Le Boudoir de Marie-Antoinette

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 22 juillet 1789: Louis Bénigne François Bertier

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yann sinclair

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MessageSujet: 22 juillet 1789: Louis Bénigne François Bertier    Ven 21 Juil - 13:53


Louis Bénigne François Bertier
(Louis Bénigne François de Bertier de Sauvigny)

seigneur de Sauvigny



Conseiller du roi


maître des requêtes


surintendant des finances de la reine

Né le 23 mars 1737 à Paris, paroisse Saint-Nicolas des Champs
Baptisé le 24 mars 1737 à Paris, paroisse Saint-Nicolas des Champs
Assassiné le 22 juillet 1789 à Paris, paroisse Saint-Merry à l'âge de 52 ans

Victime de la Révolution française
Parents

Louis Jean Berthier, seigneur de Sauvigny 1709-1788
Louise Bernarde Durey d'Arnoncourt 1716-1775

Marié le 24 janvier 1764 à Paris en la paroisse Saint-Eustache avec Marie Joséphine Foullon de Doué 1747-1786

(contrat de mariage le 21 janvier 1764 devant Me Angot)


dont
Anne Louise de Bertier de Sauvigny 1765-1793
Bernarde de Bertier de Sauvigny 1767-1817
Antoine Louis Joseph 1768-1837
Anne Pierre de Bertier de Sauvigny 1770-1848
Antoinette de Bertier de Sauvigny 1772-1798
Angélique Elisabeth 1774-1787
Bénigne de Bertier de Sauvigny 1777-1814
Anne Isabelle 1780-1781
Ferdinand de Bertier de Sauvigny 1782-1864
Blanche de Bertier de Sauvigny 1784-1843
Albertine de Bertier de Sauvigny


Administrateur français né à Paris le 24 mars 1737 , assassiné à Paris le 22 juillet 1789. Adjoint à l'Intendance de Paris en 1768, nommé intendant en 1776, il tenta d'introduire certaines réformes. Chargé de l'approvisionnement de l'armée de siège au début de la Révolution, il prit des mesures qui le rendirent impopulaire. Accusé, entre autres, de spéculations sur les grains, il fut tué, après Foullon, par les émeutiers révolutionnaires le 22 Juillet 1789.


Le 22 Juillet, l'intendant de Paris, Bertier de Sauvigny, un des grands administrateurs du siècle, est arrêté à Compiègne, chargé d'outrages, conduit à Paris, attaqué par la populace et massacré. Un soldat lui fend la poitrine et lui arrache le coeur. Un autre lui coupe la tête et la promène au bout d'un bâton (La Révolution française, page 134, de Pierre Gaxotte)

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Foulon et Bertier massacrés

Les jours suivants renforcent la puissance de l’Assemblée. Le Parlement de Paris, la Cour des aides, la Chambre des comptes, l’Université successivement lui rendent hommage. Elle élit pour président Liancourt. Au château, le désert s’étend. L’aile du nord est presque vide, celle du midi est fermée, nombre de serviteurs du roi sont partis, d’autres semblent ne rester qu’à regret. Pour les contre-révolutionnaires entêtés, Louis est plus qu’un gêneur, il est un coupable. Du reste, il est soumis de la part des meneurs extrémistes à un espionnage incessant.

Devant l'Eglise Saint-Merri, la foule montre à Bertier, intendant de Paris, la tête de son beau-frère Foulon, le 23 juillet 1789 - Dessin de Prieur - Musée Carnavalet

L’Assemblée nationale semble n’apprécier qu’à demi son succès. Le système social trop brutalement secoué a perdu tout équilibre. Lally-Tollendal exprime le premier, avec éloquence, le vœu d’un rapprochement avec le monarque. Le principal danger du moment, dit-il en substance le 20 juillet, c’est l’esprit de révolte, il ne peut conduire qu’au désastre. On l’approuve d’abord. Mais se lèvent contre lui des orateurs du Club breton, Bozot et surtout Robespierre. Ce petit député s’exprime avec une hauteur étrange chez un inconnu : « Qui autorise M. de Lally-Tollendal à sonner le tocsin ? On parle d’émeute. Cette émeute, messieurs, c’est la liberté. Ne vous y trompez pas, le combat n’est point à sa fin... » Il est applaudi. Tous les pouvoirs semblent dissous. La France n’a plus qu’un maître : la peur.

Cette peur, irraisonnée, morbide, elle affole Paris, qui de plus en plus souffre de la faim. Le pain, trop cher, manque dans les grandes villes. Les souscriptions publiques ou privées ne procurent qu’un faible secours. « Mourir pour mourir, disent les ouvriers du faubourg Saint-Antoine, nous aimons mieux le canon que la misère. » On en veut surtout à un conseiller d’Etat, Foulon, adjoint à Broglie dans le ministère Breteuil. On le dit partisan de la banqueroute, on l’accuse injustement d’avoir spéculé sur les grains.

Dès le début des troubles, il a recommandé au roi d’embrasser franchement la Révolution pour la diriger ou de la tuer dans l’œuf en anéantissant ses meneurs. Avis excellent que le prince n’a su adopter. Après avoir fait publier sa mort, Foulon a fui Paris, s’est caché à Viry sur la route de Fontainebleau. Des « patriotes » parisiens, envoyés à sa recherche, ameutent les paysans qui le découvrent. Ce vieillard de soixante-quatorze ans endure un atroce supplice. Un collier d’orties au cou,, une botte de foin sur les épaules, les mains liées, il est traîné de nuit jusqu'à Paris, derrière une charrette.

