Le Boudoir de Marie-Antoinette

Prenons une tasse de thé dans les jardins du Petit Trianon
 
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 Madame Campan

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Chou d'amour
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 15:06

Citation :
Pas difficile, à mon avis, puisqu'elle écrit après coup ! Tout le monde savait qui avait fait partie de l'expédition !
Oui mais Campan ne se contente pas de lister les personnes, elle va bien plus loin, bien plus loin que le "connu de tous après coup"...bien sûr comme tu le dis elle a pu inventer, mais elle n'a certainement pas tout inventé Wink

Citation :
Nous n'en savons rien. Quand Marie Antoinette mentionne-t-elle Madame Campan dans ses écrits ?
Justement presque jamais...et quand on ne dit rien sur quelqu'un, genre Fersen, c'est qu'il n'y a rien à dire non? Wink
Or, à lire les propos de de la Marquise de Créquy, il y aurait à dire....

Citation :
Et la reine ne s'est pas méfiée du tout ? Alors que l'enjeu était si important ?
Si Marie-Antoinette s'en méfiait je crois, elle a tout fait pour lui cacher les préparatifs, enfin...si c'est bien de cette dame dont il s'agit....

Citation :
Je crois surtout que personne ne s'est suffisamment méfié de cette dame, et que Madame Campan l'accuse après coup.
Oui moi aussi...je pense que Campan veut nous faire croire qu'elle était LA personne à avor tout deviné...mais ça me semble trop gros

Citation :
Bien sûr que Campan est rentrée si tard. Elle le reconnaît elle-même. Mais quelle est la raison de ce retour tardif ? Suspect
Peut être d'être sûr qu'il n'y a plus de danger immédiat...

Citation :
Les mémoires de la marquise de Créquy sont apocryphes. Ce qui ne veut pas dire que les éléments qu'ils contiennent soient faux. Mais, de toute façon, ils ne sont pas seuls à faire état de certaines réserves vis-à-vis de la bonne Henriette, il y a l'opinion d'Aimée de Coigny, aussi.
Oui je m'en méfie aussi...mais nous avons là 2 témoignages qui semblent exégérés..et je ne vois pas plus de source dans celui de la marquise de Créquy que dans celui de Campan...donc je fais une moyenne des 2 : je pense que Marie-Antoinette se méfiait de Campan et qu'elle s'est refusée à tout lui dire, par précaution, mais en même temps il me semble trop exagéré qu'elle ait pu tenir de tels propos...de tels propos qu'aucun historien à ma connaissance n'à jugé utile de publier...et pourtant le caractère louche des mémoires de Campan est connu Very Happy

Madame Campan semble être une femme très intelligente qui a su tirer partie de toutes les situations...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 15:11

Il semble, d'après mon idée que ton analyse pleine de virtuosité, ma chère Pim, confirme, que Madame Campan ait réussi à se forger une complicité modèle auprès de Marie-Antoinette, alors qu'elle ne Lui était pas si fidèle...Cela fait penser aux résistants de la dernière heure de la seconde Guerre Mondiale , qui avaient bien collaboré pendant 3 ou 4 ans et qui voyait l'air du temps se métamorphoser ; ils se ont donc adaptés l'historique de leur comportement aux idées nouvelles qu'il seyait bon de rejoindre...Madame Campan s'est donc peut-être inventé cette intimité avec Marie-Antoinette...Car ,finalement, "les cheveux blancs comme ceux d'une femme de soixante-dix ans", dont parle André Castelot, c'est elle qui en rapporte l'anecdote...Or, on sait ,par Rosalie Lamorlière, qu'il en subsistait des mèches blondes...que l'on ne trouve assurément plus chez une femme de soixante-dix ans...
On a peut-être eu tort de lui accorder tant de crédit jusqu'alors... Rolling Eyes

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 17:08

Citation :
Oui mais Campan ne se contente pas de lister les personnes, elle va bien plus loin, bien plus loin que le "connu de tous après coup"...bien sûr comme tu le dis elle a pu inventer, mais elle n'a certainement pas tout inventé
En quoi Madame Campan va-t-elle plus loin que le connu ?  Shocked Elle cite la personne qui a accompagné Marie Antoinette, celle qui a trahi, celle qui est de service au retour. Toute la maison de la reine devait savoir ces informations.

Elle mentionne le nécessaire, le trousseau. Tout le monde le savait aussi, après le retour de Varennes. Sans doute brode-t-elle un peu dans les coins, comme à son ordinaire.

Une fois de plus, la pseudo-précision de son épisode concernant la fuite ne prouve absolument pas que Marie Antoinette lui faisait particulièrement confiance. Au contraire, elle est prise en flagrant délit d'invention au sujet du porte-feuille, d'après Louis Hastier.

