Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 Guyonne-Elisabeth-Joséphine de Montmorency-Laval, Duchesse de Luynes

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madame antoine

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MessageSujet: Guyonne-Elisabeth-Joséphine de Montmorency-Laval, Duchesse de Luynes   Mar 19 Aoû - 10:27

Bonjour,

Je souhaite vous parler aujourd'hui d'une Dame du Palais de la Reine Marie-Antoinette à la personnalité intéressante.

Guyonne-Joséphine-Elisabeth de Montmorency-Laval est née en 1755 et morte à Esclimont en 1830. Fille de Guy-André-Pierre de Montmorency-Laval et de Jacqueline Hortense de Bullion de Fervaques, elle fait partie d'une grande famille de l'entourage de la Reine. Elle-même fut Dame pour accompagner la Reine pendant de longues années. Elle avait épousé en 1758 le Duc de Luynes.


http://www.damienlibert.com/html/fiche.jsp?id=618898&np=5&lng=fr&npp=20&ordre=1&aff=1&r=

La Duchesse de Luynes était une femme de caractère et d'esprit. Pendant que son mari menait une carrière militaire, elle consacrait son temps à des études et des travaux littéraires. La Duchesse est connue pour avoir créé en 1795 un atelier d’imprimerie au château de son mari, à Dampierre, près de Rambouillet. Voici le portrait que laissa d'elle Mme de Récamier, son amie.

Elle avait un esprit très original et parfaitement naturel. Ses traits durs et irréguliers étaient masculins, comme le son de sa voix. Lorsqu’elle portait des vêtements de femme (ce qui n’arrivait pas tous les jours), elle endossait une sorte de costume qui n’était ni celui qu’elle avait dû porter dans sa jeunesse avant la Révolution, ni celui que la mode avait introduit sous l’Empire : il se composait d’une robe très ample à deux poches, et d’une espèce de bonnet monté ; on ne lui vit jamais de chapeau. Mme de Luynes se moquait fort gaiement elle-même de ce qu’elle appelait sa dégaine ; et néanmoins, avec ce visage, cette toilette et cette grosse voix, il était impossible aux gens les plus ignorants de ce qu’elle était, de ne pas reconnaître en elle, au bout de cinq minutes, une grande dame. La sensibilité et l’élévation de son âme se montraient de même sous la brusquerie de ses allures, comme, à travers la crudité de son langage, perçaient l’habitude et l’élégance du grand monde. Elle était très instruite, savait bien l’anglais et lisait énormément. Que dis-je ? Elle imprimait ; elle avait fait établir une presse au château de Dampierre, et non seulement elle était, mais elle avait la prétention d’être un bon ouvrier typographe.


Guyonne-Elisabeth-Joséphine de Montmorency-Laval par Louis Carrogis (Musée Condé)
http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU0BEW6IH

La Duchesse de Luynes fit même sensation à l’imprimerie de MM. Ballanche père et fils où elle s'était rendue en visite avec Mme de Récamier. Après avoir attentivement et très judicieusement examiné les caractères, les presses, les machines ; après avoir apprécié en personne du métier les perfectionnements que MM. Ballanche avaient introduits dans leur établissement, elle relève tout à coup sa robe dans ses poches, se place devant un casier, et, à l’admiration de tous les ouvriers, la duchesse compose une planche fort correctement, fort lestement, sans omettre même en composant un certain balancement du corps en usage parmi les imprimeurs de son temps.

La Duchesse exerça son activité pendant des années, jusqu'à la promulgation du décret de Napoléon Ier sur l’imprimerie et la librairie. Les textes imprimés touchaient des domaines divers, historiques, moraux, poétiques et autres. Citons par exemple le Recueil de pièces de poésie détachées à l’usage de quelques amis habitant la campagne imprimé en 1800.

