Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  GroupesGroupes  Connexion  

Partagez | 
 

 "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
madame antoine

avatar

Nombre de messages : 4886
Date d'inscription : 30/03/2014

MessageSujet: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Dim 17 Jan - 8:22

Bonjour à Tous Les Amis du Boudoir de Marie-Antoinette,

A quelques jours de la Commémoration de l'exécution du Roi Louis XVI, voici une publication qui a à coeur de proposer une analyse clinique de la démence révolutionnaire à-travers le célèbre livre Les Dieux ont soif. Cette oeuvre d'Anatole France fut éditée en feuilleton du 15 Octobre 1911 au 15 Janvier 1912 avant de l'être en volume. L'ensemble de l'analyse est consultable ici.
http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2015/08/31/les-dieux-ont-soif-comment-la-revolution-ideologique-finit-5714890.html#more

Un chapitre que voici en est plus particulièrement dévolu à la Reine Marie-Antoinette.

Chapitre 15, pages 224/225/226 : pour Marie-Antoinette, c'est l'hallali...

Il fallait vider les prisons qui regorgeaient; il fallait juger, juger sans repos ni trêve. Assis contre les murailles tapissées de faisceaux et de bonnets rouges, comme leurs pareils sur les fleurs de lys, les juges gardaient la gravité, la tranquillité terrible de leurs prédécesseurs royaux. L'accusateur public et ses substituts, épuisés de fatigue, brûlés d'insomnie et d'eau-de-vie, ne secouaient leur accablement que par un violent effort; et leur mauvaise santé les rendait tragiques. Les jurés, divers d'origine et de caractère, les uns instruits, les autres ignares, lâches ou généreux, doux ou violents, hypocrites ou sincères, mais qui tous, dans le danger de la patrie et de la République, sentaient ou feignaient de sentir les mêmes angoisses, des brûler des mêmes flammes, tous atroces de vertu ou de peur, ne formaient qu'un seul être, une seule tête sourde, irritée, une seule âme, une bête mystique, qui par l'exercice naturel de ses fonctions, produisait abondamment la mort. Bienveillants ou cruels par sensibilité, secoués soudain par un brusque mouvement de pitié, ils acquittaient avec des larmes un accusé qu'ils eussent, une heure auparavant, condamné avec des sarcasmes. A mesure qu'ils avançaient dans leur tâche, ils suivaient plus impétueusement les impulsions de leur coeur.

Ils jugeaient dans la fièvre et dans la somnolence que leur donnait l'excès de travail, sous les excitations du dehors et les ordres du souverain, sous les menaces des sans-culottes et des tricoteuses pressés dans les tribunes et dans l'enceinte publique, d'après des témoignages forcenés, sur des réquisitoires frénétiques, dans un air empesté, qui appesantissait les cerveaux, faisait bourdonner les oreilles et battre les tempes et mettait un voile de sang sur les yeux. Des bruits vagues couraient dans le public sur des jurés corrompus par l'or des accusés. Mais à ces rumeurs le jury tout entier répondait par des protestations indignées et des condamnations impitoyables. Enfin, c'étaient des hommes, ni pires ni meilleurs que les autres. L'innocence, le plus souvent, est un bonheur et non pas une vertu : quiconque eût accepté de se mettre à leur place eût agi comme eux et accompli d'une âme médiocre ces tâches épouvantables.



Antoinette, tant attendue, vint enfin s'asseoir en robe noire dans le fauteuil fatal, au milieu d'un tel concert de haine que seule la certitude de l'issue qu'aurait le jugement en fit respecter les formes. Aux questions mortelles, l'accusée répondit tantôt avec l'instinct de la conservation, tantôt avec sa hauteur accoutumée,, et, une fois, grâce à l'infamie d'un de ses accusateurs, avec la majesté d'une mère. L'outrage et la calomnie seuls étaient permis aux témoins; la défense fut glacée d'effroi. Le tribunal, se contraignant à juger dans les règles, attendait que tout cela fût fini pour jeter la tête de l'Autrichienne à l'Europe..."


