Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
madame antoine

avatar

Nombre de messages : 5011
Date d'inscription : 30/03/2014

MessageSujet: Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette   Sam 7 Mar - 10:25

pimprenelle a écrit:
Un excellent article, très documenté, sur la soeur de Madame Campan. Il serait utile d'ouvrir aussi un sujet sur cette fidèle de la reine !  Very Happy

Marie Antoinette appelait Adélaïde Auguié "ma lionne", à cause de son abondante chevelure, avais-je lu. Ici, on dit que c'est son courage qui lui a valu ce surnom.
http://maria-antonia.justgoo.com/post

Voici ce sujet. Née le 10 Septembre 1758, Adélaide-Henriette Genêt est la troisième et plus jeune fille de la famille, qui comptait aussi un garçon, Edmond-Charles. Elle est la soeur de Jeanne-Louise-Henriette, plus connue sous le nom de Mme Campan, la fidèle Femme-de-Chambre auprès de la Reine Marie-Antoinette qui laissa de célèbres mémoires.


Edmond-Charles Genêt (gauche)Mme Campan par Boze, 1786 (droite)

Le père de famille, Edme-Jacques Genêt occupait une fonction importante. Il était Premier Commis des Affaires Etrangères et faisait ainsi partie de cette Bourgeoisie influente qui se transmettait les postes par filiation. Ce fut d'abord Jeanne-Louise-Henriette qui fut admise à la Cour en devenant Lectrice de Mesdames puis, après l'arrivée de l'Archiduchesse Marie-Antoinette, Femme-de-Chambre de la Dauphine. Sa jeune soeur Adélaide-Henriette entrera à son tour au service de la Dauphine dans d'aimables circonstances. Un jour qu'elle rendait visite à sa soeur, elle eut l'honneur d'être distinguée par Marie-Antoinette. La jeune personne était en effet aussi charmante que modeste. Mme Vigée-Lebrun garda d'elle un souvenir ému.J’ai peu connu de femmes aussi belles et aussi aimables que Mme Auguié. Elle était grande et bien faite ; son visage était d’une fraîcheur remarquable, son teint blanc et rose et ses jolis yeux exprimaient sa douceur et sa bonté. La voici peinte par Anne Vallayer-Coster.




Marie-Antoinette s'attacha rapidement à cette jeune-femme avenante. Quand Adélaïde-Henriette épousa Pierre-César Auguié, elle le fit nommer Receveur Général des Finances de Lorraine. Le couple donna naissance à trois filles : Antoinette née en 1780, dont le Roi et la Reine sont Parrain et Marraine, Aglaé, dite Eglé, en 1782 et Adèle en 1786. Voici un portrait de Mme Auguié qui montre sa grâce et son épaisse chevelure, véritable crinière qui lui valut sans doute son surnom de Ma Lionne que lui avait donné la Reine affectueusement.


Mme Auguié par Wermüller

La Lionne se montra à la hauteur de cette distinction. Lors de l'invasion des Appartements de la Reine, à l'aube du 6 Octobre 1789, Mme Auguié était de service et eut la présence d'esprit de verrouiller les issues, permettant ainsi à Marie-Antoinette d'échapper à la foule. Voici le récit de Mme Campan. La reine se coucha à deux heures du matin et s'endormit, fatiguée par une journée aussi pénible. Elle avait ordonné à ses deux femmes de se mettre au lit, pensant toujours qu'il n'y avait rien à craindre, du moins pour cette nuit ; mais l'infortunée princesse dut la vie au sentiment d'attachement qui les empêcha de lui obéir. Ma soeur, qui était l'une de ses dames, m'apprit le lendemain tout ce que je vais en citer.
Au sortir de la chambre de la reine, ces dames (Mme Thibault et Mme Auguié) appelèrent leurs femmes de chambre et se réunirent toutes quatre, assises contre la porte de Sa Majesté. Vers quatre heures et demie du matin, elles entendirent des cris horribles et quelques coups de fusils ; l'une d'elles entra chez la reine pour la reveiller et la faire sortir de son lit ; ma soeur vola vers l'endroit où lui paraissait être le tumulte ; elle ouvrit la porte de l'antichambre qui donne dans la grande salle des gardes et vit un garde-du-corps, tenant son fusil en travers de la porte et qui était assailli par une multitude qui lui portait des coups ; son visage était déjà couvert de sang ; il se retourna et lui cria : Madame, sauvez la reine ; on vient pour l'assassiner." Elle ferma soudain la porte sur cette malheureuse victime de son devoir, poussa le grand verrou et prit la même précaution en sortant de la pièce suivante, et, après être arrivée à la chambre de la reine, elle lui cria : "Sortez du lit, Madame ; ne vous habillez pas ; sauvez-vous chez le roi." La reine épouvantée se jette hors du lit, on lui passe un jupon, sans le nouer, et ces deux dames la conduisent vers l'Oeil-de-Boeuf. Une porte de cabinet de toilette de la reine, qui tenait à cette pièce, n'était jamais fermée que de son côté. Quel moment affreux ! elle se trouva fermée de l'autre côté. On frappe à coup redoublés ; un domestique d'un valet de chambre du roi vient ouvrir ; la reine entre dans la chambre de Louis XVI..




