Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 06 mai 1795 (Mercredi): (17 floréal an III): L'agonie de l'Enfant-Martyr

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yann sinclair

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MessageSujet: 06 mai 1795 (Mercredi): (17 floréal an III): L'agonie de l'Enfant-Martyr   Sam 6 Mai - 9:41

Le mercredi 6 mai 1795 (17 floréal an III)

Trois jours après le premier avis, ils reçurent communication d'une décision qui appelait M. Desault à donner les soins de son art au malade.



M. Desault arriva bientôt.

Après avoir transcrit sa nomination sur le registre, il fut introduit près du Prince

Il examina longtemps et très attentivement ce malheureux enfant, le questionna sans pouvoir en obtenir de réponses, n'exprima aucune opinion sur son état devant les commissaires, et se borna à ordonner des décoctions de houblon à prendre par cuillerées de demi-heure en demi-heure, depuis six heures du matin jusqu'à huit heures du soir

Ce qui faisait la valeur d'une demi-bouteille par jour.

M. Desault ne garda pas le même silence hors de la tour

Il ne dissimula pas qu'on avait trop tardé à l'envoyer auprès du malade.

Il le jugeait atteint du germe de cette affection scrofuleuse dont son frère était mort à Meudon, mais cette maladie avait à peine empreint son sceau sur sa constitution

Elle ne s'y manifestait avec aucun symptôme violent, ni rebelle ophthalmie, ni vastes ulcères, ni gonflements articulaires chroniques.

Le vrai mal dont se mourait cet enfant,vieux avant le temps, et dont la taille était voûtée, la peau terreuse et la marche chancelante, c'était l'épuisement, c'était le marasme parvenu à un point qui ne laissait guère d'espoir de salut.

Desault osa proposer à l'autorité de faire immédiatement transporter le Prince à la campagne

Il espérait que le bon air, un traitement assidu, des soins constants pourraient parvenir à lui rendre un peu de vie.

Les comités, comme on le pense bien, ne firent aucune attention à ces propositions.

Desault revint le lendemain à neuf heures.

Il examina de nouveau le malade, ne changea rien aux prescriptions de la veille

Seulement il ordonna, de plus, des frictions d'alcali volatil sur les tumeurs.

Comme il se retirait, Gomin lui demanda s'il ne faudrait pas essayer de promener l'enfant dans le jardin

Et comment? dit M. Desault, chaque mouvement lui cause une douleur.

Certainement il a besoin d'air, mais c'est l'air de la campagne qu'il lui faut! »

Les frictions ordonnées furent faites par Lasne.

Louis-Charles n'y mettait pas obstacle, et d'ailleurs il n'eût point eu la force de s'y opposer

Mais il fut moins facile de lui faire accepter la potion ordonnée la veille, et dont il n'avait pas voulu encore goûter.

Soit par dégoût de la vie, soit dans la crainte du poison, il demeurait insensible à toutes les instances que ses gardiens faisaient pour le décider.

Le premier jour son refus était resté inébranlable.

Gomin eut beau, à trois reprises différentes, boire devant lui un verre de cette potion

Cet exemple ne le persuada pas, et on n'en obtint rien.

Le second jour, Lasne renouvela ses sollicitations:

« Monsieur sait bien que je ne veux que le bien de sa santé, et il m'afflige profondément en repoussant ainsi ce qui peut y contribuer. Je le supplie en grâce de ne me point faire ce chagrin »

Et comme en disant ces mots Lasne recommençait à goûter la potion dans un verre, l'enfant lui prit des mains la cuillerée qu'il lui présentait:

« Tu as donc juré que je le boirais? s'écria-t-il avec impatience, eh bien! donne, je vais le boire »

Depuis ce moment, il se conforma avec docilité à ce qu'on exigea.

Le docteur Pierre Joseph Desault se présente à la prison du Temple et réconforte l'enfant mais le praticien meurt subitement le 1er juin.

Sa mort confirme les interrogations de la substitution de l'enfant.

Le docteur Philippe-Jean Pelletan succède au docteur Pierre-Joseph Desault, il soigne les douleurs de l'enfant avec un traitement à base de drogue.


Le souhait de Jacques Hébert et de Pierre Chaumette d'éliminer Louis XVII trop dangereux pour la survie de la république est en train de se réaliser.


Personne n'affirme avec certitude que rien n'est entreprit pour maintenir l'enfant en bonne santé et le préserver de son destin.

L'autopsie confirme la cause de sa mort est due à une tuberculose généralisée.

Philippe-Jean Pelletan, professeur d'anatomie emporte le cœur chez lui et le conserve dans un vase en cristal rempli d'alcool de vin dans sa bibliothèque parmi sa collection.
Philippe-Jean Pelletan, docteur jacobin sous la révolution, bonapartiste sous l'empereur, royaliste sous la restauration n'est pas un témoin crédible, il fait des témoignages et des déclarations contradictoires qui rendent la vérité difficile à comprendre.
Il n'apporte aucune preuve pour s'être emparé du cœur de l'enfant autopsié devant ses trois confrères, Pierre Lassus, Jean-Baptiste Dumangin et Nicolas Jeanroy qui fermèrent le cercueil de Louis XVII.
Qui a vu Philippe-Jean Pelletan retirer le cœur le 9 juin 1795 ?
Il affirme avoir fait des confidences à son confrère Pierre Lassus, celui-ci décède sans rien dire, sans apporter de témoignage en 1807.
Personne ne peut retrouver le squelette du jeune enfant jeté dans la fosse commune.

Louis XVII

CONVENTION NATIONALE

Le Comité de sûreté générale

« Du 17 floréal an III de la République une et indivisible (6 mai 1795)

" Le Comité de sûreté géuérale, instruit parles rapports des gardiens de l'enfant Capet qu'il éprouve une indisposition et des infirmités qui paraissent prendre un caractère grave, arrête que le premier officier de santé de l'hospice de l'Humanité se transportera auprès du malade pour le visiter et lui administrer les remèdes nécessaires; il ne pourra faire ses visites qu'en présence de ses gardiens"

Les représentants du peuple composant le Comité de sûreté générale,

Pémartin, Auccis, Mathieu, Montmavoi-, Kervelegan, GuvOMAR, Sevestre, Permn et Calés.

Nous trouvons à la même date l'arrêté suivant:

« Du 17 floréal l'an III de la République une et indivisible (6 mai 1795)

La Commission des secours publies aura l'administration économique de la maison du Temple ainsi que celle de toutes les autres maisons d'arrêt de ce genre.

Le présent arrêté sera adressé tant à la Commission des secours publics qu'à celle des administrations civiles, police et tribunaux.

PIERRET, COURTOIS, BERGOEIN , AUGUIS, MONTMAYOU ,

Kervelecan, Mathieu, YSABEAU et Cuénier.

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