Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Des amis de la reine - le couple Craufurd

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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Mer 27 Mai - 11:22

Tu m'étonnes
Quelle femme!

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pimprenelle
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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Mer 27 Mai - 11:27

Elle est juste... incroyablement belle!

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Lady Marmelade

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Mer 27 Mai - 16:46

Belle ou pas, cette femme n'était qu'un pis-aller. La seule qui comptait aux yeux du comte de Fersen, c'était Elle, Marie-Antoinette.

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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Jeu 28 Mai - 9:51

Qu'en savez-vous? Car les historiens sont d'accord pour dire que Fersen a bien plus vu et côtoyé cette femme que Marie-Antoinette Very Happy

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Lady Marmelade

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Jeu 28 Mai - 13:13

J'ai lu la correspondance entre eux. Et ce sont clairement des lettres d'amour.

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Vlad Tepes

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Sam 30 Mai - 11:39

Ce qui est excessif est sans intérêt.

Pour revenir au sujet lui-même, c'est tout ce que j'aime ! Un sujet intéressant, informatif, documenté et qui rend justice à des personnages restés dans l'ombre.
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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Sam 30 Mai - 22:02

Merci, Vlad! C'est ce que nous essayons de faire, à notre petit niveau, dans notre Boudoir: recueillir et stocker les informations sur tout ce qui touche à Marie Antoinette. Et, ce faisant, lorsqu'il y a matière à interrogations ou rectifications... eh bien... on y va!

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Sam 27 Juin - 12:12

madame antoine a écrit:
Je note la référence d'un autre article sur Quintin Craufurd.

http://www.le-prince-de-talleyrand.fr/craufurd.html

madame antoine

J'ai enfin eu le temps de lire cet article. Very Happy Il concerne beaucoup l'hôtel Cruafurd... mais un peu aussi nos amis. Du coup, j'en épingle quelques extraits:

Qu’était-ce que ce Quintin Craufurd dont les contemporains se sont plu à orthographier le nom de la façon la plus fantaisiste en l’écrivant tantôt Crawford, tantôt Crawfurd, tantôt Craufford avec deux f ou avec un seul, alors que la vraie orthographe est Craufurd puisqu’il a signé ainsi une pièce qui est aux Archives nationales ? Tous ceux qui se sont passionnés pour le drame de Varennes se rappellent certainement qu’au moment de la fuite du roi préparée par le comte de Fersen, la berline où devait prendre place la famille royale fut remisée jusqu’à l’heure du départ dans la maison d’un Anglais nommé Craufurd qui habitait alors rue de Clichy au n° 12. Personnage épisodique auquel l’histoire n’a jamais consacré que quelques lignes parce que dans cette affaire de Varennes la personnalité brillante et romanesque du comte de Fersen a absorbé celle de ses comparses, le Craufurd de la rue de Clichy est bien le même que le propriétaire de l’hôtel de la rue d’Anjou sous l’Empire et la Restauration. Ce descendant d’une noble famille de baronnets d’Ecosse avait trente-sept ans lorsqu’en 1780 il fit son apparition à Paris, retour des Indes. Il était parti là-bas à dix-huit ans engagé au service de la Compagnie des Indes, s’était signalé dans la guerre entre l’Angleterre et l’Espagne et était parvenu au grade de quartier-maître général. Nommé président des comptoirs de Manille, il y avait fait prospérer les affaires de la Compagnie sans pour cela négliger les siennes propres, de façon qu’il avait amassé rapidement une grosse fortune. Il était revenu alors en Europe et après avoir visité l’Italie, l’Allemagne et la Hollande, notre nabab s’était fixé à Paris, car, disait-il, comme un vrai baron de Gondremark « on peut faire sa fortune en tous lieux mais c’est à Paris qu’il faut en jouir. »



Château de la famille Craufurd

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Sam 27 Juin - 12:18

Gustave Bord, dans son ouvrage Autour du Temple, a dit de Craufurd qu’il était difficile de classer son caractère ; d’après cet historien, il joua le rôle d’agent politique secret du gouvernement anglais à Paris pendant les années qui ont précédé la Révolution faisant bonne figure dans l’aristocratie qui s’amusait, fort bien accueilli à Versailles et, cependant, fréquentant un milieu nettement hostile à la Cour, la société de Mme de Staël, de M. de Talleyrand, des Ségur, des Narbonne, des Noailles. Puis, au moment de l’évasion du roi, il se trouva intimement mêlé à cette intrigue ; non-seulement il remisa chez lui la berline historique, mais il quitta Paris presqu’en même temps que la famille royale, chargé d’emporter à Bruxelles l’argent qu’il devait tenir à la disposition de Louis XVI, une fois celui-ci hors de France. L’affaire manquée, après un séjour de quelques mois à Bruxelles et à Londres, Craufurd revint en décembre 1791 à Paris où, certes, sa situation ne dut pas être facile, car il s’en était fallu de bien peu que sa maison ne fût pillée et saccagée par la foule lorsque celle-ci avait appris par son cocher que c’était chez lui qu’on avait caché la berline. Cela ne l’empêcha pas, le lendemain même de son retour, de se présenter aux Tuileries pour faire sa cour aux souverains prisonniers dans leur palais. Là, si nous en croyons ses propres récits, souvent reçu en secret par la reine, il a été témoin de ses découragements, de ses angoisses ; elle lui a fait lire des lettres qu’elle recevait de Vienne ; à plusieurs reprises elle lui a demandé de la conseiller et, au moment où il dut quitter une seconde fois la France en avril 1792 parce qu’il n’y était plus en sûreté, elle le pria de lui laisser une pierre gravée qu’il portait en bague à son doigt.

– « Je vous la demande, lui dit-elle, j’aurais peut-être besoin de vous écrire et, s’il arrivait que je ne crusse pas devoir le faire de ma main, le cachet vous servirait d’indication ».

Elle ajouta :

« Je ne me fais pas d’illusion : il n’y a pas de bonheur pour moi !... Le seul espoir qui me reste, c’est que mon fils pourra du moins être heureux ! »




Portrait de Marie Antoinette troué par les assaillants de Tuileries

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Sam 27 Juin - 12:19

De 1792 à 1802, c’est-à-dire pendant les dix années qu’il passe hors de France, notre insulaire réside successivement à Bruxelles et à Aix-la-Chapelle en 1794, puis à Francfort en 1796, enfin à Vienne le reste du temps. Dans les Pays-Bas, il est l’agent officiel non classé de lord Auckland ; à Vienne nous le trouvons commissaire du gouvernement anglais attaché à l’armée autrichienne ; mais partout il est la Providence des émigrés dans la détresse, sa bourse leur est toujours largement ouverte. L’accueil qu’il trouva à Vienne près de l’empereur François II, la vie charmante qu’il y menait dans l’intimité du prince de Ligne, du baron de Thugut, de Sénac de Meilhan, l’auteur célèbre de l’Émigré, qui lui confia les mémoires de Mme du Hausset pour les faire éditer en France, ne l’empêchèrent pas de faire démarches sur démarches pour obtenir du Directoire, sans du reste y réussir, sa radiation de la liste des émigrés sur laquelle il figurait bien qu’il fût étranger, et de s’empresser de rentrer à Paris en plein hiver aussitôt que les évènements le lui permirent, c’est-à-dire à la première nouvelle des conférences ouvertes pour la paix d’Amiens en 1802.

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Sam 27 Juin - 12:28

De toute la brillante société avec laquelle il frayait naguère, il n’a retrouvé que quelques rares survivants. Ah ! Paris, ce Paris où il avait déclaré qu’il faisait si bon vivre, était bien changé ! D’autres, à sa place, découragés, seraient peut-être repartis chez eux. Mais lui, le déraciné, l’admirateur convaincu de notre génie français, l’épicurien qui savait goûter le charme de l’esprit parisien, à qui l’ambiance de Paris était nécessaire comme le soleil est nécessaire aux plantes, entreprit de s’y refaire une existence agréable en dépit des événements, de reconstituer ses collections de livres et de tableaux, de racheter un hôtel et dans ce cadre nouveau d’attirer tout ce que la tourmente révolutionnaire avait laissé subsister d’hommes remarquables par leur intelligence, leur éducation ou leur esprit.



India – Sikh History Account of India and the Sikhs 1790 - Quintin Craufurd


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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Sam 27 Juin - 12:37

La tâche n’était point aisée et peut-être n’en serait-il jamais venu à bout sans le concours de sa femme qui y apporta ce tact exceptionnel joint à cette connaissance parfaite des convenances et des traditions qu’elle possédait, paraît-il, au suprême degré. C’est que Mme Craufurd n’était pas la première venue. Il n’avait pas fallu, d’ailleurs, qu’elle le fût pour, étant née la fille d’un humble tailleur de Lucques, avoir réussi, passé la cinquantaine et après une jeunesse plutôt agitée, à faire régulariser par Quintin une liaison vieille de vingt ans et surtout à faire accepter cette régularisation, quelque peu tardive, par les gens du monde que fréquentait son mari.

Les aventures de jeunesse de Mme Craufurd rappellent celles des héroïnes de Casanova. Née en 1750, Anna-Éléonora Franchi à douze ans n’avait fait qu’un bond de l’échoppe paternelle sur les tréteaux du théâtre de Lucques, où elle avait débuté comme ballerine. Toujours ballerine à Venise, elle y épousait en 1768 un camarade Martini, se laissait, peu après, enlever et conduire à Stuttgard par le duc de Wurtemberg, où elle devenait plus ou moins son épouse morganatique, avait de lui un fils et une fille, M. et Mlle de Francquemont – cette dernière a épousé par la suite le général comte d’Orsay et a été la mère d’Alfred d’Orsay, le délicieux dandy de 1830, ainsi que de la duchesse Ida de Guiche. Congédiée par son duc, la belle Lucquoise aurait eu à Vienne une intrigue avec Joseph II et se serait fait expulser par Marie-Thérèse. Errante à travers l’Allemagne, le chevalier d’Aigremont la recueillit, la conduisit à Paris, où le frère du sous-ministre du roi d’Angleterre près de l’électeur de Trèves, Sullivan, se toqua d’elle au point de l’épouser en 1776 et de l’emmener avec lui aux Indes. Là-bas elle se fit enlever de nouveau par Quintin Craufurd qui, pas plus que les autres, ne put échapper au charme de sa beauté et ils revinrent ensemble en Europe. A Paris leur liaison, connue de tous les amis de notre Anglais, ne paraît pas lui avoir fait tort. La dame, probablement, savait rester chez elle et voyait surtout la colonie étrangère. Elle y trouvait d’agréables distractions dans la compagnie du comte de Fersen, à qui son amour pour la reine n’interdisait pas de chercher auprès de la séduisante Italienne des diversions à cette passion sans espoir. On ne s’ennuyait pas, semble-t-il, dans l’intimité de Mme Sullivan, si j’en juge par une lettre, extraite de la correspondance de Fersen, où il est question d’une danse espagnole exécutée certain soir de juin 1791 par la dame et l’ambassadeur d’Espagne au son des castagnettes après un dîner chez milord Randon à Londres en présence du prince de Galles ; « si ridicule, a déclaré ce dernier, qu’il avait pensé mourir de rire ».

Si à quarante ans Mme de Sullivan, que le même prince de Galles comparaît à une marchande de pommes, ne rappelait plus que de très loin, lorsqu’elle dansait avec l’ambassadeur d’Espagne au son des castagnettes, l’aérienne ballerine de Lucques et de Venise, il fallait pourtant qu’elle eût encore bien du charme et surtout infiniment d’habileté pour faire vivre côte à côte ses deux amants, Fersen et Craufurd, comme elle y parvint pendant leur séjour à Bruxelles après l’échec de la fuite de Varennes et, par-dessus le marché, pour jouir d’une si parfaite considération auprès des émigrés que le duc de Breteuil n’écrivait jamais à Fersen sans le charger de présenter ses hommages à Mme Sullivan et à Mlle de Francquemont. Et ce dernier lui répondait sur le même ton :

« Mme Sullivan me charge de vous dire mille et mille choses. Pauvre femme, elle a été hier au service pour les victimes du Deux-Septembre (Massacre des prisons à Paris). Elle a bien pleuré et en a été malade de toute la journée. M. Craufurd et Mlle de Francquemont désirent être rappelés à votre souvenir ».




Eleonore


Remarquons au passage l'appellation "pauvre femme", qui est celle que Fersen utilise aussi pour qualifier cette fameuse amie de l'été 1790... Voilà qui vient encore déforcer les assertions avancées un peu présomptueusement par Alma Söderhjelm. La pauvre femme si proche de Fersen, il semble de plus en plus manifeste que c'était sa maîtresse Eleonore Sullivan, et non Marie Antoinette.
http://maria-antonia.justgoo.com/t516p75-la-vision-d-alma-soderhjelm?highlight=alma

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Lun 29 Juin - 9:31

Informations sur Quintin Craufurd et la reine données dans les mémoires de Madame du Hausset:

Marie-Antoinette, au milieu d'une cour dont elle était l'ornement, semblait se dérober à ses hommages; elle voulait oublier l'élévation du trône pour goûter les douceurs de l'amitié. M. Craufurd était du nombre des étrangers que la Reine recevait avec le plus de bonté. « Tous ses mouvemens, dit-il, dans un écrit que je me plairai souvent à citer, avaient une grâce infinie; et cette expression si souvent prodiguée, elle est pleine de charme, était celle qui peignait le mieux l'ensemble de sa personne. Elle laissait apercevoir dans son intérieur, un caractère de bienveillance très-rare, même parmi de simples particuliers. Si Marie-Antoinette n'eût eu qu'une carrière ordinaire à parcourir, beaucoup de traits de franchise et de bonté, auraient répandu un vif intérêt sur sa mémoire. Mais est-il possible, continue M. Craufurd, de s'arrêter à des faits particuliers, quand les terribles catastrophes qui ont rempli les dernières années de sa vie appellent si fortement l'attention. (1)»

Il serait inutile de dire ici comment la nécessité d'une réforme amena un renversement ; il serait superflu de rappeler les fautes que fit la cour, les excès que commirent les factions, et comment Louis XVI se vit, en 1791, réduit à sortir en fugitif d'un palais où ses sujets le retenaient prisonnier.

M. Craufurd était du bien petit nombre d'hommes, à l'honneur, au dévouement, à la fidélité desquels était confié le secret du voyage de Varennes. La voiture qu'on avait fait établir exprès , resta déposée chez lui, rue de Clichy, plusieurs jours avant le départ. On sait combien le retour fut amer et douloureux; on sait de quels outrages fut abreuvée la famille royale, en traversant lentement les Champs-Elysées pour rentrer auxTuileries. M. Craufurd se trouvait alors à Bruxelles, mais deux cochers qu'il avait laissés à Paris, dans sa maison, étaient accourus avec la foule pour voir ce triste spectacle. L'un d'eux en apercevant la voiture, s'écria: « Je la reconnais; c'est celle qui a été remisée chez mon maître. » La multitude crie aussitôt qu'il faut démolir ou brûler la maison. On y courait déjà , quand l'autre cocher , brave homme nommé Jougman, nia le fait en ajoutant que la maison n'était point à M. Craufurd, mais à M. Rouillé d'Orfeuille, citoyen français. « Ma maison ne fut alors préservée du pillage, disait M. Craufurd en racontant cette circonstance, que pour être pillée plus tard avec plus d'ordre et de méthode par les comités révolutionnaires (2). »


(l) Notice sur Marie-Antoinette, Reine de France, extraite du catalogue raisonné de la Collection des Portraits de M. Craufurd; brochure tirée à un très-petit nombre d'exemplaires, en 1809, à Paris, et réimprimée in-8° en 1819.
(2) La brochure de M. Craufurd sur Marie-Antoinette contient ces paroles remarquables, au sujet du voyage de Varennes : « On a répandu que le Roi avait montré de la timidité; d'après ce que j'ai su de la Reine et de plusieurs autres personnes, je crois cette assertion fausse. Un grand nombre de circonstances prouvent incontestablement qu'il avait du courage personnel. S'il montra de l'inquiétude ou des craintes à Varennes, ce n'était pas certainement pour lui-même, mais pour ceux qui se trouvaient avec lui. Il connaissait parfaitement tous les dangers de sa position et n'en était pas abattu. Une seule crainte paraissait toucher ce prince : au commencement de 1791, il disait : Si du moins ma famille était en sûreté! »

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MessageSujet: Re: Des amis de la reine - le couple Craufurd   Mar 14 Juin - 14:20

Merci de nous accueillir en votre Boudoir.

Petit portrait de Mr Craufurd en son Hôtel par Leroux-Cesbron :

Qu’on se représente maintenant le propriétaire de toutes ces merveilles faisant les honneurs de sa galerie à quelque grande dame étrangère, comme la princesse d’Esterhazy, avec cette galanterie fine, aimable et décente, cette politesse exquise, cette simplicité distinguée dont il avait acquis le secret dans la fréquentation de la société de l’ancien régime ; avec cela, un esprit juste et vif, des connaissances assez techniques en art étayées sur un goût très sûr. Charmant causeur, en outre, sa conversation était variée, instructive ; il y semait ses souvenirs – et Dieu sait s’il en avait – ainsi que des réminiscences de ses lectures, le tout assaisonné de beaucoup d’humour ; mais il avait, entre toutes, une grande qualité, celle de savoir écouter causer ses interlocuteurs et d’être à l’occasion silencieux ; c’est un mérite bien rare chez un homme d’esprit.


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