Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Madame Louise de France

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MessageSujet: Madame Louise de France   Mar 12 Fév - 9:59

Extraits de biographies

Madame Louise de France (1737 – 1787)


Madame Louise dans toute la candeur de sa jeunesse

"Louise naît à Versailles le 15 juillet 1737. Elle est désignée comme Madame Septième, née Huitième, puisque l’une de ses sœurs est morte quatre ans auparavant. En dix ans, la reine a mis au monde dix enfants. Un seul des deux garçons a survécu. Epuisée par tant de naissances qui ont assuré fragilement l’avenir de la dynastie, Marie Leszczynska continue de tenir sa cour tout en se ménageant une vie intime de prière et de méditation. La petite princesse rejoint ses sœurs aînées dans l’aile des Princes qui domine le parterre du Midi et l’Orangerie. Dès ses premiers jours, elle est entourée des soins empressés de sa nourrice et des douze personnes attachées à sa Chambre sous les ordres de Madame de Tallard, gouvernante des Enfants de France. Meubles et fournitures sont livrés quinze jours avant la naissance de la princesse. Est aussi livrée de la vaisselle d’or et de vermeil, gravée des armes du roi et de la légende des Enfants de France.
Une année à peine a passé quand le couple royal se sépare de ses filles cadettes. Les quatre plus jeunes princesses sont conduites à l’abbaye de Fontevraud. Leur éducation est confiée aux religieuses. Le voyage fut une véritable expédition qui égrena lentement, à travers les plaines de la Beauce, un lourd cortège de neuf voitures et vingt fourgons, encadré d’un détachement des Gardes du Corps.
Madame Louise une fois revenue à Versailles, n’oublia pas cette paroisse où elle avait aussi reçu la première communion et la confirmation. Les princesses continuèrent d’y faire leurs Pâques chaque année, même après l’achèvement de leur chapelle privée. En 1755, elles envoyèrent au curé un tableau représentant « Saint Joseph tenant dans ses bras l’enfant Jésus ». »
L’éducation que la petite princesse reçoit des religieuses à qui elle est confiée tend à la préparer au rang qu’elle aura à tenir dans le monde, mais aussi à dompter son orgueil et sa vivacité parfois mordante. A une suivante qui, un jour, tarde à la satisfaire, elle rappelle avec dédain Je suis la fille de votre roi !… Et moi, Madame, je suis la fille de votre Dieu ! s’entend-elle répondre. Elle acquiert ainsi une lucidité qui lui permet de se remettre en question et de se corriger. Sans doute se souviendra-t-elle des talents pédagogiques de ses éducatrices quand elle aura elle-même la charge du noviciat à Saint-Denis.
Toute petite, Madame Louise apprend à aimer Dieu, ressentant déjà, de façon enfantine le désir de se donner toute à lui. Sa générosité allant avec l’impétuosité de son tempérament est accompagnée cependant du scrupule d’être indigne de tant d’amour.
Jamais le couple royal ne fera le voyage pour rendre visite à ses filles. En septembre 1747 cependant, Jean-Marc Nattier est dépêché auprès d’elles pour faire leurs portraits. En découvrant le visage de Louise la reine commente : … « je n’ai jamais rien vu de si agréable que la petite. Elle a la physionomie attendrissante et fort éloignée de la tristesse […] elle est touchante, douce spirituelle ». Le peintre a su faire ressortir le charme et la fraîcheur de la petite princesse. Il a aussi habilement « gommé » la déformation de son dos, due à une scoliose ou à une mauvaise chute que Louise aurait faite en voulant descendre seule de son lit alors qu’elle était encore à Fontevraud. Il y a loin du charme de la petite fille à l’apparence, peu avenante il faut bien le dire, de la princesse qui plus tard se dépeindra ainsi, avec un humour teinté de cruauté : « Votre servante est fort petite, grosse tête, grand front, sourcils noirs, yeux bleu-gris-brun, nez long et crochu, menton fourchu, grasse comme une boule et bossue ».
Revenue en octobre 1750 à Versailles, avec sa sœur Sophie, Louise restera à la Cour jusqu’en 1770. Loin d’être éblouie par tout ce faste, Louise observe et se tient à distance des querelles et des intrigues. En fait, malgré l’apparat et le faste, la vie à la Cour est d’un ennui mortel. Même allégée depuis la mort de Louis XIV, l’étiquette s’y révèle extrêmement contraignante. L’existence des princesses est d’une languissante monotonie.
Louise ne faillit cependant pas à ses obligations. Elle s’astreint scrupuleusement à remplir les devoirs qui incombent à son rang, mais elle suit volontiers les chasses du roi. « Condamnée à couler mes jours dans ce monde, véritable exil pour moi …
je dois m’y regarder comme étrangère, comme captive ».

En fait, Louise mène à la Cour une vie retirée, autant que le lui permet son rang. Sa réserve ne vient pas de sa timidité, elle aurait plutôt un tempérament emporté qu’elle maîtrise à force de volonté. Pas de langueur non plus chez cette jeune femme qui n’est pas insensible aux plaisirs de l’existence. Pas de rêverie romantique pour cet esprit lucide. La princesse est sans illusion sur elle-même. Mais elle a très tôt l’intuition profonde d’un appel indicible qui se confirmera de plus en plus. « Je le sens [le Seigneur] m’appelle à quelque chose de plus élevé et qui m’attache plus particulièrement à son service. Ce qu’il veut, ce qu’il exige de moi, c’est une conformité plus exacte à la morale de l’Evangile qui dit “Que celui qui veut être à moi porte sa croix et qu’il me suive” »
L’entrée au Carmel, en 1751, de Madame de Rupelmonde qui vient de perdre en quelques mois son époux, son fils de quatre ans et son père, frappe la princesse qui assiste à la cérémonie de prise d’habit. Sa vocation se précise, bien qu’elle ne sache pas encore vers quel ordre se diriger. « Pendant la cérémonie et avant de sortir de l’église, je pris la résolution de demander tous les jours à Dieu qu’il me donnât les moyens de briser les liens qui me retenaient dans le monde, et de pouvoir être un jour, sinon carmélite, car je n’osais me flatter d’en avoir la force, du moins religieuse dans une maison bien régulière ».
« Je vais vous dire les motifs qui m’ont engagée à quitter le monde, tout brillant qu’il pût être pour moi […] : mes péchés, ce qu’il en a coûté à Jésus-Christ pour nous sauver, la nécessité de la pénitence en cette vie ou en l’autre, bien difficile dans une vie aisée, surtout aimant autant ses aises que je les aimais, la parabole du chameau qui passerait plutôt par le trou d’une aiguille qu’un riche n’entrerait dans le Royaume du Ciel, la nécessité de l’aumône qui doit s’étendre sur tout le superflu, et ce superflu pour moi était immense, enfin le désir de posséder Dieu éternellement et de jouir de la couronne qui nous est préparée dans le ciel ».
Le Carmel, auquel sa mère est attachée, l’attire. En 1762 en tous cas, elle est déterminée à y entrer. Elle se procure les constitutions de Sainte Thérèse d’Avila et une robe de bure qu’elle s’habitue à porter dès qu’elle se retrouve seule dans ses appartements. A l’insu de tous, elle mène au cœur du château une vie monacale : sans attendre que son désir se réalise, elle s’exerce à la vie à laquelle elle aspire. « J’avais pris, dès lors quelques renseignements sur la vie que mènent les carmélites et, sans avoir encore de vocation exclusive pour l’ordre dans lequel je me consacrerais au Seigneur, j’étais néanmoins assez décidée pour le leur, à moins que des difficultés insurmontables ne m’en fermassent l’entrée ».
"

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_de_France
http://www.carmel.asso.fr/-Madame-Louise-de-France-.html
http://f.duchene.free.fr/berssous/07.htm
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Mar 12 Fév - 9:59

Extraits de biographies

"Retenue à Versailles pendant de longues années, elle ne cherche pas de vain prétexte pour remettre à plus tard l’effort quotidien de la régularité d’une existence consacrée. Au jour le jour, tout en respectant les obligations de son rang, elle trouve l’occasion d’une existence humble et fidèle. Au fil de l’année liturgique elle rédige le carnet de bord de sa longue traversée du désert. Chaque grande fête de la vie du Christ lui est un repère dont elle tire enseignement de même qu’elle s’inspire de la vie des saints pour en suivre l’exemple. Elle s’applique continuellement et sans complaisance à un examen de conscience où elle ne laisse rien échapper au regard miséricordieux de son Dieu. "


