Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 20 juillet 1774: Turgot devient secrétaire d'État à la Marine

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yann sinclair

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MessageSujet: 20 juillet 1774: Turgot devient secrétaire d'État à la Marine   Jeu 1 Juin - 14:37


Turgot devient secrétaire d'État à la Marine
Anne Robert Jacques Turgot, baron de l'Aulnenote, souvent appelé Turgot, né le 10 mai 1727 à Paris, où il est mort le 18 mars 1781, est un homme politique et économiste français. Partisan des théories libérales de Quesnay et de Gournay, il est nommé Secrétaire d’État à la Marine, puis contrôleur général des finances du roi Louis XVI. Néanmoins, ses mesures pour tenter de réduire la dette nationale et d'améliorer la vie du peuple échouèrent ou furent révoquées par son successeur, le baron Jean Clugny de Nuits.

Ministre
Statue de Turgot (Hôtel de Ville de Paris)

Turgot est nommé ministre sur proposition de Maurepas, le mentor du Roi, auquel il a été chaudement recommandé par l’abbé de Véry, un ami commun. Sa nomination comme ministre de la Marine en juillet 1774 est bien accueillie, notamment par les philosophes.

Un mois plus tard, il est nommé contrôleur général des finances. Son premier acte est de soumettre au roi une déclaration de principe : pas de banqueroute, pas d’augmentation de la taxation, pas d’emprunt. La politique de Turgot, face à une situation financière désespérée, est de contraindre à de strictes économies dans tous les ministères. Toutes les dépenses doivent désormais être soumises pour approbation au contrôleur. Un certain nombre de sinécures sont supprimées, et leurs titulaires sont dédommagés. Les abus des « acquis au comptant5 » sont combattus, cependant que Turgot fait appel personnellement au roi contre le don généreux d’emplois et de pensions.

Il envisage également une grande réforme de la ferme générale, mais se contente, au début, d’imposer ses conditions lors du renouvellement des baux : employés plus efficaces, suppression des abus des « croupes » (nom donné à une classe de pensions) – réforme que l'abbé Terray avait esquivée, ayant noté combien de personnes bien placées y étaient intéressées. Turgot annule également certains fermages, comme ceux pour la fabrication de la poudre à canon et l’administration des messageries, auparavant confiée à une société dont Antoine Lavoisier est conseiller. Plus tard, il modernise le service de diligences en remplaçant celles-ci par d’autres plus confortables qui sont surnommées « turgotines ». Il prépare un budget ordinaire.

Les mesures de Turgot réussissent à réduire considérablement le déficit, et améliorent tant le crédit national qu’en 1776, juste avant sa chute, il lui est possible de négocier un prêt à 4 % avec des banquiers, mais le déficit est encore si important qu’il l’empêche d’essayer immédiatement la mise en place de son idée favorite, le remplacement des impôts indirects par une taxe sur l’immobilier. Il supprime cependant bon nombre d’octrois et de taxes mineures, et s’oppose à l'entrée en guerre contre l'Angleterre pour le soutien de l'indépendance des colonies américaines, mais sans succès.

Turgot dès sa nomination aux finances s'était mis au travail pour établir le libre-échange dans le domaine des grains (suppression du droit de hallage), mais son décret, signé le 13 septembre 1774, rencontre une forte opposition dans le Conseil même du roi. Le préambule de ce décret, exposant les doctrines sur lesquelles il est fondé, lui gagne l’éloge des philosophes mais aussi les railleries des beaux esprits, aussi Turgot le réécrit-il trois fois pour le rendre « si purifié que n’importe quel juge de village pourrait l’expliquer aux paysans. »

Turgot devient la cible de tous ceux qui ont pris intérêt aux spéculations sur le grain sous le régime de l’abbé Terray, ce qui inclut des princes de sang. De plus, le commerce des blés a été un sujet favori des salons et le spirituel Galiani, l’adversaire des physiocrates, a de nombreux partisans. L’opposition de l’époque est le fait de Linguet et Necker, qui en 1775 a publié son Essai sur la législation et le commerce des grains.

Pourtant, le pire ennemi de Turgot s’avère être la médiocre moisson de 1774, qui mène à la hausse du prix du pain pendant l’hiver 1774 et le printemps 1775. En avril, les perturbations surgissent à Dijon, et, au début de mai, ont lieu les grandes émeutes frumentaires connues comme la « guerre des farines », qui peut être considérée comme le signe avant-coureur de la Révolution française. Turgot fait preuve d’une grande fermeté et d’un grand esprit de décision dans la répression des émeutes, et bénéficie du soutien de Louis XVI. Sa position est affermie par l’entrée de Malesherbes parmi les ministres en juillet 1775.

Pour ce qui est de ses relations avec Adam Smith, Turgot écrit : « Je me suis flatté, même de son amitié et estime, je n’avais jamais celui de sa correspondance », mais il n’y a aucun doute qu'Adam Smith a rencontré Turgot à Paris, et il est généralement admis que Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations doit beaucoup à Turgot.

Enfin, Turgot présente au Conseil du roi en janvier 1776 les fameux Six Décrets de Turgot. Sur les six, quatre sont d’importance secondaire. Les deux qui ont rencontré une opposition violente sont le décret supprimant la corvée royale et la suppression des jurandes et maîtrises (corporations).

Dans le préambule, Turgot annonce courageusement son objectif d’abolir les privilèges et de soumettre les trois ordres à taxation — le clergé en a ensuite été exempté, notamment à la demande de Maurepas. Dans le préambule au décret sur les jurandes, il fixe comme principe le droit de chaque homme pour travailler, sans restriction.

Un mois de tractations infructueuses s’écoule au cours duquel le roi lui-même est contraint de subir les remontrances du Parlement, ce qui fait dire à Louis XVI : « Il n’y a que M. Turgot et moi qui aimions le peuple. »

Il obtient finalement l’enregistrement des décrets par le lit de justice du 12 mars, mais, à ce moment-là, presque tout le monde est contre lui. Ses attaques contre les privilèges lui ont gagné la haine de la noblesse et du Parlement ; sa réforme de la Maison du roi, celle de la Cour; sa législation de libre-échange, celle « des financiers » ; ses avis sur la tolérance et sa campagne contre les serments du sacre vis-à-vis des protestants, celle du clergé ; enfin, son décret sur les jurandes, celle de la bourgeoisie riche de Paris et d’autres, comme le Prince de Conti, dont les intérêts sont engagés.

La reine Marie-Antoinette ne l’aime guère depuis qu’il s’est opposé à l’octroi de faveurs à ses favoris, comme la duchesse de Polignac.

Tout pouvait encore aller bien si Turgot conservait la confiance du roi, mais le roi ne manque pas de voir que Turgot n’a pas l’appui des autres ministres. Même son ami Malesherbes pense qu’il est trop impétueux. L’impopularité de Maurepas va également croissante. Que ce soit par jalousie de l’ascendant que Turgot a acquis sur le roi, ou par l’incompatibilité naturelle de leurs personnages, Maurepas bascule contre Turgot et se réconcilie avec la reine. C’est vers cette époque qu’apparaît une brochure, Songe de M. Maurepas, généralement attribué au comte de Provence (futur Louis XVIII), contenant une caricature acide de Turgot.

Avec les physiocrates, Turgot croit en l’aspect éclairé de l’absolutisme politique et compte sur le roi pour mener à bien toutes les réformes. Quant aux Parlements, il s’est opposé à toute intervention de leur part dans la législation, considérant qu’ils n’avaient aucune compétence hors la sphère de la justice. Il reconnaît le danger des vieux Parlements, mais se révèle incapable de s’y opposer efficacement depuis qu’il a été associé au renvoi du chancelier Maupeou et de l’abbé Terray et semble avoir sous-estimé leur pouvoir. Il s’oppose à la convocation des États généraux préconisée par Malesherbes le 6 mai 1775, probablement en raison de l’important pouvoir qu’y ont les deux ordres privilégiés. Son plan personnel se trouve dans son Mémoire sur les municipalités qui a été soumis d’une façon informelle au roi. Dans le système proposé par Turgot, les propriétaires seuls doivent former l’électorat, aucune distinction n'étant faite entre les trois ordres. Les habitants des villes doivent élire des représentants par zone municipale, qui à leur tour élisent les municipalités provinciales, et ces dernières une grande municipalité, qui n’a aucun pouvoir législatif, mais doit être consultée pour l’établissement des taxes. Il faut y combiner un système complet d’éducation, et de charité visant à soulager les pauvres.

Louis XVI recule devant l’ampleur du plan de Turgot. Il reste à Turgot à choisir entre une réforme superficielle du système existant et une réforme totale des privilèges — mais il aurait fallu pour cela un ministre populaire et un roi fort.

Avec l'aide de son conseiller, le banquier suisse Isaac Panchaud, il prépare à la fin de son mandat la création de la Caisse d'Escompte, ancêtre de la banque de France, qui a pour mission de permettre une baisse des taux d'intérêt des emprunts commerciaux, puis publics.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Robert_Jacques_Turgot

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madame antoine

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MessageSujet: Re: 20 juillet 1774: Turgot devient secrétaire d'État à la Marine   Ven 2 Juin - 12:23

Merci pour ce très intéressant rappel. On oublie trop souvent que Mr Turgot a commencé à la Marine. A toutes fins utiles, nous signalerons l'existence de ce sujet dévolu à ce Ministre.
http://maria-antonia.justgoo.com/t2890-anne-robert-jacques-turgot-controleur-general-des-finances-du-roi-louis-xvi

Bien à vous

madame antoine

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