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 Politique des naissances au XVIIIe siècle

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Lucrezia P

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Nombre de messages : 404
Date d'inscription : 07/04/2015

MessageSujet: Politique des naissances au XVIIIe siècle   Lun 22 Mai - 18:24

Bon article qui fait le point : Wink


L'accouchement a longtemps constitué un risque majeur tant pour les mères que pour les nouveau-nés, cependant, quelques progrès sont accomplis au XVIIIe siècle, surtout dans les grandes villes. Au XVIIe siècle, les sages-femmes parisiennes étaient formées en trois mois à l'Hôtel Dieu à Paris ; un siècle plus tard, la durée de formation est de trois ans. Mais, dans la plupart des campagnes et des petites villes, ce sont les «matrones», «las levandieras » ici, qui exercent auprès des femmes qui accouchent chez elles.

Le XVIIIe siècle est marqué par les progrès de la chirurgie en général ; les chirurgiens accoucheurs deviennent plus nombreux, les instruments, dont le forceps, sont perfectionnés. Mme du Coudray, sage-femme expérimentée, parcourt une partie du royaume en faisant des démonstrations sur un mannequin de sa fabrication.



Chirurgie de l'accouchement. Planche de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert.



Un aspect de la politique des États de Languedoc
Les États de Languedoc, les plus novateurs du royaume, annoncent à la session de 1781-82 : « Mgr l'archevêque de Narbonne*, président, a dit qu'il a reçu une lettre du ministre qui paraît désirer que les États s'occupent d'établir des cours d'accouchement pour l'instruction des sages-femmes de la campagne ; qu'il croit que l'assemblée pourrait inviter les administrateurs particuliers des diocèses à prendre les arrangements qui leur paraîtront les plus convenables pour remplir les vues bienfaisantes du gouvernement et qu'ils rendront compte aux États des mesures qu'ils auront prises à cet égard».

Depuis 1761 Toulouse possède une école royale de chirurgie dont l'une des cinq chaires est consacrée aux cours d'accouchement.

Dès 1780, l'évêque de Castres a institué un cours gratuit d'accouchement où enseigne le célèbre J.-F. Icart, maître chirurgien dont la réputation s'étend jusqu'au Lauragais. Pour faire pression sur les États, Icart leur envoie, à la session de 1783, une brochure signée «Fœtus» et intitulée « Requête en plainte présentée à Nosseigneurs des États du Languedoc, par les enfans à naître contre les prétendues sages-femmes ».



Les 23 diocèses de la province relaient la politique des États
Toulouse et le diocèse de Castres font figure de précurseurs. Les cours de Toulouse sont assurés successivement par les professeurs Fronton, Vaissières, Bacquier. On y utilise «une machine que l'Académie de chirurgie de Paris a approuvée » qui est remplacée en 1785 par le «fantôme d'obstétrique », le mannequin imaginé par Mme du Coudray pour ses démonstrations, bien qu'elle n'ait jamais été invitée à Toulouse.

Castelnaudary a envoyé des élèves dans les deux villes. Au terme de la formation, des prix ont été attribués par Toulouse et Castres : «De six élèves envoyées aux cours d'accouchement de Toulouse et de Castres, la veuve Bonnet, une d'elles habitante de Castelnaudarry, a reçu à Toulouse le troisième prix de vingt-quatre livres, auquel la nommée Caldairou, femme du sieur Flocard de la même ville, et la femme du sieur Frédéric, du lieu de Bram, avoient le même droit ; mais que le sort décida en faveur de ladite veuve Bonnet : que lesdites veuve Bonnet, Caldairou et la femme de Frédéric, ensemble la nommée Fendeille, ayant été envoyées au cours de Castres, ladite Caldairou a été jugée digne du premier prix, la Frédérique du deuxième et la veuve Bonnet du troisième».

Le diocèse de Saint-Papoul n'a pas participé aux récompenses ; le syndic qui préside la session de 1785 de l'assiette du diocèse, a des scrupules : «Le diocèse de Saint-Papoul n'ayant pas pourvu à ces prix comme l'ont fait les autres diocèses, l'assemblée trouvera sans doute à propos d'en accorder à ces femmes en forme de gratification, pour exciter leur émulation, sur les fonds des dépenses imprévues». Elles ont reçu respectivement 48, 36 et 24 livres et on conclut sur le sujet en annonçant l'envoi, en formation, de quatre autres élèves l'année suivante.

*L'archevêque de Narbonne était « président-né » des États de Languedoc c'est-à-dire que la chaire de Narbonne s'accompagnait de la présidence des États.

M.-R. Viala

http://www.ladepeche.fr/article/2017/05/21/2578701-entrer-dans-la-vie-au-xviiie-siecle.html

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