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 14 juillet 1789: Jacques de Flécelles

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yann sinclair

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MessageSujet: 14 juillet 1789: Jacques de Flécelles   Jeu 13 Juil - 14:05



Jacques de Flécelles

comte de Brégy

seigneur de Champgueffier en Brie et de La Chapelle-Iger
Conseiller d'Etat (1784)

Maître des requêtes au Conseil d'Etat

Prévôt des marchands de Paris
(Jacques de Flesselles)


Intendant de Moulins,


Intendant de Lyon (1768-1784)

Intendant de Bretagne (1765-1767) à Rennes



Né le 11 novembre 1730
Assassiné le 14 juillet 1789 à Paris à l'âge de 58 ans

Victime de la Révolution française

Parents

Jacques de Flécelles
Elisabeth Robinet 1709-1736/



Marié en janvier 1759 avec Marie Geneviève Rose Ursule Pajot



Jacques de Flesselles, comte de Brégy, seigneur de Champgueffier en Brie et de La Chapelle-Iger, né à Paris le 11 novembre 1730 d'une famille de robe picarde[1] et abattu à Paris le 14 juillet 1789, est un administrateur français.

Avec le marquis de Launay, il fut, parmi les personnalités, l'une des toutes premières victimes de la Révolution française.

Biographie

Jacques de Flesselles était le neveu de Bossuet, évêque de Troyes. Il fut conseiller au parlement de Paris en 1752 (25 janvier), puis maître des requetes en 1755 (30 janvier) et président au grand-conseil en 1761 (16 juin), intendant de Moulins en 1762 (3 septembre), à Rennes en 1765 (31 mai)[2], puis à Lyon le 11 novembre 1767, et enfin conseiller d’État en 1784 avant de devenir le dernier prévôt des marchands de Paris en 1789. Il poursuivit avec le duc d'Aiguillon et le comte de Saint Florentin La Chalotais et en fut récompensé par sa nomination à l'intendance de Lyon[1].

Intendant de Lyon (1768-1784)

Nommé intendant de Lyon, il est aimé pour sa douceur, sa bienséance et son zèle pour les intérêts de cette grande cité. Hostile aux structures administratives périmées (consulat lyonnais, « élus » chargés de la répartition de la taille), il empiète sur leurs responsabilités pour améliorer la répartition de l'impôt, notamment la corvée. Il favorise la liberté du commerce, l'installation de manufactures, l'amélioration de l'agriculture et contribue au développement de l'école de vétérinaire de Lyon.

Il donne de fastueuses réceptions à l'hôtel de l'intendance pour conquérir la haute société lyonnaise, non sans recevoir pour ses dépenses de sévères reproches du contrôleur général des finances. Il encourage les travaux de l'Académie de Lyon, dont il devient directeur en 1771 : il y fonde plusieurs prix, dont un pour le perfectionnement de la teinture des soies en noir. Il s'intéresse aussi aux découvertes techniques : en 1783 et 1784 ont lieu à Lyon les essais du bateau à vapeur ou « pyroscaphe » de Jouffroy d'Abbans et du ballon des frères Montgolfier. Alors que la montgolfière baptisée Le Flesselles s'élève dans les airs, on apprend sa nomination à Paris[3].

Prévôt des marchands de Paris et fin tragique (21 avril-14 juillet 1789)

Le 21 avril 1789, il est appelé à succéder à Louis le Peletier comme prévôt des marchands de Paris, fonction équivalente à celle de maire de nos jours.
Le 27 mai, les électeurs des trois ordres de la ville demandent à siéger à l'hôtel de ville et à participer à la gestion de la cité, ce que Jacques de Flesselles refuse comme illégal, soutenu par le ministère de Jacques Necker. Le 25 juin, cette demande est renouvelée et, sous la pression publique, Jacques de Flesselles autorise douze de ces électeurs à se joindre à la municipalité en place. La première session de cette « assemblée générale » se tient le 13 juillet. Jacques de Flesselles en est élu président. Sous la pression de la foule, il doit accepter la création d’une garde bourgeoise et annonce que 12 000 fusils vont arriver de Charleville pour équiper la troupe. Mais celle-ci n'arrive pas et il est accusé d'avoir caché au peuple l'existence de cinq milliers de livres de poudre découverts sur un bateau au port Saint-Nicolas, d'être l'auteur de toutes les fausses espérances qui portent au comble l'irritation des esprits.

Le 14 juillet, alors que commence la prise de la Bastille, le comité insurrectionnel installé au Palais-Royal envoie un délégué demander des armes à l'hôtel de ville. N’ayant pas trouvé d'armes mais un billet compromettant envoyé par le prévot au gouverneur de cette forteresse — « J'amuse les Parisiens avec des cocardes et des promesses; tenez bon jusqu'au soir et vous aurez du renfort » —, le comité insurrectionnel accuse Jacques de Flesselles de connivence avec la cour et il est invité à venir se justifier. On lit en sa présence le billet au comité des électeurs. Un des membres du comité lui dit: « Sortez, M. de Flesselles, vous êtes un traître, vous avez trahi la patrie ; la patrie vous abandonne. »

Les membres décident de le conduire au Palais-Royal pour qu'il y soit jugé. Jacques de Flesselles sort sans chercher à se défendre, entouré par la foule, qui ne lui fait néanmoins pas de violence ; il traverse la place de Grève, lorsqu'au coin du quai, un jeune homme s'approche en disant: « Traitre, tu n'iras pas plus loin » et le tue d'un coup de pistolet. On le décapite et sa tête, placée au bout d’une pique, est promenée dans les rues.

Notes et références

.↑ a et b Annuaire de la noblesse de France et des Maison souveraines d'Europe [archive], 1909 disponible sur Gallica
.↑ Gazette de France [archive] disponible sur Google Livres
.↑ Article de Marc du Pouget, conservateur aux Archives du Rhône
.↑ Philippe Le Bas, Dictionnaire encyclopédique, 1842, t. 8, Firmin Didot frères, Gallica


Armes

Il porte d’azur au lion d’argent au chef d’or chargé de trois tourteaux de gueules.

Membre de l’Académie de Lyon

Donation mutuelle au dernier survivant avec sa femme, le 3 janvier 1764 (AD 03, B 779).



Gravure de 1789 dépeignant des soldats ou des miliciens portant les têtes de Jacques de Flesselles et du marquis de Launay sur des piques.



Plaque apposée au n° 52 de la rue de Sévigné, Paris 3e.
Sur cet emplacement s'élevait l'hôtel dans lequel demeura Jacques de Flesselles,
dernier prévôt des marchands de Paris, mis à mort devant l'hôtel de ville le 14 juillet 1789.

Le 52 rue de Sévigné, dont les rinceaux, les urnes, les mascarons et les amours sont du crayon de l'architecte de Lisle, membre de l'Académie, appartenait avant 1768 à M. de Flesselles, du chef de sa femme, Rose-Ursule Frajot, qui le vendit à cette époque à Anne Labbé, veuve en premières noces de M. Santeuil, femme ensuite de M. Dupuis de Gerville.

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