Cette personne de confiance fit partie de ceux qui accompagnèrent la Famille Royale aux Tuileries où sa fidélité de se démentit pas. Après l'arrestation à Varennes, Mme Auguié mit tout en oeuvre pour pouvoir reprendre son service auprès de la Reine. Voici le récit de Mme Campan. Le jour que l'on attendait le retour des infortunés voyageurs, les voitures ne circulaient pas dans les rues de Paris. Cinq ou six femmes de la reine, après avoir été refusées à toutes les portes, se trouvaient à celle des Feuillants avec une de mes soeurs qui avait l'honneur d'être attachée à Sa Majesté, (Mme Auguié) insistant avec force pour que la sentinelle leur permît d'entrer. Les poissardes les attaquèrent sur l'audace qu'elles avaient de résister à une consigne. Une d'elles va saisir ma soeur par le bras en l'appelant esclave de l'Autrichienne. " Ecoutez, lui dit ma soeur d'une voix forte et avec le véritable accent du sentiment qui l'inspirait, je suis attachée à la reine depuis l'âge de quinze ans ; elle m'a dotée et mariée ; je l'ai servie puissante et heureuse. Elle est infortunée en ce moment : dois-je l'abandonner ? - Elle a raison, s'écrièrent ces furies, elle ne doit pas abandonner sa maîtresse ; faisons-les entrer." A l'instant elles entourent la sentinelle, forcent le passage et introduisent les femmes de la reine, en les accompagnant jusque sur la terrasse des Feuillants.


Le retour de Varennes

Lors du transfert de la Famille Royale à l'Assemblée, le 10 Août 1789, la bourse de la Reine ayant été dérobée, Mme Auguié lui fit passer 25 louis pour les premières nécessités. Lorsque la Famille Royale fut emmenée au Temple, Mme Auguié voulut les suivre mais, rapporte Mme de Tourzel, cela lui fut refusé. Comme on permit un moment à la Reine d'emmener une seconde femme, madame Auguier demanda à suivre Sa Majesté et arriva même aux Feuillants; mais cette permission ayant été promptement révoquée, elle fut obligée, à son grand regret, de retourner chez elle, car elle était fort attachée à la Reine. Cet attachement non dissimulé lui coûta la vie. Son nom fut mentionné pendant le procès de Marie-Antoinette où elle fut accusée de lui avoir donné de l'argent et détruit des papiers compromettants. Le 26 Juillet 1794, alors qu'elle allait à son tour être arrêtée, La Lionne se jeta du sixième étage, laissant ses trois filles sous la protection de sa soeur aînée.

Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Louise_Henriette_Campan
http://la-cour-royale.forumcommunity.net/?t=53727277

Vous trouverez également la biographie des trois filles de Mme Auguié ici.
http://jacqmace.wix.com/histoires#!soeurs-auguie/c1avl

madame antoine

_________________
Plus rien ne peut plus me faire de mal à présent
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
pimprenelle
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 39401
Date d'inscription : 23/05/2007

MessageSujet: Re: Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette   Sam 7 Mar - 20:14

Wah! J'adore cette femme! Quelle loyauté à la reine!

_________________
rien que la mort peut me faire cesser de vous aimer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
levengeur

avatar

Nombre de messages : 669
Date d'inscription : 31/03/2014

MessageSujet: Re: Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette   Dim 8 Mar - 20:53

top sujet !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chou d'amour
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 31670
Age : 35
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 22/05/2007

MessageSujet: Re: Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette   Lun 9 Mar - 10:00

En effet, merci madame antoine

_________________
Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme c'est le contraire!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://maria-antonia.justgoo.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette   

Revenir en haut Aller en bas
 
Adélaide-Henriette Genêt, Mme Auguié, La Lionne de la Reine Marie-Antoinette
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Louise Adélaïde de Penthièvre, duchesse d'Orléans
» Maison et dames du Palais de la reine Marie-Antoinette
» Adélaïde Labille-Guiard, peintre de Mesdames
» l'oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre, p 443-444 du manuel Hatier
» Henriette Campan

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Boudoir de Marie-Antoinette :: Marie-Antoinette et ses contemporains :: Ses relations amicales-
Sauter vers: