Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 La folie des traîneaux

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MessageSujet: Re: La folie des traîneaux   Sam 2 Mar - 14:08

Fin XVIIIème°, la pratique des « courses » de traîneaux était restée très présente dans les maisons royales hollandaises, russes, autrichiennes,… Par contre, cette mode s’était atténuée en France vers la fin du règne de Louis XV. La reine, Marie Antoinette, au souvenir des parties de traîneaux de sa jeunesse, fit rechercher, dans les dépôts des écuries, les traîneaux utilisés par Louis XV. Elle s’en fit construire quelques uns d’un goût plus moderne. Les princes en firent construire à leur tour et il y en eut rapidement un assez grand nombre.

« Le bruit des sonnettes et des grelots dont les harnais des chevaux étaient garnis ; la variété des formes de ces espèces de voiture ; l’or dont elles étaient toutes rehaussées, rendaient ces parties agréables » (Mémoires sur la vie privée de Marie Antoinette par Mme de Campan 1820)


Si l’hiver était source de joie pour la noblesse, il était facteur de grande misère pour le peuple. A un point tel, que le Roi s’en ému. En 1776 : « Louis XVI, touché du triste sort des pauvres de Versailles pendant l’hiver, leur fit distribuer des charrettes de bois. Voyant un jour une file de ces traîneaux ….menés par les seigneurs, il leur dit ces paroles remarquables(en leur montrant ses charrettes) : Messieurs voici mes traîneaux » (Madame de Campan; opus déjà cité)
Cette remise à la mode des traîneaux se retourna contre l’ « Autrichienne » qui fut critiquée de toutes parts. Bien que les hivers suivant permirent également de tels ébats, la violence des propos amena la reine à arrêter ce type d’amusement.


Voici le traîneau, construit en 1760, initialement propriété du roi Guillaume Ier. Diane chasseresse le conduit, accompagnée de chiens sur le bas de caisse. L’ensemble est peint en doré et polychrome. L’intérieur est garni de velours florentin jaune et rouge.
Je l'adore !!!

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MessageSujet: La folie des traîneaux   Sam 2 Mar - 14:16

Splendide en effet !
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madame antoine

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Date d'inscription : 30/03/2014

MessageSujet: Re: La folie des traîneaux   Ven 12 Mai - 11:33

Bien chers Amis du Boudoir de Marie-Antoinette,

Nous avons évoqué dans notre section dévolue aux Enchères une vente exceptionnelle où seront présentées d'importantes reliques.
http://maria-antonia.justgoo.com/t4224p850-ventes-aux-encheres#332808

Lors de cette vente sera proposé un ancien traîneau, pièce nous apportant de précieux renseignements sur cette pratique.

























TRAÎNEAU au DRAGON
Terrifiant et fantastique, caracolant, un dragon accroupi aux pattes griffues relève celle antérieure droite, retenant un écu. Il dresse fièrement sa tête aux longues oreilles, crachant une langue de feu fourchue, de sa gueule largement ouverte faisant apparaître de grandes dents. A l'exubérance décorative, son corps entièrement doré, potelé recouvert d'écailles, à petites ailes - se termine par une queue à enroulement gracieux finissant par une pique.

La caisse est gainée de cuir aux clous dorés pour recevoir son participant ; le meneur est assis sur un siège-sellette à l'arrière-train, ses chaussures fixées dans des supports adéquats. Patins, monture et socle en bois rouge, renforcés de pièces métalliques. L'extrémité avant des patins - courbés à l'avant, porte un support de fer destiné au passage des rênes.

Bois sculpté, peint, doré, redoré, polychromie, cuir, métal.


Travail ancien de l'Europe du Nord.

Haut. 1,71, Long. hors tout 2,64, Larg. 0,94 m.
(éclats et accidents, anciennes restaurations).

Provenance : ancienne collection du château de Tronchiennes en Belgique, ancienne propriété de la famille des marquis et prince de Mérode. De la nombreuse famille de Mérode, Maximilien - dont le fils Joachim et le lieutenant colonel Charles Florent, ayant porté également le titre de marquis de Deinze.
D'ou la probabilité des initiales Charles Florent de Deinze : C.F.D. relevé sur le cartouche en écu.


L'ART ARISTOCRATIQUE DES TRAÎNEAUX DE GLACE

Notre exceptionnel et rarissime traîneau d'apparat pour aller sur la glace, conçu pour les promenades sur les pièces d'eau gelées et les allées enneigées des parcs. Grande fantaisie décorative de ces traîneaux, allant jusqu'à adopter le corps de certains animaux faisant ainsi glisser dragon comme le nôtre, et pour d'autres chimères, léopards, hippocampes, aigles, biches et même tortues...

Cette esthétique est bien sûr à rapprocher de la mythologie du char antique et présente de grandes analogies avec les projets connus d'embarcation pour naviguer sur le Grand Canal à Versailles.

