Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 09 juin 1795

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yann sinclair

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MessageSujet: 09 juin 1795   Jeu 8 Juin - 12:25

Le 21 prairial An III

Le matin à 8 heures

Quatre membres du Comité de sûreté générale sont venus aussi à la Tour pour vérifier le décès du Prince

introduits dans la chambre funèbre par Lasne et Damont, ils ont affecté la plus grande indifférence:

"L'évènement (ont-ils répété plusieurs fois) n'a aucune importance

le commissaire de police de la section viendra recevoir la déclaration du décès

il le constatera et procèdera à l'inhumation sans aucune cérémonie

Le Comité va donner des ordres en conséquence

* * * * *

ACTE MORTUAIRE DE LOUIS XVII


PRÉFECTURE DU DÉPARTEMENT DE LA SEINE


ÉTAT-CIVIL


Ville de Paris , Municipalité de Paris.


Extrait du Registre des actes de décès de l'an 3.


Du 24 prairial de l'an 3 de la République (12 juin 1795 )


Comme ils se retiraient, quelques officiers de la garde du Temple demandèrent à être admis à voir les restes du petit Capet

Damont ayant fait observer que le poste ne laisserait point sortir la bière sans en exiger l'ouverture, les députés décidèrent qu' à midi les officiers et sous-officiers de la garde descendante et de la garde montante seraient tous invités à venir constater la mort de l'enfant

Le citoyen Darlot (demeurant rue Michel Peltier N°235, section du Temple), commissaire vivil qui devait relever le citoyen Damont, arriva bientôt pour prendre son service: il fut suivi des sieurs Bigot et Bouquet, ses collègues qui ne devaient remplir leur rôle de commissaires que les jours suivants et qui avaient été convoqués extraordinairement pour celui-ci; mais leur camarade Damont, maintenu de service à la Tour par ordre du 20 prairial (8 juin), ne s'est pas retiré à leur arrivée: il est resté présent à la visite qu'il avait provoquée et tous les officiers et sous-officiers du poste ayant été réunis dans la chambre où le corps était exposé, il leur a demandé s'ils reconnaissaient ce corps pour être celui de l'ex-Dauphin, fils du dernier Roi des Français

Tous ceux qui avaient vu le jeune Prince aux Tuileries ou au Temple et c'était le plus grand nombre, ont attesté que c'était bien le corps du filsd e Louis XVI

Descendu dans la chambre du Conseil, Darlot y a rédigé le procès-verbal de cette attestation, qui fut signé d'une vingtaine de personnes

parmi elles figurent les citoyens:

Bourgeois, commandant, de la section de la Fidélité, Lucas, adjudant, idem, Ratreaux, capitaine, idem, Séguin, lieutenant, des Droits de l'Homme, Normand, sous-lieutenant, de l'Homme armé, Vuillaume, sergent, des Arcis, Damont, Darlot, commissaires civils, Bigot, idem, des Droits de l'Homme, Bouquet, idem, de la Fidélité

Ce procès verbal fut inséré dans le journal-registre de la Tour du Temple, qui plsu tard fut déposé au ministère de l'intérieur


Pendant cette visite sont arrivés à la porte extérieure du Temple les chirurgiens chargés de faire l'autopsie; c'étaient Dumangin, médecin en chef de l'hospice de l'Unité, Pelletan, chirurgin en chef du grand hospice de l'Humanité, Jeanroiy, professeur aux écoles de médecine de Paris et Lassus, professeur de médecine légale à l'Ecole de santé de Paris

Ces deux derniers avaient été choisis par Dumangin et Pelletan, à cause des rapports qu'avaient eus M. Lassus avec Mesdames de France et M. Jeanroy avec la maison de Lorraine, ce qui donnait une autorité toute particulière à leur signature

Gomin les a reçus dans la chambre du conseil et les y a retenus jusqu'à ce que la garde nationale en descendant du deuxième étage y soit venue signer le procès-verbal de Darlot; cela fait, Lasne, Darlot et Bouquet sont remontés immédiatement avec les chirurgiens et les ont ontroduits dans l'appartement de Louis XVII qu'ils ont d'abord examiné sur son lit mortuaire; mais M. Jeanroy ayant fait observer que le demi-jour de cette chambre était peu favorable à l'accomplissement de leur mission, les commisssaires ont dressé dans la première chambre, près de la fenêtre uen table sur aquelle le cadavre ayant été apporté, les chirurgiens ont commencé la triste opaération pour laquelle ils étaient réunis

Pendant que ces choses se passaient au Temple,

Achille-Joseph Sevestre député d'Ille et Vilaine qui avait voté la mort de Louis XVI et qui (le 13 avril 1794) avait dit en parlant du Dauphin, cet enfant ne sera jamais majeur, faisait au nom du Comité de sûreté générale le rapport suivant à la Convention:

Il monte à la tribune de la Convention Nationale, annonce avec soulagement la mort officielle la veille à 14 heures 15 de Louis XVII à la prison du Temple.

"Citoyens, depuis quelque temps le fils de Capet était incommodé par une enflure au genou droit et au poignet gauche, le 15 floréal, les douleurs augmentèrent, le malade perdit l'appétit et la fièvre survint. Le fameux Desault, officier de santé fut nommé pour le voir et pour le traiter, ses talents et sa probité nous répondaient que rien ne manquerait aux soins qui sont dus à l'humanité. cependant la maladie prenait des caractères très graves

Le 16 de cemois, Desault mourut, le Comité nomma pour le remplacer le citoyen Pelletan, officier de santé très connu et le citoyen Dumangin, premier médecin de l'Hospice de santé qui lui fut adjoint

leur bulletin d'hier à 11 heures du matin annonçait des symptômes inquiétants pour la vie du malade et à deux heures un quart après-midi nous avons reçu la nouvelle de la mort de fils de Capet

Le Comité de sûreté générale m'a chargé de vous en informer

Tout est constaté

Voici les procès verbaux qui demeurent déposés dans vos archives

La Convention nationale écouta cette déclaration avec les apparences de l'indifférence

il entrait dans sa politique de ne point sonner avec fracas la dernière heure du Prince, bien qu'elle fût le résultat désiré d'un plan longtemps suivi

Revenons à la Tour

L'autopsie est terminée, les hommes de l'art s'étaient retirés

il étaient près de 5 heures

la nouvelle de la mort annoncée à la Convention s'était déjà répandue dans paris

Quelques groupes se formaient aux abords du Temple, aux portes des maisons du quartier

on s'entretenait de cet évènement, quelques fanatiques avec joie, mais la masse du peuple avec pitié, avec attendrisseemnt, se rappelalnt la beauté, la gentillesse et le coeur généreux du jeune Prince

une pauvre femme surtout apparut dans la rue Saint-Martin, pâle, échevelée, tenant à la main quelques débris de fleurs fanées et marchant à grands pas en poussant des gémissements

Escortée bientôt de quelques enfants qui la prenaient pour une femme ivre, elle arriva par la rue Phélippeaux à la porte du Temple, d'où la sentinelle la repoussa

Ses cris et se sanglots attirèrent le portier Darques et un gendarme d'ordonnance qui demandèrent à cette infortunée ce qu'elle voulait:

"Je veux le revoir, disait-elle, je veux le revoir le cher enfant qui m'a fait asseoir dans son petit jardin des Tuileries"

Et comme Darques lui disait que personne ne pouvait entrer

"On peut toujours arriver jusqu'aux morts, s'écriait-elle en sanglotant. Je veux placer dans son cercueil les fleurs qu'il m'a données !"

Entraînée par quelques personnes compatissantes, la pauvre femme disparut

hors de la Tour du Temple tout le monde apprit l'évènement

une seule personne ne le sut pas et c'était dans l'intérieur de la Tour

il était réservé à Madame Royale d'apprendre en même temps la mort de sa mère, de sa tante et de son frère !

Celui-ci gisait inaminé à deus pas d'elle, dans la chambre même au-dessous de la sienne et sa soeur l'ignorait

A 8 heures du soir, Gomin qui depuis la veille au matin n'avait point vu la princesse, entra chez elle avec Darlot et avec Caron portant le souper

Madame, comme toujours, était assise sur le canapé &adosé à sa fenêtre

Elle écrivait, elle avait un livre ouvert sous les yeux. Ce livre, c'était un volume du Théâtre de Voltaire et ce qu'elle copiait, c'était le tragédie Zaïre

Madame n'adressa point la parole aux commissaires, dont la tenue en apparence froide et réservée ne trahissait aucune émotion

pour plus de sûreté, le bon Gomin, ce jour-là, avait évité de rencontrer ses regards


L'annonce de la mort de Louis XVII survient pendant les répressions de l'armée contre les émeutiers affamés de prairial, au moment où les derniers thermidoriens sont pourchassés et les journaux révolutionnaires sont muselés et interdits.


Pourtant de nombreux articles de presse décrivent la lente agonie et l'empoisonnement du prisonnier, certaines villes royalistes comme Rouen et Dreux publient des pétitions pour connaitre la vérité.


La mort de Louis XVII débloque le processus des 3 traités de paix à Bale et dégage la Convention Nationale des dispositions de restitution des enfants de la prison du Temple.


Carlos IV et Louisa-Maria son épouse intransigeants sur le préambule de la restitution des enfants avant de signer la paix peuvent maintenant signer la paix.

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