine Herren
http://www.iletaitunefoislecinema.com/dvd/5024/dvd-cagliostro-de-richard-oswald

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mer 19 Mar - 19:04

Beaucoup de photos ici:
http://kebekmac.blogspot.be/2013/04/oswald-1929-cagliostro-bonus.html

... dont une qui nous intéresse au plus haut point:




En effet, comme annoncé en tête de sujet, Marie Antoinette apparaît dans ce film, sous les traits de Suzanne Bianchetti.


Voici Cagliostro (Hans Stüwe)



... je ne le voyais pas du tout ainsi, notre cher mage... d'ailleurs, ce n'est pas du tout fidèle à son portrait.  Wink

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mer 19 Mar - 20:45

En effet   

Cela dit vu la richesse du scénario relatif à l'affaire du collier, le film doit être prenant  Very Happy 

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Lun 11 Aoû - 12:00

Un autre article sur ce film:
http://ccileverte.canalblog.com/archives/2013/06/20/27477477.html

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Lun 11 Aoû - 12:06

Les photos tirées de ce film sont vraiment magnifiques...



http://www.cinematheque.fr/catalogues/restaurations-tirages/film.php?id=50448

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Lun 11 Aoû - 12:08

Article de Macel Carné, qui a participé au film.
http://www.marcel-carne.com/carne-et-la-presse/articles-ecrits-par-marcel-carne/24-05-29-lorsque-richard-oswald-tournait-cagliostro-in-cinemagazine/

Lisez tout... Ensuite viennent des photos inédites...   

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chasing the dragon

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mar 14 Avr - 16:10

J'aime !


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chasing the dragon

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Mar 14 Avr - 16:11

Oublié de dire, c'est Hans Stüwe. Wink

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madame antoine

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Sam 4 Mar - 8:34

Voici les actrices Suzanne Bianchetti et Illa Meery.



madame antoine

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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   Sam 4 Mar - 11:20

Petite photo en passant ... Wink



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Avais-je atteint ici ce qu'on ne recommence point ?
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MessageSujet: Re: Cagliostro (Suzanne Bianchetti) réalisé en 1929 par Richard Oswald   

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