Bien à vous

madame antoine

_________________
Plus rien ne peut plus me faire de mal à présent
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
pilayrou

avatar

Nombre de messages : 210
Date d'inscription : 22/12/2014

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Dim 17 Jan - 15:30

Excusez-moi; mais cela n'a rien d'une analysé historique impartiale. Et comparer Robespierre à Hitler ! Mad
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chou d'amour
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 31650
Age : 34
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 22/05/2007

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Sam 23 Jan - 14:07

L'extrait donné par madame antoine est plutôt bon je trouve Very Happy

Après oui Robespierre et Hitler n'ont rien à voir c'est certain....

_________________
Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme c'est le contraire!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://maria-antonia.justgoo.com
pimprenelle
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 39327
Date d'inscription : 23/05/2007

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Sam 23 Jan - 14:34

... quoique... La justice sommaire, comme solution finale, c'est une bonne méthode...

_________________
rien que la mort peut me faire cesser de vous aimer
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chou d'amour
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 31650
Age : 34
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 22/05/2007

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Sam 23 Jan - 18:07

Justement avec Hitler il n'y avait même pas de procès
Nous sommes bien d'accord évidemment que la justice sous la terreur n'avait de justice que le nom, mais Robespierre a essayé dans la mesure du possible de respecter un cadre légal. Cette seule attention ne figurait même pas dans les "principes" d'Hitler

_________________
Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme c'est le contraire!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://maria-antonia.justgoo.com
Thainville

avatar

Nombre de messages : 31
Age : 69
Localisation : Gard
Date d'inscription : 16/09/2015

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Sam 30 Jan - 8:57

Après avoir précisé en tant que "petit nouveau" que je ne suis pas amoureux de Robespierre, je propose l'analyse suivante : Hitler procédait selon un plan longuement mûri et annoncé dans Mein Kampf ;
Robespierre fonctionnait en réaction aux évènements selon une logique pernicieuse : "il faut sauver la Révolution" donc éliminer -- légalement-- ses ennemis. Un mois avant Varenne, il réclamait à la tribune de l'Assemblée l'abolition de la peine de mort et il ne pensait pas alors à l'abolition de la monarchie.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Chou d'amour
Administrateur
avatar

Nombre de messages : 31650
Age : 34
Localisation : Lyon
Date d'inscription : 22/05/2007

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Sam 30 Jan - 16:05

Oui je suis d'accord avec vous Thainville, Robespierre essayait tant bien que mal de s'adapter à une situation extrêmement complexe et évolutive, dans l'unique but ultime de sauver la République à tout prix.
Contrairement à Hitler, ce n'est pas la haine qui lui a fait dépasser certaines limites, mais la parano et la peur de se voir voler la Révolution.

_________________
Le capitalisme c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Le syndicalisme c'est le contraire!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://maria-antonia.justgoo.com
Thainville

avatar

Nombre de messages : 31
Age : 69
Localisation : Gard
Date d'inscription : 16/09/2015

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Sam 30 Jan - 23:41

"Sa Révolution" ; l'expression est pertinente et interpelle !Tout lucide qu'il fut -- et sa lucidité lui disait que c'était sans espoir -- cela voudrait dire qu'il avait un ressenti subjectif ; il est difficile de renoncer à un rêve !  Même si, sachant que c'était fichu il aurait pu s'opposer au déchaînement de la grande terreur dont, selon ses défenseurs inconditionnels, il ne serait qu'en partie responsable, et qui avait pour but de le perdre en le rendant impopulaire. Mais où est la vérité ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
rouquine de batarde

avatar

Nombre de messages : 228
Date d'inscription : 09/05/2015

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Dim 31 Jan - 19:38

Je pense que Robespierre était fou à la fin il n'était plus humain
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Thainville

avatar

Nombre de messages : 31
Age : 69
Localisation : Gard
Date d'inscription : 16/09/2015

MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   Dim 31 Jan - 23:20

Désespéré ; mais à la Convention il ne voulait pas lacher prise ; alors que Saint-Just se murait dans un silence hautain qui fit fantasmer Camus et Malraux. Ah, le silence de Saint-Just !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: "Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare   

Revenir en haut Aller en bas
 
"Les Dieux ont soif", Analyse clinique de la démence révolutionniare
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Hindouisme un Dieu où plusieurs Dieux?
» La clinique de l''espoir
» "Les dieux" par Alain (Émile Chartier) (1868-1951)
» Soif de savoir...
» Les dieux gaulois à la bourse

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Boudoir de Marie-Antoinette :: Contexte social et économique :: La Révolution-
Sauter vers: