Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 De quelques expressions de la langue française

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:27

Benjamin Constant ne l'aurait donc pas inventé . Very Happy
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:30

Non, et cela me fait plaisir, car j'ai souvent entendu ce mot, mais je serais bien incapable de me souvenir où...  

Cela dit, je suis assez ennuyée, car je n'ai pas retrouvé le texte au fameux "prédécessrice"... J'ai très bien pu me tromper d'une lettre en tapant ce mot dans la barre de recherche.  
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:32

Louis XV a écrit:
Non, et cela me fait plaisir, car j'ai souvent entendu ce mot,

Vraiment ?  ...... moi, jamais !  Wink
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:33

Oui, vraiment ! Mais il a pu suffire que je l'entende plusieurs fois de la part d'une seule et même personne pour que j'aie l'impression que c'était un mot courant.  
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:38

...... si vous le dites ! Wink
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:39

J'ai honte de moi à présent ! Embarassed
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:42

Pourquoi donc ? Vous nous apprenez un mot nouveau .
Enfin, à moins que je sois la seule à l'avoir ignoré jusqu'à ce soir !
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:44

Car je déteste faire offense à la langue française !  
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:45

Allons, allons, la langue évolue, savez-vous.
Il m'arrive même d'inventer des mots...
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:45

C'est tout à votre honneur ! Wink
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MessageSujet: De quelques expressions de la langue française   Mar 13 Mar - 19:49

Madame de Chimay a écrit:
Allons, allons, la langue évolue, savez-vous.

Oui, mais certaines réformes de l'Académie Française sont scandaleuses (je pense en particulier à celle de 1990). L'évolution ne doit surtout pas consister en un appauvrissement, ni en une suppression des difficultés.

Oui, oui, je suis un brin réac, je sais...

Madame de Chimay a écrit:
Il m'arrive même d'inventer des mots...

Il faudra un jour que vous nous livriez vos charmants néologismes.
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globule
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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Ven 12 Jan - 8:23

C'est la période des soldes. Mais sont-elles intéressantes ou sont-ils intéressants ?
Rhhhhho la question qui embarrasse...

Pas trop mal expliqué dans le Figaro :

«Prix monstres», «-50% sur tous les articles en magasin», «démarques sur tout le rayon»... Les magasins rivalisent de slogans aux couleurs criardes sur leurs vitrines pour appâter le client. Points bleus, rouges, verts... Il y en a toujours pour tous les goûts et à tous les prix! Surtout aujourd'hui, avec l'ouverture des «soldes». Mais d'où vient cet étrange mot? Est-il correct de l'employer au «féminin» ou faut-il, au contraire, préférer le masculin? Le Figaro revient sur son bon usage.

«Soldes». Voilà un mot bien étonnant. Est-ce parce qu'on a pris pour habitude d'acheter des articles a minima par deux en période de rabais, que l'on dit aujourd'hui «je fais les soldes» et non pas «un(e) solde»? Peut-être. Mais ne serait-ce pas surtout pour éviter son accord? «Soldes monstrueuses» ou «soldes monstrueux», les deux formules caracolent sur les devantures de nos magasins. Mais laquelle est correcte?

Une solde ou un solde?

Prenons tout d'abord «une solde». Emprunté à l'italien soldo «salaire du militaire», le mot «soldee», «souldee», «soulde» ainsi écrit, est d'abord employé dans le sens de «paie que l'on donne aux soldats» dès le XIVe siècle, avant de désigner un siècle plus tard, la «solde des gendarmes». Au XVe siècle, la solde donne naissance à la formule «estre à la solde de quelqu'un» soit «être acheté par quelqu'un pour être dévoué à ses intérêts ou à sa cause». L'expression «avoir, tenir quelqu'un à sa solde» est quant à elle postérieure. On la retrouvera par exemple, sous la plume de Benjamin Constant au début du XIXe siècle.

La solde qualifie aujourd'hui «un traitement versé aux militaires ou à certains fonctionnaires civils assimilés», indique le Trésor de la langue française. On la retrouve également dans les formules «solde budgétaire», «congé avec/ sans solde» ou comme synonyme de «salaire», «paye».