La très active Duchesse veillait personnellement à toutes les étapes de la fabrication. Le brochage des cahiers était réalisé dans le salon de son château par son amie Mme Felz, femme d'un médecin allemand. En plus d'être intelligente et curieuse de tout, Mme de Luynes était aussi polyglotte. Certains des ouvrages qu'elle imprima furent traduits par elle, comme cette édition des aventures de Robinson Crusoe.



http://www.bibliotheque-conde.fr/expo/expo_ed_imprimeries_privees.htm

Il s'agit en fait d'un manuel d'apprentissage de l'anglais à l'usage de son fils. Le texte anglais est traduit en français ligne par ligne et les mots sont numérotés. Les peines que je me suis données, conclut-elle, seront amplement payées, si elles servent à aplanir les difficultés que les élèves éprouvent dans l’étude de toutes les langues ; je dis toutes, parce que cette méthode peut s’appliquer à toutes.

C'était vraiment une personnalité hors du commun.

madame antoine

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MessageSujet: Re: Guyonne-Elisabeth-Joséphine de Montmorency-Laval, Duchesse de Luynes   Mar 19 Aoû - 16:57

Quel personnage haut en couleur!   Elle ne devait pas passer incaperçue à la Cour!   

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madame antoine

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MessageSujet: Re: Guyonne-Elisabeth-Joséphine de Montmorency-Laval, Duchesse de Luynes   Mar 19 Aoû - 19:09

C'est ce que je me suis dit aussi quand j'ai découvert la vie de cette Duchesse. Quel tempérament !

madame antoine

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MessageSujet: Re: Guyonne-Elisabeth-Joséphine de Montmorency-Laval, Duchesse de Luynes   Mar 19 Aoû - 19:21

madame antoine a écrit:


Il s'agit en fait d'un manuel d'apprentissage de l'anglais à l'usage de son fils. Le texte anglais est traduit en français ligne par ligne et les mots sont numérotés. Les peines que je me suis données, conclut-elle, seront amplement payées, si elles servent à aplanir les difficultés que les élèves éprouvent dans l’étude de toutes les langues ; je dis toutes, parce que cette méthode peut s’appliquer à toutes.

En plus, c'est une super méthode! Cette femme était une pédagogue née!   

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MessageSujet: Re: Guyonne-Elisabeth-Joséphine de Montmorency-Laval, Duchesse de Luynes   Jeu 1 Jan - 13:22

Lettre de la duchesse de Luynes:





