Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Madame Campan

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MessageSujet: Madame Campan   Sam 9 Juin - 13:07

Dans le sujet sur les écrits de la reine s'est amorcée une discussion sur Madame Campan. Afin de ne pas faire dévier le propos, je propose de discuter de la célèbre femme de chambre de Marie Antoinette ici.

Voici donc ce que Chou faisait remarquer :

Citation :
Ah oui ça Marie-Antoinette n'a jamais supecté sa femme de chambre....elle lui confiait moultes choses, à tort effectivement car Campan aurait été un peu bavarde avec son frère...
Et le soutien moral de Campan pendant ces moments éprouvants psychologiquement et physiquement (écrire l'épuisait) n'était pas de refus pour la Reine Very Happy

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 9 Juin - 13:50

Merci Pim! Wink

D'ailleurs ceci m'amène à une question : comment s'est comportée la Duchesse d'Angoulème une fois revenue en France, avec Madame Campan? De mémoire je crois qu'elle a été très sèche et qu'elle lui reprochait d'avoir servi sous Naopélon en ouvrant des écoles pour jeunes filles Very Happy
N'y aurait-il pas une autre raison, comme par exemple le fait que la famille royale ait eu vent des bavardages dangereux de Campan avant 1793, et que Marie-Thérèse s'en souvenait.
Car sinon si la Duchesse d'Angoulème s'en tient juste à cette histoire d'école, c'est vraiment léger non?

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 12 Juin - 19:33



Madame Campan au temps où elle avait en charge des écoles.

Elle ouvrit d'abord un pensionnat qui connut un grand succès et accueillit Hortense de Beauharnais, le fille de Joséphine. Napoléon lui confia la direction de la première maison d'éducation. Elle pratiquait un programme assez moderne, qui, ne délaissant pas les exercices physiques au profit de l'apprentissage intellectuel, s'apparente au mens sana in corpore sano.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Henriette_Campan

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 12 Juin - 20:05

Superbe site! flower

J'avais oublié que Campan avait eu un cancer à la fin de sa vie...

Mais Madame Campan aura au moins réussi quelque chose d'exceptionel : échapper à la Terreur de Robespierre...pourtant elle devait bien être sur la liste noire, elle, la femme de chambre de Marie-Antoinette...je me suis toujours demandé comment elle avait bien pu aussi bien passer entre les mailles du filet...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 12 Juin - 20:18

Elle avait un frère révolutionnaire actif. Un témoin rapporte même que Marie Antoinette, recluse aux Tuileries, se méfiait d'elle. Louis Hastier en fait état dans son analyse de l'affaire du collier.

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 12 Juin - 20:30

Oui mais justement ça aussi c'est étonnant...nous savons tous qu'elle avait un frère révolutionnaire, et actif qui plus est....quand on connaît le climat de délation et de suspicion qui régnait entre 1792 et 1795, on peut aussi se demander pourquoi se fameux frère n'a pas été lui aussi comme beaucoup d'autres dénoncé non? Suspect

Mais je ne savais pas que Matie-Antoinette se méfiait d'elle...au début de leur séjour aux Tuileries en 1789 et au moins jusqu'en 1791, elle lui confiait pas mal de choses...après par contre...je ne sais plus...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 12 Juin - 20:39

Citation :
Mais je ne savais pas que Matie-Antoinette se méfiait d'elle...au début de leur séjour aux Tuileries en 1789 et au moins jusqu'en 1791, elle lui confiait pas mal de choses...après par contre...je ne sais plus...
... d'après Madame Campan... Mais, selon Louis Hastier, rien n'est moins sûr...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 12 Juin - 20:54

....bonne remarque Wink

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Ven 15 Juin - 15:58

Tout le monde n'avait pas une bonne opinion de Madame Campan, Aimée de Coigny se méfiait d'elle : louche agent de tout le monde et de Monsieur, considère-t-elle, amie de Brissot même, à laquelle Bonaparte a refait une virginité en lui permettant de dégrossir les futures épouses de sés généraux.

Il est vrai que Madame de Coigny n'a pas sa plume en poche !

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 20:04

L'autre mauvaise opinion au sujet de Madame Campan nous vient de Madame de Créquy, qui nous raconte un épisode aux Tuileries. Marie Antoinette se serait interrompue de parler à cause de Madame Campan, dont elle se méfiait.

Encore faut-il que cette histoire rapportée dans des mémoires apocryphes soit vraie...  Rolling Eyes



Gravure représentant une Madame Campan vieillissante, et un lien vers ses mémoires en anglais :
lien

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 20:52

Oui pourquoi faire des liens simples quand on peut en faire des tarabiscotés

Qui est cette Madame de Créquy Pim? Very Happy

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 21:42

Voili voilu :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marquise_de_Cr%C3%A9quy

Ces fameux souvenirs sont consultables en ligne :
http://penelope.uchicago.edu/crequy/index.shtml

Quant au passage qui nous intéresse :

Vous pouvez bien préjuger que dans la situation d'inquiétude et d'isolement où se trouvait la famille royale aux Tuileries, je ne manquais pas d'aller y faire une cour assidue. — Vous venez saluer des ruines, me dit la Reine, après le 20 juin, et je me souviens qu'elle me fit signe de ne rien dire en présence d'une de ses femmes, appelée Mme Campan, qui venait d'entrer pour lui présenter quelque chose, et je crois me rappeler que c'était un livre sur un plateau.