Chou, toi et moi ne sommes tout simplement pas d'accord !   On peut donc continuer à glauser pendant des heures pour rien !   Je me bornerai à conclure ma pensée par ceci : on ne peut pas jeter purement et simplement à la poubelle le témoignage d'Aimée de Coigny ni celui de l'auteur des mémoires de Madame de Créquy. Il est tout à fait possible que Marie Antoinette se soit méfiée, à certains moments, de sa femme de chambre.

Merci !  flower Je suis tout à fait du même avis que toi... Encore une fois, cela n'enlève rien à la valeur littéraire des souvenirs de Madame Campan. Mais le sens critique et l'intuition s'avèrent vraiment nécessaires !  Suspect

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 17:26

C'est juste ce passage là qui me semble exagéré : Wink

""Ce n'est pas seulement de la défiance, répondit-elle, c'est de la terreur. Elle est en correspondance avec Brissot de Varville et Latouche-Treville, elle écrit quelquefois à Barnave ; — Elle a ri le 6 octobre, poursuivit la Reine, avec une expression du regard et de la voix qui faisait frémir ; — mais on a décidé qu'il fallait patienter : jugez que tout ce que la vue de cette femme me fait souffrir.""

Le reste je ne le remet pas en cause!

Citation :
Je me bornerai à conclure ma pensée par ceci : on ne peut pas jeter purement et simplement à la poubelle le témoignage d'Aimée de Coigny ni celui de l'auteur des mémoires de Madame de Créquy. Il est tout à fait possible que Marie Antoinette se soit méfiée, à certains moments, de sa femme de chambre.
Alors si nous sommes d'accord Wink

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 17:34

Citation :
""Ce n'est pas seulement de la défiance, répondit-elle, c'est de la terreur. Elle est en correspondance avec Brissot de Varville et Latouche-Treville, elle écrit quelquefois à Barnave ; — Elle a ri le 6 octobre, poursuivit la Reine, avec une expression du regard et de la voix qui faisait frémir ; — mais on a décidé qu'il fallait patienter : jugez que tout ce que la vue de cette femme me fait souffrir.4""
Ces sympathies avec Brissot se trouvent attestées chez Aimée de Coigny aussi. Moi, c'est tout ce que je peux dire... Pour le reste, sachant que les mémoires de la marquise de Créquy sont apocryphes, on peut en effet se demander dans quelle mesure la scène s'est passée. Mais peut-on purement et simplement la rejeter ?

Nous sommes tellement habitués à considérer les paroles de Madame Campan comme l'Evangile selon Marie Antoinette... Eh bien, comme le constate Majesté, c'est peut-être une erreur dont il serait temps de revenir.

Mais dans quelle mesure faut-il revenir ? Là est toute la question...

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Dim 24 Juin - 18:10

Ce qui me gène, c'est qu'aucun historien, même ceux qui soulignent les erreurs de Campan dans ses mémoires, ne parle de cette scène.

Qu'il nous faille nuancer l'importance qu'avait Campan dans la vie de la famille royale, oui, il faut reconnaître que Campan s'est largement décridibilisée à de nombreuses reprises, mais maintenant faut-il penser que Marie-Antoinette s'en méfiait au point d'avoir dit "jugez que tout ce que la vue de cette femme me fait souffrir."...?

Cette hypothèse là m'était inconnue et je te remercie de nous l'avoir montrée, et effectivement il ne faut pas la nier en bloc, mais pour moi ça reste une hypothèse non vérifiable et non divulguée par les historiens, d'où ma crainte...je voulais juste le préciser Very Happy

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Ven 29 Juin - 15:20

Madame Campan fait allusion à plusieurs reprises à des rumeurs qui couraient sur son propre compte, dûes, explique-t-elle, à la jalousie. La reine, ajoute-t-elle, eut la bonté de n'y point prêter attention.

Au chapitre 6 de son livre 2, elle nous en dit plus sur son frère. Celui-ci lui avait envoyé une lettre pour lui annoncer qu'il voulait suivre la ligne constitutionnelle. Le seul salut du roi lui viendrait de l'intérieur de la France, disait-il. Madame Campan remit cette missive à la reine, qui dit :

Cette lettre est d'un jeune homme que le mécontentement et l'ambition ont égaré ; je sais que vous ne pensez pas comme lui ; ne craignez pas de perdre ma confiance et celle du roi.

Madame Campan propose alors de cesser toute correspondance avec son frère, ce qui la reine refuse, l'estimant dangereux. La femme de chambre décide en conséquence de montrer dorénavant toute cette correspondance à la reine.

Henriette écrit à son frère pour lui dire tout le mal qu'elle pense du parti qu'il a pris. Il répond qu'il s'en tiendra désormais aux affaires de famille et se taira sur le reste.

Le jour même où Madame Campan avait montré la lettre de son frère à la reine, celle-ci reçut en audience plusieurs personnes qui venaient l'avertir contre ce révolutionnaire déclaré. Marie Antoinette se contente de leur répondre que sa femme de chambre l'a mise au courant.

Mais ces menées dues à la jalousie dégoûtent Madame Campan de sa position. Elle demande à quitter la cour. La reine se récrie. Ce serait nuire à la réputation d'Henriette. Elle lui fait ensuite parvenir un billet où elle reconnaît par écrit la loyauté de sa femme de chambre.

Le roi lui-même, rapporte encore Madame Campan, viendra l'assurer de sa confiance. Pour sa sécurité, à elle, ajoute-t-il, il vaut mieux qu'on la croie constitutionnelle.

Telles sont les explications de Madame Campan sur le rôle de son frère et les accusations portées contre elle.

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Ven 29 Juin - 16:34

Serait-ce l'art d'offrir son amitié et sa loyauté à tous les partis en même temps... ? Rolling Eyes

Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Ven 29 Juin - 18:20

Dommage qu'elle ne détaille pas plus les liaisons qu'elle a pu avoir ou qu'elle n'a pas eu avec son frère une fois la famille royale à Paris...

Mais...là encore...comment savoir si elle dit vrai ou pas?Neutral

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Ven 29 Juin - 18:51

Bonne remarque, Chou. J'aurais dû le préciser, la scène se passe aux Tuileries. Elle prend plusieurs pages, en fait, et les paroles du roi et de la reine sont retranscrites in extenso. Y compris la lettre de la reine, que voici :

Je n'ai cessé de vous distinguer et de vous donner, à vous et aux vôtres, des preuves de mon attachement ; je veux vous dire par écrit que je crois à votre honneur et à votre fidélité, autant qu'à vos autres bonnes qualités et que je compte toujours sur le zèle et l'intelligence que vous employez à me servir.

Il est possible de suivre la trace de cette lettre, d'après Madame Campan. Elle la confia à M. de la Chapelle, commissaire général de la maison du roi et chef des bureaux de M. de Laporte. Celui-ci la cacha derrière un tableau dans son appartement. Jeté en prison le 10 août, M. de la Chapelle échappa par miracle aux massacres de septembre et, revenu chez lui, il eut le plaisir de retrouver la lettre. Il était si content qu'il la brûla.

Voilà qui ne nous aide pas... Rolling Eyes A-t-il existé, ce billet qui venait si bien à propos pour laver l'honneur de la femme de chambre ? Shocked Nous n'en saurons jamais rien et, à défaut, il ne nous reste plus, une fois de plus, qu'à la croire sur parole.

Ce passage n'est pas le seul qui fait état de suspicions pesant sur la loyauté de Madame Campan. Et sa longueur montre bien que le sujet l'a préoccupée, et continue à le faire, si fortement qu'elle éprouve, des années après les événements, le besoin de tenter de se disculper.

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Ven 29 Juin - 19:25

Citation :
Et sa longueur montre bien que le sujet l'a préoccupée, et continue à le faire, si fortement qu'elle éprouve, des années après les événements, le besoin de tenter de se disculper.

Tout à fait! Si elle avait la consience tranquille à 100%, elle n'en aurait même pas parlé...
Et cette manière de tenter de se justifier et de prouver sa bonne foi est typique de quelqu'un qui se reproche quelque chose, ou alors qui a entendu des rumeurs le concernant Wink
Maintenant le problème c'est justement de savoir s'il s'agissait de rumeurs, ou d'une réelle culpabilité....

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 21 Aoû - 1:55

Lors du retour en France de Madame Royale, après son exil, Madame Campan est reçue aux Tuileries :elle s'incline ,en cachant mal son émotion. La première question qui lui est posée lui fait reprendre ses esprits :
"Qu'avez-vous fait sous Bonaparte?" demande Marie-Thérèse.
Et Madame Campan d'expliquer qu'il lui a bien fallu vivre. Elle a donc fondé son pensionnaty d'Ecouen où furent élevées les soeurs de l'"Usurpateur"...Madame Royale la coupe brutalement :
"Vous auriez mieux fait de rester chez vous."
Un petit salut sec congédie l'ancienne "confidente" de Marie-Antoinette. Pas un mot du passé !

Bien à vous.