"Réceptions d’ambassadeurs, dîners officiels en public, présentation des dames de la Cour en grande robe noire dans la chambre de la reine, bal dans la grande galerie ou la galerie des glaces, expositions d’œuvres d’art dans le salon d’Hercule, revues militaires, représentations de théâtre ou concerts se succèdent sans que la princesse ait à se soucier de l’organisation de son emploi du temps. Cependant, la vie de représentation à laquelle la contraint son rang lui pèse de plus en plus. Elle en vient à se sentir prisonnière dans ce château où son âme s’égare de demeure en demeure, dans les mirages renvoyés à l’infini par les miroirs où se reflètent les scintillements du siècle des Lumières.
« Voyez l’esclavage où je suis, l’agitation où je vis, mes prières gênées, mes méditations coupées, mes dévotions contrariées ; voyez les affaires temporelles dont je suis assaillie, voyez le monde qui sème sous mes pas ses pompes, ses jeux, ses spectacles, ses conversations, ses délices, ses vanités, ses méchancetés, ses tentations sans que je puisse ni fuir ni me détourner ».
Seul Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, est dans la confidence. Il incite la princesse à la patience. Depuis le retour à Versailles en 1750, vingt ans se sont écoulés avant que le vœu le plus cher de Louise se réalise. Elle commence à se désoler d’être ainsi sans cesse retardée dans l’accomplissement de sa vocation et s’en remet à Sainte Thérèse dans une neuvaine où elle clame son impatience.
« ô ma bonne Mère, que faut-il donc de plus ? Mes jours se dissipent, mes années s’écoulent ; hélas ! que me restera-til à donner à Dieu ? Vos filles elles-mêmes ne me trouveront-elles pas trop âgée ? Ouvrez-moi donc enfin, ô ma Mère, ouvrez-moi la porte de votre maison, tracez-moi la route, frayez-moi le chemin, aplanissez-moi tout obstacle ; dès le premier pas, j’ai besoin de tous vos secours pour me déclarer à celui dont le consentement m’est nécessaire ; faites-moi naître une occasion favorable, préparez-moi son coeur, disposez-le à m’écouter, défendez-moi de sa tendresse, défendez-moi de la mienne, donnez-moi avec le courage de lui parler, des paroles persuasives qui vainquent toutes ses répugnances ; mettez-moi sur les lèvres ce que je dois lui dire, ce que je dois lui répondre ; parlez-lui vous-même pour moi, et répondez-moi pour lui ».
Les deuils successifs qui frappent la famille royale la retiennent sans doute auprès des siens. Le Dauphin, meurt en 1765, suivi deux ans plus tard par la Dauphine. Entre temps, le grand père Stanislas Leszczynski a disparu, brûlé vif accidentellement. Puis c’est le tour de la reine qui s’éteint en 1768. Louise n’est plus retenue à la Cour que par l’affection profonde qu’elle porte à son père.
Enfin, le 30 janvier 1770, Christophe de Beaumont demande audience au roi et lui annonce l’intention de sa fille de se faire carmélite. Louis XV est consterné, mais connaissant la détermination de Louise il sait qu’elle ne s’engage pas sur un coup de tête : « c’est cruel, c’est cruel, c’est cruel » répète-t-il « mais si Dieu la demande je ne puis pas la refuser, je répondrai dans quinze jours ». Le 16 février suivant, il accepte, la mort dans l’âme.

C’est à Saint-Denis, à deux pas de la nécropole des rois de France, que Louise a décidé de passer désormais sa vie. Elle a choisi un couvent pauvre, si austère aussi qu’on le surnomme « la trappe du Carmel ». Pour la communauté sa venue est providentielle. Menacées d’être dispersées en raison de leur trop grande pauvreté, les religieuses ont entamé, dès le 8 février, une neuvaine au Cœur de Marie pour obtenir un secours du ciel. L’une d’entre elles en plaisantant a fait la remarque « il nous faudrait au moins une fille de roi ! » La prière des sœurs a donc été exaucée au-delà de ce qu’elles pouvaient imaginer.
L’intention de Louise n’est pas qu’on la traite comme une princesse du sang. Elle vient ici pour partager la vie humble et cachée des moniales et accepte bien malgré elle quelques aménagements à la Règle qui lui permettront de s’habituer à son nouveau sort. S’il en est un qu’elle apprécie toutefois, c’est de pouvoir s’aider de cordes qui lui servent de rampe dans l’étroit et raide escalier du couvent. Jamais elle n’a descendu seule les marches du château. Toujours aidée par un page, elle est maintenant prise de vertige face au vide et doit s’asseoir pour ne pas tomber. Mais mis à part quelques détails de la vie quotidienne, elle se met avec bonheur à sa nouvelle existence et supporte avec abnégation la rudesse de sa nouvelle condition.
Louise qui a reçu le nom de Sœur Thérèse de Saint-Augustin se coule avec facilité dans cette nouvelle vie à laquelle elle s’est secrètement préparée. Elle entend être traitée à l’égal de ses nouvelles sœurs, et n’accepte que par obéissance et à contrecœur quelques accommodements. Ses sœurs, qui n’ont appris qu’après son départ sa décision, viennent la visiter. Pour petite anecdote, Madame Adélaïde, prise d’émotion en apprenant par son père Louis XV le départ de Madame Louise se serait écrié « Avec qui ? ». La toute jeune Marie-Antoinette à peine arrivée en France pour épouser le Dauphin, futur Louis XVI, se rend aussi à Saint-Denis pour faire la connaissance de sa tante. C’est même elle qui lui remettra le voile le 10 septembre 1770, jour de sa prise d’habit. Un an plus tard, le 11 septembre 1771, Madame Louise fait profession. A la cérémonie privée, en succède une seconde, publique, au cours de laquelle, en présence d’une vingtaine d’évêques et d’une nombreuse assemblée, elle reçoit le voile noir des mains de la comtesse de Provence (épouse du futur Louis XVIII).
Le lendemain de sa prise de voile, elle est nommée maîtresse des novices. Son expérience du monde, sa finesse psychologique, la font apprécier par celles qui lui sont confiées. Toutes gardent le souvenir des conseils avisés qu’elle a su leur donner pour les guider avec une ferme douceur. Elle leur est elle-même très attachée et se dit édifiée par leur ferveur.
Si la pédagogie de Madame Louise à l’égard des jeunes religieuses qui lui sont confiées s’appuie sur un jugement sain et équilibré, l’exemple qu’elle donne jour après jour lui vaut aussi l’estime de toutes les sœurs. Sa piété est aussi éloignée du Quiétisme que du Jansénisme. Sereine, mais sans complaisance, lucide, mais sans rigueur excessive ou vain orgueil, elle repose sur un fond de bons sens qui fait bien le propre de son caractère. Sa charité active se traduit par maints petits gestes attentionnés envers ses sœurs. Elle qui, à Versailles, avait toujours été servie, n’hésite pas à arranger la paillasse de telle d’entre elles pour lui en éviter la peine.
A la fin de l’année 1771, Madame Louise est nommée dépositaire, c’est à dire sœur économe. Elle gardera longtemps cette tâche qu’elle accomplira avec perspicacité. Elle fait effectuer de nombreux travaux dans le carmel dont elle surveille de près l’exécution, comme l’attestent ses nombreux billets à M. Collemberg, le chargé d’affaires de la communauté.
Sous le règne de Louis XVI, le projet - déjà envisagé sous Louis XV - de reconstruire l’église délabrée, est mené à bien. Les plans établis par Fleuret, professeur à l’école militaire ne sont pas retenus ; les travaux sont confiés dès 1779 à Richard Mique. Elle ne manque pas à l’occasion de manifester son impatience, voire son agacement devant la lenteur des travaux et ne s’en laisse pas conter quant à la qualité et au coût des matériaux.
Le chantier est aussi retardé par des "accidents de travail. En 1780, un charretier est écrasé sous les pierres qu’il transporte. La communauté émue assure les frais de son enterrement. En 1782, un ouvrier a le doigt écrasé ; Madame Louise le déplore : « cela fait grand pitié ». Quand le Saint Sacrement est installé dans le nouveau chœur le 28 mai 1784, reste l’aménagement et la décoration à terminer. Madame Louise demande à Richard Mique d’intervenir auprès du sculpteur Deschamps.
En novembre 1773, Madame Louise est élue prieure, puis réélue trois ans plus tard. Elle sera à nouveau appelée à cette charge en 1785. Toujours active, elle refuse cependant d’intervenir en toute affaire de privilège : « Il faut faire oublier tout ce que j’ai été ». Pourtant elle sait rappeler l’autorité de sa naissance et se dépense sans compter dès qu’il s’agit du bien de l’Ordre et de l’intérêt de la Religion. Elle qui voulait disparaître du monde, comprend peu à peu qu’il lui faut accepter sa naissance et assumer son rang jusqu’au fond de son couvent, pour la plus grande gloire de Dieu. Elle sera princesse et carmélite.
L’application la plus aboutie de l’influence des Lumières en politique est la signature par Louis XVI de l’édit de tolérance, par lequel l’état civil est reconnu aux protestants, sans que toutefois leur soit accordée une totale liberté de culte. Madame Louise ressent la mesure comme une véritable trahison. Sans doute, ici ne fait elle pas preuve d’ouverture d’esprit ! Mais elle est de son temps, droite, cohérente avec elle-même, ferme dans ses convictions. Fille de France, elle n’admet pas que le roi puisse manquer au serment du Sacre de défendre la foi catholique et de combattre l’hérésie. Peut-on lui reprocher de se soucier du salut de l’âme en même temps que du réconfort moral et physique de ses semblables ? Peut-on lui reprocher de se désoler de l’édit de 1787, elle qui pense sans doute sincèrement que son neveu, en cédant à la mode des temps laisse s’égarer des chrétiens dans des chemins de perdition ?
Plus qu’idéologiques, ses prises de position sont avant tout empreintes d’une charité active. Et c’est bien en ce sens, qu’en juin 1783, elle accueille à Saint-Denis les treize religieuses du carmel de Bruxelles, chassées de leur couvent par la politique de Joseph II, frère de Marie-Antoinette, qui gouverne seul l’empire autrichien depuis 1780 et qui entend que les Flandres soient « balayées de tous les fainéants contemplatifs ». En « catholique éclairé », il pense que l’Eglise, soumise à l’Etat, doit participer à la construction du bonheur dès ici-bas. Pour cela, la foi doit être épurée de toute superstition et le clergé de ses membres parasites : contrairement aux enseignantes et aux hospitalières, les contemplatives, à ses yeux, ne contribuent en rien au bien commun.
Elle qui avait tant souhaité qu’on oublie son état comprend peu à peu que par les relations que lui valent son rang, elle peut se mettre au service de l’Eglise. Toujours elle refusera d’intervenir en toute affaire de privilège ou de bénéfice, mais dès qu’il y va de l’intérêt de l’Ordre et de la défense de la pureté de la foi, elle se démène sans compter. Tout au long de sa vie, elle entretient une correspondance suivie avec de nombreuses personnalités, n’hésitant pas à jouer de son influence pour venir en aide à une communauté en difficulté, ou à encourager une vocation. Ainsi fait-elle parrainer par Marie-Antoinette Madame Lidoine qui, reconnaissante, prendra en religion le nom de Thérèse de Saint-Augustin. Devenue prieure du carmel de Compiègne, elle montera la dernière à l’échafaud après toute sa communauté, le 17 juillet 1794.
Madame Louise elle, ne connaîtra pas le martyre. Brutalement frappée par la maladie, elle meurt en 1787, âgée de cinquante ans. Ses dernières paroles disent toute son impatience pour enfin rejoindre l’Epoux en son Royaume : « Allons vite au galop, au Paradis ! » En son temps, elle avait déjà compris le prix des petits sacrifices quotidiens assumés avec discrétion et persévérance. Son plus grand titre de gloire se trouve dans la fidélité à un « Oui » renouvelé jour après jour. « L’héroïcité » de ses vertus, se fonde dans une constante attitude d’obéissance face à une réalité joyeusement assumée ; le secret de sa sainteté, dans l’intuition d’une « petite voie bien droite » : une voie royale ! En octobre 1793, les révolutionnaires saccagent les tombes de Saint Denis et se rendent au Carmel voisin afin de déterrer le cercueil de Madame Louise… une fois ouvert ils contemplent le corps de la princesse en décomposition ornée de ses austères vêtements de carmélite… une fois la minute de voyeurisme passé, ils se jettent sur le corps, le giflent, lui crachent dessus, arrachent cheveux et chairs, avant de le jeter dans la fosse commune.
"

