Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Anne Quatsault, soldat de la Révolution

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MessageSujet: Anne Quatsault, soldat de la Révolution    Mer 14 Aoû - 20:35

La vie d'une femme soldat de la Révolution

http://www.gatinaisgeneal.org/michelf/nargis/4_le_temps_des.../25_aq3.htm‎

Comme la page semble introuvable . Voici son histoire :


Après quelques heures de marche, elle rencontre des marchands conduisant un troupeau de boeufs à Paris. Questionnée, elle raconte ses mésaventures, et dit qu'elle cherche une famille de placement. Elle chemine avec eux alors que son chien surveille le troupeau. Arrivés à une auberge, Anne étant sans le moindre sou, les marchands lui paient son dîner.

Ils lui achètent pour 24 livres son chien, ce qui la met un peu en fonds, mais la prive de son brave compagnon. Laissant les marchands, elle continue sa route jusqu'à l'orée de la forêt de Fontainebleau, où la nuit la surprend. N'osant traverser dans le noir elle s'endort au bord d'un fossé.

Elle reprend son chemin dès l'aube et rejoint Fontainebleau dans le milieu de la journée. Elle s'enquiert auprès de divers habitants et fait valoir sa qualité de servante. Rien ne plaidant en sa faveur, elle se désole et pleure assise sur une borne, lorsqu'une brave femme lui offre le gîte.

Le lendemain, elle reprend ses recherches et passe devant un bureau d'enrôlement de volontaires pour sauver la Patrie en danger.

Anne s'y arrête, émerveillée par l'enthousiasme patriotique des jeunes gens et par l'uniforme rutilant d'un artilleur présent devant le bureau; elle prend rapidement sa décision.

Elle se rend chez un fripier, achète des vêtements de garçon, puis chez un perruquier se fait couper les cheveux qu'elle vend trois livres.

Elle se change en forêt, et c'est " un jeune garçon " de quinze ans, au teint bruni par le soleil, qui se rend au bureau d'enrôlement.

- "Que voulez-vous, mon ami ?" lui demande le sergent recruteur.
- "M'enrôler !
- Comment vous nommez-vous ?
- Jean Quatsault, né à Nargis près de Montargis.
- Votre âge ?
- Quinze ans et demi .
- Avez-vous des parents ?
- J'ai perdu mon père et ma mère à l'âge de trois ans. Je n'ai que des
frères et soeurs.
- Quelle arme désirez-vous ?
- L'artillerie.
- Mais votre taille est trop petite et vous n'êtes pas assez fort.
- Oh! je suis jeune; je grandirai, puis j'ai tant de bonne volonté, que cela me donnera les forces nécessaires ".

Le sergent sourit et transmet la demande d'enrôlement; après quelques hésitations, on décide de l'admettre dans la brigade d'artillerie de Seine-et-Oise.

Elle y apprend l'exercice, à monter à cheval, à conduire et bientôt, elle fait partie comme charretier(e) du Train de batterie d'artillerie légère. Pour tous, elle était Jean Quatsault, accomplissant son service, avec ponctualité.

Ses premières campagnes s'effectuent en Vendée. Elle passe ensuite dans l'armée du Nord, dans le "Camp de la Lune", supportant avec courage les grandes fatigues et les vicissitudes climatiques, qui font mourir de froid certains soldats. Elle affronte les Coalisés, Anglais, Prussiens, Autrichiens, Saxons, Bavarois.

Après l'évacuation de la Belgique, des villes importantes tombent: Mayence, puis Valenciennes. Les coalisés assiègent Maubeuge. Anne fait partie du corps d'armée que le général Jourdan conduit au secours de la place. La bataille de Wattignies gagnée par les Français a le mérite de débloquer Maubeuge. Elle participe avec ardeur au combat. Au cours d'une marche en avant, sa batterie est culbutée. Presque tous les hommes sont tués ou hors de combat.

Elle conduit une pièce, veut la ramener. En effectuant un demi-tour, un boulet tue les chevaux et renverse les conducteurs. L'un est tué; l'autre, Anne, est grièvement blessée à la cuisse. Sans connaissance elle est transportée à l'ambulance. Revenue à elle, elle craint que les soins dont elle fait l'objet ne finissent par révéler son sexe.

Elle veut retourner au combat, se prétendant peu touchée. A peine est-elle debout, qu'il faut la soutenir pour qu'elle ne tombe pas. Fiévreuse, affaiblie, elle ne peut se soustraire à la visite du chirurgien qui découvre la vérité.

La nouvelle se transmet comme une traînée de poudre; toute l'armée sait qu'une femme a servi sous l'uniforme d'artilleur, qu'elle fait partie des meilleurs qui ont servi avec ardeur et courage. Le général Fromentin se rend à son chevet pour l'interroger après sa blessure. De son enquête, il ressort que personne ne connaissait la véritable identité de Jean Quatsault.