Guyonne-Élisabeth-Josèphe de Montmorency-Laval, duchesse de Luynes (1755-1830) femme de lettres ; épouse (1768) de Louis-Joseph d’Albert duc de Luynes (1748-1807) ; dame du palais, puis dame d’honneur de Marie-Antoinette, elle adopta avec son mari les idées révolutionnaires ; traductrice et biographe, elle avait installé une presse privée en son château de Dampierre, et recevait les gens de lettres en son salon de la rue du Bac ; « une femme supérieure, d’une grande intelligence, de beaucoup d’esprit et de cœur » (Mme Récamier).106 lettres autographes et une pièce autographe signée « Montmorency Dsse de Luynes », Dampierre, Tours, Lyon, Dieppe, Caen, etc. [1802 ?]-1829, à Étienne Guillard-Senainville, à Paris ; 156 pages in-4 ou in-8, la plupart avec adresse (on joint une invitation impr.).Importante correspondance à son collaborateur pour la traduction du Spectator de Joseph Addison et Richard Steele, entreprise avec son neveu Mathieu de Montmorency-Laval. [Le journal anglais de 1711-1712 et 1714 à grand succès avait formé un ensemble de 8 volumes ; l’édition entreprise par la duchesse resta inachevée]. Il y est aussi question de bien des personnes de son entourage : son frère, son mari, son fils et son petit-fils, le duc de Luynes ; Talleyrand, Chateaubriand, Mme Récamier, Sosthène de La Rochefoucauld, les ducs de Doudeauville, de Duras, de Rauzan, etc. Nous ne pouvons donner qu’un rapide aperçu de cette correspondance.26 juillet 1803. Il faut avancer leur « grand ouvrage du Spectateur » : « Nous y travaillons à force […] nous imprimons trois feuilles par semaine […] nous vous attrapons à pas de géant »… 18 mai [1805], envoi d’un billet pour la Comédie-Française : « J’ai la loge de M. de Talleyrand »… 4 juillet. Elle presse d’achever le 5e volume de leur « malheureux » Spectateur » : « j’ai donné, pour vous soulager, le 6eme vol. à Mathieu »… 8 août. Prière de « jeter et corriger, refondre &c, avec votre joli stile […], le n° 380 du Spectateur »… 13 août : « Je serais fâchée que la célérité de Mme Heaney vous fatigue, mais je mets du prix que ce 5eme volume soit terminé. Je verrai ce que Mathieu aura fait du 6eme. Je donnerai le 7eme à débrouiller à Mme Heaney »… 27 août 1806. Mise au point de traductions récentes de Guillard, Beaufils et Mathieu, dont une « sublime » qu’il a désirée… 27 octobre : « J’enverrai à Versailles pour vous à l’hôtel de Luynes […] un cabriolet. Vous me ferez un grand plaisir de vous occuper du n° 541 qui vous reste du 7eme volume. Je suis charmée que vous veniez passer ici quatre jours »… 29 mai 1807 : « nous sommes deux à travailler et je craindrais de manquer d’ouvrage ce qui me retarderoit pour les Notes »… 17 juin : elle réclame le n° 520, faute duquel « je serai dans le cas de câler, c’est-à-dire en terme d’imprimerie de ne pouvoir plus travailler »… 7 octobre : « Les Notes et Omissions de ce tome huit et dernier étant moins longues, j’espère qu’elles vous ennuieront moins »… 15 novembre 1809. Il faudrait « un fort libraire » comme Michaud « qui a fait la préface de la traduction du Paradis perdu, je suis convaincue qu’il achèteroit notre Spectateur »… 26 mai 1810 : « Je ne sais si vous avez pu commencer l’ouvrage fastidieux de notre Spectateur, si vous ne l’avez pas fait, laissez-moi le 1er volume, j’ai déjà presque fini le second »… 16 mai 1818. « J’ai reçu aujourd’hui le 3eme vol. de notre vieux Spectateur avec un bonheur d’autant plus grand que je craignais que vous n’y pussiez plus. Vous devez avoir une petite édition in-12 de la traduction ancienne et seule de son espèce »… 15 novembre : « Je viens d’achever le classement de nos cinq premiers volumes de notre vieux Spectateur, quand je dis nos cinq j’entends par là l’ordre de l’ouvrage anglois que nous suivrons […] excepté les commentaires d’Addison sur Milton, qu’il faut que vous revoyez »… 5 janvier 1819 : « Je ne veux jamais paraître comme auteur je ne le mérite pas ; néanmoins je vous prie dans votre préface ou dans votre avertissement de faire mention comment et à quelle occasion nous avons commencé notre Spectateur, et la peine que j’ai prise pour qu’on ait en entier ce bon ouvrage. Quant à la traduction elle est entière à vous »… 8 janvier 1821 : « Notre Spectateur est livré, voudrez-vous envoyer les volumes qui