Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 17 juillet 1791: Fusillade du Champ de Mars

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
yann sinclair

avatar

Nombre de messages : 6080
Age : 59
Localisation : Versailles
Date d'inscription : 10/01/2016

MessageSujet: 17 juillet 1791: Fusillade du Champ de Mars   Dim 16 Juil - 17:08

A l'initiative du club des cordeliers, une réunion a lieu


[center]La fusillade du Champ-de-Mars est une des journées historiques de la Révolution française, survenue le dimanche 17 juillet 1791.

Après l’arrestation du roi à Varennes, l’Assemblée constituante le suspend, puis le rétablit dans ses prérogatives. Mais la question du sort du Roi et du droit constitutionnel reste entière : l'idée d'une régence du duc d'Orléans est évoquée, mais ne fait pas l'unanimité. Des pétitions organisées par le club des Cordeliers circulent pour exiger la déchéance du Roi et la proclamation d'une République. Refusant toute participation populaire directe au processus de décision politique, les Constituants et la Commune de Paris font tirer par la garde nationale sur des milliers de pétitionnaires rassemblés sur le Champ-de-Mars, et faisant plusieurs dizaines de morts.

Montée des tensions (21 juin-16 juillet)

Après la prise de l'hôtel de ville le 14 juillet 1789 et l'instauration de la Commune de Paris, le vote de la loi martiale en octobre 1789 interdit les regroupements de plus de 20 personnes, et permet leur dispersion par la force armée. L’Assemblée constituante adopte le projet de l'Abbé Sieyès qui restreint le nombre d'électeurs (les citoyens actifs ont l'obligation d'avoir un revenu conséquent (suffrage censitaire) et un brevet de patriotisme décerné par les comités révolutionnaires) et de citoyens éligible (marc d'argent : seuls peuvent être candidats à la députation ceux dont les contributions directes sont au moins égales à la valeur d'un marc d'argent). Enfin le droit de pétition est sérieusement limité en juin 17915,1, malgré la vigoureuse opposition des clubs1.

Après la fuite du roi des 20 et 21 juin 1791, l’opinion publique5 présente désormais Louis XVI « comme un traître » (selon Lamartine cité par Mona Ozouf6), un parjure, un déserteur5 et l'accuse de collusion avec l’étranger. Le mot Roi est effacé des drapeaux de certaines gardes nationales de la région parisienne et de l’autel de la patrie situé sur le Champ-de-Mars7, les symboles de la monarchie sont effacés, détruits, enlevés8. De son côté, la Constituante, elle, tente d'excuser cette fuite en la présentant comme un « enlèvement » afin de sauver son projet de monarchie constitutionnelle9,10,11,12,1. Dans ce contexte tendu, le mot même de « république » devient interdit dans les débats à l’Assemblée5.

Une partie de la gauche, Robespierre en tête, demande qu'il soit fait procès au roi, mais les Jacobins sont minoritaires à l’Assemblée10 et celle-ci décide finalement de suspendre les pouvoirs du roi jusqu’à ce qu’il accepte la Constitution13. L’idée de l’abolition de la monarchie et d’instauration d'une république apparaît à ce moment-là, mais hors de l’assemblée8,11. Parallèlement, l’idée surgit qu’en démocratie réelle, la loi ne peut s’imposer qu’après un contrôle de la constitutionnalité des lois et son acceptation populaire, d’où la campagne de pétitions de juillet5. Le 12 juillet 1791, le club des Cordeliers publie un Appel à la Nation rédigé par Chaumette, qui appelle à la création d’un gouvernement nouveau. Cet appel est relayé par les sociétés populaires14. La plus importante d’entre elles, le club des Jacobins, qui dispose de centaines de clubs affiliés en province, fait une proclamation allant dans ce sens, voire évoquant une nouvelle insurrection14. La presse de gauche est plus radicale dans ses termes, et fustige les modérés et les députés, qui refusent le procès du roi15. Une pétition est portée à l’Assemblée, qui la reçoit tout en se préparant à résister : de nombreuses arrestations de manifestants ont lieu, les gardes aux abords de l’Assemblée sont renforcées16,13.