Quand celle-ci fut sortie du cabinet, et je dis à cette malheureuse princesse : — Hélas ! Madame, est-ce que la Reine s'en défie ?...

— Ce n'est pas seulement de la défiance, répondit-elle, c'est de la terreur. Elle est en correspondance avec Brissot de Varville et Latouche-Treville, elle écrit quelquefois à Barnave ; — Elle a ri le 6 octobre, poursuivit la Reine, avec une expression du regard et de la voix qui faisait frémir ; — mais on a décidé qu'il fallait patienter : jugez que tout ce que la vue de cette femme me fait souffrir.4


Assorti de sa note 4 : On avait déjà parlé de Mme Campan dans la première partie de cet ouvrage, et nonobstant les mémoires qui portent son nom, mais qui, comme on sait, ont été rédigés par M. Girod, parce que Mme Campan n'aurait pas été capable de les écrire ; on peut être assuré que l'opinion de Mmed e Créquy a toujours été celle de la famille royale et celle de toutes les personnes attachées à la maison de la Reine. Il en existe encore un assez grand nombre pour que notre assertion ne soit pas difficile à vérifier.

Toutes les protestations de fidélité de Mme Campan sont venues tomber, après la restauration, devant la persévérance avec laquelle Madame la Duchesse d'Angoulême a toujours refusé de lui accorder une seule audience.

Il y a deux ou trois personnes que nous pourrions nommer, et qui mettent beaucoup d'amour-propre à justifier et glorifier Mme Campan, par la bonne raison qu'elles ont reçu leur éducation dans son pensionnat. Nous sommes fâchés d'être à les contrarier, mais certains ouvrages que les mêmes personnes ont fait attribuer à cette ancienne femme de chambre de la Reine, ne sont pas exempts d'insinuations calomnieuses et de perfidie : La justice et la vérité doivent l'emporter sur la complaisance, et voilà ce qui nous détermine à nous adjoindre à Mme de Créquy pour faire justice à Mme Campan. (Note de l'Éditeur)


Qu'en penser ? Cela nous fait deux avis très négatifs, en tout cas... deux assertions qui mettent en doute la loyauté de la bonne Henriette... Suspect

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 22:10

Merci Pim! cheers

Ce passage me semble vraiment louche quand même :

""Ce n'est pas seulement de la défiance, répondit-elle, c'est de la terreur. Elle est en correspondance avec Brissot de Varville et Latouche-Treville, elle écrit quelquefois à Barnave ; — Elle a ri le 6 octobre, poursuivit la Reine, avec une expression du regard et de la voix qui faisait frémir ; — mais on a décidé qu'il fallait patienter : jugez que tout ce que la vue de cette femme me fait souffrir.4""

Je veux bien croire que Marie-Antoinette se méfiait de Madame Campan, mais qu'elle en parle aussi durement avec de tels propos me semble vraiment peu probable...car dans ces lignes sont sent du dégout pour Madame Campan...hors je ne pense pas qu'elle en était là....ces deux femmes étaient très complices pendant de nombreuses années...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 22:25

Ce qu'il y a, c'est qu'Aimée de Coigny et la Marquise de Créquy font de Madame Campan une amie de Brissot... Alors, à moins que l'auteur des souvenirs de Madame de Créquy ait tout pompé sur Madame de Coigny, ça fait deux témoignages mettant en évidence ses acquointances avec la révolution. Suspect

Enfin, par qui sait-on que Marie Antoinette était très proche de sa femme
de chambre ? Mais par ladite femme de chambre, pardi !

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 23:14

Citation :
Alors, à moins que l'auteur des souvenirs de Madame de Créquy ait tout pompé sur Madame de Coigny, ça fait deux témoignages mettant en évidence ses acquointances avec la révolution. Suspect
Le fait que Madame Campan correspondait avec son frère révolutionnaire est connu et semble plutôt avéré effectivement, mais que Marie-Antoinette le sache si fort qu'elle semble lui en vouloir autant, je ne sais pas mais je trouve ça exagéré...

Citation :
Enfin, par qui sait-on que Marie Antoinette était très proche de sa femme
de chambre ? Mais par ladite femme de chambre, pardi !
Ce n'est pas faux
Mais...les faits montrent que Marie-Antoinette avait confiance en elle, au point de lui confier beaucoup d'affaires personnelles compromettantes par exemple...et à lire des déclarations de Madame de Créquy, on ne lit pas une Reine parlant d'une femme à laquelle elle a confié tant de chose...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 23:40

Citation :
Mais...les faits montrent que Marie-Antoinette avait confiance en elle, au point de lui confier beaucoup d'affaires personnelles compromettantes par exemple...
Pas tant qu'Henriette le prétend... Rolling Eyes Au moment de l'affaire du collier, elle se plante dans les grandes largeurs. Pourquoi ? Parce qu'elle n'est pas à ce point dans la confidence...