Le Mercure de France de février 1729 (1) et différents mémorialistes se firent l'écho de courses effrénées dès que les hivers rigoureux autorisaient un déplacement en traîneau. Splendeur de ces évènements ! Le Marquis de Beringhen, premier Ecuyer du Roi, marchait à la tête sur un grand traîneau tiré par quatre chevaux pour frayer le chemin… Sa Majesté suivait immédiatement sur un magnifique traîneau dont le cheval avait un riche caparaçon bordé de grelots d'argent…La beauté des chevaux qui vont au grand galop, la richesse des harnais et des caparaçons, le bruit des grelots, les étendards de diverses couleurs flottant dans les airs, la magnificence des traîneaux peints et dorés avec beaucoup de goût, de formes agréables et toutes différentes…tout cela joint au son des fanfares.

Le marquis de Dangeau dans ses mémoires, évoque ces moments d'évasion qui faisaient déjà fureur sous Louis XIV. Le mémorialiste raconte qu'un jour où la glace du Grand Canal était trop fine, le Dauphin fut dans l'eau jusqu'au cou et les princesses renversées. Madame Campan, première femme de chambre de la reine Marie-Antoinette, évoque dans ses mémoires le "bruit des sonnettes et des grelots dont les harnais des chevaux étaient garnis, l‘élégance de leurs panaches, la variété des formes de ces espèces de voitures, l'or dont elles étaient toutes rehaussées". Louis XV écrivait ainsi en janvier 1774: "Madame la Dauphine a été une fois seulement en traîneau; vendredi, la neige fondit à son grand regret".

La collection du musée de Compiègne - une des plus importantes d'Europe - recense plus de 25 traîneaux au merveilleux bestiaire. Ceux originaires des Provinces-Unies forment un ensemble important, présentant des formes spécifiques. On distingue ceux avec un aaretikker doté d'une caisse octogonale, ou les traîneaux de type amstellodamois caractérisés par une caisse fortement
galbée.
(2)

On répertorie très peu d'iconographie à ce sujet. Il convient cependant de citer Claude Deruet, "l'Eau" - conservé au musée des Beaux-Arts d'Orléans - montrant au XVIIe un paysage de neige sur lequel circulent des traîneaux tirés par un cheval.
Sans oublier l'ouvrage de Georg Engelhard Löhneysen "Della Cavalleria", de 1609 véritable traité encyclopédique d'hippiatrie, comportant notamment de splendides gravures de traîneaux de
glace.
(3)

(1) Cité par Saule, 1997, p14-17; Croÿ, 1906-1907, t.1, p.154-155.
(2) Traîneaux palais de Compiègne, http:/palaisdecompiegne.fr/collections/les-traineaux
(3) Paris, Bibliothèque Mazarine.

A titre d'information, on signalera l'estimation de cette pièce exceptionnelle, à savoir entre 35.000 € et 40.000 €.

Bien à vous

madame antoine


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Sido Scorpion

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MessageSujet: Re: La folie des traîneaux   Ven 12 Mai - 14:17

Une autre merveille du XVIIIe, ce traîneau en bois sculpté et doré :



Traîneau de type « amstellodamois », Hollande (?), à caisse sculptée, polychrome et dorée, ornée de scènes en camaïeu de vert sur fond or, occupée par des enfants dans des paysages. La caisse du traîneau est très travaillée dans le goût rocaille-rococo du milieu qui s’impose en Europe occidentale et centrale de 1730 à 1770 environ.

Les bois sont puissamment moulurés et sculptés d’éléments dans le style rocaille-rococo: de monumentales feuilles d’acanthe sur la proue, des enroulements à l’extrémité des patins, des cartouches en courbes et en contre-courbes sur les côtés, les côtés en enroulements ornés de fleurs, le dossier en arbalète, et les montants reposant sur les patins tout aussi irréguliers et fleuris.

Il n’est pas aisé de donner une provenance géographique à ce traîneau. Du moins sa forme est elle hollandaise. En effet, les traîneaux de style amstellodamois sont une création des Pays-Bas. Ils se caractérisent par une forme particulièrement galbée (ill. du musée de Leek, pour une voiture de cette forme datée de 1682). Le musée de Compiègne conserve également deux voitures du type amstellodamois.

Ce type de voiture évoque immanquablement les « courses » qui étaient organisées à Versailles et à la cour de Vienne aux XVIIe et au XVIIIe siècle, courses au cours desquelles les plus extraordinaires voitures étaient présentées, d’originales voiture léopard, tortue, cheval marin en France, faisant pendant aux voitures très rococo entièrement dorées à la feuille de la cour de Vienne qui chacune comportait un siège à l’arrière afin que la voiture put être conduite.

Quelques détails :










http://www.galeriepellatdevilledon.com/produit/traineau-bois-sculpte-et-dore-xviiie-siecle/



_________________
Avais-je atteint ici ce qu'on ne recommence point ?
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