Le 15 juillet 1791, les Cordeliers, de tendance radicale populaire, se rassemblent au Champ-de-Mars avec 3 à 4 000 personnes. Ils rédigent sur l’autel de la patrie une pétition contre les projets de décrets qui redonnaient au roi tous ses droits : la pétition, sans formellement exiger la fin de la monarchie, menace l’Assemblée d’une nouvelle insurrection17 et propose « de ne jamais reconnaître Louis XVI pour roi18 ». La pétition est portée à l’Assemblée par six commissaires soutenus par une manifestation : celle-ci est dispersée par la cavalerie, des manifestants arrêtés ainsi qu’un des commissaires17. Quand les commissaires arrivent à l’Assemblée, les décrets viennent d’être votés19. Les quelques milliers de manifestants se retirent alors et rejoignent au Palais-Royal l’assemblée des Jacobins pour rendre compte de leur démarche20.

Les Jacobins, de leur côté, ont déjà voté une proposition de Laclos pour rédiger, sur le Champ-de-Mars, une pétition qui serait envoyée dans les départements pour s’opposer au rétablissement de Louis XVI dans ses droits constitutionnels21. Cinq commissaires sont nommés pour la rédaction : Lanthenas, Sergent, Danton, Ducancel et Brissot. Robespierre s’oppose à la pétition, bien qu’il la reconnaisse comme légitime, craignant qu’elle soit le prétexte d’une nouvelle répression20. Tournon fait lui aussi part de son opposition18.

Le 16 juillet, les Cordeliers se rendent en cortège derrière leur bannière La liberté ou la mort au Champ-de-Mars pour signer la pétition des Jacobins : malgré quelques discussions sur certains termes de la pétition22,5, ils appellent le soir du 16 à se rassembler le matin du 17 sur les ruines de la Bastille pour aller la signer en cortège pacifique23. Tenant compte du contexte tendu, les Jacobins adoptent une approche légaliste, les appels à la manifestation restant dans des termes mesurés, pacifiques (on demande de ne prendre ni bâton, ni couteau, par exemple)24,25,1. Le lieu choisi est également particulièrement symbolique : il est le « lieu du politique par excellence depuis la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 », fête qui a consacré la réconciliation de toute la Nation après les violences de 1789, Nation rassemblée autour du projet contenu dans la Déclaration des droits de l'homme. C’est aussi un lieu de promenade du dimanche particulièrement populaire1 (le 17 juillet 1791 est un dimanche26,1).

L’Assemblée vote le soir du 16 un décret mettant hors de cause le roi dans la fuite du 20 : légalement, l’affaire de Varennes est close et le roi est rétabli dans ses fonctions27. L’Assemblée prévoit d’empêcher le mouvement populaire du lendemain, et de fermer les accès à la place de la Bastille28.

La journée du 17 juillet


Le matin, la Commune de Paris a interdit tout rassemblement. Pour faire appliquer sa décision, elle ordonne à La Fayette de proclamer la loi martiale en déployant le drapeau rouge23 et à la Garde nationale de disperser toute manifestation29. En fin de matinée, Lameth, président de l’Assemblée, conseille à Danton, Desmoulins et Fréron de s’éloigner de Paris : ils partent à la campagne pour la journée30. De son côté, Robespierre se rend aux Jacobins pour faire annuler le projet de pétition : le club la fait retirer, craignant lui aussi une répression sanglante25 et annonce qu'il retire son soutien à la pétition, devenue inutile depuis le vote du décret du 1631. Cependant, la décision arrive trop tard. Les manifestants se rendent au lieu de rendez-vous annoncé, et trouvant la place de la Bastille fermée, se rendent au Champ-de-Mars31. Dans la matinée, la foule débusque deux hommes cachés sous l’autel de la patrie, les transfère au comité du quartier du Gros-Caillou, où ils finissent lynchés30,32.