Au petit matin, le 23 juillet, il arrive à l’Hôtel de ville. Bailly et le Comité permanent, qui a pris le nom de municipalité, sont fort en peine. Ils voudraient sauver Foulon en l’emprisonnant à l’abbaye. Mais la place de Grève s’emplit d’une foule qu’excitent des hommes de mise correcte, voire élégante. La Fayette parlemente en vain. Il promet que Foulon sera jugé. « Point de jugement ! » crie un meneur. La foule menace de brûler l’Hôtel de ville, si le prisonnier ne lui est remis. Une bande de forcenés culbute les sentinelles, brise les barrières, envahit la Grand’Salle.

Supplice de Foulon

Foulon est emporté et pendu à la lanterne qui fait face à la maison commune. Deux fois la corde casse et le vieillard retombe sur les genoux comme un pantin désarticulé. Des ouvriers veulent le tuer pour abréger son supplice. On les écarte. Après un quart d’heure d’attente le malheureux, pendu une troisième fois, meurt enfin. Un furieux lui coupe la tête, bourre la bouche de foin et au bout d’une pique promène ce trophée.

Peu d’instants après, le gendre de Foulon, Bertier de Sauvigny, arrêté à Compiègne par deux maçons, est amené à l’Hôtel de ville. On lui reproche d’avoir, en sa qualité d’intendant de Paris, nourri les régiments étrangers appelés par la cour. On l’accuse d’avoir volé le roi. C’est un honnête homme, intelligent, mais de façons roides, sans beaucoup d’amis. Quand son cabriolet passe devant l’église Saint-Merri, on lui pousse au visage, avec des hurlements cannibales, la tête de son beau-père souillée de sang et de boue.

Il la regarde sans faiblir. Porté à la salle Saint-Jean, il comparaît devant les électeurs. Bailly, pour gagner du temps, l’interroge. Mais la populace hurle de plus belle. Le maire, balbutiant, ordonne que Bertier soit conduit à l’Abbaye. A peine atteint-il la Grève qu’il est poussé à la lanterne. Son calme le quitte alors ; il saisit un fusil et se jette dans la foule tête baissée pour vendre chèrement sa vie. Il est massacré. Un soldat de Royal-Cravate lui fend la poitrine, en arrache le cœur et va le porter sur le bureau des électeurs, devant Bailly qui défaille. La Fayette déchire son écharpe et démissionne. Supplié par la municipalité et les districts, il ne tarde pas toutefois à reprendre son commandement.

Ces crimes, commis sans doute à l’instigation des orléanistes qui veulent acculer Louis XVI à l’abdication, consternent à Versailles, non seulement la cour, mais l’Assemblée. Lally-Tollendal s’indigne. Les yeux de cet homme bon et droit, mais trop bénisseur, sont enfin dessillés. Il voit où l’on conduit la monarchie et la France. Il soutient avec flamme et fait voter une motion invitant les citoyens au respect des lois. Les gardes-françaises et nombre de soldats errants seront de nouveau enrégimentés. Sur la proposition d’Adrien Duport, un Comité des recherches est constitué pour surveiller les contre-révolutionnaires et contenir les entraînements de la foule. Au demeurant, on passe l’éponge sur l’assassinat de Foulon et Bertier. « Ce sang était-il donc si pur ? » ose s’écrier Bernave. O jeune ambitieux, nul n’en pouvait répondre, mais c’était du sang !

Mirabeau s’est montré des plus hostiles à toute mesure punitive. Il poursuit la popularité par les moyens classiques des démagogues. Mais en même temps, il charge son ami belge, le comte de La Marck, bien vu de Marie-Antoinette, de faire de discrètes ouvertures au roi. Il espère être appelé au ministère ou du moins pris comme conseiller du gouvernement. Les deux vieilles princesses, Madame Adélaïde et Madame Victoire, maintenant y engageant leur neveu. Louis consentirait. La reine, roidie dans sa rancune, s’y refuse. Elle ne veut voir en Mirabeau qu’un ennemi, le plus dangereux de tous, et elle fait repousser ses avances avec dédain.

Le « sanglier d’Aix », comme on l’appelle à la cour, n’a plus dès lors qu’une idée, devenir l’idole de la rue, le maître de Paris, pour s’imposer sans ménagements à des princes si obtus. Il court la ville, fait distribuer par brassées sa feuille, le Courrier de Provence. Trépidant, orageux, fou d’ambition et d’orgueil, il vitupère la faible assemblée des électeurs dont le mandat va prendre fin et présente sa candidature aux élections de districts. S’il est élu, il compte renverser Bailly et gouverner Paris à sa place.

Il n’est pas élu. Car le peuple ne vote pas. Mais la bourgeoisie censitaire, commerçante et intellectuelle. Lasse des violences, des meurtres, du pillage, elle envoie à l’Hôtel de ville cent quatre-vingts représentants qui tous veulent l’ordre en même temps que la liberté. Y figurent Moreau de Saint-Méry, Léonard Bourdon, l’avocat de Joly, le journaliste Brissot, enfin Bailly, qui est replacé à la tête de la municipalité. Cette « Commune » retarde déjà sur les événements ; elle est attaquée par les gens du Palais-Royal et les aboyeurs des faubourgs, elle est trop modérée, trop raisonnable pour tenir en main une ville où grouillent tant de vibrions.





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