Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Ouvrages de Mona Ozouf

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madame antoine

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MessageSujet: Ouvrages de Mona Ozouf   Mer 16 Avr - 9:18

Bonjour,

L'historienne Mona OZOUF, spécialiste de la Révolution, vient de recevoir le Prix de la BnF 2014.


http://www.actualitte.com/recompenses/recompense-pour-une-grande-dame-des-lettres-49536.htm

C'est l'occasion de rappeler son importante liste de publications. Par ordre de publication

L'École, l'Église et la République 1871–1914, Paris, Armand Colin, 1962 (ISBN 2-02-014730-0)
La Fête révolutionnaire 1789–1799, Paris, Gallimard, 1976 (ISBN 2-08-081264-5)
L'École de la France : essai sur la Révolution, l'utopie et l'enseignement, Paris, Gallimard, 1984 (ISBN 2-07-070202-2)
Dictionnaire critique de la Révolution française, en coll. avec François Furet, Paris, Flammarion, 1988 (ISBN 2-08-211537-2)
Dictionnaire critique de la Révolution française, Institutions et créations, en coll. avec François Furet, Paris, Flammarion, 1993 (ISBN 2-08-081265-3)
Dictionnaire critique de la Révolution française, Événements, en coll. avec François Furet, Paris, Flammarion, 1993 (ISBN 2-08-081266-1)
Dictionnaire critique de la Révolution française, Acteurs, en coll. avec François Furet, Paris, Flammarion, 1993 (ISBN 2-08-081264-5)
L'Homme régénéré : essai sur la Révolution française, Paris, Gallimard, 1989 (ISBN 2-07-071742-9)
La République des instituteurs, avec Jacques Ozouf, Paris, Gallimard, 1989 (ISBN 2-02-047962-1)
La Gironde et les girondins, Paris, Payot, 1991, (ISBN 2-228-88400-6)
Le Siècle de l'avènement républicain, en coll. avec François Furet, Paris, Gallimard, 1993
Les Mots des femmes, essai sur la singularité française, Paris, Fayard, 1995, (ISBN 2-213-59394-9)
Das Pantheon, Wagenbach, 1996
La Muse démocratique, Henry James ou les pouvoirs du roman, Paris, Calmann-Lévy, 1998 (ISBN 2-7021-2824-6)
Un itinéraire intellectuel, en coll. avec François Furet, Paris, Calmann-Lévy, 1999 (ISBN 2-7021-2952-Cool
Les Aveux du roman, Le xixe siècle entre Ancien Régime et Révolution, Paris, Fayard, 2001 (ISBN 2-213-61012-6), prix Guizot-Calvados
Le langage blessé : reparler après un accident cérébral, Paris, Albin Michel, 2001 (ISBN 2-226-11684-2)
Une autre République, 1791 L'occasion et le destin d'une initiative républicaine, en coll. avec Laurence Cornu, Paris, L'Harmattan, 2004 (ISBN 2747574776)
Varennes, La mort de la royauté, 21 juin 1791, Paris, Gallimard, 2005 (ISBN 2-07-077169-5)
Jules Ferry, Paris, Bayard-Centurion, 2005 (ISBN 2-227-47493-9)
Varennes, la mort de la royauté, Paris, Gallimard, 2006 (ISBN 2-07-077169-5), prix des Ambassadeurs 2006
Composition française : retour sur une enfance bretonne, Paris, Gallimard, 2009 (ISBN 2-07-012464-9), prix du Mémorial-grand prix littéraire d'Ajaccio 2009
La cause des livres, Paris, Gallimard, 2011 (ISBN 978-2-07-013457-1)

madame antoine

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madame antoine

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MessageSujet: Re: Ouvrages de Mona Ozouf   Mer 21 Jan - 9:54

Voici un article où vous trouverez à la fois une interview de Mona Ozouf retraçant son passage à l'émission Apostrophes en 1988 et une vidéo de cet événement télévisuel.

http://www.lefigaro.fr/livres/2015/01/20/03005-20150120ARTFIG00161-mona-ozouf-pivot-avait-toujours-une-petite-question-redoutable.php

En 1988, vous êtes invitée à présenter Le Dictionnaire critique de la Révolution française que vous avez coécrit avec François Furet. Était-ce un exercice que vous redoutiez?
J'avais horreur de passer à la télévision. L'émission dont vous parlez, je ne peux pas ne pas m'en souvenir parce que Furet et moi on s'est téléphoné la veille une bonne dizaine de fois dans la journée comme de grands malades. Nous vivions une terreur complète. François Furet aussi n'aimait pas la télé. Il n'y était pas bon du reste. Au fil du temps, il a fini par être moins crispé. Quant à moi, j'étais morte de trouille. Je me méfiais de Pivot, qui était délicieux, débonnaire, mais qui cachait toujours dans sa poche la petite question un peu redoutable sur laquelle, on peut complètement sécher.

Avez-vous gardé le souvenir de cette question?
Oui. Il avait fini l'émission en demandant: «Quelle est la phrase que vous retiendriez dans la Révolution française?» Je me suis dit: «Pourvu que j'en trouve une». Quelle que soit son érudition, sous l'emprise du stress, on peut se retrouver complètement sec. j'ai dit: «J'ai la mienne!» C'est une phrase sublime de Mirabeau: «Il nous est permis de croire que nous recommençons l'histoire des hommes». Elle dit tout de la Révolution, du rêve de créer quelque chose d'absolument neuf. (Rire) Je l'ai tout de suite balancée pour ne plus avoir à m'en préoccuper.



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MessageSujet: Re: Ouvrages de Mona Ozouf   Mer 21 Jan - 23:09

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madame antoine

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MessageSujet: Re: Ouvrages de Mona Ozouf   Mar 17 Fév - 8:38

Voici l'ouvrage le plus récent de Mona Ozouf.



«Qui s'intéresse à la Révolution française rencontre toujours, peu ou prou, l'ivresse que procure l'idée, ou l'espérance, d'une société régénérée et d'un homme neuf. Mais c'est pour découvrir l'ingéniosité mise par les hommes à résister à la refonte autoritaire de leurs vies. La Révolution, qui a fendu en deux l'histoire nationale, réserve le même sort à ses historiens.
Fille de la Révolution, la République hérite de cette ambivalence. Tout ce Quarto raconte comment elle a dû composer avec les particularités religieuses, régionales et sociales, renoncer au modèle républicain pur, apporter des correctifs à l'esprit d'uniformité. Elle n'a pu se pérenniser en France qu'en se prêtant à ces accomodements.
Aujourd'hui, la France que dessine ce livre semble se dérober à nos yeux. L'idée révolutionnaire a cessé de déterminer nos choix et nos affrontements. Et perdant ses ennemis, la République a perdu la ferveur militante que lui donnaient leurs anathèmes. L'école, hier dépositaire de l'identité nationale, est aujourd'hui l'objet d'un profond désarroi.
Toutefois, il arrive à l'histoire de réanimer des enjeux engourdis, et l'apparition de menaces inédites peut redonner de l'éclat à des idées qui semblaient avoir perdu leur force inspiratrice. Et comme nous avons appris à quel point nos héritages conditionnent notre liberté, il n'est pas inutile de remettre nos pas dans les chemins buissonniers que, de Révolution en République, les Français ont dû emprunter.»
Mona Ozouf.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Quarto/De-Revolution-en-Republique

Voici une analyse du propos de cet ouvrage.

Ce recueil, synthèse de l'oeuvre de Mona Ozouf, classé par ses soins selon un "ordre thématique", la Révolution, la République, la ou les France, raconte comment "la République a dû composer avec les particularités religieuses, régionales et sociales, renoncer au modèle républicain pur, apporter des correctifs à l'esprit d'uniformité". Autrement dit, comment la République a dû mettre un peu d'eau dans son "surmoi jacobin", accepter des compromis pour ne pas se compromettre. Et durer.

La Révolution, ennemie du nombre
La meilleure entrée sur le chemin de cette grande historienne au style souverain se situe à la fin de ce Quarto de plus de 1 300 pages : très exactement à la postface, en grande partie extraite de Composition française, ce "retour sur une enfance bretonne", "moins une autobiographie qu'une formation tiraillée entre deux fidélités violemment affrontées". L'amateur a tout loisir, ensuite, d'une lecture au long cours de cette somme exigeante.

La Révolution (plus précisément, la "fête révolutionnaire"), point de départ de la recherche historique de Mona Ozouf, n'a cessé de "manifester sa répugnance à concevoir qu'il puisse y avoir des mondes différents et différemment régis". N'y a-t-il pas pire injure jacobine qu'"hydre", tour à tour serpent à sept têtes, repoussant sitôt coupées et, par extension, mal se renouvelant en dépit des efforts pour l'éradiquer? La "malédiction du multiple" commence tôt, dès le chiffre deux, lors du débat de 1789 sur l'opportunité d'instituer deux chambres.  

La Révolution, ennemie du nombre, n'accepte aucune autre appartenance, d'autant que celle-ci est une prison. De ce fait, l'émancipation, l'acte consistant à s'échapper de cette geôle, ne peut s'effectuer que dans l'arrachement, c'est-à-dire la brutalité et le renoncement. Mais comment pourrait-il en être autrement pour des révolutionnaires qui ne jurent que par l'homme nouveau, la table rase, le rejet de la tradition et le début de l'Histoire, scandé par un nouveau calendrier célébrant l'an I de la liberté ?

La République, fille aînée de la Révolution, ne déroge pas : la communauté est "une prison qui exerce un contrôle absolu et exclusif sur ses membres ; une entité close, compacte et cadenassée". Voilà pour la doctrine. Pourtant, en répertoriant les récits de voyage dans les départements nouvellement créés (1790), l'historienne découvre tous les cas d'insoumission à "l'organisation de la vie révolutionnée", de liberté prise avec l'ordre nouveau : conscrits cachés pour échapper à leurs obligations militaires, prêtres célébrant des messes clandestines, paysans scandant leur vie quotidienne au rythme de l'antique calendrier...  

Elle en conclut à l'"ambiguïté" de la Révolution qui, "en simplifiant brutalement l'espace français, [...] le complique à l'infini ; en combattant la différence régionale au nom de la raison, [...] invente le régionalisme du sentiment", qui, en voulant "fabriquer une France d'une seule et même étoffe, identique de Calais à Port-Vendres", a rendu "si visibles les dissemblances des terroirs, des paysages, des langues, des coutumes, des mille manières de vivre et de mourir". Le Tableau géographique de la France de Vidal de La Blache, enseigné à toutes les chères têtes blondes de la République, exprime cette synthèse-là.

Entre attaches et liberté, un accord impossible?
Mona Ozouf, on l'a compris, se méfie des jacobins sectaires. Elle leur préfère un Jules Ferry (Jules Ferry. La liberté et la tradition, Gallimard) nourri de Tocqueville et des libertés locales anglo-saxonnes, partisan d'une société forte s'exprimant par une presse libre et des associations, misant sur une école dispensatrice d'un enseignement historique et civique capable de recoudre la France d'Ancien Régime à la France moderne.
Toutes les interrogations de l'historienne peuvent finalement se résumer à une question : "Faut-il penser qu'entre l'obligation d'appartenir et la revendication d'indépendance nulle négociation ne peut s'ouvrir, qu'entre les attaches et la liberté il y a une invincible incompatibilité ?"

Comment mieux résumer le débat de la France de l'hiver 2014-2015? Mona Ozouf l'explicite avec d'autant plus d'acuité qu'enfant elle a appris à naviguer entre cette double entité, française et républicaine d'un côté, bretonne de l'autre. Son père, enlevé à l'amour des siens par une broncho-pneumonie alors qu'elle n'a que 4 ans, l'aide à jeter une passerelle entre ces deux mondes, puisqu'il est à la fois instituteur laïque-pacifiste-fédéraliste et partisan de l'enseignement du breton.  

Si l'on veut mieux saisir comment la jeune Mona, gamine blonde souriante au bord de la grève, est passée de Plouha, où, dans leurs prêches en breton, des prêtres salissent "Marianna fri louz" ("Marianne au nez sale, Marianne morveuse"), à Jules Ferry, il faut, d'emblée, après la lecture de la postface, retourner au premier chapitre, intitulé "Parcours". Cet album photo d'une vie, d'une sensibilité, s'ouvre surYann Sohier, le père, et se termine sur l'autre grand amour disparu, Jacques Ozouf, son mari, "toujours présent", grand historien lui aussi, à qui est dédié ce Quarto, et sur leurs enfants.

Entre ces bornes se succèdent les photos de la mère, institutrice émérite de la République; de Marie-Scholastique, merveilleuse grand-mère, et de Charles, son époux; celles des copains, François Furet, Pierre Nora, historiens d'élite. Et celle de Louis Guilloux, l'écrivain du Sang noir, qui a cette formule prémonitoire à l'endroit de la jeune Mona, littéraire contrariée : "Tu vois, si on n'est pas capable d'écrire un roman, on peut quand même écrire, et devenir la personne qui sait le plus de choses sur Chateaubriand."

http://www.lexpress.fr/culture/livre/mona-ozouf-chemin-faisant_1650867.html#wZM598uammyfkfFV.99

madame antoine

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MessageSujet: Re: Ouvrages de Mona Ozouf   Mer 17 Juin - 9:30

Vous trouverez ci-après le lien menant à une critique littéraire de ce dernier opus.

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/45521

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MessageSujet: Re: Ouvrages de Mona Ozouf   Jeu 15 Oct - 6:43

L'historienne Mona Ozouf a reçu le Prix de la langue française.



http://www.lefigaro.fr/livres/2015/10/14/03005-20151014ARTFIG00362-mona-ozouf-recoit-le-prix-de-la-langue-francaise.php
https://www.actualitte.com/article/culture-arts-lettres/mona-ozouf-laure-ate-du-prix-de-la-langue-franc-aise-2015/61061

madame antoine

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MessageSujet: Re: Ouvrages de Mona Ozouf   Lun 8 Fév - 8:48

Je citerai dans cette rubrique cette intéressante interview de Mme Ozouf sur la spécificité de la notion de Laïcité en France.

Mona Ozouf : « Je suis Charlie car je ne suis pas Charlie »



Spécialiste de la Révolution française, de la République et de la laïcité, Mona Ozouf, directrice de recherches au CNRS, offre sa vision d’historienne sur les notions républicaines qui font aujourd’hui débat.

L’histoire a souvent vocation à expliquer le présent. Spécialiste des thèmes liés à l’histoire de la laïcité, de l’école et de la République en France, Mona Ozouf, agrégée de philosophie et directrice de recherches au CNRS, se dit « rattrapée par l’actualité ». Rencontre.


Avec les événements de 2015, on réinterroge la laïcité. À quelle période de l’histoire peut-on faire remonter cette notion ?
Cela dépend quelle définition on lui donne. Sur le plan culturel, c’est-à-dire quand le savoir devient indépendant de la théologie, la date d’avènement de la laïcité, c’est le XVIe siècle. Pour une définition institutionnelle, c’est la Révolution française car l’état civil est enlevé au clergé et c’est le maire qui en devient l’officier. Autre changement, la Constitution de 1795 dira que « la République ne salarie aucun culte ». Mais il y a beaucoup d’autres définitions, d’ordre existentiel par exemple. Un révolutionnaire du nom de Boissy d’Anglas en donnait une belle définition. Il disait : “Le cœur de l’homme est un asile sacré, où l’œil du gouvernement ne doit point descendre”. Pas mal non ?

Et aujourd’hui, où en est cette laïcité ?
Il y a plusieurs formes de laïcité. Aujourd’hui, on constate une résurgence d’une laïcité que l’on peut qualifier de réactive ou d’offensive. L’histoire de la laïcité en France est particulière car au cours du XIXe siècle, l’Église catholique s’est engagée au côté des forces conservatrices, monarchiques et contre l’installation de la République. Et la laïcité française en a gardé son caractère très offensif, ce qui rend difficile d’expliquer à des étudiants étrangers ce qu’est la laïcité française. Aujourd’hui il y a des résurgences de cette vision, ce qui mène à des prises de position que l’on pourrait qualifier de “laïcisme intégriste”. Par exemple, certains proposent un retour en arrière concernant les dispositions concordataires dans les départements d’Alsace et de Moselle. Cette laïcité est donc aujourd’hui susceptible de redéfinition. Il est vrai que ce qu’on appelle le retour du religieux donne à la laïcité un caractère problématique.

Une bataille se joue entre cette laïcité offensive et l’intégrisme religieux ?
Oui, regardez par exemple la question du blasphème qui ressurgit alors que l’on croyait la question réglée. On voit des horizons très différents, islamistes mais aussi catholiques. Et les religions peuvent s’entendre pour déclarer que le blasphème est un péché sinon un crime. Selon moi, la question est “peut-on blesser une conscience ou pas ?”. Je pense que le mot “blesser” a une connotation physique et doit être réservé à des agressions physiques. Personne n’est obligé de lire un livre, de regarder une caricature. Si l’on devait publier un livre qui ne blesse aucune opinion, on ne publierait rien. Il faut être vigilant sur les injures à la personne mais en aucun cas remettre au goût du jour le blasphème.

Quel sens donnez-vous au slogan « Je suis Charlie ? »
La formule « Je suis Charlie » ne doit pas s’entendre comme une formule d’identification au journal. C’est parce que je ne suis pas Charlie que je suis Charlie, ai-je envie de dire. Autrement dit, on pouvait trouver que Charlie frôlait le mauvais goût, ou la misogynie, ne pas être d’accord avec tel ou tel dessin. Mais c’est parce que je ne suis pas totalement Charlie que je le suis. Il faut l’être car la liberté d’expression est un droit pour nos adversaires, pour ceux qui ne sont pas d’accord avec nous.

Pourquoi ce slogan a-t-il fédéré autant de personnes autour de lui ?
Dans ce slogan les Français ont retrouvé quelque chose de lié à leur identité. Après tant de discours et d’articles déclinistes disant que le sentiment national était en crise, que l’identité française était menacée, au point que l’on fait un best-seller quand on intitule un livre Le déclin français, le « Je suis Charlie » a montré qu’il y avait quelque chose qui résistait à cela. Ce quelque chose c’est le sentiment de l’inacceptable. Nous avons découvert que, pour les Français, l’inacceptable est l’atteinte à la liberté d’expression, parce que c’est une tradition française. C’est pour cela que « je suis Charlie » conserve son sens, même si on n’est pas en admiration devant ses dessins.
http://www.lepopulaire.fr/france-monde/mag/2016/02/07/mona-ozouf-je-suis-charlie-car-je-ne-suis-pas-charlie_11773407.html

madame antoine

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