Les pétitionnaires se rassemblent cependant : de 300 vers 11 heures, ils sont plusieurs milliers en fin d’après-midi33 et jusqu’à 20 00032. Entre onze heures et midi, des élus sont commis par la municipalité pour enquêter sur les meurtres du Gros-Caillou : ils constatent le calme de la foule rassemblée au Champ-de-Mars29. Comme à midi, des délégués des Jacobins annoncent que la pétition est retirée, des Cordeliers proposent d’en rédiger une nouvelle. Quatre commissaires sont nommés : François Robert, Peyre, Vachard et Demoy34. La participation de Louise de Keralio-Robert est souvent évoquée, à la suite de Michelet. Toutefois, si Annie Geffroy ne tient pas le fait pour avéré35 son mari François Robert, député à la Convention, évoque ce fait dans son discours appelant à la condamnation à mort de Louis XVI devant l'assemblée élue. La nouvelle pétition, qui appelle à une nouvelle constitution, n’utilise pas le mot de « République ». Celui-ci apparaît néanmoins en creux36. Elle est immédiatement signée par 6 000 personnes37,32,1, dont Robespierre, Chaumette, Momoro, Meusnier, Hébert, Hanriot, Santerre, David, Chrétien, etc.38. Cette revendication, faite sur l’autel de la patrie, a lieu au milieu des danses dans une ambiance de fête pacifique encensée par Marat1.

Mais alors même que la signature de la pétition se déroule pacifiquement, l’Assemblée constituante invite la municipalité de Paris à rétablir l’ordre par tous les moyens39. Le seul désordre signalé n'est encore que les deux meurtres du Gros-Caillou.

Vers 15 heures, deux cavaliers de la garde nationale sont la cible de jets de pierre par des individus participant au rassemblement38,32. La tension monte entre la foule et la garde nationale qui se rapproche du Champ-de-Mars, avec des canons40, sur ordre de La Fayette. Les commissaires enquêteurs de la municipalité sont invités par les Cordeliers à constater le calme des pétitionnaires, ce qu'ils font en écoutant la pétition et en discutant avec les manifestants41. Par mesure de conciliation et afin d’afficher leur respect de la loi, les organisateurs de la manifestation annoncent que les participants devront se disperser à la première sommation32.

Les commissaires enquêteurs acceptent d’accompagner les délégués porteurs de la pétition à l’hôtel de ville42, mais arrivent un instant après que le Conseil municipal a décidé la proclamation de la loi martiale, suite aux lynchages du matin et aux incidents de l’après-midi42,11. Alors que les commissaires enquêteurs décident de rédiger sur le champ un rapport attestant du calme régnant au Champ-de-Mars, le conseil municipal envoie Bailly disperser les pétitionnaires du Champ-de-Mars. Il quitte l’hôtel de ville à 18 h 30 avec un fort détachement de gardes nationaux, drapeau rouge en tête43,32 et arrive aux abords du Champ-de-Mars une heure plus tard44. Celui-ci était entouré de talus depuis la fête de la Fédération de 1790, et formait donc une arène fermée.

Le chemin suivi par la garde nationale et la délégation de la municipalité passe devant le comité de quartier du Gros-Caillou. Bailly et les gardes nationaux entrent sur le Champ-de-Mars, précédés par les tambours de la garde nationale jouant le pas de charge45, sans que les sommations légales, commandant à la manifestation de se disperser, soient prononcées45,2,32,11. Un coup de feu est tiré, d’origine discutée45. La garde nationale ouvre un feu nourri, la foule proche du talus par où est entrée la garde nationale fuit à la fois vers la Seine où l’attend la cavalerie32, et vers l’École militaire, mais un deuxième détachement de la garde nationale entre de ce côté46.

La garde nationale compte neuf blessés, dont deux meurent les jours suivants47. Du côté des manifestants, aucun bilan officiel n’est dressé. Les estimations faites sur le coup varient de 10 morts dans la presse fayettiste3 et 12 selon Bailly4, à un maximum de 400 selon Marat. Les estimations les plus nombreuses sont d’environ 50 morts3,5,11.
Répression et amnistie

Le soir même, le club des Cordeliers est fermé et des canons sont postés devant son entrée48,4,11. La garde nationale reçoit les félicitations de l’Assemblée et de la municipalité de Paris pour son comportement lors de cette journée2.

Le lendemain, Bailly s’explique devant l’Assemblée : il raconte les évènements, et explique qu’il lui a été impossible de faire les sommations. Il reçoit les félicitations du président du jour, Charles de Lameth4. L’Assemblée constituante et la municipalité lancent des arrestations parmi les manifestants qu’elle veut rendre responsables, votant une loi permettant de les poursuivre rétroactivement49,4,11. La presse est aussi visée : Hébert est arrêté le 19 avec son imprimeur et les vendeurs de son journal50, les personnes collaborant à l’Ami du peuple (auteurs et imprimeurs) sont recherchées et arrêtées à partir du 2051 ainsi que d’autres journaux52,4. Des poursuites sont engagées contre les figures principales des Cordeliers et des Jacobins53 avant que l’amnistie générale soit votée par l’Assemblée constituante sur proposition du roi54. Le 14 septembre 1791, une même loi amnistie le roi, les pétitionnaires et les auteurs de la répression1. La centaine de démocrates encore prisonniers est libérée55.

Pour faciliter la répression du mouvement populaire, l’Assemblée redéfinit le protocole de déclenchement de la loi martiale par la loi du 27 juillet, y intégrant de plus tous les renforcements successifs intervenus dans les règlements de mobilisation des forces de maintien de l’ordre pour les simplifier (dont notamment en réduisant le nombre de sommations)2. La loi martiale est finalement abrogée un an plus tard, par la Convention5.

Les deux grands perdants politiques sont La Fayette et le maire de Paris, Bailly. La popularité de La Fayette souffre énormément de cet événement. Le 8 octobre 1791, il démissionne de son commandement avant de se retirer dans ses terres. Bailly est lui aussi rendu responsable par les sans-culottes parisiens, qui ne lui ont jamais pardonné cette fusillade, considérée comme un crime contre le peuple. Jugé, il est guillotiné le 12 novembre 1793. À l’origine, il devait être guillotiné au centre de l’esplanade du Champ-de-Mars avant que le caractère sacré de l’endroit ne soit invoqué pour y interdire le déroulement de l’exécution.
Conséquences : une fracture politique

L’évènement est qualifié de « Saint-Barthélemy des patriotes », patriote étant pris dans le sens de personne favorable à la Révolution56 ; il laisse des traces durables dans la gauche populaire et son souvenir est fréquemment invoqué par les sans-culottes, groupe militant qui apparaît peu après cet évènement54.

Dans l’immédiat, la fusillade provoque une scission dans la classe politique française. Après la coupure entre le roi et son peuple révélée par Varennes, une nouvelle déchirure a lieu au sein du tiers état, entre la bourgeoisie (dont la garde nationale est considérée, à raison, comme la représentante. Il faut dire que l'équipement, très onéreux, n'était pas fourni, ou encore que le nom de la garde nationale fut d'abord milice bourgeoise, puis garde bourgeoise, et enfin dans un troisième temps garde nationale), et le mouvement populaire, clubs révolutionnaires compris6,4,11. Il entérine la séparation entre un groupe de révolutionnaires favorables à un gouvernement représentatif qui tient le peuple éloigné des affaires publiques (Sieyès) et les républicains ou démocrates, qui envisagent le risque de contradiction entre la volonté populaire et les représentants du peuple, ceux-ci pouvant exercer une nouvelle tyrannie (comme Condorcet, suivi par les radicaux). Des mesures comme le droit de veto accordé au roi, la loi martiale ou le suffrage censitaire, apparaissent comme attentatoires aux principes de 1789, ce qui est explosif au moment où l’opinion publique naît et est reconnue5,1. Une grande tension survient entre le principe monarchique et le principe démocratique, où le premier apparaît dans ce contexte dévalué, au moment même où le terme de monarchie constitutionnelle apparaît5. Selon Condorcet, « la force que l’existence d’un roi donnerait au pouvoir exécutif ne serait […] que honteuse et nuisible, elle ne pourrait être que celle de la corruption5 ».

La fracture idéologique se retrouve dans les institutions intermédiaires : le club des Jacobins se scinde en deux, la plupart des députés le quittant pour les Feuillants. Les seuls députés à rester au club sont Robespierre, Pétion, Anthoine et Coroller54,57. Cette scission se reproduit, parfois après un délai, en province (comme au Havre où les Amis de la Constitutions ne choisit de rester jacobin que le 16 août58). Dans d’autres sociétés populaires, comme à Nîmes59, c’est l’aile feuillantine qui domine, mais la majorité des sociétés populaires suivent les Jacobins54.

Ces retournements ou radicalisations collectives, se retrouvent également dans l’évolution d’orientations individuelles : ainsi celle de Sophie de Condorcet, qui milite pour la République après la fusillade60. Pour Jacques-René Hébert, l’auteur du Père Duchesne, l’épisode de la fuite du roi et de la fusillade du Champ-de-Mars est aussi cause de radicalisation, dans le langage et dans les idées politiques, même s’il se calme en septembre et devient plus conciliant61. L’école de François Furet et Denis Richet situe d’ailleurs, dans l’été 1791, la césure principale de la Révolution française (rejetant la prise du palais des Tuileries, et donc la chute du roi, au second plan). Ces historiens y voient la conséquence d’une série de facteurs (inflation, schisme de l’Église, popularité croissante des idées démocratiques) dominée par la trahison du roi9.

Lors du procès de Louis XVI, l'un des chefs d'accusation est la responsabilité du Roi dans le déclenchement de la fusillade, ce qui est inexact : la répression est ordonnée par la faction libérale des révolutionnaires, dont le marquis de Lafayette, très opposée à toute forme de démocratie populaire. Le Roi s'est d'ailleurs lui-même offusqué de cette accusation qui visait vraisemblablement à justifier la peine qui allait lui être infligée.
Lectures de l’évènement

La fusillade du Champ-de-Mars donne lieu à des interprétations diverses selon les historiens.

L'historienne Sophie Wahnich retrace une généalogie du déchaînement populaire qui survient un an plus tard : la fuite du roi signe sa trahison par la rupture de son serment, le massacre du Champ-de-Mars, la répression envers les manifestants double la violence de la répression d’une violence judiciaire, enfin la violence de l’amnistie décidée en septembre 1791. Selon elle, cette accumulation de violences subies « épuisant la longue patience du peuple » le pousse à l’insurrection12. Elle rend les classes dirigeantes responsables de la révolution de l’été 1792 et de ses férocités, par leur choix de « rendre caduque [sic] l’art pacifié de la pétition et de la manifestation désarmée1 ».

Le massacre garde une force symbolique importante pour l’extrême-gauche française, encore au début du XXIe siècle. Le Parti de gauche livre ainsi une analyse de l’évènement, sur son site internet62. Trotsky, lors de l'analyse d'autres Journées de Juillet 1917, celles de l'insurrection de Juillet 1917 à Petrograd, y voit une analogie avec le 17 juillet 1791 et ses péripéties.

« La bourgeoisie royaliste espérait au moyen d'un bain de sang en temps opportun en finir pour toujours avec le parti de la révolution. Les républicains ne se sentant pas assez forts pour remporter la victoire esquivèrent le combat, ce qui est tout à fait raisonnable. Ils se hâtèrent même de se désolidariser des pétitionnaires, ce qui était une indignité et une erreur. (...) Mais la provocation royaliste néanmoins ne réussit pas: la répression du Champs de Mars n'empêcha pas le mouvement républicain de parvenir à la victoire. »

— Léon Trotsky, Histoire de la Révolution russe63.

À plus long terme, son déroulement, avec point de rendez-vous sur une place symbolique, cortège vers un autre point symbolique et signature d’une pétition, organisation par des groupes politiques structurés et reconnus qui défilent groupés derrière leurs bannières, préfigure les manifestations modernes5.
Thème artistique

Un dessin de Prieur le Jeune, intitulé Publication de la loi martiale au Champ de Mars : le 17 juillet 1791, a été gravé par Krüger et diffusé à large échelle. Il figure dans les Tableaux de la Révolution française et signale l’engagement révolutionnaire de cet artiste64.

Le massacre a également été dessiné par Louis Lafitte, sous le titre Fusillade sur l’autel de la Fédération au Champ de Mars65, ainsi qu’en gravure anonyme66.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_du_Champ-de-Mars

_________________
👑 👑 👑
king


Dernière édition par yann sinclair le Mar 15 Aoû - 9:42, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://louis-xvi.over-blog.net/
pocket princess

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 15/07/2017

MessageSujet: Re: 17 juillet 1791: Fusillade du Champ de Mars   Mar 18 Juil - 3:36

Et ?

_________________
little miss muffet sat on a tuffet
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
17 juillet 1791: Fusillade du Champ de Mars
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ephéméride 5 Décembre......
» Adam et Jésus et le miraculeux chiffre 7
» Lettre de la reine Marie-Caroline à la duchesse de Polignac, juillet 1791
» Lettre inédite de Marie-Antoinette à la duchesse de Fitz-James (30 juillet 1791)
» Champ de Mars

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Boudoir de Marie-Antoinette :: Au fil des jours :: 1791 :: Juillet-
Sauter vers: