Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 pédagogie au XVIIIe

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pimprenelle
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Date d'inscription : 23/05/2007

MessageSujet: pédagogie au XVIIIe   Sam 1 Fév - 9:57

Un article qui interpellera tous les profs  Very Happy :

Rôle de l'école : un débat qui agitait déjà à la Révolution

A l'heure des réflexions sur la formation des enseignants ou le statut des professeurs de prépas, Jean-Luc Chappey, maître de conférences en histoire moderne à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, rappelle que ces débats enflammaient déjà les révolutionnaires français.

La question du statut des professeurs est brûlante. Elle l'était déjà pendant la Révolution française. Dans les mêmes termes ?

Avant 1789, les professeurs et les instituteurs sont majoritairement issus des rangs du clergé. Dans les cahiers de doléances, les membres du tiers état, principalement dans les campagnes, demandent déjà de meilleurs instituteurs, signe évident de l'intérêt populaire pour l'instruction. Dès lors, les députés de la Constituante s'emparent du sujet et proposent plusieurs plans pour l'éducation et l'instruction. Parmi les préoccupations, le statut des professeurs. Condorcet, dans son plan de 1792 (lire la chronologie ci-dessous), prévoit encore de confier l'instruction aux plus "savants". À l'inverse, dans les plans de Lepeletier (posthume) ou de Bouquier, en 1793 et 1794, il est prévu d'étendre le statut d'enseignant à toute personne titulaire d'un certificat de civisme pour enseigner.

Derrière ces débats, on retrouve également les fractures, toujours d'actualité, entre égalité et liberté, méritocratie et équité.

Les Montagnards, et une partie de la sans-culotterie parisienne, reprochent à Condorcet son élitisme. Pour lui, chacun doit pouvoir s'éduquer à la mesure de ses capacités. Dès lors, l'école n'est pas obligatoire et il existe une forte hiérarchie entre les niveaux dans son plan. Il faut permettre aux meilleurs de s'épanouir complètement. L'inégalité qui en résulte est compensée par le fait que les savants se mettront au service de la société.


club des jacobins  http://www.larousse.fr/encyclopedie/images/Club_des_Jacobins/1004994

Pour Lepeletier et Bouquier, l'école est obligatoire. Tous les enfants de 6 à 11 ans pour les filles et 12 ans pour les garçons sont nourris et logés par l'État. Ils reçoivent la même éducation, dans les mêmes conditions et sont éduqués ensemble.

http://www.franceinfo.fr/education-jeunesse/role-de-l-ecole-un-debat-de-sans-culotte-1301345-2014-01-31

Débat bien intéressant. Si vous me permettez d'exprimer mon avis de vieille prof, pour moi, l'école doit être obligatoire et l'accès à l'enseignement ouvert à tous. Mais sous des formes très diversifiées, parce que notre potentiel à tous est très varié. Comme les sans-culotte, je pense qu'il faut permettre aux meilleurs de s'accomplir pleinement, pour que leurs compétences soient ensuite mises au service de la société. Et, meilleur, on l'est tous dans une matière. Donc, tout le monde doit avoir sa chance de parvenir à son excellence personnelle, de façon à rayonner le mieux autour de soi.


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pimprenelle
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MessageSujet: Re: pédagogie au XVIIIe   Sam 1 Fév - 10:04

Article en entier sur ce site:

Peut-on dire que les notes individuelles et le principe de concours sont plutôt hérités de la philosophie de Condorcet?

Oui. Les plans de Condorcet, Lepeletier, Bouquier, et Talleyrand avant eux, ne seront pas ou partiellement appliqués, mais ils vont largement inspirer la politique du Directoire en 1795 et de Jules Ferry sous la IIIe République. En 1795, l'école primaire est libéralisée, favorisant le retour des précepteurs, l'enseignement individuel est de plus en plus réservé aux citoyens les plus aisés. Les autorités créent les écoles centrales qui doivent permettre l'entreprise de "régénération". Le Directoire attribue la Terreur aux passions humaines, il met donc en place une école plus centrée sur la Raison et donc, en partie, s'appuyant sur l'héritage de Condorcet. Ces écoles seront supprimées en 1802 au bénéfice des lycées. Le corps professoral, lui, est contrôlé par des jurys d'instruction.

Vous dites que ces plans n'ont été que partiellement, voire pas du tout, appliqués. Entre 1789 et 1795, il n'y a pas eu d'écoles?

Au-delà même de l'impulsion venue "d'en haut" (de l'Assemblée nationale), dont les effets sont très variés, la période (particulièrement celle de la Terreur) est caractérisée par de très nombreuses initiatives individuelles. Certaines créations d'établissements scolaires ont été le cadre de réelles utopies politiques et sociales. C'est une époque très riche, très innovante, très moderne. Ainsi, on commence à utiliser des automates pour apprendre les gestes de certains métiers. Des écoles de filles sont créées et des expériences pédagogiques sont mises en place.
Léonard Bourdon fonde un établissement pour les orphelins, dans lequel il essaie d'appliquer les principes de Bouquier. Mais cela ne durera que quelques mois, entre 1793 et 1794.
À l'époque, l'école joue un rôle fort dans la mobilisation armée. De grands cours sont donnés sur le champ de Mars pour éduquer et mobiliser. Il s'agit de l'embryon de l'École polytechnique.

Quelles différences faites-vous entre ces débats et ceux d'aujourd'hui?

Avec la Révolution, il s'agit d'un sujet clé pour tous. Tous les jeudis (à partir de 1793), l'Assemblée ne parlait que d'éducation. Les politiques avaient pris le sujet à bras-le-corps, il y avait une profusion de productions. L'école et les débats sur la pédagogie ou sur le statut des enseignants se sont imposés comme des objets centraux dans l'oeuvre de reconstruction politique, sociale et culturelle de la période révolutionnaire. Par la suite, et dès le Directoire, le débat sur l'école est confisqué par des spécialistes.
Aujourd'hui, il me semble que la France possède plusieurs modèles issus de cette histoire riche et contradictoire, qui se chevauchent, suscitant souvent crispations et malentendus. Le brouillage est total et personne ne sait, faute d'une explicitation des enjeux sur le rôle des enseignants et la fonction assignée à l'école, ce que l'on veut faire de tout cela...


Chronologie des plans d'instruction après la Révolution.
1790 : rapport sur l'instruction publique de Talleyrand.
Septembre 1791 : une nouvelle constitution est votée et l'Assemblée législative met sur pied un comité d'instruction pédagogique pour s'occuper de ce sujet.
20 avril 1792 : plan général pour l'instruction de Condorcet.
Printemps 1793 : présentation par Robespierre du plan d'Éducation nationale de Lepeletier récemment assassiné.
1794 : présentation du rapport sur le plan général d'instruction publique de Bouquier.
Automne 1795 : loi Daunou sur l'instruction publique


En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/education/role-de-l-ecole-un-debat-de-sans-culotte_1318031.html#QB181o7PBJoPRBlt.99
http://www.lexpress.fr/education/role-de-l-ecole-un-debat-de-sans-culotte_1318031.html

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