Le Boudoir de Marie-Antoinette

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  12 Juillet 1785: L’affaire du collier est une escroquerie qui eut pour victime, en 1785, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, et qui éclaboussa la réputation de la reine Marie-Antoinette.

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yann sinclair

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MessageSujet: 12 Juillet 1785: L’affaire du collier est une escroquerie qui eut pour victime, en 1785, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, et qui éclaboussa la réputation de la reine Marie-Antoinette.   Ven 2 Juin - 10:38


Le contexte
En 1772, Louis XV souhaita faire un cadeau à Madame du Barry.
Il demanda aux joailliers parisiens Bœhmer et Bassange de créer un collier de diamants inégalable.
Cela prit aux bijoutiers un temps certain, du fait de la qualité des pierres à collecter; Louis XV mourut entre-temps.

Le collier se composait de nombreux gros diamants disposés selon un dessin élaboré: des festons (guirlandes), des pendentifs et des panicules font partie de la composition.
Les bijoutiers, n'ayant plus de commanditaire, espéraient le vendre à Marie-Antoinette.

En 1778 le nouveau roi, Louis XVI, souhaita lui offrir le collier, mais elle le refusa.
Selon madame Campan, la Reine aurait déclaré que l'argent serait mieux dépensé pour l'équipement d'un navire de guerre.
Certains prétendent que Marie-Antoinette aurait refusé le collier parce qu'elle n'avait pas envie de porter un bijou qui avait été conçu pour Madame du Barry dont elle se considérait l'ennemie.
Selon d'autres, Louis XVI aurait changé d'avis.
Après avoir vainement essayé de placer le collier en dehors de la France, les bijoutiers tentèrent encore une fois de le vendre à Marie-Antoinette après la naissance du dauphin Louis-Joseph en 1781.
La Reine refusa à nouveau.

Les protagonistes


L’instigatrice de cette affaire fut Jeanne de Valois-Saint-Rémy, qui descendait par son père du roi de France Henri II et de sa maîtresse Nicole de Savigny. En tant que descendante des Valois, fait attesté officiellement par Cherin, généalogiste du Roi, elle touchait d’ailleurs une pension de Louis XVI.
Son enfance cependant avait été des plus misérables. Depuis Henri II, la lignée était descendue au plus bas selon les mémoires du comte Beugnot. Son père avait épousé une paysanne, qu’il laissa bientôt veuve. Jeanne était envoyée mendier sur les chemins par sa mère, en demandant « la charité pour une pauvre orpheline du sang des Valois ». Une dame charitable, la marquise de Boulainvilliers, étonnée par cette histoire, prit des renseignements, et vérifications faites, entreprit les démarches pour lui obtenir une pension du roi, et lui fit donner une bonne éducation dans un couvent situé près de Montgeron.

En 1780, Jeanne épouse à Bar-sur-Aube, un jeune officier, Nicolas de La Motte. Le ménage, peu après, usurpe le titre de comte et comtesse de La Motte. Jeanne ne se fait plus désormais appeler que comtesse de La Motte-Valois. À cette date, elle fait un voyage à Saverne, pour rejoindre Mme de Boulainvilliers qui lui présente son ami le cardinal Louis de Rohan-Guéméné, à qui elle fait appel financièrement pour sortir de la misère avec laquelle elle continue de se débattre plus ou moins, puis devient sa maîtresse. C’est là aussi qu’elle rencontre le mage Joseph Balsamo, qui se fait appeler comte de Cagliostro. Celui-ci gravite aussi autour du cardinal de Rohan, en lui soutirant de l’argent en échange de prétendus miracles.

Mme de La Motte tente de se mêler à la Cour. Elle parvient à convaincre le cardinal qu’elle a rencontré la reine Marie-Antoinette dont elle dit être devenue l’amie intime. L’amant de Mme de La Motte, Louis Marc Antoine Rétaux de Villette (un ami de son mari), possédant un talent de faussaire, imite parfaitement l’écriture de la reine. Il réalise pour sa maîtresse de fausses lettres signées « Marie-Antoinette de France » (alors que la reine ne signait que Marie-Antoinette, les reines de France ne signant que de leur prénom, et Marie-Antoinette n’étant pas de France mais de Lorraine ou d’Autriche).
La comtesse commence ainsi d'entretenir une fausse correspondance, dont elle est la messagère, entre la reine et le cardinal.

La reine et le cardinal ont un vieux contentieux: en 1773 le cardinal, qui était alors ambassadeur de France à Vienne, s’était aperçu que l’impératrice Marie-Thérèse, la mère de Marie-Antoinette, jouait un double jeu et préparait en sous-main le démantèlement de la Pologne, de concert avec la Prusse et la Russie.
Il avait écrit une lettre à Louis XV pour l’en avertir, lettre qui avait été détournée par le duc d’Aiguillon, ministre des Affaires Étrangères, qui l’avait remise à la comtesse du Barry, favorite de Louis XV, détestée par Marie-Antoinette.
La comtesse l’avait lue publiquement dans un dîner, et le ton de cette lettre était ironique et très irrespectueux envers l’Impératrice, et prêtait à Marie-Antoinette un caractère volage.

D'autre part, la vie dissolue du cardinal à Vienne, ses dépenses effrénées, ses maîtresses affichées, ses parties de chasse fastueuses en tenue laïque, avaient scandalisé Marie-Thérèse.
L'impératrice avait demandé à Versailles le rappel de cet ambassadeur et l’avait obtenu.

Depuis ces épisodes, la reine, fidèle à la mémoire de sa mère, était plus qu’en froid avec le cardinal.
Ce dernier se désespérait de cette hostilité.
La comtesse de La Motte fit espérer au cardinal un retour en grâce auprès de la souveraine. Ayant de gros besoins d’argent, elle commença par lui soutirer au nom de la reine 60 000 livres (en deux versements), qu’il lui accorda tandis que la comtesse lui fournissait des fausses lettres reconnaissantes de la reine, annonçant la réconciliation espérée, tout en repoussant indéfiniment les rendez-vous successifs demandés par le cardinal pour s’en assurer.

Le comte de la Motte avait découvert par l'entremise de Cagliostro qu’une prostituée, Nicole Leguay que la Motte fait appeler Mlle d'Essigny ou baronne d’Oliva pour l'introduire dans son salon), opérant au Palais-Royal, s'était forgé une réputation due à sa ressemblance avec Marie-Antoinette.
Mme de La Motte la reçoit et la convainc de bien vouloir, contre une somme de 15 000 livres, jouer le rôle de la reine recevant en catimini un ami, dans le but de jouer un tour.

La nuit du 11 août 1784, le cardinal se voit confirmer un rendez-vous au Bosquet de Vénus dans le jardin de Versailles à onze heures du soir. Là, Nicole Leguay « l’obligeante hétaïre », déguisée en Marie-Antoinette dans une robe de mousseline à pois (copiée d'après un tableau d'Élisabeth Vigée Le Brun), le visage enveloppé d’une gaze légère noire, l’accueille avec une rose et lui murmure un « Vous savez ce que cela signifie. Vous pouvez compter que le passé sera oublié ».
Avant que le cardinal ne puisse poursuivre la conversation, Mme de La Motte apparaît avec Rétaux de Villette en livrée de la reine avertissant que les comtesses de Provence et d’Artois, belles-sœurs de la reine, sont en train d’approcher.
Ce contretemps, inventé par Mme de La Motte, abrège l’entretien.

Le lendemain, le cardinal reçoit une lettre de la « reine », regrettant la brièveté de la rencontre.
Le cardinal est définitivement conquis, sa reconnaissance et sa confiance aveugle en la comtesse de La Motte deviennent plus que jamais inébranlables.

Jouant sur la réputation de passion de la reine pour les bijoux, Mme de La Motte va entreprendre le coup de sa vie, en escroquant cette fois le cardinal pour la somme de 1,6 million de livres (qui équivaut pour l'époque à trois châteaux entourés chacun de 500 ha de terres).

L'origine et l'objet:



Les joailliers parisiens Paul Bassange et Charles Auguste Bœhmer

Le 12 juillet 1785, le bijoutier Böhmer vient à Versailles présenter à la Reine quelques bijoux, et lui remettre une lettre de son associé Bassenge dans laquelle il est question d'une parure de diamants d'une valeur de 1 600 000 livres ...
( soit 7 millions d'euros actuels !) que déjà précédemment le Roi et la Reine avaient refusé d'acheter.
Dans cette lettre, jugée si peu claire et inutile par Marie-Antoinette, qu'elle la brulât, il était question "d'arrangements "...

Un mois plus tard, Böhmer surpris de ne pas avoir de réponse, révèle à Madame Campan, femme de chambre de la Reine, que cette dernière aurait acheté le collier par l'intermédiaire du cardinal de Rohan.
Madame Campan, connaissant l'aversion de la Reine pour Rohan, avertit celle-ci qui tombe des nues et convoque le joaillier qui, de bonne foi, lui explique la transaction qu'il croit faite avec l'aval de la Reine.


Juillet 1785 arrive.

La première échéance approchant, Jeanne de La Motte veut encore gagner du temps.
Elle annonce au cardinal que la reine a des difficultés pour le rembourser mais souhaite évidemment s’acquitter de sa dette.
« Elle » demande qu’on lui trouve des prêteurs dignes de confiance.
Toujours aussi incroyablement naïf, de Rohan ne s’inquiète de rien.
Et tout aurait pu tranquillement continuer ainsi pour nos escrocs.

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MessageSujet: Re: 12 Juillet 1785: L’affaire du collier est une escroquerie qui eut pour victime, en 1785, le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg, et qui éclaboussa la réputation de la reine Marie-Antoinette.   Mar 27 Juin - 6:38

the cardinal sent to the bastille



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