Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Problèmes économiques

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 20:12

Il s'agit de Madame Eloffe c'est d'elle qu'on connaît les mensurations de Marie-Antoinette car elle était une de Ses fournisseuses en lingeries et toilettes Wink

Bien à vous.
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pimprenelle
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 20:13

C'est pas Madame Elofe, sa couturière ?

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pimprenelle
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 20:13

Oups ! dis, t'as posté en même temps que moi ! Marrant !  

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 20:18

Madame Etoffe ç'aurait été de la cognomologie digne de Madame Poitrine ... Wink

Bien à vous.
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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 20:37

Incroyable vous avez raison, mais je viens de vérifier et non j'avais bien lu et bien écrit! (Pile quand on a un débat sur la lecture )
Il s'agit bien du "Journal de Mme Etoffe"publié par le Comte de Reiset...mais l'auteur a dû se planter :s:

Il s'agit du budget vestimentaire La nuit, la neige, sur 5 ans et demi, mais je ne connais pas les années en question :s:

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pimprenelle
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 21:02

Donc, c'est bien Madame Elofe, puisqu'il s'agit de vêtements. Dis, Chou, Perugia, il est pas des masses fiables... Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 21:27

Ok !
Merci Chou and co. Wink
Du coup, j'ai pu fouillasser...
Les années concernées sont :1787-1790 et 1789-1790 (évoqué en bas de page ici).

Il s'agit donc ici d'une dépense de vêtements ou lingeries, par l'un des fournisseurs de Marie-Antoinette.
Je ne veux pas rentrer là dans le détail des comptes de la Maison de la Reine et plus précisément en ce qui concerne sa garde-robe.
Vous avez tous, je suppose, le livre de Michelle Sapori qui, à partir de la page 76, liste l'Etat général des dépenses de la Garde-robe de la reine (conservé aux Archives Nationales).
Les chiffres sont alignés, pour les plus grands fournisseurs, par années (dont celles que vous citez Chou).
Bien entendu, Rose Bertin rafle la mise, haut la main ! Wink
Les sommes sont bien plus hautes Chou, bien plus hautes...y compris pour Mme Eloffe.
On retrouve ses budgets sous le nom de Dame Pompée ou Pompey-Eloffe.
Mais libre aux matheux de convertir les francs, les livres, les euros...le tout actualisé selon les périodes ! Rolling Eyes
Moi...peux pas, j'ai pas le cerveau comptable !

Du reste, ce qu'il faut dire, c'est que ces budgets ne concernaient pas toujours les dépenses de la reine seule, mais aussi de toutes celles et ceux qui travaillaient pour elle dans ce service particulier !
Ainsi, une facture à son nom n'indique pas systématiquement une fourniture pour ses propres vêtements.
C'était le cas de toutes les princesses ou grandes dames de la Cour.
Dès lors, cette Mme Eloffe pouvait très bien être le fournisseur préférée de la Maison de Mme Adélaïde, mais pas celui de la comtesse d'Artois ou de Marie-Antoinette. Wink
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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 21:52

Citation :
Donc, c'est bien Madame Elofe, puisqu'il s'agit de vêtements. Dis, Chou, Perugia, il est pas des masses fiables...
 t'es dure  

Citation :
Du coup, j'ai pu fouillasser...
Les années concernées sont :1787-1790 et 1789-1790 (évoqué en bas de page ici).
Merci! Toujours aussi efficace  

Citation :
Les sommes sont bien plus hautes Chou, bien plus hautes...y compris pour Mme Eloffe.
Hautes? Importantes vous voulez dire non?  
Où sont ces chiffres? Je ne les vois pas  Crying or Very sad

Citation :
Du reste, ce qu'il faut dire, c'est que ces budgets ne concernaient pas toujours les dépenses de la reine seule, mais aussi de toutes celles et ceux qui travaillaient pour elle dans ce service particulier !
Ainsi, une facture à son nom n'indique pas systématiquement une fourniture pour ses propres vêtements.
C'était le cas de toutes les princesses ou grandes dames de la Cour.
Dès lors, cette Mme Eloffe pouvait très bien être le fournisseur préférée de la Maison de Mme Adélaïde, mais pas celui de la comtesse d'Artois ou de Marie-Antoinette
Oui je suis d'accord, ces chiffres ne donnent pas les dépenses exactes de Marie-Antoinette, ils ne donnent qu'un aperçu très localié.
Mais comme les vêtements étaient une grande dépense décriée par beaucoup, ces chiffres sont intéressants, mais ils permettent juste de constater qu'elle n'avait pas de dépenses considérables non plus  Very Happy

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 23:26

Chou d'amour a écrit:
Hautes? Importantes vous voulez dire non?
Où sont ces chiffres? Je ne les vois pas
Oui. Importantes.
Ces chiffres sont dans le livre de Michelle Sapori.
Je veux bien les copier si certains sont intéressés, et qu'ils ne possèdent pas ce livre.

Chou d'amour a écrit:
Oui je suis d'accord, ces chiffres ne donnent pas les dépenses exactes de Marie-Antoinette, ils ne donnent qu'un aperçu très localisé.
Je crois savoir que ces budgets, en particulier, étaient justement très difficiles à maîtriser. Mme d'Ossun (poussée par les officiers du Trésor, le Roi et Marie-Antoinette), a d'ailleurs essayé de contrôler et réguler ces dépenses.
Aussi et finalement, ce ne sont d'ailleurs pas ce genre de chiffres (comparés ou pas avec ceux des autres souveraines pour les mêmes postes de dépenses) qui ont pesé dans la balance économique des sources de la Révolution.
Bah ! C'est sûr, ça nourrit un pamphlet.
Aujurd'hui encore, regardez tout ce flan autour du bling-bling de Sarko !
Oui, bon pourquoi pas...mais y a pas d'autres choses plus intéressantes à creuser ! Rolling Eyes
C'est un bout de lorgnette qui ne porte pas très loin.

Chou d'amour a écrit:
Mais comme les vêtements étaient une grande dépense décriée par beaucoup, ces chiffres sont intéressants, mais ils permettent juste de constater qu'elle n'avait pas de dépenses considérables non plus Very Happy
Elle (et les personnes en charge de sa garde-robe) n'avaient pas de dépense considérable chez ce fournisseur. Wink
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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 30 Juin - 23:49

Citation :
Ces chiffres sont dans le livre de Michelle Sapori.
Ah ok j'ai cru qu'ils étaient dans le lien que tu avais donné Wink

Citation :
Aussi et finalement, ce ne sont d'ailleurs pas ce genre de chiffres (comparés ou pas avec ceux des autres souveraines pour les mêmes postes de dépenses) qui ont pesé dans la balance économique des sources de la Révolution.
Ah oui ça c'est clair Wink
A côté du gouffre engendré par la guerre d'Amérique, c'est négligeable.

Citation :
Chou d'amour a écrit:
Mais comme les vêtements étaient une grande dépense décriée par beaucoup, ces chiffres sont intéressants, mais ils permettent juste de constater qu'elle n'avait pas de dépenses considérables non plus

Elle (et les personnes en charge de sa garde-robe) n'avaient pas de dépense considérable chez ce fournisseur.
Oui Wink

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Mer 16 Nov - 16:59

Voici un livre qui me semble être intéressant :

La banqueroute de l'Etat royal : La gestion des finances publiques de Colbert à la Révolution française de
Marie-Laure Legay
Editions de l'Ecole Pratiques de Hautes Etudes en Sciences Sociales , octobre 2011, 323 p : 29,50 euros

Résumé Amazone

"Quelles sont les origines financières de la Révolution française ? Partant des atouts de la gestion publique en France et notamment des outils mis en oeuvre au temps de Colbert, Marie-Laure Legay montre comment ces outils se sont révélés inaptes à encadrer l'affairisme installé au coeur de l'Etat. En insistant sur les rapports sociopolitiques qui lient l'administration monarchique à ses intermédiaires financiers, l'auteur éclaire d'un jour nouveau les paradoxes d'une gestion organisée à partir de recettes centralisées et de dépenses insuffisamment contrôlées, paradoxes sur lesquels les réformes du XVIIIe siècle ne revinrent pas. L'une des faiblesses majeures de l'Etat royal se dévoile ainsi au lecteur : la défaillance de son contrôle financier, c'est-à-dire du contrôle de l'Etat sur lui-même. Les aménagements techniques de la seconde moitié du siècle se révélèrent trop tardifs et les réformes politiques, de Laverdy à Necker, bien trop frileuses pour satisfaire une opinion qui réclamait des comptes. Une remarquable synthèse sur les blocages politiques et financiers du XVIIIe siècle. "
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Mer 16 Nov - 17:21