Qu'en est-il «d'un solde»? Emprunté à l'italien saldo, déverbal de saldare «solder», le mot «salde» -ainsi orthographié au XVIe siècle, signifie «ce qui reste à payer d'une somme due». Il est intrinsèquement lié à la sphère commerciale. Mais attention son usage n'est pas encore fixé! On le retrouve ainsi employé jusqu'au XVIIIe siècle, au féminin, pour qualifier «une différence entre le crédit et le débit d'un compte». Ce n'est qu'à compter du XIXe siècle, qu'on le retrouvera au masculin, par exemple, sous la plume de Balzac: «[...] je vous remettrai le solde et l'escompte que je calculerai», (Correspondances, 1835).

«Solde» ne deviendra en effet masculin qu'à partir du XIXe siècle. Il revêtira d'abord le sens de «reste d'étoffe, coupon, dans l'argot des marchands» avant de qualifier une «marchandise vendue au rabais», signification qui fait toujours foi aujourd'hui. De nos jours, «un solde» peut également s'employer pour parler de «solde migratoire» ou de «solde des créances et dettes» en comptabilité publique.

Le mot exact pour parler de «soldes» est donc bien «un solde»! Pour être correct, on écrira: «Soldes monstrueux».
http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/2018/01/10/37002-20180110ARTFIG00097-des-soldes-monstrueuses-c-est-monstrueux.php

Voilà ! Comme ça on aura l'air moins c...

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de La Reinta

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Dim 4 Fév - 15:13

Deux grosses erreurs qui viennent du XVIIIe !!!!!

L’imprimeur du dictionnaire de l’Académie française, au début du XVIIIe siècle, n’avait pas fait fondre suffisamment de lettres "è"… Une faute professionnelle qui reste dans nos dictionnaires actuels, même si depuis 1990 on peut aussi écrire évènement.

grave !!!

Dans le genre erreurs académiques, il y a aussi le fameux nénuphar. Il s’est écrit avec un "f" depuis le XVIIIe siècle, et en 1935, l’Académie lui a attribué un "ph" pour lui rendre sa racine grecque. Sauf que nénuphar vient de l’arabe, donc aurait toujours dû être écrit avec un "f". Là encore, les deux graphies sont permises aujourd’hui.


http://www.rtl.fr/culture/arts-spectacles/evenement-nenuphar-ces-erreurs-historiques-entrees-dans-le-dictionnaire-7792112037

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madame antoine

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Jeu 1 Mar - 8:35

Bien chers Amis du Boudoir de Marie-Antoinette,

Nous nous intéresserons à une expression bien connue actuellement mais au parcours difficile à retracer, la "lune de miel".

Selon la légende, la locution «honey moon» proviendrait d'une tradition babylonienne. À l'époque, il aurait en effet été de coutume pour le père de la mariée de donner au jeune époux de la bière au miel durant le premier mois de leur union. La boisson était censée augmenter les chances de fertilité du couple. Le mot «honey» dérivait ainsi de la bière au miel et le terme «moon» du mois qui suivait le jour du mariage, basé sur le calendrier lunaire. Une anecdote sympathique, certes, mais qui fut démontée par les lexicographes anglais dès le XVIe siècle.

Bien qu'attestée au XVIIIe siècle en France, dans le sens «symbole traditionnel de l'amour», la locution apparaît en effet pour la première fois chez nos voisins Anglais, dans un ouvrage au titre fleuve de John Heywood paru en 1546. L'auteur l'utilise sous la forme «hony moone», pour signifier un sentiment de gaieté. Une jolie définition certes, mais incomplète pour le lexicographe anglais Richard Huloet. Il précisera son emploi en 1552 et expliquera que cette «hony mone» caractérise en réalité un amour qui est voué à ne pas durer. Une définition on ne peut plus cynique de l'amour que confirmera le lexicologue Thomas Blount en 1656.

Cette conception négative de la locution se retrouvera également en politique à la fin du XVIe siècle. Elle décrivait alors une courte période de sympathie entre des politiciens avant que leur relation ne tourne au vinaigre...

Ce n'est que deux siècles plus tard que la formule prendra (enfin) un nouveau tournant pour désigner un sentiment amoureux. Et sans sarcasme! Ce, bien que le Trésor de la langue française cite Voltaire, maître de l'ironie, comme premier auteur français de la locution en 1748... «La lune de miel», transcription littérale de «honey moon», désigne «le premier mois de cette union, ce mois précieux que les Anglais nomment énergiquement the honeymoon».

Il faudra encore attendre un siècle pour que l'expression intègre l'idée d'un voyage, indique le magazine anglophone Country Living. Au XIXe siècle, en Angleterre, les jeunes mariés partaient en «lune de miel» pour aller à la rencontre de toutes les personnes qui n'avaient pas pu assister à leur mariage.

La conception de «voyage de noces» est donc très récente. Au XIXe siècle encore, note le Trésor de la langue française, la «lune de miel» signifiait en France «mois qui suit le mariage; premiers temps de vie commune où règnent l'entente, le bonheur dans le couple». Une définition qui induisait alors une future rupture entre les mariés... Ou comme le notait si bien Oscar Wilde: «Le mariage est la cause principale de divorce.»

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/

Bien à vous

madame antoine

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Chakton

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Sam 17 Mar - 10:48



Mais d'où ça vient d'abord, "atmosphère" ? tongue

Composé du grec atmos, «vapeur humide» et sphaira, «sphère céleste», l'atmosphère est, selon Furetière au XVIIe siècle, «la partie de l'air qui est chargée de vapeurs, ou de nuages, et qui n'a pas la pureté de la région éthérée.» Passée dans les usages au XVIIIe siècle l'atmosphère devient l'air que respire une personne, puis au sens figuré «ce qui environne quelqu'un ou quelque chose». D'où sa synonymie avec le mot «ambiance».

Ce dernier terme, emprunté au latin ambiens, de ambire «aller autour», décrit la qualité d'un milieu ambiant, ce qui «environne une personne ou une chose», indique le CNRTL. Ainsi, si vous choisissiez d'éclairer vos appartements avec des bougies d'ambiance, vous créerez un climat chaleureux, avec une atmosphère chaude et douce. Bonne ambiance assurée!
http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/

A bon entendeur ! tongue

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Lun 16 Avr - 13:12

Hello, le Boudoir de Marie-Antoinette ! Vous allez bien, les p'tits loups ?

Ce dont on va parler, ce n'est pas à proprement parler une expression, mais une évolution de langage. Autrefois, "vide" s'écrivait "vuide" et il y avait un flottement entre le v et le u. Héritage du latin, vraisemblablement, où il n'existait qu'une lettre qui s'écrivait u en minuscule, V en majuscule, et se prononçait "w".



Mais revenons au "uif" du sujet...

D'où vient le verbe «évacuer», à l'origine du substantif «évacuation»? Question résolue d'emblée dans la première édition du Dictionnaire de l'Académie française, publiée en 1694. En consultant en effet l'article à son ordre alphabétique, dans le premier tome, nous voilà immédiatement propulsés dans le second: «Évacuation, Évacuer. Voyez Vuider». Rappelons que la première édition du Dictionnaire de l'Académie offrait les mots dans un ordre savamment étudié ménageant à la fois l'ordre alphabétique et l'ordre sémantique auquel correspondent les familles de mots.

C'est donc alors sous la bannière de l'adjectif «vuide» que se retrouvent tous les mots de la même famille dont «évacuation», non sans avoir, là également, introduit l'article consacré au mot «vuide» par une remarque d'ordre phonétique: «On prononce peu le second u».

Quel second «u»? Il faut alors se souvenir que jusqu'au XVIIIe siècle, le «v» et le «u» s'écrivaient semblablement «v», ce qui compliquait singulièrement la recherche des mots dans l'ordre alphabétique. Ainsi fallait-il par exemple chercher «vocable» derrière le mot «université», et «ulcère» juste derrière le mot «vivres»…

De même famille: vuidange

Vuider, vuidange, tels sont les premiers mots cités de la famille de vuider. Puis vient survuider c'est-à-dire ôter le trop-plein, un verbe qui n'existe plus. Suit évuider, et enfin évacuer et évacuation. En fait, c'est du latin vacuus, vide, inoccupé, précédé du préfixe ex, signifiant «en dehors», que vient le verbe «evacuere», faire le vide. Dès l'Antiquité, le verbe appartenait déjà au domaine médical et c'est ainsi qu'il passera en langue française au XIIIe siècle, suivi au début du XIVe siècle par le nom, évacuation.

Tout naturellement, la première définition qui en est donnée dans un dictionnaire, en l'occurrence le Dictionnaire françois de Richelet publié en 1680, relève de la Médecine: «C'est chasser & faire sortir du corps les humeurs qui nuisent» est-il clairement dit. Avec un exemple que Molière dans Le malade imaginaire n'aurait pas repoussé: «Il s'est fait une grande évacuation d'humeurs.»

