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 Thomas Paine et le Revenu d'Intégration

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madame antoine

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Date d'inscription : 30/03/2014

MessageSujet: Thomas Paine et le Revenu d'Intégration   Ven 17 Fév - 9:17

Voici un article qui explique que le Revenu d'Intégration, dont on parle abondamment pour le moment, n'est pas une invention actuelle.

Même si certains croient en trouver la trace dès le XVIe siècle dans l'œuvre de Thomas More, sa paternité est généralement attribuée à Thomas Paine. Elu du département du Pas-de-Calais, Paine, est présenté à la Convention le 22 septembre 1792 par l'abbé Grégoire. Ce jour-là, dans la salle du Manège, on proclame l'an I de la République. On acclame aussi l'Anglo-Américain Thomas Paine. Car c'est alors une vedette internationale - François Mitterrand, dans sa préface d'un ouvrage collectif intitulé Thomas Paine, citoyen du monde expliquait à raison " qu'à l'égal d'autres, plus familiers, Thomas Paine, fut de ceux qui fondèrent par la pensée et par l'action, les Etats-Unis et la France républicaine ".

Né en 1737 dans le Norfolk, en Angleterre, après avoir été fabricant de corsets, marin et douanier, il débarque en 1774 à Philadelphie. Inconnu, ruiné, divorcé, il va se forger un destin dans la remuante colonie américaine. Il aime à refaire le monde et publie, sans doute aidé par ses amitiés franc-maçonnes, quelques points de vue dans la presse locale. D'abord conçu comme une série d'articles, Le Sens commun est finalement édité sous la forme d'un opuscule d'une cinquantaine de pages. Ouvertement indépendantiste et républicain, l'auteur use de phrases chocs qui claquent comme des slogans dans une Amérique survoltée. " Pourquoi un continent devrait-il être éternellement gouverné par une île ? ", s'interroge cet Anglais. La polémique est immense et le succès à la clé. Un vrai phénomène d'édition 120.000 exemplaires vendus en 1776 qui dote la révolte de la bourgeoisie américaine contre le fisc anglais d'une ossature idéologique. Paine, devenu riche et célèbre en quelques mois, rejoint les troupes de Washington et participe, fusil à la main, à la guerre d'Indépendance. Il sert aussi la cause en organisant, avec le marquis de La Fayette, le soutien financier et militaire de la France aux indépendantistes.

Homme de pensée et d'action on le retrouve à Paris en novembre 1789. En principe, Thomas Paine est en visite pour promouvoir un brevet de pont métallique de son invention qu'il a déjà présenté à l'Académie des sciences en 1787. Mais la politique le happe. La Fayette, lui remet les clés de la Bastille avec comme mission de les remettre à George Washington. Un double hommage rendu par la France à l'auteur du Sens commun et à celui qui, en avril 1789, est devenu le premier président de la République des Etats-Unis - ces fameuses clés figurent aujourd'hui dans la résidence de Washington, à Mount Vernon -, mémé si Paine les lui a fait remettre par un voyageur de passage. Car ce doctrinaire actif a mieux à faire en 1790 que de retourner en Amérique avec les clés de la Bastille. La Révolution française le passionne. Par écrits interposés il publie son œuvre majeure Les Droits de l'homme en 1791, il bataille contre son compatriote Edmund Burke, l'un des premiers théoriciens de la contre-révolution. Puis il passe à l'action.


Accorder à tous la sécurité d'une garantie selon un mode égalitaire

Conventionnel, il rejoint avec Sieyès le Comité des neuf en charge de rédiger la constitution de la République. Ses amitiés avec les girondins, son dégoût pour la violence qui s'empare de Paris, son refus de voter la mort du roi vont bientôt le mettre sur la touche. Son aura lui fait échapper de peu à la guillotine mais en décembre 1793, il est expulsé de la Convention en tant que " citoyen né étranger " et incarcéré à la prison du Luxembourg.

Banni d'Angleterre, condamné en France, l'homme n'a alors plus de patrie - il ne sera fait officiellement citoyen américain qu'en novembre 1794. Le mythe vivant de la révolution universelle retrouvera son siège de parlementaire français en 1795 avant de rembarquer pour l'Amérique en 1802 où il mourra dans l'oubli. Avant de quitter la France, Paine publie en 1797, simultanément à Londres et à Paris, un petit ouvrage qui fera date, même s'il est moins célèbre que Le Sens commun. C'est dans La Justice agraire qu'il invente le fameux " dividende universel ". Pour lui "chaque homme, en tant qu'habitant du globe, est copropriétaire de la terre ". Dans cette optique, il propose de créer, dans le prolongement de la démocratie politique, une démocratie économique. Avec ses précédents ouvrages, il militait déjà pour un impôt progressif sur l'héritage, pour un système de rente à l'intention des démunis ou pour des allocations destinées à scolariser les enfants. Des thèses que l'on retrouve dans d'autres ouvrages publiés à l'époque, notamment ceux de Condorcet. Mais avec sa Justice agraire, Paine va plus loin.

Chaque propriétaire terrien sera redevable à la communauté d'un "loyer naturel" qu'il versera à l'Etat et qui sera redistribué sous la forme d'une allocation annuelle à tous. Il convient selon lui "de créer un fonds national pour payer à tous les individus qui auront l'âge de vingt et un ans, la somme de quinze livres sterling, à titre d'indemnité du droit naturel, dont le système de propriété territoriale les a dépouillés". Pour les plus de soixante ans, cette rente est ramenée à dix livres sterling.

Le texte, publié en réaction au sermon de l'évêque Watson de Laudaff, oppose d'abord la justice des hommes à la charité chrétienne. Il réfute aussi l'appropriation collective des terres que préconise à l'époque les premiers communistes que sont le Français Gracchus Babeuf guillotiné en 1797 et l'Anglais Thomas Spence. Paine invente une troisième voie qui n'est pas destinée à éradiquer la misère ou à révolutionner le monde, mais simplement à accorder, à tous, la sécurité d'une garantie selon un mode égalitaire.

https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/le-revenu-universel-de-benoit-hamon-a-ete-invente-sous-la-revolution-francaise_454766

madame antoine

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pilayrou

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Date d'inscription : 22/12/2014

MessageSujet: Re: Thomas Paine et le Revenu d'Intégration   Ven 17 Fév - 11:19

Les pensées de St Just et Robespierre allaient dans le sens d'un minimum de sécurité sociale pour tous les citoyens.
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