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 15 JUILLET 1792: Jacques Chabrol

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yann sinclair

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MessageSujet: 15 JUILLET 1792: Jacques Chabrol    Ven 14 Juil - 15:26


LE MARTYRE DE M. JACQUES CHABROL

PRÊTRE A LIMOGES

LE 15 JUILLET 1792


Jacques Chabrol, né à Limoges, était simple prêtre habitué de la paroisse Saint-Michel-des-Lions.

On trouve à son sujet dans le Calendrier de la ville de Limoges et du département de la Haute-Vienne de 1791 l'avis suivant :

« M. l'abbé Chabrol, pensionné du gouvernement, à cause du talent particulier de réduire parfaitement toutes sortes de fractures, dislocations, foulures de nerfs, etc., possède encore des connaissances sur toutes sortes de maladies. C'est à la sollicitation de plusieurs de ses amis et d'un grand nombre de malades qu'il a guéris de différents genres de maladies, par le secours d'un élixir balsamique, fébrifuge, purgatif et vermifuge qu'il s'est cru obligé de l'annoncer dans ce Calendrier, comme un remède spécifique à plusieurs maux ; il a en lui la recette.

« Il compose aussi l'élixir de longue vie, connu de tout le

monde.

« Il compose seul un onguent qui détruit radicalement les cors des pieds sans la moindre douleur.

« Il compose aussi le véritable onguent du Becq, qui, est très salutaire pour toutes sortes de plaies, tant nouvelles que vieux ulcères.

« Il fait une opiate de quinquina, propre à fortifier les gencives, à blanchir les dents et à ôter la mauvaise odeur de la bouche.

« Il donnera par écrit, à ceux qui voudront se servir des remèdes susdits, la manière de les administrer, dans quel cas et à quelles maladies, la dose qui convient à tel âge, à tel tempérament, etc.

« Sa demeure est rue des Combes, à Limoges. »

Cet inoffensif et bienfaisant rebouteur était taillé en Hercule, ce qui a donné lieu à la légende d'un combat formidable dans lequel ce prêtre abattait une douzaine de grenadiers avant d'être accablé et assassiné. Ce Roland furieux est de l'invention de MM. Barruel et Cordier; la vérité est beaucoup moins héroïque.

Le 14 juillet, on signale de nombreux attroupements et une grande fermentation dans la ville de Limoges. Une autre victime désignée, M. Bullot, premier vicaire de Saint-Pierre, a laissé un récit des principales circonstances ; en outre, on possède le procès-verbal dressé par la municipalité le soir même de l'assassinat.


Archives de la Haute-Vienne, registre no 279, nouveau classement L. 2 ; Archives de la Haute-Vienne, L. 56, p. 44, 2 août 1792 ; Bullat, Tableau ecclésiastique et religieux de Limoges ; — Barruel, Histoire du clergé pendant la Révolution française, t. I, p. 284; Cordier, Martyrs et bourreaux, t. I, p.207 ; —Fr. Alluand dans Bulletin de la Société des archives du Limousin, t. XXI, p. 202; — A. Leclerc, Martyrs et confesseurs de la foi du diocèse de Limoges pendant la Révolution française, in-8°, Limoges,1882,t. I, p. 150-161.


AncrePROCÈS - VERBAL DE LA MUNICIPALITÉ, SÉANCE DU 15 JUILLET 1792.


AncreL'an IV de la liberté à sept heures et demie du soir.


Le conseil général de la commune, assemblé en surveillance permanente, ayant été prévenu par la rumeur publique qu'il se faisait un rassemblement dans la rue des Combes au devant de la maison du sieur Cousin, juge de paix de la section des Augustins, a sur-le-champ envoyé MM. Roulhac et Grellet, officiers municipaux, munis de leurs écharpes, à l'effet de dissiper le peuple au nom de la loi ; un instant après, M. Grellet est entré et a annoncé que cet attroupement était occasionné par l'arrestation du sieur Chabrol, prêtre, qui avait été conduit dans la maison dudit sieur Cousin, à l'effet d'être interrogé sur les faits qu'on lui imputait, que, tant lui que le sieur Roulhac, avaient fait tous leurs efforts pour calmer le peuple et rétablir l'ordre, mais qu'ils n'avaient pu y parvenir ; que la mesure qui leur paraissait la plus convenable, dans ces circonstances, était de requérir la gendarmerie nationale pour protéger la personne dudit sieur Chabrol, en attendant le rassemblement de la force armée. Cette réquisition ayant été faite sur-le-champ, M. Roulhac est entré excédé de fatigue, annonçant que l'attroupement augmentait sensiblement, que ses forces ne lui ayant pas permis de tenir plus longtemps son poste, il avait été dans la nécessité de l'abandonner. M. Alluand, officier municipal, muni de son écharpe, est sorti avec précipitation et s'est rendu au lieu dudit attroupement, et il a donné réquisition au commandant de la garde nationale de réunir la force armée. Mais comme il était déjà, ainsi que le lieutenant-colonel et les autres officiers, enveloppé dans la foule du peuple qu'il cherchait à apaiser, l'ordre n'a pu l'atteindre sur-le-champ. Il a été remis par une croisée du premier étage de la maison du sieur Cousin, avec recommandation de le faire parvenir à M. le commandant, que l'on croyait dans ladite maison et dans l'appartement où était le sieur Chabrol. M. Alluand, de retour, a dit qu'il était parvenu avec beaucoup de difficultés, à travers la foule, jusqu'à la porte de la maison du sieur Cousin ; que s'étant tourné devers le peuple, il avait cherché à se faire entendre, mais qu'il n'y était pas parvenu ; que le sieur Cousin, d'une croisée de sa maison, cherchait aussi à apaiser les esprits en assurant que le sieur Chabrol était chez lui sous la sauvegarde de la loi ; qu'au surplus il aurait jeté de la même croisée audit sieur Alluand le requis du conseil général, adressé au commandant, qu'il lui assura être dans la foule, qu'alors lui, sieur Alluand, avait cherché le moyen de faire parvenir à ce dernier ce même requis, qu'il ignorait si cette remise avait eu lieu, n'ayant pu se déplacer, mais qu'il avait appris un instant après que mondit sieur le commandant avait été terrassé par le peuple, ainsi que plu-sieurs autres officiers qui l'accompagnaient, que les gardes nationaux du corps de garde de la place Dauphine et autres qui s'étaient également portés sur le lieu de l'attroupement, ainsi que les gendarmes nationaux, avaient été repoussés, que pendant quelque temps il avait contenu le peuple, qui de toute force voulait briser la porte du sieur Cousin, mais qu'il s'était aperçu que plusieurs particuliers escaladaient sur une croisée du premier étage, qu'il avait fait un mouvement pour arrêter cette entreprise, mais qu'aussitôt que le peuple avait vu une partie de la porte libre, il s'était mis à même de la briser, que s'étant de nouveau collé contre cette même porte le peuple l'avait respecté, en lui annonçant qu'il fallait qu'il se retirât, que sa vie était exposée et courrait les plus grands dangers dans la foule ; qu'au même moment, une partie du grand nombre des particuliers qui s'étaient introduits dans la maison dudit sieur Cousin, par la croisée, avaient ouvert la porte en dedans, qu'il était entré avec la foule, qu'il n'avait pu contenir et avait trouvé au milieu de l'escalier le sieur Chabrol entraîné par quinze ou vingt personnes, qu'ayant reconnu l'impossibilité de sauver la vie du sieur Chabrol et de le soustraire à la fureur du peuple, il a appelé tous les bons citoyens à son secours, pour pouvoir faire conduire le sieur Chabrol en prison, seul moyen, dans la circonstance, de garantir ses jours, que ces citoyens ayant réuni leurs efforts aux siens, le sieur Chabrol avait été conduit à travers la multitude qui l'assaillait en criant à la lanterne, tandis que d'autres, sur la demande dudit sieur Alluand, criaient en prison, mais qu'après avoir parcouru une vingtaine de toises, ledit sieur Chabrol avait malheureusement succombé sous les coups qu'on lui avait portés, et que lui-même devait son salut à quelques citoyens qui l'avaient emporté hors de la foule.

Fait au conseil général de la commune en surveillance permanente, les jour, mois et an susdits.


ALLUAND, GANNY, DOUDET, MARC DUBOIS, POUYAT, PETIT, PETINIAUD, DORIN, DAVID, BRICAILLE, DE BEAUNE, ROULHAC, officiers municipaux ; LINGAUD, secrétaire.
AncreExtrait des registres paroissiaux de Saint-Michel-des-Lions.


Le seize juillet 1792, a été inhumé au cimetière des Arènes, sieur Jacques Chabrol, prêtre, âgé d'environ quarante ans, homicidé le jour d'hier près la fontaine des Barres; la justice ayant fait le procès-verbal et procédé à la levée du corps et requis ledit sieur Pergaud, juge de paix, le sieur Cruveilher, vicaire de Saint-Michel pour l'inhumation. Présents ont été Jean-Baptiste Menieux et Jean-Baptiste Dangresas, qui ont déclaré ne savoir signer de ce requis.

CRUVEILHER.


Le 17 juillet, un membre du conseil propose à la municipalité une inscription réparatoire du crime. Sa proposition est rejetée, « le conseil, considérant qu'une pareille inscription pourrait être regardée comme u n monument qu'il n'appartient qu'au corps législatif de déterminer ; que d'ailleurs en perpétuant ainsi la mémoire de la douleur que les citoyens manifestent, ce serait éveiller trop longtemps un sentiment pénible et retarder le retour de la consolation dans les coeurs » (!)




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