Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère

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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Mer 12 Sep - 13:23

Petit cadeau pour Pim
Adressé Marie-Thérèse, 13 août 1773



C'est pas tout !  
Adressé Marie-Thérèse, 17 décembre 1774






                                                   
Voilà chère Pim
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MessageSujet: zzzz   Lun 5 Mai - 0:18

pimprenelle a écrit:

En revanche, les lettres de jeunesse de Marie Antoinette qui présentent les caractéristiques graphologiques de sa maturité peuvent être écartées d'office. C'est déjà ça !
Et celle-ci qui est évaluée comme datant de fin avril 1770 et qu'Elle adresse à Marie-Thérèse ?


La légende signale qu'il s'agit d'un "Fac simile de l'écriture de la Reine d'après Mr d'Arneth" alors que Marie-Antoinette n'est pas encore Dauphine...

Bien à vous.
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madame antoine

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MessageSujet: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Ven 20 Juin - 8:08

Bonjour,

Voici une lettre envoyée par Marie-Antoinette à sa mère le 9 juillet 1770.



http://vivelareine.tumblr.com/post/471869306

madame antoine

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madame antoine

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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Dim 12 Oct - 8:58

Bonjour,

Voici l'édition du Chevalier von Arneth de 1865 qui couvre toute la correspondance entre la Fille et la Mère conservée aux Archives de Vienne de 1770 à 1780.

https://archive.org/details/bub_gb_Fd1AAAAAYAAJ

madame antoine

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le beau lauzun

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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Mar 14 Oct - 14:57

Voici une lettre de Marie-Antoinette à sa mère Marie-Thérèse écrite au moment de la mort de Louis XV :


http://donarussia.ek.la/lettre-de-marie-antoinette-ecrite-pour-marie-therese-1774-c18345412
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pimprenelle
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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Mer 15 Oct - 1:55

Cher Monsieur Lauzun, cette lettre que vous citez est un apocryphe... Sad

Elle n'est pas recensée par Arneth et ne figure donc pas dans le recueil d'Evelyne Lever ni dans la collection Paléo. Voici le texte de la lettre écrite pas Marie Antoinette à sa mère à l'occasion de la mort de Louis XV. Vous allez voir, le ton en est tout différent... Wink


Choisy, 14 mai
Madame ma très-chère mère, Mercy vous aura mandé les circonstances de notre malheur; heureusement cette cruelle maladie a laissé au roi la tête présente jusqu'au dernier moment, et sa fin a été fort édifiante. Le nouveau roi paraît avoir le cœur de ses peuples; deux jours avant la mort du grand-père il a fait distribuer deux cent mille francs aux pauvres, ce qui a fait le plus grand effet. Depuis la mort, il ne cesse de travailler et de répondre de sa main aux ministres qu'il ne peut pas encore voir, et à beaucoup d'autres lettres. Ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il a le goût de l'économie et le plus grand désir de rendre ses peuples heureux. En tout il a autant d'envie que de besoin de s'instruire, j'espère que Dieu bénira sa bonne volonté.

Le public s'attendait à beaucoup de changements dans le moment; le roi s'est borné à envoyer la créature (1) au couvent et à chasser de la cour tout ce qui porte ce nom de scandale. Le roi même devait cet exemple au peuple de Versailles, qui, au moment même de l'accident, a accablé Mme de Mazarin (2), l'une des plus humbles servantes de la favorite. On m'exhorte beaucoup à prêcher la clémence au roi pour un nombre d'âmes corrompues, qui ont fait bien du mal depuis quelques années. J'y suis fort portée; mais, au milieu de ces idées, je ne puis m'empêcher de songer au sort d'Esterhazy. Je crois qu'on a indisposé V. M. par des rapports faux sur quelques points et exagérés sur d'autres. Il est vrai qu'il a eu bien des torts ; mais au milieu de tout cela il n'y a qu'une voix sur son honneur et sa probité, et il y a tout lieu d'espérer qu'éloigné des occasions de ce dangereux pays et vivant au sein de sa famille, il peut devenir un bon sujet. Au contraire je crains que, si on le traitait avec toute la sévérité qu'il mérite, sa tête ne soit pas assez remise pour qu'il ne fasse quelque nouvelle sottise. J'espère que ma chère maman ne me jugera pas assez insensée pour vouloir lui donner des conseils. Je sens qu'étant chargée du gouvernement, elle est obligée à la justice; je désire seulement pour qu'elle ne tourne pas tout entière contre Esterhazy.

On arrive dans ce moment pour me défendre d'aller chez ma tante Adélaïde, qui a beaucoup de fièvre et maux de reins: on craint la petite vérole. Je frémis et n'ose pas penser aux suites; il est déjà bien affreux pour elle de payer si vite le sacrifice qu'elle a fait. Je suis charmée que le maréchal Lacy a été content de moi. J'avoue à ma chère maman que j'ai été bien affectée lorsqu'il a pris congé de moi, en pensant combien il m' arrive rarement de voir des personnes de mon pays, surtout de celles qui ont le plus le bonheur de vous approcher. J'ai vu il y a quelque temps Mne de Marmier; j'en ai été ravie, sachant les bontés que ma chère maman a toujours eues pour elle.

Le roi me laisse la liberté de choisir pour les nouvelles places dans ma maison en qualité de reine. J'ai eu plaisir de donner aux Lorrains une marque d'attention, en prenant pour premier aumônier l'abbé de Sabran, homme de bonne conduite, de grande naissance et nommé à l'évêché qu'on va faire à Nancy (3). Quoique Dieu m'a fait naître dans le rang que j'occupe aujourd'hui, je ne puis m'empêcher d'admirer l'arrangement de la Providence, qui m'a choisie, moi la dernière de vos enfants , pour le plus beau royaume de l'Europe. Je sens plus que jamais ce que je dois à la tendresse de mon auguste mère, qui s'est donné tant de soins et de travail pour me procurer ce bel établissement. Je n'ai jamais tant désiré de pouvoir me mettre à ses pieds, l'embrasser, lui montrer mon âme tout entière et lui faire voir comme elle est pénétrée de respect, de tendresse et de reconnaissance.


(1) Mme du Barry fut, aussitôt après la mort de Louis XV, exilée à l'abbaye de Pont-aux-Dames, près de Meaux.

(2) La duchesse de Mazarin, Jeanne de Durfort-Duras, avait apporté à son mari, déjà duc de Villequier, le duché de Mazarin; belle avec de l'esprit et une fortune immense, elle se déshonora par son empressement à faire partie de la société de Mme du Barry. « On ne peut, écrit Mme du Deffand (3 mars 1772), pousser l'héroïsme de la bassesse et du ridicule à un plus haut degré. »

(3) L'érection de l'évéché de Nancy fut approuvée par une bulle du pape Pie VI du 19 novembre 1774; l'abbé de Sabran l'occupa jusqu'en 1777.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k200372g/f142.image.r=.langFR

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Dernière édition par pimprenelle le Mer 15 Oct - 3:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Mer 15 Oct - 2:00

Quant à l'écriture, elle est raide, contrainte, malaisée et trop anguleuse pour correspondre à celle de Marie-Antoinette dans les années 70. Regardez à titre de comparaison la lettre authentique postée en ouverture de sujet, qui date de 1770. En voici une de 1778; adressée au roi de Suède:





De plus, la reine signait "Antoinette" quand elle écrivait à sa mère.
http://maria-antonia.justgoo.com/t5912-ecrits-de-marie-antoinettes-methodes-pour-reperer-les-apocryphes

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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Mer 15 Oct - 9:04

Bonjour, mes chers amis,

Il est intéressant de comparer des deux points-de-vue sur l'événement, celui d'un faussaire, qui se fonde apparemment sur les Mémoires de Mme Campan, et celui de la toute jeune Reine. La Reine imaginée par le faussaire se lamente alors que la vraie Marie-Antoinette déborde d'énergie, ainsi que son Mari. Tous deux se sont jetés dans les tâches imposées par leur nouvelle position sans délai.

Cher Mr de Lauzun, je trouve moi aussi qu'il est difficile de distinguer le vrai du faux dans les lettres dites de Marie-Antoinette. Heureusement pour nous, des spécialistes historiens et paléographes ont réalisé un travail précieux, tels que Mr Arneth, Geffroy ou, plus récemment, Mme Lever. Une lettre qui n'est pas citée dans leurs ouvrages est de prime abord entachée de suspicion et nécessite un examen plus attentif.

Bien à vous

madame antoine

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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Dim 25 Oct - 9:00

Voici le fac-simile d'une lettre de Marie-Antoinette à Marie-Thérèse.





Voici un second envoi qui est moins connu.



http://www.ebay.fr/itm/MARIE-ANTOINETTE-RITTER-VON-A-A-KHOLER-EDIT-FAC-SIMILES-DE-4-LETTRES-1865-/121791179825?hash=item1c5b51ec31:g:yD8AAOSw14xWI82W

Ces fac-simile sont extraits d'un volume de Von Arneth qu'il est possible d'acquérir.

madame antoine

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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Dim 6 Nov - 18:31

pimprenelle a écrit:
Cher Monsieur Lauzun, cette lettre que vous citez est un apocryphe... Sad

Pour démêler les vrais des faux, l'on se référera à cette discussion.  Wink
http://maria-antonia.justgoo.com/t5912-ecrits-de-marie-antoinette-methodes-pour-reperer-les-apocryphes

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Maria Cosway

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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Mar 14 Fév - 8:21

Here is another sample : Wink


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MessageSujet: Re: Correspondance entre Marie-Antoinette et sa mère    Mer 31 Mai - 15:13

Sans doute avons-nous déjà le fameux Règlement à lire tous les mois concocté par Madame Mère à l'intention de sa chère fille. Wink Mais, puisque je ne le retrouve pas, je préfère le recopier, pour être sûre! Wink

21 avril 1770

Règlement à lire tous les mois.

Ce 21 avril, jour du départ. — À votre réveil, vous ferez tout de suite, en vous levant, vos prières du matin à genoux et une petite lecture spirituelle, ne fût-ce même que d’un seul demi-quart d’heure, sans vous être occupée d’autre chose ou avoir parlé à personne. Tout dépend du bon commencement de la journée et de l’intention dont on la commence, ce qui peut rendre les actions même indifférentes bonnes et méritoires. C’est un point sur lequel vous serez très exacte ; son exécution ne dépend que de vous, et il peut en résulter votre bonheur spirituel et temporel. Il en est de même avec les prières du soir et examen de conscience ; mais je répète encore, celles du matin et la petite lecture spirituelle sont des plus importantes.

Vous me marquerez toujours de quel livre vous vous servez. Vous vous recueillerez pendant le jour le plus souvent que vous pourrez, surtout à la sainte messe. J’espère que vous l’entendrez avec édification tous les jours, et même deux les dimanches et les jours de fête, si c’est coutume à votre cour. Autant que je souhaite que vous soyez occupée de la prière et bonne lecture, aussi peu voudrais-je que vous pensiez introduire ou faire autre chose que ce qui est de coutume en France ; il ne faut prétendre rien de particulier, ni citer ce qui d’usage, ni demander qu’on l’imite ; au contraire, il faut se prêter absolument à ce que la Cour est accoutumée à faire. Allez, s’il se peut, l’après-dînée, et surtout tous les dimanches, aux vêpres et au salut. Je ne sais pas si la coutume est en France de sonner l’angélus ; mais recueillez-vous alors, sinon en public, du moins dans votre cœur. Il en est de même pour le soir ou en passant devant une église ou croix, sans vous servir cependant d’aucune action extérieure que de celles qui sont de coutume. Cela n’empêche pas que votre cœur ne puisse se concentrer et faire intérieurement des prières, la présence de Dieu étant à cet effet le moyen unique dans toutes les occasions ; votre incomparable père possédait en perfection cette qualité.

En entrant dans les églises, soyez d’abord pénétrée du plus grand respect et ne vous laissez pas aller à vos curiosités, qui causent les distractions. Tous les yeux seront fixés sur vous, ne donnez donc point de scandale. En France on est très édifiant dans les églises et toujours en public. Il n’y est pas, comme ici, des oratoires qui sont trop commodes, donnent souvent lieu au relâchement dans le maintien et de la facilité à se parler, ce qui scandaliserait beaucoup en France. Tant que vous pouvez, restez à genoux, ce sera la contenance la plus convenable pour donner l’exemple. Ne vous permettez aucun contorsion, qui est l’air d’hypocrisie ; il faut, surtout dans ce pays-là, éviter ce reproche. Vous ferez, si votre confesseur l’approuve, vos dévotions toutes les six semaines, de même que les grands jours de fête, et nommément de la Sainte Vierge. Dans ces jours ou la veille, n’oubliez pas la dévotion particulière de votre maison pour la Sainte Vierge, dont elle a aussi éprouvé une protection particulière en toute occasion.

Ne lisez aucune livre, même indifférent, sans en avoir préalablement demandé l’approbation de votre confesseur : c’est un point d’autant plus nécessaire en France, parce qu’il s’y débite sans cesse des livres remplis d’agrément et d’érudition, mais parmi lesquels il y a sous ce voile respectable bien des pernicieux à l’égard de la religion et des mœurs. Je vous conjure donc, ma fille, de ne lire aucun livre, même aucune brochure sans l’avis de votre confesseur ; j’exige de vous, ma chère fille, cette marque la plus réelle de votre tendresse et obéissance pour les conseils d’une bonne mère, qui n’a en vue que votre salut et votre bonheur. N’oubliez jamais l’anniversaire de feu votre cher père, et le mien à son temps : en attendant vous pouvez prendre celui de ma naissance pour prier pour moi. Le point relativement aux Jésuites est encore un de ceux sur lesquels vous devez vous abstenir entièrement de vous expliquer, ni pour ni contre.

Instruction particulière.

Ne vous chargez d’aucune recommandation ; n’écoutez personne, si vous voulez être tranquille. N’ayez pas de curiosité ; c’est un point dont je crains beaucoup à votre égard. Evitez toute sorte de familiarité avec de petites gens. Demandez à M. et à Mme de Noailles, en l’exigeant même, sur tous les cas, ce que, comme étrangère et voulant absolument plaire à la nation, vous devriez faire, et qu’ils vous disent sincèrement s’il y a quelque chose à corriger dans votre maintien, dans vos discours ou autres points. Répondez agréablement à tout le monde, avec grâce et dignité : vous le pouvez, si vous voulez. Il faut aussi savoir refuser. Dans mes États et dans l’empire, vous ne sauriez vous refuser à accepter des placets, mais vous les donnerez tous à Starhemberg, et vous adresserez tout le monde à lui, ou à Schaffgotsch, si le premier était empêché, en disant à tout le monde que vous les enverrez à Vienne, ne pouvant rien faire de plus.

Depuis Strasbourg, vous n’accepterez plus rien sans en demander l’avis de M. ou de Mme de Noailles, et vous renverrez à eux tous ceux qui vous parleront de leurs affaires, en leur disant honnêtement qu’étant vous-même étrangère, vous ne sauriez vous charger de recommander quelqu’un au roi. Si vous voulez, vous pouvez ajouter, pour rendre la chose plus énergique : « L’Impératrice ma mère m’a expressément défendu de me charger d’aucune recommandation. » N’ayez point de honte de demander conseil à tout le monde et ne faites rien de votre propre tête. Vous avez un grand avantage, que Starhemberg fera avec vous le voyage de Strasbourg à Compiègne. Il est très aimé en France ; il vous est très attaché. Vous pouvez lui tout dire et tout attendre de ses conseils. Il restera encore huit à dix jours à Versailles. Vous pouvez m’écrire sincèrement par son canal.

Tous les commencements de mois, j’expédierai d’ici à Paris un courrier : en attendant, vous pourriez préparer vos lettres pour les faire partir tout de suite à l’arrivée du courrier. Mercy aura l’ordre de l’expédier d’abord. Vous pouvez de même m’écrire par la poste, mais sur peu de choses, et que tout le monde peut savoir. Je ne crois pas que vous deviez écrire à votre famille, hors dans les cas particuliers et à l’empereur, avec qui vous vous arrangerez sur ce point. Je crois que vous pourriez encore écrire à votre oncle et tante, de même qu’au prince Albert. La reine de Naples souhaite votre correspondance ; je n’y trouve aucune difficulté. Elle ne vous dira rien que de raisonnable et d’utile ; son exemple doit vous servir de règle et d’encouragement, sa situation ayant été en tout et étant bien plus difficile que la vôtre. Par son esprit et par sa déférence, elle a surmonté tous les inconvénients, qui ont été grands. Elle fait ma consolation et a l’approbation générale. Vous pouvez donc lui écrire, mais que tout soit mis en façon à pouvoir être lu par tout le monde. Déchirez mes lettres, ce qui me mettra à même de vous écrire plus ouvertement ; j’en ferai de même avec les vôtres. Ne faites aucun compte sur les affaires domestiques d’ici ; elles ne consistent que dans des faits peu intéressants et ennuyants. Sur votre famille vous vous expliquerez avec vérité et ménagement ; quoique je manque souvent d’en être entièrement contente, vous trouverez peut-être que c’est ailleurs encore pis, qu’il n’y a ici que des enfantines et jalousies pour des riens, qu’autre part c’est bien plus soutenu.

Il me reste encore un point par rapport aux jésuites. N’entrez dans aucun discours, ni pour ni contre eux. Je vous permets de me citer et de dire que j’ai exigé de vous de n’en parler ni en bien ni en mal : que vous savez que je les estime, que dans mes pays ils ont fait grand bien, que je serais fâchée de les perdre, mais que si la cour de Rome croit devoir abolir cet ordre, je n’y mettrais aucun empêchement ; qu’au reste, j’en parlais toujours avec distinction, mais que même chez moi, je n’aimais pas à entendre parler de ces malheureuses affaires.


Source: correspondance éditée par Evelyne Lever in Marie-Antoinette, la naissance d'une reine, Seuil, 2006.

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