..... en effet . Merci, chère Princesse ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Mer 16 Nov - 18:08

Le problème majeur était l'absence d'un organisme de contrôle, chargé de surveiller la gestion des deniers de l'état. Si on prend les impôts, ils étaient collectés par les fameux "fermiers généraux" (au nombre de 40) qui s'en mettaient plein les poches au passage... On disait volontiers que si le roi voulait 150 millions, les fermiers généraux en demanderaient 200...
Certains de ces privilégiés se sont ainsi taillé des fortunes colossales. VOLTAIRE les avait en travers de la gorge : un soir qu'un de ses entours lui demande :"Racontez-nous, je vous prie, une histoire de voleurs", VOLTAIRE avait répondu :"Il était une fois un fermier des impôts honnête... Voilà !"
L'état se reposait sur une administration qui n'exerçait aucun contrôle sur ses représentants. Une foule d'intermédiaires se servait au passage...
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Jeu 17 Nov - 12:28

Voici un autre livre utile :

Les fermiers généraux au XVIIIe siècle de
Yves Durand
Maisonneuve & Larose , 1996 , 692 p
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Jeu 17 Nov - 12:58

Et voici cet autre livre trouvé sur ebay

Jean-Benjamin De Laborde

ou Le bonheur d'être Fermier-Général
de

MATHIEU COUTY .

éditions Michel De Maule , 2001, 406 p

Résumé ebay


"Entre la fin morose du règne de Louis XIV et les tumultes véhéments de la Révolution, la France traversa une longue période
de calme intérieur qui paraît un moment heureux de son histoire, même si le bonheur ne fut pas également attribué à chacun.
Parmi ceux qui profitèrent le plus des bonheurs de la vie, les Fermiers généraux sont devenus un mythe de cette époque.
Un mythe, car ils demeurent peu connus. Mathieu Couty retrace ici le destin particulier de l'un d'entre eux, Jean-Benjamin
de Laborde. Premier valet de chambre du roi avant d'être fermier, il se piqua d'être un amateur selon les goûts de son milieu,
voyageant, composant chansons, divertissements, opéras, animant un théâtre privé plutôt polisson, fabriquant de la porcelaine,
éditant des guides illustrés, un traité de musique, des romans historiques. Son train, ses entreprises, sa passion du jeu dépassaient
largement ses revenus, aussi vécut-il toujours d'expédients. Il cousinait avec la Pompadour, fut le beau-frère du comte d'Angiviller,
directeur des bâtiments du roi, et l'amant en titre de la Guimard, célèbre danseuse de l'Opéra. Son chemin croisa ceux de Rameau,
Louis XV, Louis XVI, la du Barry, Soubise, Voltaire, Beaumarchais, Denon, Cagliostro, Talleyrand, et de beaucoup d'autres encore,
et aussi hélas celui du procureur Fouquier. Cruelle fin pour un homme heureux ."


En vente sur ebay au prix de 12,50 euros +7

Pour ceux que les problèmes économiques passionnent...
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Jeu 17 Nov - 13:13

Madame de Chimay a écrit:
Jean-Benjamin de Laborde

Serait-ce le parent (beau-père) de la Comtesse incarnée par Hanna Shygulla dans La Nuit de Varennes?

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Jeu 17 Nov - 13:17

N'ayant pas acheté ce livre , je ne sais pas vous dire Majesté.
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Ven 23 Mar - 17:39

La pensée économique pendant la Révolution française de
Colloque international de Vizille (1989), Gilbert Faccarello et Philippe Steiner
Presses Universitaires de Grenoble (PUG) , 1991, 559 p : 23 euros

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Dim 26 Aoû - 18:45

Voici un article intéressant sur le site de "Marianne"

En 1715, la dette publique équivaut à dix années de recettes fiscales. L'Etat, contraint d'emprunter au taux exorbitant de 8 %, a d'ores et déjà englouti par anticipation les rentrées des deux exercices à venir. C'est un pays en banqueroute virtuelle, ruiné par ses fastes et ses guerres, que Louis XIV lègue à son arrière-petit-fils. Dans ce contexte dramatique, le Régent, qui en assume la gestion et l'impopularité qui y est attachée, se laisse séduire par les propositions audacieuses d'un Ecossais aventurier et visionnaire, qui se fait fort de relancer l'activité économique et de renflouer un navire qui mergitur plutôt qu'il ne fluctuat... Bombardé contrôleur général des finances, John Law est autorisé à fonder une société qui acquiert progressivement le monopole du commerce entre la métropole et les Indes occidentales et orientales.

Appâté par une campagne de publicité très en avance sur l'époque, le public se jette sur les actions de cette compagnie, initialement porteuses d'un intérêt de 7 %, réduit par la suite à 5 %, puis 3 %. Le succès est prodigieux, les cours s'envolent, la spéculation se déchaîne. A son maximum, le cours de l'action de 500 livres montera à 20 000 livres ! Parallèlement, la Banque générale est fondée, dont la direction est confiée à Law, qui reçoit le privilège d'émettre une monnaie de papier, garantie par l'Etat, plus commode, plus maniable et réputée aussi sûre que les espèces métalliques. Le «système» de Law repose sur le volume du négoce avec les colonies. Fondée sur une hypothèse de croissance, sa pérennité est liée à la réalité de l'économie, sa crédibilité est fonction de la confiance qu'actionnaires et déposants font à la puissance publique. Or, si les simples particuliers, persuadés de faire une excellente affaire, se laissent bercer et berner par les communiqués optimistes et bientôt mensongers de Law, les gens bien informés ne tardent pas à apprendre que les transactions effectives sont loin de répondre aux espérances connues et aux assurances prodiguées. Quant aux quantités de papier émises par la Banque générale, elles excèdent de loin son encaisse or.

Délit d'initié historique

L'époque ignore, et pour cause, la discrétion des virements électroniques. C'est donc en pleine lumière, au grand jour, devant le siège de la banque, rue Quincampoix, sous les yeux de la foule où se mêlent quotidiennement les badauds, les escrocs et les gogos, que viennent stationner, un matin de juillet 1720, cinq carrosses, trois aux armes de Mgr le prince de Conti, deux qui portent le blason de Mgr le duc de Bourbon, et que se perpètre un des plus grands, peut-être le plus grand délit d'initié de notre histoire. Employés de la banque et laquais font le va-et-vient entre le bâtiment et les voitures où ils entassent de lourdes caisses. Le bruit s'en répand comme une traînée de poudre : anticipant la faillite d'un système dont ils précipitent l'effondrement, les deux premiers princes du sang, dont la rapacité n'exclut pas d'inavouables arrière-pensées politiques, après avoir une première fois réalisé de belles plus-values lorsque les actions de la compagnie étaient cotées plus haut que leur valeur nominale, troquent leurs billets de la Sainte-Farce contre leur équivalent en or. Le prince et le duc, physiquement présents sur les lieux de leur hold-up, repartent l'un avec 14 millions en métal précieux, l'autre avec 11 millions, des sommes colossales. Il s'ensuit naturellement une panique générale, un bank run, dirait-on aujourd'hui.

Dans les jours qui suivent, la banque après avoir fait face aux premiers retraits, suspend la convertibilité des billets et ferme ses guichets au nez de ses clients. Law, qui échappe de peu au lynchage, s'enfuit à l'étranger, et son système s'écroule comme un château de cartes. La scandaleuse filouterie des deux plus proches parents du roi (en dehors du Régent lui-même et des bâtards mal légitimés de Louis XIV) est un événement, plus précisément un traumatisme fondateur, qui entraîne des conséquences de deux ordres. D'une part, les 500 000 actionnaires de la Compagnie des Indes et les quelque 2 millions d'usagers du papier-monnaie - les 10 % les plus aisés et les plus évolués de la population -, floués et échaudés, jurent qu'on ne les y reprendra plus. En dépit de la laborieuse mise en place de procédures d'indemnisation qui s'étalent sur des années et n'offrent à leurs bénéficiaires qu'une satisfaction partielle, la compréhensible défiance qui résulte de cette fâcheuse mésaventure retardera de plus d'un siècle l'introduction puis l'acceptation des billets de banque.