Pendant la révolution, Marie Antoinette lui aurait confié des papiers importants. Pas du tout, paraît-il... selon Louis Hastier. Son analyse est vraiment intéressante. Il en ressort que Madame Campan n'était pas si, si proche qu'elle veut bien le faire croire.

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Sam 23 Juin - 23:50

Cela dit...cette version est cohérente avec l'attitude froide qu'a eu la Duchesse d'Angoulème envers Madame Campan lors de la restauration...

Je veux bien croire que Campan ait exagéré sa version des faits et qu'elle ait enjolivé les choses...mais...les propos de la Reine retranscrits par la Marquise de Créquy sont quand même très durs...et dans sa correspondance à Fersen ou à Barnave, Marie-Antoinette ne fait jamais allusion à Campan, pourtant dans ses lettres elle avait l'habitude de citer les noms de ceux dont elle se méfiait...elle écrivait ses craintes et ses doutes...Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 0:50

Voici l'analyse de Louis HASTIER dans son très documenté et très pointu La vérité sur l'affaire du collier, Le cercle du bibliophile, Fayard, pp 199-200 :

Jeanne-Louise-Henriette Genet était la fille du premier commis du ministère des Affaires étrangères. A quinze ans, elle obtint la place de lectrice de Mesdames, filles de Louis XV. Remarquée par la Dauphine, elle devint l'une de ses femmes de chambre et, peu après, elle épousa M. Campan, fils du secrétaire du cabinet de la Reine. Elle resta auprès de Marie-Antoinette de 1770 jusqu'à la veille du départ pour Varennes de la famille royale, auprès de qui elle revint le 25 août 1791.

A en croire Mme Campan, elle aurait été, à cette époque, en butte aux attaques des deux partis qui se disputaient les affaires politiques. Pour les uns, elle était une aristocrate; pour d'autres, elle était une "monarchienne, une constitutionnelle, plus dangereuse aux intérêts de la Reine qu'une jacobine ". Son frère, chargé des affaires de France à Saint-Petersbourg, était un jacobin; il s'en cachait si peu que Mme Campan aurait cru devoir se retirer de la Cour.

Louis XVI et la Reine l'auraient priée de ne pas les quitter et ils lui auraient manifesté leur confiance en la chargeant de brûler bien des papiers compromettants et de conserver un volumineux portefeuille rempli de documents extraits de l'armoire de fer. Elle s'est vantée d'avoir été nommément désignée pour recevoir les communications secrètes qu'aurait à faire à Leurs Majestés Bertrand de Molleville. Celui-ci ne relate rien de tel dans ses Mémoires.

Enfin, elle prétend que Marie-Antoinette l'aurait réclamée le lendemain du 10 août 1792, qu'elle aurait passé auprès d'elle une partie de la journée du 11 août et qu'elle serait revenue aux Feuillants le soir même à neuf heures. Malheureusement, il existe aux Archives de la Préfecture de Police un procès-verbal du Comité de surveillance de la section du Mail, duquel il résulte qu'elle est bien venue se réfugier le 10 août à 9 heures du soir chez un sieur Morel, rue Saint-Pierre, mais, contrairement à ses dires, elle en partit seulement le lendemain à la chute du jour, dans une voiture de louage, pour une destination inconnue, afin d'échapper à trois individus chargés par le ministre de la Justice de procéder à son arrestation. A moins de lui supposer le don d'ubiquité, elle ne pouvait être en même temps, pendant la journée du II août, rue Saint-Pierre et auprès des Souverains.

De même, elle raconte qu'elle fit auprès de Pétion démarches sur démarches pour obtenir la faveur de partager la captivité de la famille royale au Temple; elle aurait mis tant d'insistance, prétend-elle, qu'elle fut menacée d'être incarcérée à la Force.

En réalité, elle semble s'être prudemment terrée au château de Coubertin à une date qu'elle n'indique pas, mais qui doit être proche du 10 août, le II au soir, sans doute.


Je n'ai rien contre les mémoires de Madame Campan, on peut y puiser nombre de détails édifiants sur la vie curiale et ses rituels. Mais en ce qui concerne la prétendue intimité de la femme de chambre avec sa souveraine et sa loyauté à toute épreuve... Rolling Eyes Il ne serait au contraire pas étonnant que Marie Antoinette se soit méfiée d'elle. Même si elle ne la cite pas, Chou... elle n'énumérait pas toutes les personnes dont elle se défiait ! Elle n'aurait plus eu de place sur sa feuille pour écrire autre chose ! Rolling Eyes

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Dernière édition par le Dim 24 Juin - 11:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 3:48

pimprenelle a écrit:
Il en ressort que Madame Campan n'était pas si, si proche qu'elle veut bien le faire croire.
La description que Henriette Campan fait de sa relation avec Marie-Antoinette est aussi à voir d'un point de vue politique , il me semble que nous sommes sous Louis XVIII lorsqu'elle se souvient de tout cela...Et par là-même , on peut considérer son récit comme de la publicité car elle s'occupe d'une maison pour jeunes filles...créée sous Napoléon...Il lui faut donc redorer son blason...

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 11:37

Madame Campan avait-elle été mise au courant de la fuite à Montmédy par la famille Royale? Je ne m'en souviens plus....mais si oui...Marie-Antoinette n'aurait jamais donné une telle information à une femme qu'elle suspectait autant....