Le général la félicite, lui accorde un congé, mais refuse de la reprendre dans l'armée.

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MessageSujet: Re: Anne Quatsault, soldat de la Révolution    Mer 14 Aoû - 20:36

La convalescence d'Anne se prolonge tout l'hiver 1793. Au printemps 1794, elle arrive à Paris, dans son uniforme en loques. Elle se présente au Comité de la guerre où elle rencontre le citoyen Gossuin, chargé de mission de l'Armée du Nord. Après enquête faite auprès du général Fromentin, Anne reçoit du Ministère de l'Intérieur une provision de 150 livres. Le 3 floréal an II, Gossuin raconte l'histoire d'Anne à la Convention Nationale.

"Quintidi 5 floréal an 2 (jeudi 24 avril 1794) - Le Moniteur Universel.

Convention Nationale - Séance du 3 floréal.

Gossuin, au nom du Comité de la guerre.

La citoyenne Quatresous n'a pas seize ans; il y en a trois, que par une de ces inspirations que l'Amour de la Patrie peut seule expliquer, elle s'est à la faveur du déguisement, rangée sous les drapeaux de la République.

C'est en vain qu'elle fut d'abord repoussée par l'âge et la taille, lorsqu'elle se présenta, en mai 1791 au milieu des citoyens de son canton pour servir comme volontaire; sa résolution s'est fortifiée par les obstacles mêmes, et elle est parvenue à s'engager à la conduite des chevaux d'artillerie à Fontainebleau, d'où elle partit pour l'armée de Vendée; elle fut ensuite à l'armée du Nord et de là dans la Belgique.

C'est dans cette contrée que cette courageuse citoyenne a concouru à nos premiers succès, et s'est exposée à tous les dangers, toujours à la conduite des canons, aux sièges de Liège, d'Aix-la-Chapelle, de Namur et de Maestricht.

De retour dans le Nord, elle a été au siège de Dunkerque et à la bataille d'Honschoote, où elle eut deux chevaux tués sous elle, après avoir été elle-même renversée par le souffle d'un boulet.

Lors du bombardement de Valenciennes où elle se trouva, elle fut réduite de vivre de la chair de cheval pendant trois jours.
Tels sont les principaux traits de civisme dont l'adolescence de cette intrépide républicaine se trouve déjà honorée.
A juger de son exactitude à remplir ses devoirs, de la décence de son maintien et de sa persévérance à taire son secret, il n'y a pas de doute que son intention ne fût de rester à l'armée pendant toute la durée de la guerre.
Mais quoiqu'elle n'eût confié ce secret à personne, un hasard imprévu l'a trahi, et dès lors il ne lui a plus été possible de suivre son inclination belliqueuse, qui n'est pas moins digne d'admiration.

C'et ainsi que s'exprime le certificat de tout le corps d'artillerie auquel cette jeune héroïne était attachée, et du général Fromentin, commandant une division de l'armée du Nord. Il constate qu'elle ne s'est jamais fait remarquer que par le courage et le patriotisme les plus prononcés.
Il est une particularité remarquable dans la vie de cette citoyenne et qui semble peut-être mériter d'être recueillie dans les annales du républicanisme; c'est lorsque, dans la seule confidence d'elle-même, loin encore de l'âge où toutes les facultés se développent, et trouvant sans doute dans l'énergie de son heureux caractère toutes les ressources que donnent des habitudes martiales et l'expérience, elle a médité et exécuté spontanément un plan qui, dans l'homme courageux et familier aux grands évènements, eût peut-être été l'objet de longues réflexions.
Il est vrai que, née sous le chaume, elle a été élevée à l'école de deux grands maîtres: la nature et le malheur qui donnent toujours à l'âme un ressort tout puissant pour vaincre les difficultés des grandes entreprises; et si l'on ajoute que tout s'aplanit, surtout devant celles qui ont l'amour de la liberté pour objet, on aura l'explication du phénomène rare que présente la conduite vraiment héroïque de la citoyenne Quatresous dans la pénible et glorieuse carrière qu'elle a parcourue.

Dans le dénuement absolu où elle s'est trouvée en arrivant à Paris, elle s'est présentée au Comité de la guerre de la Convention, qui l'a renvoyée auprès du Ministère de l'Intérieur pour une provision de 150 livres qu'elle a obtenue.

Mais elle attend de la justice nationale, le sort qu'elle estimera devoir lui accorder d'après le témoignage authentique des vertus civiques dont cette jeune citoyenne a constamment donné l'exemple pendant les trois ans qu'elle a combattu, ignorée et sans appui, sous les drapeaux de la République".

"Voici le décret que je suis chargé de vous présenter":

"La Convention Nationale après avoir entendu le rapport de son comité de la guerre sur la conduite vraiment héroïque de la citoyenne Quatresous, âgée de seize ans, qui à la faveur du secret qu'elle a constamment tenu sur le déguisement de son sexe, s'est rangée sous les drapeaux de la Patrie, et a été employée depuis 1791 -vieux style- à la conduite des chevaux d'artillerie dans les armées de la Vendée et du Nord;

Considérant que cette patriote s'est exposée à tous les dangers aux sièges de Liège, d'Aix-la-Chapelle, de Namur, de Maestricht, de Dunkerque et à la bataille d'Hondschoote, où elle eut deux chevaux tués sous elle; qu'elle a également montré le plus grand courage pendant le bombardement de Valenciennes;

Décrète que la citoyenne Quatresous jouira pendant sa vie, sur le Trésor National, d'une pension de 300 livres, laquelle sera augmentée de 200 livres à l'époque de son mariage.

Il lui sera payé en outre à la Trésorerie Nationale, sur la présentation du présent décret, une somme de 150 livres pour se procurer des vêtements".

Ce décret est adopté.
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MessageSujet: Re: Anne Quatsault, soldat de la Révolution    Mer 14 Aoû - 20:37

Après avoir combattu les ennemis de la Patrie elle ne conserva point de ressentiment contre eux, bien au contraire. Rentrée dans ses foyers elle épouse un soldat allemand, prisonnier de guerre à Montargis. Le 16 fructidor de l'an VII de la République, une et indivisible ( 2 septembre 1799 ), Pierre Prévost, officier public de la commune de Montargis, procède au mariage du citoyen Pierre Léonard Bayer, journalier à Puy-la-Laude, âgé de 32 ans, natif de Francfort sur le Main (1) et de la citoyenne Anne Quatsault. Ils s'installent à Montargis, et ouvrent une petite auberge située près de l'église, qu'on désigna sous le nom de l'auberge de la Mère Quatre Sous.

L'invasion de 1814, lui fournit l'occasion de se faire remarquer à nouveau.

Des Bavarois cantonnés à Montargis étaient logés chez l'habitant. L'auberge d'Anne en abritait quatre, qui s'y nourrissaient amplement aux dépens de leur hôtesse, occupation oblige. Un jour que notre aubergiste est seule au logis, les Bavarois enhardis par l'absence du mari, exigent quatre bouteilles de vin. D'un signe, elle leur fait comprendre de donner d'abord la monnaie.
Entrant dans une grande colère, ils menacent verbalement, et voyant le peu d'effet sur Anne, tirent leurs armes de leurs fourreaux. Ils s'élancent sur Anne, pour lui donner des coups de " plat de sabre". Son sang ne faisant qu'un tour, elle s'empare d'un fusil muni de sa baïonnette, retrouve son ardeur d'artilleur, fonce sur ses agresseurs, en blesse deux alors que les deux autres s'enfuient.

Anne est immédiatement convoquée à la Mairie où l'Etat-major qui est en conférence avec le Maire, a été informé des événements. Le commandant du détachement menace de représailles, voire de pillage de la ville si aucune punition n'est infligée à Anne. Le maire inquiet, reproche à Anne, ses penchants pour la violence.
Encore sous l'effet de la colère, elle réplique, ne comprenant pas que l'on puisse subir plus longtemps l'arrogance de l'occupant, et menace de faire sonner le tocsin et de faire se soulever la ville. Le commandant bavarois se fait traduire les propos d'Anne et sourit. Un jeune lieutenant la traite de folle. Anne qui connaissait la langue de par son mari, bondit sur l'officier le soufflette et lui dit: " Toi ! va porter cela à ton capitaine; il te donnera pour boire ".

C'en est fini pour Anne qui voit son salut dans l'arrivée d'une estafette remettant au commandant une dépêche urgente. La lecture faite en allemand fait dire à Anne s'adressant au maire: " Ne craigniez plus rien, ils viennent d'apprendre que les Français vainqueurs à Montereau, se dirigent sur Montargis. Ils ont plus peur que nous et ne tarderont pas à détaler ". Elle avait raison; l'Etat-major ne fait plus attention à eux et organise l'évacuation.

Anne accueille avec bonheur le retour de Napoléon Ier. Mais avec l'exil arrivent les mauvais jours et le règne des Bourbons . Sa pension accordée par la Convention Nationale ne lui est plus payée. Elle réclame; on ne répond pas.

Lasse d'attendre, elle se rend à Paris, sollicite un entretien avec le Ministre de le Guerre. Ce dernier, attentif, aux récits d'Anne est ravi; il la présente à Louis XVIII qui la complimente, lui fait rendre sa pension, avec paiement de l'arriéré. Rentrée chez elle à Montargis, elle y mène une vie paisible. Pierre Bayer décède le 21 septembre 1838. Elle meurt à Montargis le 6 mars 1843.

Telle a été la vie d'Anne Quatsault, soldat de la Révolution et aubergiste rue du Pâtis. Les détails de son histoire sont connus par une brochure écrite par son petit-fils, Jean-Pierre Bayer dit Quatresous, et publiée par l'imprimerie Bernaudin à Evreux.

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