Les dégâts ne sont pas moindres sur un autre plan. Ce ne sont pas seulement des économies que les victimes du krach ont laissées dans cet épisode, mais des illusions que dissipe la «volerie» des deux princes-monseigneurs. Le détestable exemple venu de si haut ne sera ni oublié ni pardonné. Cette affaire n'est que la première d'une longue série qui jalonnera le siècle. Les temps ont évolué avec le changement de règne. La chape de plomb que le Grand Roi, (ce «prince ennemi de la fraude», si l'on en croit Molière), ses juges, ses exempts, ses lettres de cachet, son prestige, sa puissance, faisaient peser sur le royaume se fissure de toute part. L'état de la société, l'état des esprits ne sont plus les mêmes. L'obéissance courbait les têtes, l'impertinence les relève. Les bouches étaient cousues, elles s'ouvrent. On était dans la résignation, l'air ambiant est à la rébellion. Que les grands soient des prédateurs, que les ministres soient des voleurs, que la dépravation et ses suites infectent le haut clergé, que les nobles soient des parasites, la chose n'est pas nouvelle.

Des ancêtres, un grand train, des maîtresses, des dettes
Ce qui est nouveau, c'est qu'on le dise, et qu'on s'en indigne. Tout se commente désormais, tout se discute, tout se sait, et ce qu'on ne sait pas, on l'invente. Bientôt, on tombera d'un excès dans l'autre. Il n'est que de comparer le traitement de l'épouvantable affaire des poisons et celui que connaîtra la ridicule affaire du collier de la reine. De la première, qui met en cause les plus grands noms de l'armorial, et jusqu'au très proche entourage du souverain, qui charrie un flot boueux et sanglant de messes noires, d'avortements, d'infanticides, de captations d'héritage, on ne connaîtra que ce que le monarque aura laissé émerger et punir. Cent ans plus tard, l'ingénieuse mais somme toute anodine machination que deux aigrefins auront montée contre un prélat crédule et vaniteux salira, dans un déchaînement de libelles orduriers et calomniateurs, une reine imprudente mais innocente et pèsera d'un poids non négligeable dans le discrédit et la chute de la vieille monarchie. On n'en est pas là, mais le ver est dans le fruit.

Talleyrand, pourri entre les pourris, évoquera, nostalgique, l'incomparable douceur de vivre que n'ont pas connue ceux qui n'ont pas vécu le crépuscule de l'Ancien Régime. Douceur de vivre, sans doute, mais pour qui ? La richesse étale sans vergogne le luxe le plus débridé au nez et à la barbe des plus défavorisés et des plus éclairés. Les privilégiés dissipent sans compter dans la construction d'hôtels magnifiques, dans le jeu, dans les fêtes galantes, un argent bêtement hérité, follement emprunté ou malhonnêtement gagné, que la masse, insensible au charme de leur conversation comme au raffinement de leurs manières, s'exaspère de voir jeter par les fenêtres. Le sentiment général est que la fortune va de pair avec le vice, la débauche, le gaspillage. Qu'est-ce qu'un grand seigneur ? Beaumarchais le résume : des ancêtres, un grand train, des maîtresses, des dettes. Qu'est-ce qu'un fermier général ? Un coquin, une sangsue, un vampire qui, après avoir sucé le sang des pauvres, n'a de cesse de rejoindre la bulle où la bonne société s'étourdit de champagne en écoutant Mozart.

Les fermiers généraux ? Parlons-en. La Ferme - ou faut-il dire la Firme ? - c'est cette honorable compagnie de 40 puis de 60 financiers à qui la monarchie sous-traite à bon prix (et pots-de-vin en sus), par délégation de service public, le recouvrement des impôts indirects - taxes sur le sel, l'alcool, le tabac, octroi de Paris -, soit 40 % du budget de l'Etat. Aux fermiers de verser chaque année au Trésor la somme forfaitaire fixée par l'administration et de se la procurer ensuite par l'intermédiaire de 25 000 agents qui, chargés de la perception et de la répression, envoient chaque année 4 000 contrevenants en prison et quelques centaines de contrebandiers aux galères.