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 11:41

Il me semble que Henriette a ,en effet, été mise dans la confidence , puisque Marie-Antoinette lui a confié, d'après mes souvenirs, de Ses bijoux, avec le prértexte d'en faire cadeau à Sa soeur Marie-Christine...

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 11:44

Oui c'est ce qu'il me semble aussi...alors pour moi c'est une marque de confiance assez notable pour ne pas dire ensuite de tels propos sur elle...Wink
Marie-Antoinette se méfiait d'une femme de leur service aux Tuileries, juste par son comportement louche, et elle ne lui a rien dit sur cette fuite...donc si Marie-Antoinette connaissait les rapports de Campan avec les révolutionnaires, elle ne lui aurait jamais parlé de cette fuite....

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 13:11

Citation :
Oui c'est ce qu'il me semble aussi...alors pour moi c'est une marque de confiance assez notable pour ne pas dire ensuite de tels propos sur elle...
Bien sûr, Chou... Nous savons que Madame Campan était dans le coup... par Madame Campan elle-même ! Rolling Eyes Le récit de ce qui concerne la fuite à Montmédy occupe une grande partie du chapitre 7 de ses mémoires. Penchons-nous donc dessus.

Dès le mois de mars de la même année la reine s'occupa des préparatifs de son départ. Je passai ce mois auprès d'elle, et j'exécutai une grande partie des ordres secrets qu'elle me donna à ce sujet. Je la voyais avec peine occupée de soins qui me semblaient inutiles et même dangereux, et lui fis observer que la reine de France trouverait des chemises et des robes partout. Mes observations furent infructueuses: elle voulut avoir à Bruxelles un trousseau complet, tant pour elle que pour ses enfants. Je sortais seule, et presque déguisée, pour acheter et faire faire ce trousseau.

En effet, quelle importance a cette femme de chambre, qui se permet de faire des observations à la reine ! Mais il est vrai que, puisque tout cela fut secret, l'ensemble reste à jamais invérifiable... Rolling Eyes

Je commandais six chemises dans une boutique de lingère, six dans une autre, des robes, des peignoirs, etc... Ma sœur fit faire un trousseau complet pour Madame, sur les mesures des hardes de sa fille aînée, et je commandai des habits pour M. le dauphin, sur celles de mon fils. Je remplis une malle entière de tous ces objets, et l'adressai, par ordre de la reine, à une de ses femmes, veuve du major d'Arras où elle se trouvait en congé illimité, afin qu'elle fût prête à partir pour Bruxelles ou pour tout autre lieu, lorsqu'elle en recevrait l'ordre. Cette dame avait des terres dans la partie de la Flandre autrichienne, et pouvait quitter Arras sans que cela fût observé.

Cela commence à faire pas mal plus de monde au courant, là. Non seulement l'indispensable Madame Campan, mais aussi sa soeur, peut-être un peu la (voire les) couturière(s), la veuve de major d'Arras... Rolling Eyes Pas étonnant que, pour finir, le bruit de l'évasion se soit à ce point répandu !

La reine ne devait emmener de Paris que sa première femme de service. Elle m'avait prévenue que, si je n'étais pas en fonction à l'instant du départ, elle s'arrangerait pour que je puisse la rejoindre.

Ah, là, ça coince, apparemment... Si la reine n'a confiance qu'en sa bonne Campan, pourquoi en emporte-t-elle une autre ? Henriette ne donne pas vraiment d'explication, se bornant à affirmer que la reine voulait qu'elle la rejoignît. Assertion difficilement vérifiable.

Un fait seul est patent : ce n'est pas en emmenant Madame Campan que la reine souhaitait partir.

Suit alors cette si compliquée histoire de double nécessaire, que Madame Campan nous raconte par le menu.

Elle voulait aussi emporter son nécessaire de voyage. Elle me demanda le moyen de le faire partir, sous le prétexte d'en faire présent à l'archiduchesse Christine, gouvernante des Pays-Bas. J'osai m'opposer fortement à ce projet, et lui représentai qu'au milieu de tant de gens qui épiaient ses moindres actions, on devait raisonnablement prévoir qu'il s'en trouverait d'assez clairvoyants pour deviner que ce présent n'était qu'un prétexte de faire partir ce meuble avant son départ; elle persista dans cette idée, et tout ce que je pus obtenir, fut que le nécessaire ne disparaîtrait pas de sa chambre, et de convenir avec M. de ***, chargé d'affaires de la cour de Vienne pendant l'absence du comte de Merci, qu'il viendrait à sa toilette lui demander, en présence de toute sa chambre, de vouloir bien commander, pour madame la gouvernante des Pays-Bas, un nécessaire absolument sem-blable au sien. La reine m'ordonna donc, devant le chargé d'affaires, de commander ce meuble.

Quelle importance a encore Madame Campan dans cette affaire ! Tout, une fois de plus, repose sur elle ! Et elle est si proche de la reine qu'elle ose même s'opposer fortement à l'auguste volonté. Dommage que ces affirmations soient invérifiables.

