Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 élisabeth et Philippe Le Bas

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Namtar

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Date d'inscription : 12/04/2016

MessageSujet: élisabeth et Philippe Le Bas   Mer 6 Juil - 20:23

Bonsoir à tous Smile j'ai commencer à m'intéresser à l'histoire d'amour d'élisabeth Duplay et du Conventionnel Philippe Le Bas.
La famille Duplay a héberger Robespierre de 1791 à sa mort le 10 thermidor.
Philippe-François-Joseph Le Bas est né le 4 novembre 1764 à Frévent, localité de l'actuel Pas-de-Calais. Ce n'était pas un enfant unique, bien au contraire, il avait quinze frères et soeur. Le père de Philippe, Ange-François Le Bas exerçait d'importantes fonctions administratives et notariales. Philippe perd sa mère, Augustine Antoinette Guislaine Hémery, en 1789.
Malgré sa santé fragile, Philippe poursuite des études à Paris, au collège de Montaigu, avant d'être employé en tant que clerc chez Dreu, procureur au parlement de la même ville. Philippe obtient sa licence de droit le 3 avril 1789 avant d'être accepté au barreau quelques jours plus tard. En février 1790 il retourne à Frévent, pour aider son père vieillissant, mais il rejoint également la Garde Nationale locale. C'est en tant que Garde National qu'il est choisit comme l'un des représentants du département du Pas-de-Calais à la Fête de la Fédération.
Philippe est ensuite choisit comme administrateur du district de Saint-Pol en 1791, et la même année défend un maréchal accusé d'insubordination. Il deviens ensuite à Paris, en 1792, l'un des plus actifs membres du club des Jacobins.
Après la chute de la royauté en 1792, Philippe est élu comme représentant du Pas-de-Calais à la Convention Nationale où il fait la connaissance de Maximilien de Robespierre.
C'est sans doute en avril 1793 qu'il rencontra Élisabeth Duplay.

La rencontre :
Ce sont les mémoires d' Élisabeth Duplay qui fournisse le scénario de la rencontre, du coup de foudre entre Élisabeth et Philippe. Charlotte Robespierre, l'une des soeurs de l'Incorruptible, fut selon Élisabeth témoin du fleurissement de l'amour entre la jeune Duplay et le Conventionnel1, Élisabeth raconte que cette rencontre s'est faite à la Convention Nationale, qui à l'époque avait ses locaux dans la salle des Machines du Palais des Tuileries.
Dans une des tribunes de la salle, par un jour d'avril 1793, Élisabeth se trouvait avec Charlotte Robespierre lorsqu'ils rencontrèrent une connaissance de cette dernière : Philippe Le Bas. Selon le récit  d'Élisabeth s’entama alors une longue discussion au cours de laquelle Charlotte fit les présentations entre le député âgé de vingt-neuf ans, et la jeune femme de vingt ans qui semble avoir été marquée dès cet instant par celui qu'elle venait de rencontrer.
Les deux jeunes gens se revirent à plusieurs reprises par la suite, au palais des Tuileries, ou au club des Jacobins qui se trouvait rue Saint-Honoré, comme le domicile des parents d' Élisabeth.  Cette dernière, dans ses mémoires raconte par exemple dans ses mémoires plusieurs anecdotes sur ses rencontres fortuites avec Philippe au palais des Tuileries. Lors d'une des séances de la Convention Nationale auquel elle avait assister en compagnie de Charlotte Robespierre, Élisabeth qui était visiblement de manière touchante assez timide face à Philippe qui était alors accompagné d'un jeune frère, offrit à Philippe l'une des oranges qu'elle avait apportée; C'était je pense une manière pour Élisabeth de se faire vraiment remarquer par Philippe Le Bas. La jeune Élisabeth voulais pouvoir lui témoigner une attention comme elle le dit elle même dans ses mémoires. C'est la l'attitude d'une jeune femme, faisant face à ses premiers émoi, cherchant à attirer l'intérêt d'un homme qui lui plaisait dès sa première rencontre.
C'est un autre épisode mentionné par les Mémoires d'Élisabeth qui montre une romance pas seulement à sens unique, une passion qui ne serait pas uniquement le fruit de l'imagination d'une jeune femme amoureuse comme cela peu arriver parfois. Pour cet épisode, reprendre les mots exactes d' Élisabeth est intéressant, car je trouve ses mots particulièrement touchants, imprégnés d'un vrai romantisme : « […] A une autre séance de l'Assemblée, où nous nous trouvions encore ensemble, elle me prit une bague que j'avais au doigt. Le Bas s'en aperçut et la pria de la lui faire voir, ce qu'elle fit. Il regarda le chiffre qui y était gravé, et il fut obligé, dans ce moment, de s'éloigner pour donner son vote, sans avoir le temps de remettre la bague, ce qui me causa un grand tourment ; car il ne put me la rendre, et je craignais que ma mère ne s'aperçût que je ne l'avais plus au doigt. Nous chérissions tous notre bonne mère et nous tremblions de lui faire du chagrin. A cette même séance, Le Bas nous avait prêté une lorgnette, à Charlotte et à moi. Il revint, un instant, parler à Mlle Robespierre de ce qui venait de se passer à la séance ; je voulus lui rendre la lorgnette ; il ne voulut pas la reprendre et dit que nous allions en avoir encore besoin. Il me pria de vouloir bien la garder. Il s'éloigna encore, et, dans ce moment je priai Charlotte de lui redemander ma bague ; elle me le promit, mais nous ne revîmes plus Le Bas. ».
Le fait que des jeunes femmes soient venues assister aux séances de la Convention Nationale, le parlement de l'époque, n'est pas quelque chose qui doit étonner. En effet la salle était ouverte au public, certains y venaient par goût réel de la politique, ou comme l'ont allait au spectacle, ou au théâtre.
La scène qui viens d'être racontée par les mots mêmes d'Élisabeth, est assez mignonne. Elle donne l'impression que Charlotte et Philippe s'étaient mis d'accord, avaient mis au point un plan. Charlotte qui emprunte une bague à Élisabeth soit, elle aurait pu simplement trouver l'objet joli, tout comme Philippe qui se trouvait près des deux jeunes femmes à cet instant là, le fait que le député soit également appelé à voter pile à ce moment là aurait pu être également une simple coïncidence, mais quand Philippe reviens voir les jeunes femmes un peu plus tard, il refusa de reprendre la lorgnette qu'il avait prêté à Élisabeth, et garda la bague. Bien qu'il n'y ait pas de preuves, tout cela ressemble à une stratégie qui permettait à Philippe de garder un objet appartenant à Élisabeth, et à cette dernière d'avoir un objet appartenant à son bien-aimé. En dehors de l'aspect sentimental, cette tactique permettait à Philippe d'avoir un prétexte pour revoir Élisabeth.


L'éloignement :
Malheureusement pour les deux amoureux, les problèmes de santé de Philippe le rattrapèrent , empêchant le député de revenir à l'assemblée. Seulement, les sentiments d'Élisabeth pour l'homme était déjà forts, au point que la fille enjouée qu'elle était habituellement, tomba petit-à-petit dans une dépression amoureuse. Robespierre qui se rendit vite compte de la tristesse de la jeune femme la questionna pour tenter de comprendre quels tourments pouvaient la troubler, toutefois elle-même ne semblait pas bien comprendre ce qui lui arrivait, elle n'avait sans doute pas connu les tracas amoureux avant Philippe. Robespierre semblait réellement s'inquiéter pour le bien-être de la jeune fille, selon les mémoires d'Élisabeth il aurait dit alors  : «  […] Petite Élisabeth, regardez-moi comme votre meilleur ami, comme un bon frère ; je vous donnerai tous les conseils dont a besoin votre âge. ». Élisabeth ne se confia pas à Maximilien, et le moral de la jeune femme ne sembla pas s’améliorer, même sa santé se dégrada...
Élisabeth encore une fois dans ses mémoires raconte que ses parents l'ont envoyer à la campagne, à Chaville, chez Mme Panis amie de la famille, pour qu' Élisabeth reprenne des forces. Mais la jeune femme relate une rencontre extrêmement désagréable avec Danton, qui se comportant avec elle comme un goujat en tentant de l'embrasser contre son gré. L'épisode sembla traumatiser  Élisabeth, elle tenta de quitter Chaville au plus vite, mais ne raconta pas à ses parents les agissements de Danton tout de suite, avant de tout révéler à sa mère.
L'abattement de la jeune femme continua, « […] les affections du cœur ne se guérissent pas avec du soleil et le grand air. » comme a écris très justement au sujet d'élisabeth un historien du 19ème.
par timidité sans doute elle n'osa pas demander de manière directe à Maximilien ou sa sœur Charlotte si ils avaient des nouvelles de celui qui avait imprimer sa marque dans son cœur depuis leur première rencontre. Élisabeth n'entendit pas parler de son bien-aimé pendant plusieurs semaines, pendant deux mois si l'ont suit ses mémoires. Ce serait donc début juillet qu'ils se sont retrouvés.


Les Retrouvailles :
C'est un jour, lorsque Élisabeth se rendit seul au couvent des Jacobins voisins dans l'intention de réserver des places afin d'assister à la séance du soir de La société des amis de la Constitution(les Jacobins) que la jeune femme retrouva, par le plus pure des hasards son bien-aimé dans le jardin du couvent. Un bien aimé  encore affaibli par ses problèmes récents de santé. Ce furent si l'ont en crois les mots couchés sur le papier par Élisabeth des retrouvailles chargées d'émotions pour ces deux personnes. Philippe aborda vite la question du mariage, provoquant sans doute une grande espérance dans le cœur d' Élisabeth, avant qu'il prie la jeune femme de : « […] lui chercher une femme très gaie, aimant les plaisirs et la toilette et ne tenant pas à nourrir elle-même les enfants, que cela la rendrait trop esclave et la priverait des plaisirs qu'une jeune femme doit aimer. ». Bien évidement, Élisabeth, amoureuse comme elle l'était fut profondément blessée par la tirade de celui qui avait ravit son cœur ; Elle voulu partir s'éloigner de celui qui l'avait meurtrie, mais Philippe l'empêcha heureusement de partir, avant de lui glisser : « […] Bonne Élisabeth, je vous ai fait bien de la peine,mais pardonnez-le moi. Oui, je vous l'avoue, je voulais connaître votre manière de penser. Eh bien ! Celle que je vous priais de ma chercher, ma chère Élisabeth, c'est vous ; oui, mon amie, c'est vous que je chéris depuis le jour où je vis pour la première fois. Je l'ai donc trouvée, celle que je cherchais tant ! Oui, mon Élisabeth, si tu veux, je demanderai ce soir ta main à tes parents, je les prierai de faire tout de suite notre bonheur. ». Philippe pris ensuite les mains d' Élisabeth dans les siennes avant de dire à son amie de cœur :

«  — Moi aussi je t'aime ; ne crains rien ; tu as affaire à un homme de bien.
— Moi aussi, Philippe, je vous aime depuis le jour où je vous vis à la Convention avec Charlotte, à cette séance du soir... J'ai encore votre lorgnette.
— Et moi, dit-il, j'ai ta bague ; elle ne m'a pas quittée depuis le jour où je suis tombé malade et où je ne te revis plus. Mon Dieu ! Que j'ai souffert, pendant si longtemps, privé de tes chères nouvelles ! Ne pouvant plus espérer te revoir quelquefois avec Mlle Charlotte, toutes ces pensées étaient loin d'avancer ma guérison. Dix fois par jours, je t'écrivais, mais je n'osais te faire parvenir mes lettres, dans la crainte de t'attirer du chagrin, bonne Élisabeth. Plusieurs amis vinrent me voir, mais personne ne me parlait de toi ; juge de ma douleur ! Enfin Robespierre vint un jour ; c'était le seul homme de qui j'eusse pu avoir de tes nouvelles ; mais combien j'étais malheureux ! Je ne savais comment m'y prendre pour lui demander. Enfin, il me vint à la pensée de lui parler de ses hôtes ; il me fit le plus grand éloge de toute la famille, me parla du bonheur qu'il avait d'être chez des gens si purs, si dévoués pour la liberté. Je savais déjà cela par plusieurs de mes amis ; mais, mon Élisabeth,il ne me parla pas de toi. Mon Dieu ! Que j'ai souffert pendant plusieurs jours. Ce temps fut bien long... Robespierre le jeune vint enfin me voir. Quelle joie pour moi ! J'étais plus familier avec lui : nous étions du même âge. Nous parlâmes de son frère. Enfin, je n'y pus plus tenir ; je lui parlai de ta famille, de tes sœurs ; je lui parlai de toi, mon Élisabeth. Il me fit ton éloge, me dit qu'il avait pour toi l'amitié d'un frère, que tu étais gaie, bonne, que c'était toi qu'il aimait le plus, que ta bonne mère était excellente, qu'elle vous avait bien élevées, en femmes de ménage, que votre intérieur était parfait et rappelait l'âge d'or, que tout y respirait la vertu et un pur patriotisme, que ton bon père était le plus digne et le plus généreux des hommes, que toute sa vie s'écoulait dans le bien. Il me dit que son frère se trouvait bien heureux d'être chez vous, que vous étiez pour lui sa famille, qu'il vous aimait comme des sœurs et regardait ton père et ta mère comme ses propres parents. Si tu savais, mon Élisabeth, combien j'étais heureux d'entendre parler ainsi d'une famille que j'honorais déjà, et que sa conduite envers Robespierre, envers l'ami de la liberté, m'avait fait connaît et estimer ! Je faisais des vœux pour le rétablissement de ma santé, afin de pouvoirs te rencontrer comme autrefois avec Charlotte... 
».

Après une longue conversation-promenade dans le jardin des Jacobins, occasion rendue possible par un coup de pouce du sort ou alors des amis bien intentionnés, les deux amoureux furent rejoints par la mère d' Élisabeth, Françoise-Éléonore. Cette dernière informa le jeune couple que le discours de Robespierre pour lequel ils étaient venus n'aurait pas lieu, en conséquence de quoi Philippe proposa une balade dans le Jardin des Tuileries, tout proche de la rue Saint-Honoré.
Il est facile d'imaginer dans quel état de nervosité, ou d’anxiété devait se trouver le député qui cheminait en compagnie de celle qu'il espérait qu'elle deviendrait sa belle-mère. Ce trio gagna le jardin des Tuileries par une étroite petite ruelle.
Le jardin des Tuileries était encore à l'époque un écrin de verdure pour le château royal qu'il abritait, mais aussi un lieu prisé du peuple de Paris pour ses sorties. Après quelques temps d'une petite promenade, par une beau temps qui semblait prémonitoire, Philippe se lança enfin et demanda la main d' Élisabeth à Françoise-Éléonore qui ne cacha pas pas sa surprise. Mais elle n’accéda pas à la demande du député, faisant valoir qu'elle avait encore deux filles à marier avant Élisabeth (la seconde fille des Duplay, Sophie était mariée à un certain Auzat, avocat d'Issoire depuis 1789). Mais Philippe n’abandonna pas, il insista auprès de la mère de sa dulcinée, arguant que c'était d' Élisabeth qu'il aimait, et non pas ses sœurs. Persistant dans la défense de son amour, Le Bas dit à Françoise-Éléonore : « Je priai Élisabeth de vouloir bien m'entendre un moment ; elle ne le voulut pas, craignant de vous déplaire ; je l'ai tant suppliée qu'elle finit par rester. Alors je lui dis que je l'aimais, que mon bonheur serait de l'avoir pour femme. La circonstance me sert aujourd'hui et je suis bien heureux, citoyenne de pouvoir vous demander la main de mon Élisabeth. Si j'avais tarder à vous le demander, je sens que j'aurais employé tous les moyens pour la voir le plus souvent possible ; j'aurais pu la compromettre et lui causer du chagrin ; je l'aime trop pour cela ; d'ailleurs ce n'eût pas été agir en honnête homme que d'agir ainsi. ». La mère d' Élisabeth n'étais toujours pas acquise à l'idée de ce mariage, faisant valoir le manque de maturité de sa fille, mais comme tout homme amoureux qui se respecte, Philippe n’abandonna pas aussi facilement, cependant il était tard, Françoise-Éléonore ne voulait pas prendre de décision définitive précipitée, et proposa à Philippe de venir à la maison le lendemain matin, pour connaître l'opinion du père d' Élisabeth.
Il est bien entendu impossible de connaître les pensées de Françoise-Éléonore, mais si elle était réellement opposée à ce mariage, en femme de caractère qu'elle semblait être, elle aurait fait connaître plus clairement son opinion. Françoise-Éléonore était pragmatique et semble-t-il acquise aux idées de Robespierre, et Philippe était un bel homme, disposant d'une renommée certaine et de revenus confortables. En somme un bon parti pour la jeune Élisabeth, mais le père de celle-ci avait bien évidement son mot à dire. Le petite groupe se sépara à la fermeture du jardin des Tuileries, chacun retourna à son domicile de la rue Saint-Honoré.
Nous ne savons pas comment se passa la nuit d'un Philippe Le Bas visiblement très amoureux qui attendait, appréhendait sans doute, la réponse de Maurice Duplay. Mais Élisabeth dans ses mémoires raconte très précisément ce qui s'est passé après le retour avec sa mère des Tuileries, malgré les années qui avaient passées, montrant bien évidement l'importance qu'avait garder cette soirée dans le cœur d'Élisabeth. Françoise-Éléonore avait envoyer Élisabeth dans sa chambre dès le retour au 366 rue Saint-Honoré, avant d'aller dans la chambre conjugale répéter à Maurice l'offre de Philippe. Le menuisier appela Robespierre pour recueillir son avis sur un sujet d'une si grande importance. Élisabeth, qui avoue dans ses mémoires avoir écouter aux portes, rapporte précisément le contenu d'une conversation qui s'avérait alors capitale pour son avenir. Maurice partagea donc avec son hôte le sujet de leur conversation avant de dire à Maximilien : «  — Mon ami, c'est notre Élisabeth, notre étourdie que M. Le Bas nous demande en mariage.
— Je vous en félicite, répondit Robespierre. Tant mieux. Élisabeth sera heureuse ; mon cher ami, ne balancez pas un instant : Le Bas est le plus digne des hommes, sous tous les rapports ; il est bon fils, bon ami, bon citoyen, homme de talent ; c'est un avocat distingué. Cette union, fera, je crois, le bonheur d' Élisabeth ; ils s'aiment ; ils seront heureux ensembles.
". D'après le récit d'Élisabeth, Robespierre utilisa tous ses talents d'avocats pour convaincre la mère de la jeune femme, une véritable plaidoirie digne des tribunaux d'Arras, un plaidoyer qui ne se serait terminer que tard dans la nuit. Ce n'est qu'à une heure du matin que Maximilien a quitter la chambre des parents d' Élisabeth. Mais le débat entre Françoise-Éléonore et son mari dura encore un long moment ; Maurice était convaincu par les arguments de l'homme qu'il admirait, son épouse n'était toujours pas acquise à la cause du mariage espérer par Élisabeth. Craignant pour les chances des autres sœurs de trouver un mari, il ne faut pas oublier qu'à l'époque la dot était encore de règle, et c'était loin d'être anecdotique. Françoise-Éléonore voyant que son mari était lui convaincu du bien-fondé de ce mariage, abandonna laissant la décision au lendemain.
Le lendemain justement, Philippe arriva au 366 rue Saint-Honoré pile à l'heure qu'on lui avait fixer la veille. La disposition des pièces du logement des Duplay fait que le jeune homme du nord entra en premier dans la cuisine, où Élisabeth effectuait du repasse. La chance était encore du côté des deux amoureux, ils étaient de nouveau seuls. Philippe pris doucement la main de la jeune femme à l'oreille de laquelle il glissa quelques mots rassurants avant de passer dans le salon où attendait Maurice Duplay. Les choses sérieuses commençaient pour le jeune couple. Encore une fois Élisabeth tenta d'écouter aux portes pour savoir ce qui se disait, mais elle ne réussis pas à tout entendre. Cependant, après une longue attente, Maurice demanda à sa fille de les rejoindre. Il la gronda tout d'abord, lui faisant la morale, au point de faire pleurer la jeune femme sensible qu'elle était, mais Philippe la rassurera en lui annonçant que Maurice consentait au mariage. Encore une fois, ce fut de véritables montagnes russes pour le pauvre cœur romantique d'Élisabeth qui sauta de joie au cou de ses parents, et Maximilien de Robespierre vint partager la joie des Duplay. Curieusement, Éléonore, Victoire, et Jacques-Maurice, sœurs et frères d' Élisabeth ne semblent pas avoir été présents lors de cette scène heureuse, à moins que la jeune femme avait eu l'esprit trop pris par sa joie pour remarquer d'autres personnes que celle qui avaient contribuer à son bonheur.
Dans les temps qui suivirent, Philippe vint de manière de plus en plus fréquente chez les Duplay, pour voir sa belle. Toute semblait pour le plus idyllique pour ce couple auquel le mariage tait promis, mais une ombre se présenta. Élisabeth se rendit un jour compte que celui qui l'aimait devenait distant, froid avec elle. La jeune femme insista auprès de Philippe pour savoir la raison de ce changement de comportement. Il lui révéla qu'un homme de sa connaissance lui avait conseiller de ne pas l'épouser prétendant qu'elle était une femme de mauvaise vie sans fortune ni éducation, et indigne de confiance. Bien évidement Élisabeth qui était profondément blessée par ces mensonges se défendit :

« Pour ce qui est de l'instruction, si je n'en ai pas reçu une très étendue, la nature m'a fait don d'un cœur pur, et de bons et tendres parents, qui nous ont élevés sagement, nous ont donné une éducation capable de faire de nous des femmes vertueuses. ».
Élisabeth en femme tendre et sensible qu'elle était pleura beaucoup, se désola que son amour  ait pu croire aux médisances sur son compte, et exigea de connaître celui à l'origine des calomnies : « Si vous refusez de me la nommer […] je dirai tout à notre bon ami Robespierre. Il sera très fâché d'apprendre que vous ayez pu croire au mal qu'on vous a dit de moi. Il sait combien nos parents sont bons et sévères, et comment ils nous ont élevés. »1. Maximilien de Robespierre était très attaché au bonheur de la cadette des Duplay, et en cette année 1793 il comptait parti des hommes les plus puissants et respectés de la toute neuve république française alors menacée d'invasion de toutes parts. La menace non dissimulée d' Élisabeth n'était pas quelque chose à prendre à la légère. Philippe lâcha le nom de Guffroy avant de partir en promettant de revenir le lendemain.
Les murs de la maison des Duplay n'étaient décidément pas très épais, car la mère d' Élisabeth avait tout entendu de la conversation entre sa fille, et recommanda à celle-ci de ne rien cacher à Robespierre, mais Élisabeth ne dit rien le soir même à Maximilien.
Le lendemain Philippe expliqua à la mère Élisabeth dans quels circonstances Guffroy avait lui avait confier ses médisances sur la jeune fille : « Il raconta à ma mère […] qu'il était allé […] chez Guffroy, et lui avait demandé d'où il savait tout ce qu'il avait dit de moi, qu'il voulait connaître toute la vérité, et que si ce qu'il avait dit de ma conduite était vrai, il ne m'épouserait pas et ne me reverrait jamais. Guffroy lui dit alors : "Écoutez, j'ai ma fille aînée qui est charmante, qui a reçu de l'éducation et à qui je donnerai une fort jolie dot ; ce serait, en outre, une compatriote ; mon cher Le Bas, épousez ma fille, et vous serez le bienvenu dans ma famille.". Mais Philippe qui, grâce à des réseaux, avait pris ses propres renseignements, savait que la fille de Guffroy était enceinte, que le mariage proposé n'était destiné qu'à légitimer l'enfant en gestation, déclina l'offre de Guffroy.
Armand-Benoît-Joseph Guffroy était un homme, député du Pas-de-Calais à la Convention Nationale, et libraire-imprimeur qui s'exprimait sur la place publique par l'intermédiaire des pages au vitriol de son journal Rougyft(un anagramme de son propre nom). Le Rougyft causa beaucoup de troubles, au point que Robespierre intervint auprès de Guffroy pour qu'il tempère quelques peu le ton de son journal, mais le rédacteur du Rougyft refusa. Il existait donc un passif assez fort entre les deux hommes1, néanmoins Philippe parla à Robespierre des médisances répondues par Guffroy, mais l'Incorruptible rassura le jeune couple, lui assurant qu'il ne faillais pas se soucier.
À la demande de Philippe, les parents d' Élisabeth fixèrent une date proche pour le mariage du jeune couple. Un délais court, juste le temps suffisant pour régler les préparatifs et notamment la maison que Maurice voulait donner au jeune couple, une maison située rue de l'Arcade.


Le Départ en mission :
Tout suivit le plan convenu par la famille Duplay en vue du mariage d'Élisabeth avec celui qui avait ravi son cœur, mais le destin devait encore une fois frapper le couple. « Au moment d'être unis, nous fûmes à nouveau séparés. » écris Élisabeth dans ses mémoires. Philippe fut, le 1er Août 1793, désigner par le Comité de Salut Public pour partir en mission auprès des armées du Nord, des Ardennes, de la Moselle, et du Rhin pour « […] se concerter avec les généraux sur toutes les mesures nécessaires dans les circonstances actuelles. », mais son affectation fut changée dès le lendemain par la Convention Nationale. Le 2 Août, Philippe et Duquesnoy furent envoyés auprès de l'armée du nord.
À juste titre déchirée par ce départ si soudain, Élisabeth se plaignit auprès de Robespierre de ce départ si soudain, qui la faisait tant souffrir, celui-ci lui répondit : « Ma bonne Élisabeth […] la patrie avant tout lorsqu'elle est en danger ; ce départ est indispensable, mon amie ; il faut du courage ; il reviendra bientôt ; sa présence est nécessaire où on l'envoie. Vous serez bien plus heureuse, vous si patriote, de la voir revenir après qu'il aura rendu un grand service à son pays. ». Robespierre en tant que membre du Comité du Salut Public aurait pu intervenir, mais cela aurait été mal vu, une très mauvaise manœuvre politique.  Le promis d' Élisabeth parti donc avec Duquesnoy le 2 août 1793 pour l'armée du Nord.
La toute jeune république française était dans une situation bien périlleuse en cet été 1793. Elle devait faire face en plus des insurrections internes comme celles des Fédéralistes ou de la Vendée, à une coalition hostile de presque tous les pays européens, et les armées françaises étaient passablement affaiblies par des défections en séries d'officiers, ou même d'unités complètes. Les représentants envoyés auprès des armées avaient justement pour mission de régler ces problèmes. Bien que patriote, le cœur d'Élisabeth souffrait de l'absence de son bien-aimé parti au loin ; La santé de la future épouse en soufra grandement, provoquant une grande inquiétude chez les Duplay.
Malgré l'éloignement, les embûches ainsi que les difficultés de sa mission, Philippe tenta d'écrire le plus souvent à Élisabeth. Il envoya à sa belle des lettres pleines de sentiments, des lettres qui ont été conservées, et qui montrent d'elles-mêmes les sentiments de Philippe. En voici quelques unes d'époques différentes :

Citation :
« Cambrai, 4 août (an II, 1793 ?)
Nous sommes arrivés hier ici, ma chère Élisabeth, bien fatigués. Je crois que nous n'y resterons pas long-temps, et nous nous hâterons d'aller du côté de Bergues. J'espère que mon séjour dans ce pays ne sera pas de longue durée. Tu ne dois pas douter de mon empressement à te rejoindre et à mettre le sceau à une union à laquelle j'attache le bonheur de ma vie. Surtout prends bien soin de ta santé. Mille amitiés à toute la famille; dis à Robespierre que, tout en enrageant contre lui, je suis un de ses meilleurs amis. Je t'embrasse. - Lebas. ».


Citation :
« Hazebrouck, 16 août (an II, 1793 ?)
Je profite, ma chère Élisabeth, d'un moment de loisir pour m'entretenir un peu avec toi. Je compte arriver ce soir à Cassel, et être assez heureux pour y trouver une lettre de toi. Je compte arriver ce soir à Cassel, et être assez heureux pour y trouver une lettre de toi. Une lettre de toi ! ... C'est sans doute une grande consolation, mais ce n'est pas toi; rien ne peut te suppléer, et je sens à chaque instant que tu me manques. Tu m'as parler du jardin; tu m'as demandé si je m'en souvenais. Pourrais-je l'oublier, ma chère Élisabeth ? Oh non ! Tous les lieux où j'ai pu librement causer avec toi, t'exprimer ma tendresse et m'entendre dire par toi-même que tu m'aimais,mon imagination ne casse de les revoir, de s'y reposer. Lorsque notre voiture nous conduit, et que mon collègue fatigué, ou cesse de parler ou s'endort, moi je songe à toi; si je m'endors aussi, je pense encore à toi. Toute autre idée, lorsque les affaires publiques ne m'occupent plus, m'est importune. Duquesnoy m'est devenu plus cher, depuis qu'il m'a questionné sur toi, et qu'il m'a fourni l'occasion de lui peindre mon amour. Ma chère Élisabeth, ô toi,qu'il m'a fallu abandonner au moment où je croyais m'unir pour jamais à (m)toi, toi qu'il m'a fallu quitter pour entreprendre un voyage pénible et triste, quand te reverrai-je ? Maintenant que ma présence n'est plus à beaucoup près aussi nécessaire, Couthon1 n'aura-t-il pas assez d'égards pour son jeune collègue, Robespierre ne considérera-t-il pas que j'ai assez fait pour chercher à abréger le terme de mon sacrifice ? Certes, de tous ceux que j'ai faits à la patrie, aucun ne m'a coûté autant que celui qui me priva du bonheur d'être à toi aussitôt que je le désirais. Une chose surtout augmente mon impatience de te rejoindre. Je crains que tu ne négliges trop ta santé. Ma chère Élisabeth, prends bien soin de ta santé, je t'en conjure; que je puisse bientôt t'embrasser bien portante. Si d'ici à huit jours au plus tard je ne suis pas rappelé, il est certain que je saurai trouver un moyen d'aller à Paris, et, quand j'y serai, il faudra bien qu'on se détermine à me remplacer.Chacun son tour. Je reverrai Ernouf aujourd’hui, à ce que j'espère. Depuis mon arrivée à Cassel, je ne l'ai guère vu, parce qu'il a fallu qu'il accompagnât le général Barthel à Cambrai, d'où il n'est de retour que depuis peu de jours. Celui-là m'aurait encore parlé de toi; il te connaît, et il sait combien un tel sujet m'est agréable. Occupe-toi toujours, ma chère Élisabeth, de l'arrangement de notre habitation.Quelle joie, quand nous y serons ! J'ai écrit hier à la hâte à Robespierre. Je n'ai pu lui dire qu'une partie de ce que je voulais qu'il sût. Le temps m'a manqué; c'est ce qui m'arrive souvent. Il paraît que ma prédiction sur le comité de salut public s'accomplit. J'en suis fâché, mais on aura encore longtemps raison en présumant mal du commun des hommes en place.Je finis à regret, ma tendre amie. Embrasse pour moi tes père et mère. Dis-leur que je les aime, que je es aimerai toujours de même. Embrasse aussi Victoire et le reste de la famille. Ne m'oublie pas auprès de la citoyenne Chalabre, de Calandini, de Robespierre, que je haïrais, si je pouvais haïr un aussi bon patriote. Je t'embrasse de tout mon coeur. - Lebas. ».



(élisabeth est enceinte de Philippe au moment de cette lettre)
Citation :
« Réunion-Sur-Oise, 19 floréal an 2 [8 mai 1794]
Nous sommes arrivés ici aujourd’hui, ma chère Élisabeth, à huit heures du matin, assez bien portans, mais fatigués. Duplay est encore à Maubeuge avec nos amis. Nous les verrons demain. Nous avons trouvé Villiers bien content. Il m'a remis ta lettre et celle d'Henriette. Tu sais, ma bonne amie, ce que tu m'as promis : prends sur toi d'être un peu plus raisonnable, puisque enfin notre absence est un mal nécessaire. Sois bien assurée que de mon côté je te teindrai parole; qu'à la première occasion j'irai te voir. Pourrais-je ne pas la saisir, cette occasion, avec le plus vif empressement ? Pourrais-tu douter de la sincérité de mon attachement, toi qui par ta position si touchante redoubles encore le tendre intérêt que tu m'inspiras à la première vue ? Que je hais les ennemis de la liberté ! Nous nous occupons sans relâche à prendre les moyens de les exterminer. Plaise à Dieu que l'armée du Nord soit bientôt aussi avancée que les autres armées !
Adieu, chère amie; je t'embrasse de toute mon ame. Mille complimens à toute la famille. Dis au cher papa que nous sommes contens de son fils. - Lebas. ».


(Henriette est l'une des 15 frères et soeurs de Philippe)
Citation :

« 25 floréal [an 2] [14 mai 1794]
Nous sommes à quelques lieues de Maubeuge, ma chère Élisabeth; nous suivons l'armée qui agit de ce côté. Nous avons beaucoup de mal et menons une vie très-dure. Ma position n'est pas agréable; les chagrins domestiques viennent se mêler aux peines inséparables de ma mission. Cela mine mon existence. Encore si j'étais rassuré sur toi ! Allons, allons, je n'ai jamais eu besoin de plus de courage. Que je sois le plus malheureux des hommes, pourvu que la République triomphe ! ... Nos affaires de ce côté-ci vont assez bien. Milles amitiés à Henriette. Je n'ose parler d'elle à Saint-Just . C'est un homme si singulier ! ... Adieu, ma chère Élisabeth; espérons un temps meilleur pour nous. Je t'embrasse. - Lebas. ».
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dwarf planet

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MessageSujet: Re: élisabeth et Philippe Le Bas   Ven 8 Juil - 12:49

C'est passionnant, cette hstoire ! Et quelles recherches précises vous faites ! Very Happy
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Namtar

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MessageSujet: Re: élisabeth et Philippe Le Bas   Ven 8 Juil - 19:08

dwarf planet a écrit:
C'est passionnant, cette hstoire ! Et quelles recherches précises vous faites ! Very Happy

Merci beaucoup Smile les mémoires d'élisabeth Duplay/LeBas m'ont beaucoup aidé Smile

Concernant la suite de l'histoire maintenant :

Élisabeth et Philippe se marièrent enfin le 26 août 1793, réalisant ainsi leur rêve. Ce mariage fut célébré en présence de témoins prestigieux : Hébert en tant qu'officier municipal, du peintre Louis David, de Maximilien de Robespierre, et de Pierre Vaugeois l'oncle maternelle de la jeune mariée. Ce mariage s'annonçait donc sous les meilleurs augures. Les jeunes mariés espéraient qu'ils ne seraient plus jamais séparés, mais le destin en décida autrement. Philippe ayant rempli sa première mission avec une efficacité qui avait emporté les faveurs, le Comité de Salut Public décida le 17 octobre 1793 de le renvoyer en mission, cette fois là auprès de l'armée du Rhin avec Saint-Just . Un duo sans doute pas formé par le plus pure des hasard, ils faisaient parti des candidats jugés les plus compétents pour la mission, et leurs caractère semblaient s'équilibrer, sans compter que Saint-Just courtisait Henriette, l'une des sœurs cadette de Philippe.

Philippe et son collègue séjournent à Paris du 14 au 20 frimaire an II Il est facile d'imaginer la joie des retrouvailles des deux époux, d'autant plus que durant la mission de son nouveau mari, Élisabeth avait appris qu'elle était enceinte de ses œuvres. Pour une fois, les problèmes de santé de la jeune fille était le signe d'une heureuse nouvelle !
Mais la nouvelle famille qui allait acceuilir un nouveau membre appris vite à leur plus grande déception que leur retrouvaille allait être de courte durée : la situation militaire sur les frontières de l'est nécessitait une nouvelle intervention de l'énergique duo Le Bas / Saint-Just. Toutefois le jeune couple n’entendait pas être séparé de nouveau. Grâce à une négociation en Maximilien de Robespierre et Saint-Just, Élisabeth et sa belle-sœur Henriette reçurent l'autorisation d'accompagner Philippe et Saint-Just en mission sur le front de l'est. Très vite ils partirent pour Saverne.
Henriette alors tout juste âgée de dix-huit ans avait sans aucun doute choisi d'accompagner Élisabeth par amitié.
Élisabeth, son mari, Saint-Just et Henriette voyagèrent dans la même voiture. Le trajet s'avéra particulièrement inconfortable pour la jeune femme qui n'avait jamais quitter très longtemps sa famille comme elle l'écris elle-même dans ses mémoires. Saint-Just se montra particulièrement prévenant avec la future mère : « Saint-Just eut pour moi, en route, les attentions les plus délicates et les prévenances d'un tendre frère. A chaque relai, il descendait de la voiture pour voir si rien n'y manquait, de peur d'accident. Il me voyait si souffrante qu'il craignait pour moi que la route ne parut pas longue. ». La route n'était pas très indiquée pour une Élisabeth enceinte de quelques mois, mais l'amour qu'elle éprouvait pour son époux, et le bonheur d'être avec celui-ci devait compenser les difficultés d'un voyage. Le comportement très prévenant de Saint-Just peux paraître étonnant pour un homme reconnu pour sa sévérité, mais cette sévérité s'exerçait envers ses ennemis. Saint-Just était un proche des Duplay et Le Bas.
Une fois arrivée à Saverne, Henriette et Élisabeth furent logées dans le quartier-général de l'armée, mais à l'écart des et sous la protection du maire de la ville qui affecta au service des deux jeunes femmes une servante. Élisabeth s'attacha beaucoup à la jeune femme, et tenta sans succès de convaincre Philippe d'emmener la jeune fille à Paris.
Les époux Le Bas, ainsi que Saint-Just et Henriette regagnent Paris début janvier, sans doute vers le 17 nivose an II(6 janvier 1794).
Mais le jeune couple ne resta pas longtemps ensembles à Paris. Philippe reparti en mission auprès de l'armée du Nord en compagnie de Saint-Just à partir du 3 pluviôse an II(22 janvier 1794). Mais Philippe ne laissa pas sa belle à Paris, il la confia à ses propres parents qui résidaient toujours à Frévent, localité qui avait vu naître Philippe Le Bas. Ange François Le Bas n'avait pas pu venir au mariage de son fils, le trajet jusqu'à Paris avait été jugé trop éprouvant pour lui. Le séjour d'Élisabeth à Frévent était donc l'occasion pour la jeune mariée de connaître ses beaux-parents. Curieusement, le séjour à Frévent n'est pas mentionner dans les mémoires d'Élisabeth. Après tout personne n'est obliger de s'entendre avec sa belle famille.
Philippe rentra à Paris fin mai 1794. Il devait initialement repartir avec Saint-Just en mission auprès des armées du Rhin et de la Moselle, mais l'arrêté du Comité public du 14 prairial an II(2 juin 1794) chargea Philippe d'une mission de surveillance auprès d'un établissement d'instruction militaire nouvellement créer : l'École-de-Mars. Cet établissement avait été créer par la Convention Nationale le 13 prairial an II(1er juin 1794), tout près de la capitale, dans la plaine des Sablons. L'École-de-Mars devait acceuilir dans un cadre spartiate, trois-mille cadets choisit parmi les fils de Sans-culottes. Des cadets qui devaient recevoir une éducation civique de patriotes, et être formé pour devenir des cadres de l'armée. L'école sera dissoute sur ordre de la Convention Nationale après la chute de Robespierre par crainte que les cadets viennent en aide aux Jacobins traqués par les autorités.
La nomination de Philippe Le Bas auprès de l'École-de-Mars lui permis d'être présent à Pars, à Paris le 18 juin 1794 à deux heures du matin lorsque naquit son fils après un accouchement long et difficile. Le jeune père s'empressa d'envoyer le jour même une missive à son père pour lui annoncer la bonne nouvelle :

« Paris, 30 prairial, an 2. [18 juin 1794]
Elisabeth, mon chère père, m'a donné, hier à deux heures du matin, un fils qui se porte bien. Elle a long-temps et beaucoup souffert; mais sa couche a été heureuse. J'ai bien regretté que vous ne fussiez pas avec nous. Vous eussiez sûrement partagé notre joie. Henriette et Désiré sont en bonne santé. Nous vous embrassons tous tendrement. Mille choses à toute la famille. Lebas. 
».

Malheureusement, la fatalité s'abatis vite de nouveau du le couple. Ce que élisabeth dans ses mémoires appelle "Catastrophe du 9 Thermidor". Philippe Le Bas avait pressenti depuis longtemps que le vent commençait à tourner pour les proches de Robespierre, mais il ne quitta pas pour autant l'entourage de l'Incorruptible. élisabeth dans ses mémoires mentionne une scène qui se passa dans le jardin Marbeuf(qui se situait près des Champs-Élysées) quelques jours avant la chute de Robespierre :
Au jardin Mareubeuf, peut-être quatre ou cinq jours avant le thermidor, Philippe me dit : "Si ce n'était pas un crime, je te brûlerais la cervelle et me tuerais: au moins nous mourrions ensemble... Mais non ! Il y a ce pauvre enfant !"

Lors du complot des 9 et 10 thermidor, Philippe figuera parmis les derniers fidèles de Robespierre. Il resta avec l'Incorruptible jusqu'aux derniers moments, et se suicida à l'instant où il compris que rien ne pouvait plus empêcher les troupes de la gendarmerie d'investir l’hôtel de Ville de Paris.

La famille Duplay fut arrêtée pour la plupart sans motifs immédiatement après la chute de Robespierre, ou dans les jours qui suivirent. Seul éléonore, fille aînée des Duplay fut laissée libre jusqu'au 19 thermidor. élisabeth fut enfermée en compagnie de son bébé âgé de quelques semaines, ils restèrent en prison près de cinq mois avant d'être libérés.
La famille de Philippe fut aussi frappée par la vengeance des ennemis de Robespierre, plusieurs membres de sa famille, dont son vieux père, furent arrêtés sur des motifs reconnus comme faux plus tard au moment de leur libération.

Le fils d'élisabeth, qui porta le même prénom que son père, devint en grandissant un universitaire brillant, grand héléniste, directeur de la bibliothèque de la Sorbonne, et précepteur de Napoléon III. Il épousera Edmée-Louise-Clémence Duplay, l'une de ses jeunes cousines qui lui donnera trois enfants. J'ai dailleurs retrouver dans les lettres envoyées par Philippe Le Bas fils, une lettre assez amusante rétrospectivement je trouve qu'il avait envoyer alors qu'il était écolier, lettre dans laquelle il félicitait les parents pour la naissance de celle qui allait plus tard devenir sa femme (mais il ne le savait pas bien évidement).

Dans ses mémoires, élisabeth raconte les derniers mots que lui a adresser son époux avant d'aller à l'hotel de ville dans la nuit du 9 au 10 thermidor(après avoir été libéré de prison sur ordre de la Commune de Paris) à propos de leur fils :
Citation :

Nourris-le de ton lait, me dit-il; inspire-lui l'amour de sa patrie; dis-lui que son père est mort pour elle; adieu mon élisabeth, adieu ! Vis pour notre cher fils; inspire-lui de nobles sentiments, tu en es digne. Adieu, adieu !
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