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Louise_de_France
http://www.carmel.asso.fr/-Madame-Louise-de-France-.html
http://f.duchene.free.fr/berssous/07.htm
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 2 Juin - 19:11

Je viens d'apprendre, mais là encore j'ai pu l'oublier , que Madame louise aurait reçu de la part de l'Impératrice Marie-Thérèse un portrait de cette dernière, peu après la visite de Marie-Antoinette lors de sa venue en France.
Et Marie-Thérèse aurait joint ce petit mot :

"Lorsqu'au pied des autels vous goûterez l'avantage du calme que vos vertus vous ont fait préférer au bruyant éclat de la Cour, jetez un regard sur ce portrait. Il vous demandera, en mon nom, un souvenir de tendresse pour ma fille et pour moi".

Quelqu'un aurait-il déjà eu cette info? Very Happy

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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Dim 10 Jan - 22:30

Oui, c'est exact. Very Happy Voici d'autres portraits de Madame Louise.





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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Dim 10 Jan - 22:46

Merci beaucoup, je ne connaissais pas il me semble les deux derniers Very Happy
Elle ressemblait à ses soeurs plus connues Wink

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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Dim 10 Jan - 22:46


Ce tableau est charmant !
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Dim 10 Jan - 23:01

Oui Madame Louise est très attachante de par son choix de vie, et très peu connue de ce fait  Very Happy

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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Dim 10 Jan - 23:04

C'est cela même.


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 10:19

Very Happy Very Happy Very Happy


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 10:26



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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 10:33

Elle a un nez facilement identifiable.
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 10:40

Cette princesse a une grande ressemblance avec son père. Wink


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 10:43

Sujet intéressant, merci Madame Sophie. Cool
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 10:44

Madame Sophie a écrit:
une grande ressemblance avec son père. Wink


...... comme toutes ses sœurs !
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 14:21

Je vous remercie, "Tata SOS.SO "!( Wink pour ce bel exposé sur Madame Louise de FRANCE et les portraits et autres images qui vont avec.
J'ai encore beaucoup appris; et puis c'est génial parce qu'avec vous tous, c'est un petit peu chaque jour que je me délecte d'un peu plus de savoir.

Je trouve attendrissante, émouvante et très naturelle la réaction de Madame Adélaïde qui se demande "avec qui ?" peut bien partir sa grande sœur !
Et également le 10 Septembre 1770 où la jeune Marie-Antoinette remet le voile à sa tante ! Ceci a dû la marquer forcément; rien d'anodin en ceci selon moi quant  sa dimension et son large spectre et son grand rayonnement.
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:02

Je vous en prie. Surprised


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:09

Merci Madame Sophie

C'est certain que les autres résidentes ont dû être surprises de cotoyer une fille de Louis XV, je me demande si elles arrivaient à faire abstraction de ça  Very Happy

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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:19

Atmosphère de ce carmel. On est en effet loin des ors de Versailles.





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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:25

Oh la la...

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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:38

Le carmel de St Denis est un endroit émouvant .
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:40

En effet.


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:48

Les carmélites au chauffoir, la seule pièce chauffée (gla gla); Louise est en rose


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 19:53

Le cloître .


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 20:28

Merci clio xviii! Nous avons des connaisseuces  


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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   Lun 11 Jan - 22:40

Quelle jolie lumière, sous les arcades du cloître ! L'atmosphère invite à la méditation .... geek
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MessageSujet: Re: Madame Louise de France   

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