Cette manière d'exécuter sa volonté n'avait que le léger incon-vénient d'une dépense de cinq cents louis, et parut devoir éloigner tout soupçon. Si je n'omets aucune circonstance sur ce qui concerne ce nécessaire, c'est que ces minutieux détails ont leur importance, puisque ces premiers préparatifs de voyage furent découverts par une femme dont je soupçonnais depuis longtemps la conduite, et dont je redoutais même les délations. C'était une femme de garde-robe; son service durait toute l'année sans interruption. Placée auprès de la reine, dès le temps du mariage, Sa Majesté, accoutumée à la voir, aimait son adresse et son intelligence. Son sort était au-dessus de celui que devait avoir une femme de sa classe; ses appointements et ses profits s'étaient succes-sivement accrus, jusqu'à lui procurer un revenu de plus de douze mille francs. Elle était belle, recevait chez elle, dans les entresols au-dessus de la reine, des députés du tiers, et avait pour amant M. de Gouvion, aide-de-camp de M. de La Fayette. On verra bientôt à quel excès la porta son ingratitude.

Diantre ! Nous apprenons qu'il était nécessaire d'écarter des soupçons ! C'est donc que soupçons il y eut... Et si Madame Campan se défie à ce point et depuis si longtemps de cette femme de garde-robe, pourquoi n'en a-t-elle pas touché mot à la reine ? Elle qui a tant de caution... Rolling Eyes

Après le retour de Varennes, le maire de Paris remit à la reine une dénonciation de la femme de garde-robe, datée du 21 mai, où elle déclarait qu'il se faisait des préparatifs aux Tuileries pour un départ; qu'on avait cru qu'elle ne devinerait pas le motif de l'envoi du nécessaire de la reine à Bruxelles, mais que l'annonce d'un présent fait par Sa Majesté à sa sœur, n'était qu'un prétexte; que Sa Majesté était trop attachée à ce meuble pour s'en priver, et qu'elle avait dit souvent qu'il lui serait très utile en cas de voyage.

Il est très regrettable en effet que Madame Campan n'ait pas fait état plus tôt de sa légitime défiance...

Elle déclara aussi que j'étais restée une soirée entière enfermée avec la reine, et occupée à emballer de nouveau tous ses diamants; qu'elle les avait trouvés épars avec du coton sur le canapé de l'entresol de la reine aux Tuileries. Cette dénonciation fit juger à la reine que cette femme avait, à son insu, une double clef de ce cabinet. Sa Majesté avait, à la vérité, interrompu l'arrangement de ses diamants, un soir, à sept heures, pour se rendre à son jeu, et avait ôté la clef de son cabinet, en me disant qu'elle reviendrait le lendemain après son lever, achever cet emballage avec moi; qu'une sentinelle était sous sa fenêtre; qu'elle avait la clef de son cabinet dans sa poche, et ne voyait aucun danger pour ses bijoux. C'était donc le soir, après que nous eûmes quitté ce cabinet, ou le lendemain matin de très bonne heure, que cette malheureuse avait surpris ces prépa-ratifs secrets. Le coffre des diamants fut remis à Léonard, coiffeur de la reine, qui partit avec M. le duc de Choiseul, et ce dépôt fut laissé à Bruxelles. Déjà Leurs Majestés avaient livré à des commissaires de l'Assemblée les diamants de la couronne qui étaient à leur usage; ceux que la reine avait fait sortir de France lui appartenaient en propre.

Voila l'explication que donne Madame Campan à cette accusation portée contre Marie Antoinette d'avoir cherché à emporter des bijoux hors de France. L'essentiel est que ce ne fussent pas ceux de la couronne.

Quant à Henriette... dans quelle mesure exacte fut-elle mélée à ces préparatifs ? Une certaine jalouse existait visiblement entre les deux domestiques, et il est très possible que la porte-chaise ait voulu impliquer Madame Campan.

Vient ensuite l'épisode du porte-feuille.

Ce fut lors de ces préparatifs de départ que la reine me dit qu'elle avait un dépôt bien précieux à me confier, et qu'il fallait que je trouvasse des gens honnêtes, d'une existence indépendante, et entièrement dévoués à leurs souverains, auxquels je confierais un porte-feuille qu'elle me remettrait. J'eus l'idée de choisir madame Vallayer Coster, peintre de l'Académie, logée aux galeries du Louvre, et à laquelle je trouvai, ainsi qu'à son mari, toutes les qualités que la reine exigeait dans les personnes qui se chargeraient de ce dépôt. Ils furent aussi fidèles que je l'avais annoncé. Ce ne fut qu'en septembre 1791, après l'acceptation de la Consti-tution, qu'ils me remirent ce porte-feuille. La femme criminelle, dont je n'ai eu que trop à parler, avait fait aussi quelques délations sur ce fait. Elle disait qu'elle avait vu un porte-feuille sur un fauteuil où jamais il n'y en avait eu de placé; que la reine me parlait bas en me le montrant, et que, depuis ce moment, il avait disparu. M. Bailly, qui remit deux pages entières de ces dénon-ciations à la reine, n'en avait fait aucun usage qui eût pu nuire à Sa Majesté.