De son côté l'Académie en fait même un nom terriblement concret avec cet exemple éloquent: «Le Médecin en voyant les évacuations jugea que le malade estoit beaucoup mieux.» Tant mieux! Quant au verbe «évacuer», pudiquement, Richelet choisit justement un extrait de Molière: «Évacuer la bile».

Extension…

Certes, en 1690, dans son Dictionnaire universel, Furetière signale prioritairement le sens médical, avec pour exemples un peu crus le fait selon les croyances de l'époque que «Les petites évacuations sont des bénéfices de ventre» et que «dans l'apoplexie il faut faire de grandes évacuations par la saignée». Il n'oublie cependant en rien l'extension nouvelle du mot dans le domaine militaire.

«En termes de Guerre, précise-t-il, «Faire l'évacuation d'une place, c'est en faire sortir la garnison d'un prince pour laisser la place libre à un autre.» Ainsi, à la fin du XVIIe siècle, est déjà bien installé le sens correspondant au fait d'évacuer un lieu, un pays, des personnes qui l'occupent. À la fin du XVIIIe siècle, ce sera aussi déjà, presque familièrement, «quitter un lieu».

Des blessés

C'est surtout au XIXe que «l'évacuation des blessés, des malades», notamment en temps de guerre ou au cours d'une catastrophe va s'imposer. Enfin, vers 1870, apparaît aussi l'acception consacrée aux eaux usées, aux égouts, au moment où d'indéniables progrès sont à noter dans le domaine.

Enfin, plus récemment, nos dictionnaires et notamment le Trésor de la langue française, achevé en 1994, enregistrent le sens moderne, qu'on retrouve pour Notre-Dame-des-Landes: «Action de faire partir, sortie d'un lieu par ordre de l'autorité de la force publique.» Et l'on trouverait sans peine dans d'autres dictionnaires quelques exemples relevant du contexte judiciaire: «Le président fit évacuer la salle.»

L'évacuation littéraire…

Les usages du mot «évacuation» en littérature restent pour le moins rares. Peut-être même inexistants s'agissant de poésie. On doit cependant à Paul Morand une remarque qui y fait allusion en 1944 dans Excursions immobiles: «La littérature n'est pas une évacuation déréglée des idées, une pêche miraculeuse au hasard du dictionnaire», affirme-t-il. Assurément! Mais si l'on cherche à donner au mot une tonalité légère, c'est très difficile, à moins de recourir ici aux anagrammes. Quelle est l'anagramme du verbe «évacuer»? Cerveau. À ne surtout pas évacuer!

http://www.lefigaro.fr/langue-francaise/

Génial, non ?

J'adore ces rubriques linguistiques du Figaro !

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mer 25 Avr - 7:54

Good morning Boudoir de Marie-Antoinette !
Wie geht's euch ? Very Happy
Ce matin, discussion autour d'une expression qui, à elle seule, serait bien tout le XVIIIe, si vous voyez ce que je veux dire.
Il s'agit du mot baroque. Entre nous, tout un poème. tongue


La chronique de Logophilus sur le mot "baroque" dans L'Express du 1er avril 1968. (Arcives de L'EXPRESS)

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cassos

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Mer 25 Avr - 9:27

Bien, ce sujet sur le langage. Je plussoie !
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madame antoine

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MessageSujet: Re: De quelques expressions de la langue française   Dim 29 Avr - 10:04

Voici un terme familier aux étudiants, mais dont le sens profond n'est pas si évident.

Pourquoi parle-t-on «d'université» ?

1571: «Université lettrée, studieuse, docte, parisienne, fréquente, noble, disciplinaire, commune, fameuse, académique, rectorale, populeuse, célèbre». Tel est le choix d'épithètes proposées au XVIe siècle par Maurice De La Porte pour le mot «université». Et dans un dictionnaire de 2005? «Universités anglaises, françaises, américaines, brésiliennes, soviétiques, chinoises», mais aussi «anciennes, historiques, célèbres, nouvelles.» Les épithètes ont changé, mais l'Université demeure. Alors d'où vient ce mot si bien ancré dans notre langue?

Universelle?

Laissons répondre tout d'abord Maurice De La Porte qui commence par donner une définition de ce que représente selon lui, en 1571, une université, pour ensuite proposer son interprétation sur l'origine du mot. «Par ce mot, déclare-t-il à propos de l'université, est entendu le lieu où se fait l'exercice des bonnes lettres» et où l'on peut «même acquérir degré aux basses & supérieures facultés.» Les lettres sens large y sont en effet enseignées, mais y sont aussi obtenus les «degrés», c'est-à-dire les diplômes propres aux quatre facultés parisiennes de l'époque, celle des Arts - il faut comprendre ici ce qui concerne les métiers -, et les facultés de médecine, de jurisprudence et de théologie.

Quelle étymologie croit-il pertinente? L'Université est «ainsi dite» précise-t-il, «ou parce qu'il y a gens doctes aux disciplines universelles, ou pour autant que de toutes parts on y abonde», on y vient. L'université relevait en effet sous la Renaissance de cette universalité appelée des vœux des humanistes. Cependant, même si ce concept reste cher à l'Université, ce n'en est pas l'origine.


Tous en un

En réalité, l'université n'a en rien été désignée parce qu'on y enseignerait des «disciplines universelles», même si pareille origine ne manquerait pas de charme. En revanche, on ne se trompe pas si on repère dans le mot université le nombre un, et si l'on souligne que l'Université est «une», c'est-à-dire un ensemble formant un tout. Elle tire en effet son nom du latin classique universitas, dérivé direct de universus, signifiant «tout entier, considéré dans son ensemble». On y repère en effet uni, un, et versus que vient de vertere, tourner, à la manière d'un univers clos.

En latin médiéval, l'université désigna de fait une corporation, une communauté, mais aussi toute collectivité religieuse, politique, sociale ou professionnelle. Ainsi, au XIIe et XIIIe siècles, l'assemblée de chanoines réunis pour écouter la lecture d'un chapitre pouvait être présentée comme une université, tout comme l'ensemble des habitants d'une ville, ou une société d'artisans


L'université ou l'on enseigne

Quand en définitive l'Université a-t-elle pris le sens correspondant à celui que nous lui connaissons et correspondant à l'ensemble des établissements d'enseignement supérieur? S'agissant de l'enseignement en général, au-delà de l'enseignement supérieur, presque en même temps, puisqu'existait la formule «universitas magistrorum et scolarium», corporation de maîtres et d'étudiants, attestée dans une lettre du pape Innocent III, en 1208.

En fait, le mot «Université» résulte d'une abréviation de cette longue formule latine. Et parmi les différentes Universités françaises, ce fut celle de la Sorbonne fondée par Robert de Sorbon en 1253 qui fut la plus célèbre. De fait, cette notoriété ne se démentira pas au XVIIIe siècle, comme en témoigne Montesquieu, qui peut sans hésiter dans les Lettres persanes affirmer que «L'université de Paris est la fille aînée des rois de France» et qu'elle est «très-aimée, car elle a plus de neuf cents ans».

On appréciera cependant la chute, sous la forme d'un mot d'esprit: «aussi rêve-t-elle quelquefois»… Lieu de rêverie et de contestation, c'est- assez fréquent pour l'Université à travers siècles! Mais de fait, le sens du mot Université allait encore évoluer et au XIXe, elle aurait encore un autre sens que celui d'aujourd'hui.

Université: consulter Littré…

On se trompe en effet parfois quant au sens du mot Université au XIXe siècle. Il faut ici se souvenir de la définition de Littré dans son dictionnaire achevé en 1873: aujourd'hui, déclare-t-il, l'université désigne le «corps enseignant unique pour toute la France, placé sous la direction du ministre de l'Instruction publique.» Et de rappeler que ladite université «a été fondée par décret de Napoléon Ier, du 17 mars 1808 ; elle porta d'abord le nom d'université impériale, puis celui d'université de France ; elle comprend: 1° Les facultés ; 2° les lycées ou collèges de l'État ; 3° les collèges communaux ; 4° les écoles primaires ; et tout cela sous la direction d'une administration centrale.»

En somme, on reprenait ici l'idée d'un ensemble qui regroupera ce qu'au XXe siècle on appelle l'Éducation nationale, pendant que l'Université s'assimila spécifiquement à tout établissement relevant de l'enseignement supérieur.


L'alma mater

C'est à la fin du XIXe qu'une formule fit rage au point même d'entrer dans le Dictionnaire des idées reçues de Flaubert: si l'on parle d'université, il faut tout de suite ajouter, déclare-t-il, qu'elle est notre alma mater, c'est-à-dire la mère nourricière! Université «populeuse» disait Maurice De La Porte. Il sous-entendait «féconde», féconde pour l'avenir. C'est ce que tout le monde souhaite.

Par Jean Pruvost
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