précèdent le dernier que je viens de transcrire : je donnerai en échange ceux que j’ai copiés »… 3 juillet : « Ma bonne et belle édition du Spectateur est de 1789. Le Johnson est à vos ordres je l’ai ici in-fol. en 2 vol. mais il est tout anglais »… Elle propose de lui prêter un dictionnaire bilingue. « Je ne puis vous dire combien je me désespère de voir tant d’anicroches pour notre malheureux ouvrage »… 25 août : Elle copiera fidèlement le certificat voulu, dans les termes qu’il lui dictera. « M. de Fontanes m’a dit que votre traduction étoit excellente, qu’il ne doutoit pas que le public la goutoit et la goûteroit comme elle mérite »… Peu après, elle certifie que Guillard-Senainville a communiqué au comte de Fontanes sa traduction des « cent soixante cinq numéros du Spectateur anglais omis dans l’ancienne traduction ; que M. de Fontanes a été surpris de la fidélité et de l’élégance de cette nouvelle traduction, qu’il en a fait les plus grands éloges à l’auteur, qu’il l’a fortement engagé à la publier et même à donner une nouvelle édition du Spectateur »… 3 octobre : « Je suis si contente qu’enfin vous ayés trouvé quelqu’un qui se charge de notre vieux et bon Spectateur […], car réellement quoique je sois là dedans comme la mouche du coche je le regarde comme mon enfant »… 17 juin 1823. Elle renonce à faire les avances pour imprimer leur vieux Spectateur : « Jamais nous n’aurions 12 F des trois volumes, il me faudroit solliciter tant de personnes pour en prendre, qu’à peine trouverais-je la moitié non de 3600 F mais même de 3000 […] vous n’en tireriez aucun bénéfice ». Elle recommande cependant de voir M. de Barante, « curieux des bons ouvrages anglais »… 3 juillet. Elle s’occupe de collationner les volumes de leur vieux Spectateur. « Il est très possible de trouver un amateur qui donneroit de nos travaux 2000 f à 2400 f. »… 4 août. « Enfin notre Spectateur est fini, je vous adresse le huitième et dernier volume. Je vais des vœux bien ardens pour que vous puissiez en tirer un parti raisonnable »… 22 août. Elle persiste à trouver déraisonnable d’avancer de l’argent pour leur vieux Spectateur, mais elle a parlé de lui au duc de Doudeauville… 27 avril [1826]. Sur son neveu Mathieu de Montmorency-Laval (mort le 24 mars 1826), « notre saint Mathieu, je ne puis lui donner ce nom, car je désire qu’on puisse mieux pratiquer la religion qu’il a fait depuis la mort de son frère qui a été en 1793. J’aurois été d’avis de les faire imprimer, mais ce n’est pas possible à cause de M. de Chateaubriand, dont il faut avoir l’attache pour s’y décider. Nous lui devons cette politesse attendu que […] il s’est engagé à faire sa vie. Il en est convenu avec Mme Récamier »… 20 mai. Sur la publication de la note de Guillard-Senainville sur leur pauvre Mathieu ; elle recommande d’en porter des exemplaires au duc de Rivière ; « je pense que le Roi et Mme la Dauphine ne seroient pas fachée de la lire »… 4 juin 1827, s’inquiétant d’une destitution de son correspondant et parlant de son « persécuteur » Alexis de Noailles… 1829. Elle le recommande à Doudeauville, au duc et à la duchesse Duras : « je la regarde comme un bon augure »… Etc.On joint une correspondance de 32 lettres (la plupart l.a.s.) d’Anne-Adrien-Pierre de MONTMORENCY-LAVAL (1768-1837, diplomate, neveu de la duchesse), 1822-1835 et s.d., à E.-J. Guillard-Senainville. Il y parle notamment de son ambassade à Rome, où il invite son ami ; il lui propose de « passer la journée au Val au Loup, où les maîtres de la maison [Chateaubriand] iront ce soir pour nous recevoir » (30 août 1824). Sur Mathieu : « Personne plus que vous n’a été témoin de ce sentiment si intime, parfait, inaltérable ; je pense que c’étoit le lien le plus fort, la plus digne, la plus indissoluble alliance qu’aye jamais formé l’amitié » (25 mai 1826)… Etc. Plus 2 lettres de la duchesse douairière de Laval et 2 de la vicomtesse de Laval (mère et tante de la duchesse de Luynes), et divers documents, dont un faire-part de décès et un portrait. Les Neuf Muses.
http://www.bibliorare.com/products/guyonne-elisabeth-josephe-de-montmorency-laval-duchesse-de-luynes-1755-1830-femme-de-lettres-epouse-1768-de-louis-joseph-dalbert-duc-de-luynes-1748-1807-dame-du-palais-p/

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