Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Le trésor des Orléans aux enchères

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Lun 27 Oct - 20:00

Enfin au global, ayant pu voir les objets chez Christie's, cela m'a fait sourir; Excusez moi; de voir le rasoir de Louis XVI et certains objets de la famille Royale, sachant que ce bêta de Philippe d'Orléans a voté la mort de son cousin.
Pauvre famille d'Orléans. D'ailleurs pendant la deuxième guerre mondiale, la position du Comte de Paris ayant été très ambigu.
Malheureusement nous avons une ministre de la Culture d'une bêtise absolue. L'état aurait dû préempté ces objets.
Je dis honte à cette famille d'une bêtise absolue
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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Lun 27 Oct - 20:43

Oui Comte axel, j'ai eu la même réflexion que toi, en les voyants, fiers d'eux, vendre aussi chers des objets ayant appartenus aux Bourbons alors que leur ancêtre a voté la mort de l'un d'eux...c'est assez pathétique c'est clair

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Lun 27 Oct - 21:20

cecile a écrit:
vous avez raison : il n'y a rien à attendre de bon de cette branche Orléans.....et ce , depuis des décennies...
Hélas... Sad le cousin qui porte la mort...

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 28 Oct - 10:15

Comte AXEL
Citation :
Malheureusement nous avons une ministre de la Culture d'une bêtise absolue. L'état aurait dû préempté ces objets.

ça aussi , c'est tragique d'avoir l'ancienne directrice du domaine de VERSAILLES comme ministre de la culture et de voir son indigence....
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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 28 Oct - 10:20

pimprenelle a écrit:
cecile a écrit:
vous avez raison : il n'y a rien à attendre de bon de cette branche Orléans.....et ce , depuis des décennies...
Hélas... Sad le cousin qui porte la mort...



Et dire que ses descendants se disent aujourd'hui les héritiers de la couronne de France !!! Je préfère les Bourbons d'Espagne !
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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 28 Oct - 18:01

Moi aussi, eux au moins ne l'ont pas piétinée cette couronne de France  

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Dim 2 Nov - 11:29

Citation :
Et dire que ses descendants se disent aujourd'hui les héritiers de la couronne de France !!!    Je préfère les Bourbons d'Espagne !
moi également Louis Alphonso de Bourbon est quand même mieux que le comte de Paris actuel!

La famille d'Orléans a une fois de plus montrée ses limites..LA vente m'a agacée, les biens vendus par eux pour qu'ensuite ils enchérissent les uns contre les autres...Seul Eude a pas l'air trop mal...

De toute Façon ils n'ont donné que Louis Philippe et descende du frère de Louis XIV Monsieur qui fut spécial ....
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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Lun 3 Nov - 6:36

C'est le gars qui ressemble à un joueur de polo ? Bof...

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Jeu 22 Jan - 10:51

Apparemment, une deuxième salves va avoir lieu. Shocked

Les derniers trésors des rois de France seront dispersés aux enchères par Sotheby’s en septembre prochain à Paris.
D’après une source proche des Orléans qui compte 11 enfants et 40 petits-enfants du défunt duc Henri (1908-1999), les héritiers se sont décidés à vendre les précieux biens qui leur ont été rendus par la justice. Le 19 septembre 2013, tranchant un conflit familial qui durait depuis une dizaine d’années, le tribunal de grande instance de Paris avait en effet ordonné la restitution d’une partie de l’héritage du duc d’Orléans, placé dans la Fondation Saint-Louis, à ses descendants. Le comte de Paris n’avait laissé à sa mort « que » l’équivalent de 8 millions d’euros à son épouse, réduisant la fortune familiale à une peau de chagrin. En 1976, il avait fait don des plus belles pépites à la Fondation Saint-Louis, qu’il avait créée pour gérer les biens, propriétés et objets d’art de la famille. La justice a décidé que leur soient rendus tableaux, objets et bijoux, un ensemble exceptionnel estimé selon certaines sources à plus de 20 millions d’euros. Parmi les biens qui avaient été transmis à la Fondation Saint-Louis par Henri d’Orléans, puis par Madame, figuraient 70 dessins exécutés à l’âge de sept ans par Louis XIV, un portrait de Marie-Antoinette par Élisabeth Vigée Le Brun, des portraits de Louis XIII et Louis XIV par Philippe de Champaigne, des aquarelles de Louis Carmontelle, le service en porcelaine de Sèvres de la reine Marie-Amélie… Sotheby’s, qui ne l’a pas encore annoncée, va donc organiser cette vente d’une importance historique majeure. La proximité d’une partie de la famille d’Orléans avec cette maison de ventes n’est sans doute pas étrangère à cette préférence : Managing Director de Sotheby’s en Allemagne et Chairman Europe, le duc Philipp von Württemberg n’est autre que le fils de Diane de France, fille de feu le comte de Paris Henri d’Orléans. Reste à savoir ce que précisément Sotheby’s choisira de faire figurer dans la vente, certaines œuvres au caractère patrimonial pouvant sans doute faire l’objet en parallèle de discrètes négociations en gré à gré avec l’État français.

http://particuledeluxe.com/la-famille-royale-de-france-va-vendre-ses-derniers-tresors/

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Jeu 22 Jan - 13:24

Un portrait à la rose inconnu ?
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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Jeu 4 Juin - 20:18

ils parlent de cette vente ici

http://blogs.rtl.be/champselysees/2015/06/03/les-biens-du-roy-a-lencan/

ca va dezinguer !!!

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Ven 5 Juin - 12:32

Il y aura du beau !!
http://www.lexpress.fr/styles/familles-royales/la-succession-du-comte-de-paris-aux-encheres_1686300.html
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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Lun 15 Juin - 22:15

Bonne nouvelle, certains de ces trésors ne pourront quitter la France.

Sur les quelque 200 pièces des collections du comte de Paris, dont la dispersion est prévue le 29 septembre, trois viennent d’être retirées de la vente et devraient être rachetées par l’État. On ne badine pas avec les trésors nationaux…

Tableaux peints aux XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles par les plus grands artistes, meubles estampillés d’ébénistes aussi fameux que David Roentgen ou Georges Jacob, et souvenirs historiques inestimables seront à l’affiche de cette vente dont on attend entre 3 et 5 millions d’euros. Une estimation qui devrait être largement dépassée.

Le 2 juin dernier, une décision de dernière minute du ministère de la Culture classait comme trésor national trois des pièces appartenant à cette collection. À ce titre, elles sont désormais interdites de sortie du territoire et doivent faire l’objet d’une transaction privée avec des acheteurs publics ou privés résidant en France.

http://www.valeursactuelles.com/tresors-royaux-sothebys-contraint-de-revoir-sa-copie-53600

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Jeu 18 Juin - 14:34

il y aura des reminisences de marie antoinette disent ils
https://www.luxsure.fr/2015/06/17/vente-royale-prevue-chez-sothebys-paris-le-29-septembre-2015/

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:20

Le catalogue de cette vente exceptionnelle est actuellement disponible.

http://www.sothebys.com/fr/auctions/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531.html

Une Collection pour l’Histoire
Importants tableaux, dessins, meubles et souvenirs historiques appartenant à la Famille de France
29 SEPTEMBRE 2015 - 30 SEPTEMBRE 2015 | 7:00 PM CEST | PARIS


Vous avez également la présentation en vidéo.

http://www.sothebys.com/en/news-video/videos/2015/06/collection-histoire.html

Sotheby’s is delighted to announce the auction of the collections of the late Comte and Comtesse de Paris on 29 and 30 September 2015. Taking place in Paris, Une Collection pour l’Histoire will bring to life the most illustrious members of the French Royal family with an assortment of circa 200 lots comprising paintings, drawings, furniture and mementos. Vincent Meylan and Pierre Etienne introduce the sale’s highlights.

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:21

Voici le détail de quelques lots qui intéressent plus particulièrement notre Boudoir.

Pale liturgique en soie rose brodée de fils d'or et d'argent, probablement par la reine Marie-Antoinette (1755-1793), XVIIIe siècle.


©Sotheby's

Pale liturgique en soie rose brodée de fils d'or et d'argent, probablement par la reine Marie-Antoinette (1755-1793), XVIIIe siècle
ornée de perles de verre, brodée du Christogramme IHS surmontant un sacré-coeur, portant au dos une inscription: Brodée par Marie Antoinette de France, et donnée par Sa Majesté/ à Son aumônier, Mgr de Cheylus, Ev. de Bayeux. Donnée par/ ce dernier à son neveu, Mr Daudibert de la Villasse, doyen du/ Chapitre de Bx, de qui je l'ai recue. Bx. 1845./ Maric/ Chanoine de Bx. ; avec une lettre dactylographiée précisant que cette pale fut donnée au Comte de Paris par M. L. de Buyer le 15 mars 1951
17 x 17 cm
6 2/3 x 6 2/3 in

PROVENANCE
- Par tradition, brodée par la reine Marie-Antoinette
- Mgr Joseph Dominique de Cheylus, aumônier du comte et de la comtesse d’Artois
- d'Audibert de La Villasse, vicaire général et doyen du chapître de Bayeux
- Maric, chanoine de Bayeux
- M. L. de Buyer
- Henri d'Orléans (1908-1999), Comte de Paris

BIBLIOGRAPHIE
J. Faton, "Les Trésors de la Fondation Saint-Louis" in l'Estampille/l'Objet d'art n° 326, juillet-août 1998, p. 37 (ill.)


Une pale est destinée à être posée sur un calice ou une patène pour protéger son contenu.
Mgr Joseph Dominique de Cheylus, évêque de Bayeux entre 1777 et 1790, fut premier aumônier du comte et de la comtesse d’Artois de 1778 à 1789 : c'est à ce titre qu'il ondoya le duc de Berry lors de sa naissance à Versailles, le 24 janvier 1778. Il décéda en émigration à Jersey en 1797.
Son neveu et vicaire général, d'Audibert de La Villasse (1750-1845), fut doyen du chapître de Bayeux.
A silk chalice cover embroidered with gold and silver thread and beads, probably by Queen Marie-Antoinette (1755-1793), 18th century


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.5.html

L'estimation est de 15,000 — 20,000  EUR

madame antoine

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:22

Il nous est également proposé plusieurs oeuvres de Carmontelle. En voici quelques unes.

LES GENTILSHOMMES DU DUC D’ORLÉANS DANS L’HABIT DE SAINT-CLOUD


©Sotheby's

Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache avec rehauts de blanc
Porte des numéros à la plume et encre brune : 1. 2. 3. 4. 5. 6.
Sous le passe-partout actuel, le dessin est présenté dans un passe-partout du XIXe siecle, réduit dans le bord inférieur.
Au dos du montage, sur une feuille de papier ancien, est inscrit à la plume et encre brune (possiblement par Richard  de Lédans): Noms des personnages qui / composent ce tableau dans l’ordre / où ils ont été placés par Carmontelle / qui les avoit rendus frappans quoique / vus par derrière / Monsieur le Chevalier de Gasq / Mr le Marquis de Perigny / Mr le Cher de St Mars / Mr le Cher d’Estrées / Mr le Barron de Tourrempré / Mr le Chev.er Desparts / Ils étoient tous Gentilshommes de / Monseigneur le Duc d’Orléans grand / père, excepté Mr le M.s de Perigny / ancien Président de la cour souveraine / à Rouen, et qui par son esprit et son / amabilité étoit de la société intime / du Prince / Ils sont représentés sous l’habit que / le Prince avoit adopté dans ses campagnes.
L'ancien montage est partiellement collé sur une page de l’album de la famille Orléans, délié aujourd’hui, et annotée ultérieurement à la plume et l’encre brune avec le nom des personnages.
263 x 400 mm


PROVENANCE
Collection de l’artiste avant 1807 ;
Très probablement acquis par Richard de Lédans lors de la vente après décès de Carmontelle, le 17 avril 1807 au 22 rue Vivienne, lot n°4 : « Deux Tableaux très-terminés ; à la gouache et de forme en travers. L’un représentant la famille d’Orléans. L’autre, six personnages vus par le dos et vêtus de rouge, dans un costume uniforme, considérant le point de vue d’un Jardin.» ;
Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ;
Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ;
Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ;
Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852 (voir Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851, Paris, Noblet, 1852).

EXPOSITION
Louis-Philippe, l’homme et le roi, 1773-1850, Paris, Archives Nationales, Hôtel de Rohan, octobre 1974 - février 1975, p. 29 n°17 repr.

BIBLIOGRAPHIE
G. Lagardère, G. Rousset-Charny, Les quatre saisons de Carmontelle, Musée de l’Île de France, Paris, 2008, p. 185 repr.


Les Gentilshommes du duc d’Orléans dans l’habit de Saint Cloud, demeure le plus énigmatique des dessins de Carmontelle. Enigmatique d’abord par le peu de publications, dont il fit l’objet, mais énigmatique avant tout par l’exceptionnelle modernité de son « cadrage », presque « photographique ». La copie à l’huile par Philippoteaux, aujourd’hui au musée Nissim de Camondo[1], l’avait certes rendu célèbre, mais ne révélait pas complètement son exceptionnelle inventivité. Si elle rendait hommage à l’esprit marivaudien de Carmontelle qui tournait toutes scènes en une dérision bienveillante, elle n’avait pas la spontanéité, la liberté de notre aquarelle réellement croquée sur le vif. Le manuscrit accolé au dos du dessin, très probablement de la plume de Lédans, révélait déjà son piquant. Dans une orthographe et avec des tournures de l’Ancien Régime, Lédans précisait que Carmontelle : « avoit rendu les modèles frappans quoique vus par derrière ». Impossible à identifier aujourd’hui, ces gentilshommes étaient, à l’inverse, aisément reconnaissables par un familier de l’ensemble, distinguant derrière un hiératisme solide ou une bonhommie cordiale, tel ou tel aristocrate. Par ses soins, nous nommons à présent ces silhouettes uniformes, ces nobles oubliés qui avaient compté en leur temps, comme le font naturellement toutes personnes un peu hautes en couleurs.
Premier en partant de la gauche, le chevalier de Gasq[2], nous racontait Richard de Lédans dans ses Mémoires, était : « était un franc chevalier français de la vieille roche »[3], il avait un cousin, Jean-Baptiste de Cassieux, garde des Sceaux au Parlement de Bordeaux qui, toujours d’après Lédans : « avait été aportionné en plus de ce qui manquait d’esprit à son cousin. En revanche, il [le chevalier de Gasq] avait été traité en aîné du côté des mœurs, de la sévérité des principes, et de la délicatesse du sentiment. »[4]. Noble de cœur à défaut de brillant penseur, le chevalier de Gasq formait donc le premier maillon de cette chaîne de chevaliers.
Charles Léon de Taillevis de Jupeaux (1730 – 1791?), marquis de Périgny, second personnage du dessin, coiffé d’un tricorne bordé d’une ganse d’or et enserrant son ami, était le seul des six à ne pas compter comme gentilshommes. Il avait été président de la cour de Rouen et sera sous la Révolution, député de Saint-Domingue à l’assemblée constituante. Sa date de décès n’est pas connue avec précision, son destin se sera noyé dans les troubles communs aux aristocrates après 1791.
Jacques Auguste de Poillouë (1739-1794), chevalier de Saint-Mars, était Sous-Aide Major du régiment des gardes françaises, il présentera à nouveau sa fine silhouette élancée à Carmontelle pour un dessin individuel, conservé à Chantilly[5].
La silhouette la plus râblée de la composition et décrite par Lédans comme « le chevalier d’Estrée », pourrait s’apparenter à celle de Louis-Charles César Le Tellier (1695-1771), inspecteur général de la Cavalerie, fait duc d’Estrée en 1763. Il s’illustra lors des batailles de Westphalie, et prit le titre de Maréchal de France. Il remporta la bataille d’Hastembeck en 1757 et devint ainsi ministre sous le Roi Louis XV en 1758. « Il avait été une des meilleures têtes des Conseils du Roi » écrivait Madame de Genlis[6]. Carmontelle représenta également ce personnage seul, dans son Portrait du maréchal d’Estrée[7]. Il mourut sans descendance laissant à Madame de Genlis le souvenir d’un homme au « beau caractère », aux « grandes actions » et à « une vie sans tache »[8].

Pierre Saint-Martin, baron de Tourempré (1720-1783) ici occupé à faire jouer un chien était également haut militaire. Ce maréchal des logis sera à nouveau croqué par Carmontelle dans un curieux dessin le représentant en train d’effectuer des relevés du jardin du château de Raincy.
Enfin, le dernier personnage de la composition est aujourd’hui plus délicat à identifier. Il pourrait s’agir de Pierre-Alexis Asselin, sieur Desparts, né en 1717 et conseiller du Roi à la Cour des comptes.
Tous ces illustres personnages, incarnaient bien les vertus militaires de la noblesse. Ils formaient l’entourage direct du duc d’Orléans en devenant ses gentilshommes. Comptant alors parmi les intimes du Prince, ils faisaient finalement partie de la vie de la Cour et se promenaient de château en château au gré des déplacements du duc. Arrêtés dans leur après-midi par Carmontelle, ils profitent ici de la vue du jardin de Saint-Cloud, et semblent loin des conventions que l’on prêterait volontiers à une telle société.

[1]. Musée Nissim de Camando, Paris (Inv. CAM 568)
[2]. Carmontelle réalisa dans les années 1760 un portrait individuel du chevalier de Gasq, aujourd’hui conservé au musée Condé à Chantilly (CAR 156).
[3]. Richard de Lédans cité par François Anatole Gruyer, Les portraits de Carmontelle, Paris, 1902, p. 114
[4]. op. cit. p. 114
[5]. Musée Condé, Chantilly (Inv. CAR 99)
[6]. Madame de Genlis cité par François Anatole Gruyer, Les portraits de Carmontelle, Paris, 1902, p. 111
[7]. Musée Condé, Chantilly (Inv. CAR 151)
[8]. Madame de Genlis cité par François Anatole Gruyer, Les portraits de Carmontelle, Paris, 1902, p. 111
[9]. Musée Condé, Chantilly (Inv. CAR 107)


Voici la lettre au dos.


©Sotheby's

http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.6.html

L'estimation est de 250,000 — 350,000  EUR

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:23

Voici une autre oeuvre de Carmontelle.

LA SOCIÉTÉ DU PALAIS-ROYAL VERS 1773-1775


©Sotheby's

Sanguine, pierre noire, aquarelle, gouache avec rehauts de blanc
Porte des numéros à l’encre brune : 1. 2. 3. 4. 5. 6.
Sous le passe-partout actuel, le dessin est présenté dans un passe-partout du XIXe siècle, réduit.
Au dos du montage (réduit), sur un papier ancien est inscrit à la plume et encre brune (possiblement par Richard de Lédans) : Noms des personnes qui / composent ce tableau dans l’ordre / où elles y sont placées par Carmontelle / Madame la Comtesse de Polignac / Monsieur le Duc d’Orléans alors / Duc de Chartres / Madame la Marquise de Clermont [est à la table] / Madame la Comtesse de Blot [est à genoux] / Monseigneur le Duc d’Orléans grand Père / Madame la Marquise de Montesson [est debout derrière le fauteuil / Madame la Duchesse d’Orléans / alors Duchesse de Chartres / Madame la Comtesse de Genlis.
L'ancien montage est partiellement collé sur une page réduite de l’album de la famille des Orléans, aujourd’hui délié, et annotée à l’encre brune avec le nom des personnages.
322 x 427 mm


PROVENANCE
Collection de l’artiste avant 1807 ;
Très probablement acquis par Richard de Lédans lors de la vente après décès de Carmontelle, le 17 avril 1807 au 22 rue Vivienne, lot n°4 : « Deux Tableaux très-terminés ; à la gouache et de forme en travers. L’un représentant la famille d’Orléans. L’autre, six personnages vus par le dos et vêtus de rouge, dans un costume uniforme, considérant le point de vue d’un Jardin.» ;
Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ;
Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ;
Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ;
Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852 (voir Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851, Paris, Noblet, 1852).

EXPOSITION
Louis-Philippe, l’homme et le roi, 1773-1850, Paris, Archives Nationales, Hôtel de Rohan, octobre 1974 - février 1975, p. 29 n°16 repr.

BIBLIOGRAPHIE
G. Lagardère, G. Rousset-Charny, Les quatre saisons de Carmontelle, Musée de l’Île de France, Somogy, Paris, 2008, p. 185 repr.


Seul dessin, avec celui représentant les gentilshommes du duc de Chartres, à avoir été mis à l’encan après le décès de Carmontelle, cet exceptionnel portrait de la haute Société du Palais-Royal surprend par son format comme par sa qualité. Le cadre verdoyant est aujourd’hui à peine identifiable et dévoile un Palais-Royal, résidence parisienne des Orléans, d’avant la saisie du Comité de salut public le 6 novembre 1793[1], d’avant l’incendie de 1798 qui détruisit ces édifices en bois du jardin[2], enfin d’avant la Terreur et la Révolution qui auront définitivement anéanti ce doux paysage.
Le cousin du Roi Louis XVI, Louis-Philippe-Joseph, debout au centre de la composition, est figuré aux côtés de son père, le duc d’Orléans et de son entourage direct qui formait cette société du Palais-Royal : «la plus brillante et la plus spirituelle de Paris» aux dires de Madame de Genlis[3]. Il semblerait redondant alors de rappeler cette inédite proximité dont jouissait Carmontelle avec cette prestigieuse aristocratie française. Par lui, avons-nous la chance infinie d’observer une ultime fois, tous les courtisans des Orléans bien injustement calomniés par les révolutionnaires. Dans une quinzaine d’années seulement, la Terreur mettra en effet fin à cette douce société. Mais le dessinateur aura, comme à son habitude, croqué préalablement cette bien éphémère assemblée dont on ignorait souvent le véritable quotidien. Loin des portraits officiels présentant les aristocrates dans des costumes pompeux et apprêtés, les protagonistes de notre dessin qu’il s’agisse des membres de la famille Orléans dans leur costume de livrée ou des dames de qualité dans des mises moins élaborées qu’à Versailles, semblent ici passer une après-midi paisible plongés dans leurs activités favorites. Le patriarche, le duc d’Orléans, assis au centre, se contente de lire tranquillement, on ne sait quel ouvrage, qui paraît passionner l’épouse de son fils, Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre. La maîtresse de ce même fils, également la gouvernante de ses enfants, Madame de Genlis, se glisse elle aussi dans ce dialogue, accoudée au dossier du fauteuil de « l’Officielle » épouse. Egalement happée par les récits du grand-père, Madame la Comtesse de Blot, qui passait pour un être extrêmement raffiné — voire un peu précieux — , s’agenouille à la droite du prince pour ne rien rater de la lecture. Le reste de la compagnie semble attiré par les démonstrations du jeune duc de Chartres, celui qui se baptisera «Philippe Egalité » sous la Révolution, ici en grande conversation avec l’épouse morganatique de son père, Madame de Montesson.
Dans ce rare dessin, bien plus abouti que ses habituels portraits individuels, Carmontelle voulut certainement illustrer un jardin luxuriant, et l’on connaissait son goût pour ces derniers, mais avant tout, dévoiler un fonctionnement. D’une conservation remarquable, et d’une fraîcheur incroyablement saisissante, c’est par cette aquarelle tout un pan des modes de vies de l’Ancien Régime qui s’écrit sous nos yeux.

[1] Jacques Bernot, La fortune disparue du roi Louis-Philippe, Paris, 2008, p. 58
[2] op. cit. p. 68
[3] Madame de Genlis, Mémoires, Le Temps retrouvé, Mercure de France, 2004, Paris, p. 194


Voici le verso.


©Sotheby's

http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.7.html

L'estimation est de 220,000 — 320,000  EUR

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:24

Voici deux autres portraits du Duc de Chartres. Voici le premier.

LE DUC DE CHARTRES EN HABIT DE SAINT-CLOUD
Estimation  30,000 — 40,000  EUR


©Sotheby's

Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache
Sous le passe-partout actuel, le dessin est présenté dans un passe-partout ancien, réduit. Au dos, porte une inscription à la plume et encre brune : Louis Philippe Joseph / Duc d’Orléans.
L’ancien montage est partiellement collé sur une page de l’album de la famille Orléans, délié aujourd’hui, et annotée ultérieurement à la plume et encre brune avec le nom du personnage.


PROVENANCE
Collection de l’artiste avant 1807 ;
Très probablement acquis par Richard de Lédans en marge de la vente après décès de Carmontelle, le 17 avril 1807 au 22 rue Vivienne, car partie du groupe des « 750 portraits en pied … C’est en raison de la place que mérite ce grand Ouvrage, qu’il sera suspendu à la Vente publique, jusqu’à ce que des circonstances favorables se présentent. » ;
Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ;
Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ;
Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ;
Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852 (voir Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851, Paris, Noblet, 1852).

EXPOSITION
Louis-Philippe, l’homme et le roi, 1773-1850, Paris, Archives Nationales, Hôtel de Rohan, octobre 1974 - février 1975, p. 27 n°6 repr. (comme Le duc de Chartres vers 1760-62)

BIBLIOGRAPHIE
G. Lagardère, G. Rousset-Charny, Les quatre saisons de Carmontelle, Musée de l’Île de France, Paris, 2008, p. 186 repr.


Debout devant un rond-point d’allées forestières, Carmontelle plaça ici le duc de Chartres (1747-1793) dans une végétation particulièrement soignée. Rappelons que Carmontelle n’était pas qu’un brillant portraitiste mais comptait également comme un grand topographe et paysagiste, dont malheureusement bien peu de créations nous aurons survécu. Si le parc Monceau reste son unique chef-d’œuvre encore visible, il demeure injustement simplifié par rapport aux gravures contemporaines du lieu qui, elles, rendent justice à l’émerveillement que causa ce parc en son époque. « On se serait plutôt passer de Le Nôtre sous Louis XIV que de Carmontelle en ce temps-là. » rappelait Frénilly, qui avait commandé un parc à Carmontelle pour une de ses folies autour de Paris[1] . Enfin, s’il n’était pas à l’origine de ces allées qui semblent ici, provenir du parc de Saint-Cloud, Carmontelle n’en révéla pas moins les subtils détails de ces décors dont il se servit dans d’autres portraits, comme dans son portrait de Perceval, le messager de Saint-Cloud (Musée Condé, Chantilly, Inv. Car 89).
Quant au fin jeune homme de notre aquarelle, il n’est autre que Louis-Philippe d’Orléans, représenté dans l’habit de Saint-Cloud et ordinairement situé autour des années 1770. Il était alors âgé d’une vingtaine d’années. Il porte dignement les ordres qu’il reçut en 1762 à savoir le ruban bleu et la médaille du Saint-Esprit, ici esquissée avec justesse par Carmontelle qui dessina la colombe emblématique dans un joli trait de crayon. Le duc paraît en effet plus assuré et volontaire que sur le portrait en habit de Villers-Cotterêts (voir lot n°9) et arbore fièrement son épée, ce symbole des origines militaires de l’aristocratie, qui avait pourtant bien surpris Léopold Mozart, le père du jeune Amadeus, en visite à la famille à cette époque. « La chose la plus ridicule est le fourreau d’épée actuellement à la mode, entièrement revêtu de fine fourrure. Cela sert sans doute à empêcher que la lame ne gèle ! »[2] se moquait cet Autrichien des usages en vogue à la cour.

[1] Frénilly cité par L. Chatel de Brancion, Carmontelle au jardin des illusions, Saint-Rémy-en-l’Eau, 2003, p. 120
[2] Léopold Mozart cité par L. Chatel de Brancion, Carmontelle au jardin des illusions, Saint-Rémy-en-l’Eau, 2003, p. 76


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.8.html

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:26

Voici le second.

LE DUC DE CHARTRES EN HABIT DE VILLERS-COTTERÊTS
Estimation  20,000 — 30,000  EUR


©Sotheby's

Sanguine, pierre noire et aquarelle
Porte une date : 1760
Sous le passe-partout actuel, le dessin est présenté dans des lignes d'encadrement à la pierre noire avec des indications de couleur pour le montage et un cartouche, inscrit deux fois à la pierre noire : M. Le duc de Chartres, dans sa Belle jeunesse.
358 x 244 mm


PROVENANCE
Collection de l’artiste avant 1807 ;
Très probablement acquis par Richard de Lédans en marge de la vente après décès de Carmontelle, le 17 avril 1807 au 22 rue Vivienne, car partie du groupe des « 750 portraits en pied … C’est en raison de la place que mérite ce grand Ouvrage, qu’il sera suspendu à la Vente publique, jusqu’à ce que des circonstances favorables se présentent. » ;
Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ;
Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ;
Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ;
Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852 (voir Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851, Paris, Noblet, 1852).

EXPOSITION
Louis-Philippe, l’homme et le roi, 1773-1850, Paris, Archives Nationales, Hôtel de Rohan, octobre 1974 - février 1975, p. 27 n°7 (comme Le duc de Chartres en 1760)

BIBLIOGRAPHIE
G. Lagardère, G. Rousset-Charny, Les quatre saisons de Carmontelle, Musée de l’Île de France, Paris, 2008, p. 186 repr.


Le duc de Chartres (1747-1793) revêt sur notre aquarelle l’habit de livrée, vert bordé de jaune, que son père avait fait adopter dans ses campagnes de Villers-Cotterêts.
Le passe-partout du dessin sous le cadre doré, indique à tort la date de 1760, car notre jeune modèle porte ici le collier noir de Saint-Michel et le cordon bleu du Saint-Esprit, qu’il ne reçut qu’en 1762 pour son entrée à la cour. De plus, le premier voyage à Villers-Cotterêts de notre jeune duc est documenté et eut lieu au cours de l’été 1764 où il fut reçu triomphalement par les habitants de la province en véritable seigneur à venir de l’apanage. Le futur Philippe-Egalité avait alors dix-sept ans et était dans « sa belle jeunesse » selon les mots de l’ami de Carmontelle, le chevalier Richard de Lédans[1]. Il portait « haut sans effort, avec une gravité de commande presque enfantine encore » poursuivait le chevalier dans sa description de ce futur lieutenant général des armées navales.
Sur notre portrait à la touche fraîche et délicate, Carmontelle décrit avec subtilité la richesse d’un habit de l’aristocratie en brossant furtivement mais précisément les détails du jabot, du tricorne porté sous le bras, des bas blancs, privilège des aristocrates portés sur les chaises et ne se salissant pas dans la boue, des souliers à boucles d’argent et de sa riche épée portée en verrouil.
L’univers apaisé et assainissant des campagnes est également mis en évidence par Carmontelle qui encadre sa composition de belles végétations et d’une noble bâtisse estivale avec son toit à la Mansart, reléguant au loin les perspectives plus encombrées des grandes villes.
Une autre version de ce dessin, réalisée par Carmontelle est conservée au Musée Condé, à Chantilly, comme Le duc de Chartres, dans sa belle jeunesse (Car.3).

[1]. F. A. Gruyer, Les portraits de Carmontelle, Paris, 1902, p. 7


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.9.html

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:27

Voici encore un Carmontelle.

MONSIEUR DE MORNAY, GOUVERNEUR DE SAINT CLOUD
Estimation  80,000 — 120,000  EUR


©Sotheby's

Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache avec rehauts de blanc
Sous le passe-partout actuel, le dessin est présenté dans un passe-partout ancien, réduit.
Porte une inscription à la plume et encre brune :  Mr de Mornay, Gouverneur de St Cloud, / dessiné d’après nature dans la posture habituelle de sa siesta journalière et en bas, par une autre main, l'inscription : Mr. de Mornay gouvr. de St Cloud.
L’ancien montage est partiellement collé sur une page de l’album de la famille des Orléans, délié aujourd’hui, et annotée ultérieurement à la plume et à l’encre brune avec le nom du personnage.
271 x 190 mm


PROVENANCE
Collection de l’artiste avant 1807 ;
Très probablement acquis par Richard de Lédans en marge de la vente après décès de Carmontelle, le 17 avril 1807 au 22 rue Vivienne, car partie du groupe des « 750 portraits en pied … C’est en raison de la place que mérite ce grand Ouvrage, qu’il sera suspendu à la Vente publique, jusqu’à ce que des circonstances favorables se présentent. » ;
Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ;
Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ;
Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ;
Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852 (voir Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851, Paris, Noblet, 1852).


"Je vois aussi avec plaisir le gouverneur M. le chevalier de Mornay. Ce bon et respectable vieillard a quatre-vingt-quatre ans; il ne quitte plus guère son appartement que pour se promener au soleil, sur les pelouses. Attaché depuis son enfance à la maison d'Orléans, il a été page de M. le régent, sous Louis XIV; il a connu le grand roi, la cour. Il raconte les anecdotes les plus curieuses sur tout ce monde; seulement il les raconte avec le patois et le cynisme de la régence, et une honnête femme en devrait rougir, si elle les écoutait autrement que devant son mari. Ce jour-là, nous le trouvâmes assis dans sa chaise à porteurs, au-dessus de la cascade, les glaces ouvertes et humant l'air."
Ainsi se souvenait la baronne d’Oberkirch du gouverneur du château de Saint-Cloud, Monsieur de Mornay[1]. Sa description ne fait presque que légender ce surprenant dessin de Carmontelle. En effet, n’imaginons-nous pas déjà un vieil homme espiègle et entièrement intégré dans cette famille orléanaise qu’il sert depuis presqu’un siècle, par ce dessin? Les pieds sur la gaine de la cheminée, la tête posée sur l’accotoir du fauteuil Louis XV, blotti dans une blouse pour protéger le costume de livrée du château de Saint-Cloud, le chevalier de Mornay devient sous les crayons de Carmontelle une personnification vivante du quotidien de cette famille de l’aristocratie.

[1] Henriette Louise van Waldner Oberkirch, Mémoire sur la cour de Louis XVI et la société française, Bruxelles, 1854, vol. I, p. 96


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.10.html

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:28

Voici une pièce ayant appartenu au futur Philippe-Egalité.

Echéancier en maroquin rouge doré au petit fer, daté 1789-1791, provenant de Louis-Philippe (1747-1793), duc d'Orléans et futur Philippe-Egalité
Estimation  2,000 — 3,000  EUR


©Sotheby's

Echéancier en maroquin rouge doré au petit fer, daté 1789-1791, provenant de Louis-Philippe (1747-1793), duc d'Orléans et futur Philippe-Egalité
de format in-12 oblong, reliure anglaise décorée de dentelles et rosaces, ornée d'un fermoir en argent et frappée au centre : ECHECS. ; les chèques imprimés au chiffre et aux armes du duc d'Orléans, ainsi que Rue St. Thomas / du Louvre / Trésorier Général / Payez ; les talons numérotés à l'encre de 3 à 504, datés du 15 novembre 1789 au 1er décembre 1791 au plus tard (n°468), portant les noms manuscrits suivants : Gauté, De Rotallier, Adam Sticks, J. Bte Bernard Lucheux, Baudamant, Mlle Brochet, De Boissy, J. Bte Alexandre, Panchon, Fr. Ant. Jugan, Fievé, Süe, Choislat, Fr.Jh. Desault, Duperrey, Spiring, Launay, Moreau, héritiers Ostervald, Mallet, Collin, Antoine Pernet, Meinier, Prevost, De Cassan, Brieu, Anfry, Geneviève Moyne, Mme de Bremont La Tour du Pin, Prunet, Armenoult, Veytard, Rousin, Huin, Arnault, Manceau, Barbantanne, De Thiars, De Schomberg, Walker, Mlle Lochmann, Jacob, Perrier frères, Felix, Vve Mercerot, Simon, Florentin, Bellanger, Mussart, Vve Boursier, Lafage, Gouget, Le Grand, Dauteroche ou tout simplement Au Porteur ; (certains talons manquants et les derniers chèques vierges et en partie coupés)
Long. 25 cm
Length 9 3/4 in


PROVENANCE
Louis-Philippe-Joseph (1747-1793), duc d'Orléans et futur Philippe-Egalité

EXPOSITION
Louis-Philippe, l'homme et le roi (1773-1850), Paris, Archives Nationales, Hôtel de Rohan, octobre 1974-février 1975, p. 34, n°45

BIBLIOGRAPHIE
J. Faton, "Les Trésors de la Fondation Saint-Louis" in l'Estampille/l'Objet d'art n° 326, juillet-août 1998, p. 37 (ill.)


Les chèques, usités en Angleterre à partir du XVIIIe siècle sous le nom de "check" (ou "contrôle"), tirent leur étymologie du français "échec" car visant éventuellement à mettre en échec de mauvais débiteurs, d'où l'inscription sur cet échéancier. La reliure qui le protège a d'ailleurs très probablement été commandée par le duc d'Orléans, incorrigible anglomane, lors d'un séjour prolongé à Londres : du 14 octobre 1789 au 10 juillet 1790, il résida avec sa maîtresse Mme de Buffon dans une maison de Park Lane, 3 Chapel Street et, selon le rapport de l'ambassadeur La Luzerne, "le vin, les chevaux, le jeu, les filles et Mme de Buffon paraissaient l'occuper uniquement. Il cherchait par tous les moyens possibles à s'étourdir sur son sort présent et à venir" (in C. Dufresne, Les Orléans, Paris, 1991, p.262).
Selon Talleyrand, "c’est de ce moment que date la disparition de son immense fortune [...] Les fonds libres de M. le duc d’Orléans ont tous passé en Angleterre par des voies détournées et par des agents secrets qui, à la faveur de leur obscurité, ont pu être infidèles et jouir de leur vol. Telle est l’opinion des hommes qui étaient alors à la tête des affaires" (C.M. de Talleyrand, Mémoires, Paris, 1891-1892, t. I, pp. 214-215).
La "Trésorerie de Son Altesse Sérénissime le duc d'Orléans" était située rue Saint-Thomas-du-Louvre ; le dernier titulaire de la charge de Trésorier du duc fut Charles Galli, décédé le 1er février 1790 (cf. Laurent Roussel, "Fidélités [...] dans l'entourage parisien des Orléans au XVIIIe siècle", 2002, p.34). Celui qui n'était pas encore surnommé "Philippe-Egalité" n'hésita pas à multiplier les dettes au fur et à mesure que le royaume s'enfonçait dans la Révolution : en 1791, il dut même vendre le bâtiment de la Trésorerie.
Parmi les bénéficiaires de ses largesses, on reconnaît les noms de certains habitués du Palais-Royal, proches de Philippe depuis l'enfance : le vicomte de la Tour du Pin, le marquis de Barbentane, le comte de Thiard ou le comte de Schomberg (cf. E. Lever, Philippe Egalité, Paris, 1996, pp. 90-91). Roucin paraît avoir été un des commensaux du prince qui le mentionne dans une lettre du 22 avril 1790 (Correspondance de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, Paris, 1800, p. 35). Enfin, sous le nom de "Duperrey" figure peut-être le futur amiral Guy-Victor Duperré, beau-frère du célèbre secrétaire du duc, Choderlos de Laclos.


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.13.html

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:29

Voici un portrait de la famille Orléans.

Frank Stone
PHILIPPE-EGALITÉ, SES ENFANTS ET MADAME DE GENLIS LEUR APPRENANT À LIRE
FRANK STONE; PHILIPPE-EGALITÉ, HIS CHILDREN AND MADAME DE GENLIS TEACHING THEM HOW TO READ; SIGNED LOWER RIGHT; PENCIL HEIGHTENED WITH WHITE GOUACHE ON PAPER
Estimation  1,000 — 1,500  EUR


©Sotheby's

Frank Stone
MANCHESTER 1800 - 1859 LONDON, ECOLE ANGLAISE
PHILIPPE-EGALITÉ, SES ENFANTS ET MADAME DE GENLIS LEUR APPRENANT À LIRE
FRANK STONE; PHILIPPE-EGALITÉ, HIS CHILDREN AND MADAME DE GENLIS TEACHING THEM HOW TO READ; SIGNED LOWER RIGHT; PENCIL HEIGHTENED WITH WHITE GOUACHE ON PAPER
Signé en bas à droite F. Stone
Mine de plomb avec rehauts de gouache blanche sur papier
13,6 x 10,3cm ; 5 1/4 by 9 1/2 in

EXPOSITION
Louis - Philippe, l'homme et le roi, Archives Nationales, Paris, octobre 1974 - février 1975, p. 37 n° 61.


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.53.html

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:29

Voici une paire de meubles.

Paire d'encoignures en placage de bois de rose et d'amarante et monture de bronze doré de la fin de l'époque Louis XV, vers 1770, estampillée J.F. LELEU


©Sotheby's

Paire d'encoignures en placage de bois de rose et d'amarante et monture de bronze doré de la fin de l'époque Louis XV, vers 1770, estampillée J.F. LELEU
la façade chantournée ouvrant à deux vantaux découvrant trois étagères ; dessus de marbre veiné blanc et gris
Quantité: 2
Haut. 88,5 cm, larg. 72,5 cm, prof. 54,5 cm
Height 34 3/4 in; width 28 1/2 in; depth 21 1/2 in

PROVENANCE
- Philippe (1869-1926), Duc d'Orléans, au manoir d'Anjou, Bruxelles
- Jean d'Orléans (1874-1940), Duc de Guise, au manoir d'Anjou, Bruxelles
- Henri d'Orléans (1908-1999), Comte de Paris, au manoir du Coeur Volant, Louveciennes


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.151.html

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MessageSujet: Re: Le trésor des Orléans aux enchères   Mar 1 Sep - 20:30

Voici à vendre une série d'autres oeuvres de Carmontelle.

Louis Carrogis dit Carmontelle
MESDAMES DE BLOT, D'EGMONT ET DE BRIONNE
Estimation  70,000 — 90,000  EUR


©Sotheby's

Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache, sur deux feuilles
Porte des numéros à la plume et encre brune 1.2.3.
Sous le passe-partout actuel, le dessin est présenté dans un passe-partout ancien. Au dos, porte une inscription à la plume et encre brune : Mme de Brionne est en robe grise sur le / canapé. Mme de Blot en robe blanche assise / sur le canapé fait la lecture et Mme d’Egmont / en robe grise est assise sur le tabouret.
L’ancien montage est partiellement collé sur une page de l’album de la famille Orléans, délié aujourd’hui, et annotée ultérieurement à la plume et l’encre brune avec le nom des personnages, et quelques corrections et porte des numéros à la pierre noire 22, 37 et N°6.
322 x 223 mm


PROVENANCE
Collection de l’artiste avant 1807 ;
Très probablement acquis par Richard de Lédans en marge de la vente après décès de Carmontelle, le 17 avril 1807 au 22 rue Vivienne, car partie du groupe des « 750 portraits en pied … C’est en raison de la place que mérite ce grand Ouvrage, qu’il sera suspendu à la Vente publique, jusqu’à ce que des circonstances favorables se présentent. » ;
Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ;
Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ;
Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ;
Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852 (voir Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851, Paris, Noblet, 1852).

BIBLIOGRAPHIE
G. Lagardère, G. Rousset-Charny, Les quatre saisons de Carmontelle, Musée de l’Île de France, Paris, 2008, p. 187 repr.


Cécile-Pauline Charpentier d’Ennery (ca. 1733 – après 1800), comtesse de Blot (assise au milieu du canapé) passait pour la plus belle femme de la Cour. Elle avait épousé le comte de Blot, Gilbert de Chauvigny en 1749 et était ainsi devenue la dame de compagnie de la duchesse d’Orléans, Marie-Adélaïde de Bourbon (1753-1821). Les mémorialistes qui ont côtoyé la famille d'Oléans au XVIIIe siècle — qu’il s’agisse de la baronne d’Oberkirch ou de Madame de Genlis — racontaient toutes sortes d’anecdotes pittoresques à son sujet. Un épisode particulièrement savoureux avait en effet amusé des mois durant la Cour. La baronne d’Oberkirch raconte : « Elle [Madame de Blot ] voulait absolument n’être qu’une essence éthérée, quelque chose d’aérien, de transparent, une ombre » rapportait ainsi la baronne de cette femme « dont la prétention était de ne vivre que d’ambroisie et qu’on avait surprise dans son arrière cabinet, dévorant des côtelettes ! »[1]. La comtesse de Blot eut visiblement les plus grandes difficultés à se remettre de cette humiliation tant elle était emprunte d’une préciosité exagérée et s’imaginait bien au-dessus de ces vulgarités animales. Madame de Genlis rappela également dans ses Mémoires les attitudes étudiées de cette femme lorsqu’elle se trouvait en société : « quand elle voulait paraître et briller, elle devenait affectée, elle dissertait au lieu de causer, elle soutenait des thèses fort ennuyeuses sur la sensibilité et l’élévation des sentiments (…) quand elle se trouvait dans l’intérieur d’une petite société, et sans prétention, elle était gaie, rieuse, naturelle, et fort aimable »[2].
Certes, partager le quotidien de la plus grande aristocratie ne devait guère être tâche aisée, et même les jeunes femmes bien nées et bien mariées se sentaient probablement une obligation de maintien, d’impeccabilité des mœurs et d’esprit, parfois pesante.
Carmontelle en capturant — comme à son habitude — ce moment d’intimité entre ces trois jeunes femmes, présente en une sorte d’instantané volé une tendre conversation de ce petit gynécée ayant les verdures du Palais-Royal pour décor. Loin d’une réception guindée, ces trois femmes semblent simplement occupées à leur lecture, confortablement installées dans ce canapé molletonneux posé sur un fin parquet dessiné avec précision par Carmontelle.
Le dessinateur fera un portrait isolé de cette comtesse, tout de même surnommée « le canal des grâces » par les chroniqueurs de l’époque moins jaloux de ses attraits, et aujourd’hui conservé à Chantilly (Inv. Car. 216) avec un autre portrait représentant notre comtesse en compagnie de la marquise de Barbantane (Inv. Car. 217).

[1]. Henriette Louise von Waldner Oberkirch [baronne d'], Mémoires sur la cour de Louis XVI et la société française: avant 1789, Meline, Cans et compagnie, 1834, p. 223-224
[2] Madame de Genlis, Mémoires, Le Temps retrouvé, Mercure de France, 2004, Paris, p. 195


http://www.sothebys.com/fr/auctions/ecatalogue/2015/collection-histoire-famille-france-pf1531/lot.160.html

madame antoine

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Plus rien ne peut plus me faire de mal à présent
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