Cette histoire-ci peut être confrontée à un autre témoignage. Louis Hastier l'a fait. Pas de chance, ils ne correspondent apparemment pas... Rolling Eyes

Quelle idée aussi de mettre Madame Vallayer Coster dans le coup... Etait-elle si proche de la famille royale ?

Après avoir fait tous les préparatifs dont j'ai parlé, j'eus encore à remplir diverses commissions secrètes et toutes relatives au départ. J'étais à la veille de quitter moi-même Paris avec mon beau-père. La reine, n'ayant pas voulu qu'il y restât, dans la crainte des excès où le peuple pourrait se porter, au moment de son évasion, contre ceux dont le dévouement à sa personne était connu, avait dit à M. Vicq-d'Azyr de lui ordonner les eaux du Mont-d'Or. Sa Majesté eut aussi la bonté de regretter que mon service ne me mît pas dans la position de pouvoir partir avec elle, et voulut me donner cinq cents louis pour le voyage que j'avais à faire, jusqu'au jour où je pourrais la rejoindre. J'avais tout l'argent nécessaire, et je savais d'ailleurs combien il lui était important d'en conserver le plus possible; je ne les acceptai point.

On pourrait se demander quelles étaient ces autre missions secrètes...

Madame Campan insiste : la reine aurait vraiment voulu pouvoir l'emmener...

Avec le beau-père, le médecin... ça fait de plus en plus de monde à avoir la puce à l'oreille.

J'étais prête à me mettre en route, lorsque j'entendis un courrier, venu de la petite ville de Besse, crier aux habitants du Mont-d'Or, avec des transports de joie, que le roi et la reine étaient arrêtés. Le soir même, cette nouvelle nous fut confirmée, et deux jours après nous reçumes une lettre de la reine, écrite sous sa dictée par un de ses huissiers, dont elle connaissait le dévouement et la discrétion. Elle contenait ces mots: «Je vous fais écrire de mon bain où je » viens de me mettre pour soulager au moins mes » forces physiques. Je ne puis rien dire sur l'état de » mon âme; nous existons, voilà tout. Ne revenez .ici » que sur une lettre de moi, cela est bien important. » Cette lettre, non signée, portait la date du jour de l'arrivée de la reine à Paris. Nous reconnûmes la main de celui qui l'avait écrite, et nous fûmes pénétrés d'atten-drissement en voyant que dans un moment pareil, cette infortunée princesse avait daigné penser à nous.

Juste au moment où elle allait rejoindre sa souveraine lui parvient la nouvelle de son arrestation... Suit une lettre, bien émouvante. Dommage que l'autographe n'ait pas survécu.

Après avoir reçu cette lettre, je retournai à Clermont où le comité de surveillance de l'Assemblée voulait nous faire arrêter; mais, comme il fut prouvé que M. Campan était véritablement malade au moment de son départ de Paris, cette rigoureuse mesure n'eut pas lieu.

Quelle chance insolente, cette Madame Campan ! Si proche de la reine, ayant participé de près à tout... et elle s'en sort tranquille !

Vers les premiers jours d'août, la reine me demanda de rentrer à Paris; qu'elle n'y voyait plus de danger pour moi, et que mon prompt retour 'lui serait agréable. Je ne pourrai donc donner d'autres détails sur l'évasion de Leurs Majestés que ceux qile j'ai entendu raconter par la reine et par les personnes qui furent témoins de son retour dans son intérieur.

Ce n'est qu'en août que la reine rappelle son indispensable confidente ? Shocked

Lorsque la famille royale fut ramenée de Varennes aux Tuileries, le service de la reine éprouva les plus grandes difficultés pour arriver jusqu'à son appartement: tout avait été arrangé pour que la femme de garde-robe qui avait servi d'espion restât seule chargée de son ser-vice; elle y devait être aidée par sa sœur et sa fille.

Intéressant... Et, dans ces conditions horribles, la reine se passe de la présence de Madame Campan ? Shocked

Madame de Jarjaïe, ma compagne, qui continua ses fonctions pendant tout le temps de mon absence, m'a raconté qu'une nuit le commandant de bataillon, qui couchait entre les deux portes, voyant qu'elle dormait profondément, et que la reine veillait, quitta son poste et s'approcha de Sa Majesté pour lui donner des avis sur la conduite qu'elle devait tenir. Quoiqu'elle eût la bonté de lui dire de parler plus bas, pour ne pas troubler le sommeil de sa première femme, celle-ci fut éveillée et pensa mourir de saisissement en voyant un homme en uniforme de la garde parisienne si près du lit de la reine.

Oui, parce que, de Madame de Jarjayes, Marie Antoinette ne peut réellement pas se passer. Cette dame jouit de toute la confiance de la reine, et de son amitié, comme l'atteste un des billets à son mari. Là, nous avons une preuve. Et Madame de Jarjayes, elle, est à son poste.

La première fois que je revis Sa Majesté, après la funeste catastrophe du voyage de Varennes, je la trouvai sortant de son lit; ses traits n'étaient pas extrêmement altérés; mais, après les premiers mots de bonté qu'elle
m'adressa, elle ôta son bonnet, et me dit de voir l'effet que la douleur avait produit sur ses cheveux. En une seule nuit, ils étaient devenus blancs comme ceux d'une femme de soixante-dix ans. Je ne peindrai point ici les sentiments qui déchirèrent mon cœur.


Un des hits de la bonne Henriette, et pour lequelle la confrontation est possible. Elle montre que cette blancheur dramatique est largement outrée.

En résumé, au sujet de ce malencontreux épisode de Varennes, soit nous n'avons que les affirmations de Madame Campan, que nous n'avons plus qu'à prendre pour argent comptant. Soit nous pouvons croiser son récit. Mais, dirait-on, lorsqu'on le fait, il ne tient plus si bien la route.

Bref... Je crains que cette intimité entre Marie Antoinette et Henriette Genêt ne repose avant tout que sur les affirmations de ladite Henriette. Il n'est donc pas impossible du tout que, à certains moments, la reine se soit défiée d'elle.

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 14:18

Excellente analyse Pim, flower et en effet beaucoup de choses ne viennent que des mémoires de Campan, mais ce n'est pas parce ses mémoires sont exagérées par moments qu'il faut nier tout ce qu'elles contiennent...le problème est que nous avons là affaire à 2 extrèmes : Campan qui affirme qu'elle était très complice avec Marie-Antoinette, et la Marquise de Créquy qui prétend que Marie-Antoinette n'avait que du ressentiment pour elle....et devant 2 exégérations, je prends la moyenne des 2 Wink

Je suis d'accord avec toi, Campan se donne bien trop d'importance, mais je nuance quand même, et si elle exagère ou invente par moment, on ne peut nier qu'elle connaissait des détails que peu de mond eà priori connaissaient...je ne peux pas croire qu'elle les ait tous inventés. Suspect

Par exemple :
Citation :
La reine ne devait emmener de Paris que sa première femme de service. Elle m'avait prévenue que, si je n'étais pas en fonction à l'instant du départ, elle s'arrangerait pour que je puisse la rejoindre.

Ah, là, ça coince, apparemment... Si la reine n'a confiance qu'en sa bonne Campan, pourquoi en emporte-t-elle une autre ? Henriette ne donne pas vraiment d'explication, se bornant à affirmer que la reine voulait qu'elle la rejoignît. Assertion difficilement vérifiable.
Oui je suis d'accord Campan n'était pas de la partie...mais il n'empêche qu'elle savait qui était auprès de la Reine...et elle a raison sur ce point.
De plus, le fait que Marie-Antoinette se refuse à avoir Campan avec elle, pour moi, ne veut pas forcément dire qu'elle s'en méfiait...se méfiait-elle de Polignac quand elle lui a demandé de partir en 1789? Non bien sûr.
Campan a été la première femme de chambre de Marie-Antoinette pendant des années, et Marie-Antoinette n'a jamais eu, à priori, à s'en plaindre car elle l'a toujours gardée (et quand une femme ne lui plaisait pas elle se génait pas).
Idem pour Lamballe la surintendante de sa maison : elle n'était pas de la partie...mais Marie-Antoinette ne se méfiait pas d'elle pour autant...

Je pense aussi que Marie-Antoinette avait un intêret à laisser Campan à Paris et à ne pas la prendre dans son service : car Marie-Antoinette tenait à se mettre au courant des nouvelles et des tendances du pays...quoi de mieux que d'avoir une alliée dans Paris même?

Citation :
Cette manière d'exécuter sa volonté n'avait que le léger incon-vénient d'une dépense de cinq cents louis, et parut devoir éloigner tout soupçon. Si je n'omets aucune circonstance sur ce qui concerne ce nécessaire, c'est que ces minutieux détails ont leur importance, puisque ces premiers préparatifs de voyage furent découverts par une femme dont je soupçonnais depuis longtemps la conduite, et dont je redoutais même les délations. C'était une femme de garde-robe; son service durait toute l'année sans interruption. Placée auprès de la reine, dès le temps du mariage, Sa Majesté, accoutumée à la voir, aimait son adresse et son intelligence. Son sort était au-dessus de celui que devait avoir une femme de sa classe; ses appointements et ses profits s'étaient succes-sivement accrus, jusqu'à lui procurer un revenu de plus de douze mille francs. Elle était belle, recevait chez elle, dans les entresols au-dessus de la reine, des députés du tiers, et avait pour amant M. de Gouvion, aide-de-camp de M. de La Fayette. On verra bientôt à quel excès la porta son ingratitude.

Diantre ! Nous apprenons qu'il était nécessaire d'écarter des soupçons ! C'est donc que soupçons il y eut... Et si Madame Campan se défie à ce point et depuis si longtemps de cette femme de garde-robe, pourquoi n'en a-t-elle pas touché mot à la reine ? Elle qui a tant de caution... Rolling Eyes

Là typiquement je pense que Campan se donne trop d'importance en affirmant avoir repéré le manège de cette femme...
Mais en admettant qu'elle la soupçonnait vraiment, rien ne nous dit qu'elle n'en a pas parlé à la Reine...

Citation :
Vers les premiers jours d'août, la reine me demanda de rentrer à Paris; qu'elle n'y voyait plus de danger pour moi, et que mon prompt retour 'lui serait agréable. Je ne pourrai donc donner d'autres détails sur l'évasion de Leurs Majestés que ceux qile j'ai entendu raconter par la reine et par les personnes qui furent témoins de son retour dans son intérieur.