Les fermiers prêtent au roi


Rémunérés au forfait, les fermiers se paient une seconde fois sur la différence, à leur avantage, entre impôt prévu et impôt perçu. Les plus connus de ces personnages ont nom Crozat, La Popelinière, Grimod de La Reynière, les frères Pâris, Lavoisier... Certains ne dédaignent pas de donner un petit coup de pouce à leurs revenus en mouillant le tabac, ce qui en altère la qualité mais en augmente la quantité. Leur popularité ne s'accroît pas lorsque, dans l'intention de mettre un terme à toute déperdition, ils ceignent Paris d'une muraille continue, embellie il est vrai des barrières de Ledoux, aujourd'hui presque toutes disparues. Pas chiens, les fermiers prêtent au roi, toujours impécunieux. Pour fixer les idées, un ouvrier bien payé gagne environ 700 livres par an, Lavoisier, à peu près 200 000... Appelé au secours par une monarchie aux abois, Necker croit bien faire et frappe en tout cas un grand coup lorsque, en 1781, sous le titre sobre de «Compte rendu», il rend public le budget de la France, jusqu'alors rigoureusement tenu secret. C'est un énorme succès de librairie (qui ne génère pas de droits d'auteur) : 100 000 exemplaires vendus. Le ministre des Finances, suisse et honnête, entend restaurer la confiance en jouant la transparence.

Ainsi les Français découvrent-ils qu'en regard de 504 millions de recettes, le chiffre des dépenses se monte à plus de 600 millions de livres, dont 300 millions pour le seul service de la dette. Il est vrai que, sur les quatre années précédentes, il a fallu emprunter 500 millions pour soutenir les insurgents américains. Si l'on fait abstraction du coût de la guerre, avance Necker, on se retrouve à l'équilibre, et même avec un léger excédent. Evidemment... En fait, tout ce que l'opinion, ainsi prise à témoin, retient du «Compte rendu», ce sont le montant, les attributaires et les motifs des pensions versées sur la cassette du roi, aux frais de la princesse : 5 % seulement du budget, mais qui ne passent pas. Trop de rancoeur, trop de haines se sont accumulées, de génération en génération, contre les privilégiés. Les ventres creux, qui demain seront les sans-culottes, ne font ni dans la nuance, ni dans la dentelle, et confondent dans la même détestation les «ventres dorés», les gilets à fleurs et les robes à paniers. «Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir», écrira Rivarol, écrivain réactionnaire mais esprit lucide.

La Révolution, c'est la rencontre entre une banqueroute morale et financière et une révolte morale et sociale. Tous les adversaires de la Révolution n'étaient pas riches, et tous les riches n'étaient pas ennemis de la Révolution, mais c'est la richesse elle-même qui paraît incompatible avec l'explosion d'une revendication nouvelle et dès lors ancrée dans le caractère français : la passion de l'égalité. L'idée est alors communément répandue qu'il faut faire rendre gorge aux nantis, niveler les conditions, fût-ce en mettant quelques entraves à la liberté, faire régner la vertu, fût-ce par la terreur, éradiquer les classes dominantes par tous les moyens, de la confiscation à la guillotine, en passant par les nationalisations.

«Vols et brigandages»
La Ferme est abolie le 20 mars 1791. Jacques Hébert, alias «le père Duchesne», s'en réjouit dans son style si particulier : «Quelle grimace feront tous ces jean-foutre ! Adieu les beaux palais, adieu ces jolies maisons de campagne, adieu ces riches ameublements... Ces jean-foutre-là vont sans doute imiter les autres aristocrates et emporter chez l'étranger toutes nos dépouilles. J'invite tous les citoyens à se réunir dans leurs sections et à leur faire regorger tout ce qu'ils ont acquis par des vols et des brigandages.» En novembre 1793, 34 anciens fermiers généraux qui ont eu la sottise de rester en France sont arrêtés. Modérément républicain, ce qui, à l'époque, est un crime, mais sincèrement ami des idées nouvelles, Lavoisier se constitue prisonnier. «Mille millions de tonnerres, s'écrie le père Duchesne dans un de ses habituels accès de mélenchonie, les voilà terrassés, ces fermiers généraux qui s'enrichissaient de la misère du pauvre peuple !» Terrassés en effet : ils sont 28, le 8 mai 1794, à monter sur l'échafaud. Lavoisier a vainement sollicité un sursis de quinze jours, pour terminer une importante expérience en cours. La République n'a pas besoin de financiers, fussent-ils savants. «Il n'a fallu qu'un moment pour faire tomber cette tête, déclarera, un an plus tard, un de ses collègues de l'Académie des sciences, et cent ans peut-être ne suffiront pas pour en reproduire une semblable.»

Le printemps et le début de l'été 1794 marquent l'apogée de ce que l'on a appelé la Grande Terreur, caractérisée par une véritable chasse au faciès social. Jamais la France n'avait connu une hécatombe de cette ampleur. Jamais non plus elle n'avait été le théâtre d'une si rapide et si massive dévolution des fortunes. Au paroxysme succéda presque sans transition un reflux général. Dans une page saisissante, Michelet raconte que son père passait devant l'opéra le lendemain de l'exécution de Robespierre et des autres dirigeants montagnards. Une foule élégante sortait du spectacle et des dizaines de cochers de fiacre s'empressaient, le chapeau à la main : «Une voiture, monsieur ?» «Par ici, mon maître !» Des mots que l'on n'avait plus entendus depuis deux ans, des manières que l'on croyait disparues. L'ordre ancien renaissait au milieu des décombres du désordre nouveau.
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Dim 26 Aoû - 19:18

Un magnifique article , mon cher Comte où tout est dit.
C'est pourquoi d'ailleurs , en son temps , j'avais parlé des voleurs de grand chemin et en particulier de Marion du Faouët. Il faut comprendre la misère des gens du commun.
Car tous les grands seigneurs sont loin de suivre l'exemple du duc de Penthièvre ...
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Lun 25 Mar - 18:27

La banqueroute de l'Etat royal La gestion des finances publiques de Colbert a la Revolution francaise de
Marie-Laure Legay
Editions de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, 2011, 323 p : 29,50 euros

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Quelles sont les origines financières de la Révolution française ? Partant des atouts de la gestion publique en France et notamment des outils mis en oeuvre au temps de Colbert, Marie-Laure Legay montre comment ces outils se sont révélés inaptes à encadrer l'affairisme installé au coeur de l'Etat. En insistant sur les rapports sociopolitiques qui lient l'administration monarchique à ses intermédiaires financiers, l'auteur éclaire d'un jour nouveau les paradoxes d'une gestion organisée à partir de recettes centralisées et de dépenses insuffisamment contrôlées, paradoxes sur lesquels les réformes du XVIIIe siècle ne revinrent pas. L'une des faiblesses majeures de l'Etat royal se dévoile ainsi au lecteur : la défaillance de son contrôle financier, c'est-à-dire du contrôle de l'Etat sur lui-même. Les aménagements techniques de la seconde moitié du siècle se révélèrent trop tardifs et les réformes politiques, de Laverdy à Necker, bien trop frileuses pour satisfaire une opinion qui réclamait des comptes. Une remarquable synthèse sur les blocages politiques et financiers du XVIIIe siècle.
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BD-BLOGEUR

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Ven 10 Mar - 0:06

Louis XIV à ruiné la France à plus d'un titre, guerres, Versailles, non volonté de réformer la fiscalité, et chasse aux protestants.

Louis XVI a tenté de réformer le fiscalité foncière pour imposer les grands propriétaires, du coup, malgré une année où les récoltes furent bonnes, il y eu mystérieusement une pénurie de blé... Je crois bien que la grande bourgeoisie associée à une part de la noblesse possédant de grands domaines, a spéculé sur la chute du roi. A cela, il faut aussi associer le désire de revanche de huguenots devenus riches banquiers aux Pays-Bas et en Suisse, ainsi que la revanche de templiers devenus maçons au fil des siècles!
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Out Of The Blue

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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   Jeu 16 Mar - 9:36

Effectivement. Lorsque l'on se penche plus attentivement sur les phénomènes historiques, on se rend assez rapidement compte qu'aucun événement ne tombe du ciel. Cool
La révolution française est, comme les autres grands mouvements sismiques, le fruits de poussées antagonistes.
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MessageSujet: Re: Problèmes économiques   

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