Ce n'est qu'en août que la reine rappelle son indispensable confidente ?

Là ça me paraît crédible...il aurait été imprudent de rappeler Campan immédiatement après l'échec de Varennes...laisser se tasser les choses est plus sage Wink

Citation :
Madame de Jarjaïe, ma compagne, qui continua ses fonctions pendant tout le temps de mon absence, m'a raconté qu'une nuit le commandant de bataillon, qui couchait entre les deux portes, voyant qu'elle dormait profondément, et que la reine veillait, quitta son poste et s'approcha de Sa Majesté pour lui donner des avis sur la conduite qu'elle devait tenir. Quoiqu'elle eût la bonté de lui dire de parler plus bas, pour ne pas troubler le sommeil de sa première femme, celle-ci fut éveillée et pensa mourir de saisissement en voyant un homme en uniforme de la garde parisienne si près du lit de la reine.

Oui, parce que, de Madame de Jarjayes, Marie Antoinette ne peut réellement pas se passer. Cette dame jouit de toute la confiance de la reine, et de son amitié, comme l'atteste un des billets à son mari. Là, nous avons une preuve. Et Madame de Jarjayes, elle, est à son poste.
Là encore...on ne peut nier que Campan connaissait de manière correcte tous ces détails...donc forcément elle l'a su par quelqu'un...Madame de Jarjayes ou Marie-Antoinette elle même? A mes yeux cela revient au même...car si Marie-Antoinette se méfiait de Madame Campan, elle l'aurait dit à Madame de Jarjayes qui ne se serait alors pas livrée à des condidences.

Citation :
Bref... Je crains que cette intimité entre Marie Antoinette et Henriette Genêt ne repose avant tout que sur les affirmations de ladite Henriette. Il n'est donc pas impossible du tout que, à certains moments, la reine se soit défiée d'elle.

Là je suis d'accord avec toi Very Happy
Marie-Antoinette s'est peut être méfiée de Campan à un moment ou un autre, mais ces propos qu'elle aurait tenus d'après la Marquise de Créquy me semblent vraiment exagérés...Suspect
Car ça ressemble typiquement à des propos inventés pour calomnier une dame, Campan donc,...par jalousie...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 14:47

Citation :
Oui je suis d'accord Campan n'était pas de la partie...mais il n'empêche qu'elle savait qui était auprès de la Reine...et elle a raison sur ce point.
Pas difficile, à mon avis, puisqu'elle écrit après coup ! Tout le monde savait qui avait fait partie de l'expédition !

Citation :
De plus, le fait que Marie-Antoinette se refuse à avoir Campan avec elle, pour moi, ne veut pas forcément dire qu'elle s'en méfiait...
Je n'ai jamais dit qu'elle avait refusé que Madame Campan participe. Juste que les faits montrent que ce n'est pas elle qui est partie. Point barre.

Citation :
Campan a été la première femme de chambre de Marie-Antoinette pendant des années, et Marie-Antoinette n'a jamais eu, à priori, à s'en plaindre car elle l'a toujours gardée (et quand une femme ne lui plaisait pas elle se génait pas).
Nous n'en savons rien. Quand Marie Antoinette mentionne-t-elle Madame Campan dans ses écrits ?

Ce que je cherche à mettre en évidence ici, c'est que ce que nous savons des rapports entre Marie Antoinette et Madame Campan, nous le tenons de Madame Campan.

Citation :
Mais en admettant qu'elle la soupçonnait vraiment, rien ne nous dit qu'elle n'en a pas parlé à la Reine...
Et la reine ne s'est pas méfiée du tout ? Alors que l'enjeu était si important ?

Je crois surtout que personne ne s'est suffisamment méfié de cette dame, et que Madame Campan l'accuse après coup.

Citation :
Là ça me paraît crédible...il aurait été imprudent de rappeler Campan immédiatement après l'échec de Varennes...laisser se tasser les choses est plus sage
Bien sûr que Campan est rentrée si tard. Elle le reconnaît elle-même. Mais quelle est la raison de ce retour tardif ? Suspect

Citation :
Marie-Antoinette s'est peut être méfiée de Campan à un moment ou un autre, mais ces propos qu'elle aurait tenu d'après la Marquise de Créquy me semblent vraiment exagérés...
Car ça ressemble typiquement à des propos inventés pour calomnier une dame, Campan donc,...par jalousie...
Les mémoires de la marquise de Créquy sont apocryphes. Ce qui ne veut pas dire que les éléments qu'ils contiennent soient faux. Mais, de toute façon, ils ne sont pas seuls à faire état de certaines réserves vis-à-vis de la bonne Henriette, il y a l'opinion d'Aimée de Coigny, aussi.

Encore une fois, j'apprécie les souvenirs de Madame Campan, ils regorgent de détails et fourmillent d'anecdotes. Je serai moins enthousiaste sur leur auteur, qui a traversé sans encombres la chute de l'Ancien Régime, la révolution, l'ère napoléonienne, la Restauration... Rolling Eyes

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