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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 21 Aoû - 2:38

Madame Campan aurait mieux fait de ne pas paraître à la cour de Louis XVIII. Elle aurait alors tenu la seule conduite convenable tant vis-à-vis de l'Empereur que relativement à la Reine. Les Bourbons ne pouvaient, en effet, que considérer que la mémoire de la souveraine avait été trahie et les bonapartistes réagir de même concernant Napoléon.

Cette conduite, assez plate,de madame Campan fut le fait de plus d'un mais on ne réserva pas le même accueil à tous. Certains furent utilisés ou tolérés; Talleyrand, quant à lui, fut encensé parce qu'on leur devait trop.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 21 Aoû - 18:39

Je pense que Madame Campan a dû être très surprise et déçue de la réaction de la Duchesse d'Angoulème...car en pensant retrouver la fille de la Reine qu'elle avait servie si longtemps, elle a forcément dû imaginer de grandes retrouvailles...

Mais...avait-elle conscience d'avoir fait du tort à Marie-Antoinette pendant la révolution, en étant trop bavarde avec son frère pourtant révolutionnaire? Si oui (mais elle n'en parle pas dans ses mémoires;) ) alors elle devait juste espérer que Louis XVIII n'en ait pas été mis au courant....si non la douche froide a dû être très froide

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Lun 3 Sep - 13:30

A la page 255 de ses mémoires, téléchargeables sur Gallica, Paroy nous rapporte une anecdote qui lui a valu la satisfaction de la reine. Celle-ci la lui manifesta en public, mais aussi par l'intermédiaire de Madame Campan.

Madame Campan reçoit donc Paroy et lui raconte une conversation qu'elle a eue avec la reine. Nous apprenons ainsi que, lorsqu'elle était seule avec Henriette, Marie Antoinette l'appelait "Campan" et la tutoyait.

"Campan, je suis bien malheureuse", aurait-elle en effet dit à sa première femme de chambre. Puis, "Laisse-moi reposer deux heures, tu viendras après".

Le comte de Paroy, militaire et artiste, fréquentait assidument la cour. Il était le cousin de Madame de Polignac, et assez proche de la reine pour qu'elle lui ait confié les difficultés d'apprentissage du dauphin. Paroy envisagea ainsi un enseignement par lanterne magique. Son témoignage paraît donc a priori recevable.

A titre de comparaison, il est à noter que, selon Olivier Blanc, Marie Antoinette et Madame de Polignac se tutoyait également dans l'intimité.

Shocked

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Lun 3 Sep - 19:08

Intéressante information merci Pim Very Happy

je pensais qu'elle se vousvoyaient toutes, vis à vis des moeurs et de l'étiquette..mais ce genre de simplicité va bien à Marie-Antoinette donc c'est crédible!

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Lun 3 Sep - 19:40

Ce qui est étonnant, c'est qu'elle l'appelle par son nom de famille, et qu'elle la tutoie. Ca fait un peu militaire, j'sais pas...

Mais, cela va de soi, Campan répond "Madame" et "Votre Majesté". :pirat:

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Lun 3 Sep - 20:36

On agissait parfois ainsi envers la domesticité et même, quand on était souverain, envers certains nobles. Bien sûr, l'interpelé se devait de répondre par le vouvoiement ou la troisième personne selon qui était l'interlocuteur.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mer 5 Sep - 14:43

Encore une allusion aux accusations portées contre Madame Campan, sous la plume du chancelier Pasquier.

Le chancelier parle ici d'Aglaé Auguier, que Napoléon avait mariée au maréchal Ney.

Ajoutez que sa tante, Mme Campan, femme de chambre, ainsi que sa mère, de la feue reine Marie-Antoinette, avait été assez mal accueillie de la famille royale, qui s'était un peu trop souvenue de ses opinions politiques en 1789, et pas assez peut-être des services qu'elle s'était efforcée de rendre alors à sa maîtresse. Je ne rapporte ici que des bruits malheureusement fort répandus, et auxquels on peut opposer les dénégations formellement articulées par des personnes intimement liées avec elle et très en position de savoir la vérité.

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mer 5 Sep - 15:09

Et vlan ! Twisted Evil
Ah cette Mme Campan, quelle encre elle aura fait couler.
Pourtant ses mémoires sont bien agréables à lire.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mer 5 Sep - 15:25

Je suis bien d'accord avec vous. Il semble pourtant que le dévouement de Madame Campan ne fut pas loué par tous...

Vous trouverez ici la description que la comtesse de Bassanville donne du salon de Madame Campan à l'époque impériale, assorti de quelques traits plutôt féroces :

Habituée à vivre à la cour, Madame Campan avait besoin de respirer cette atmosphère des grandeurs pour être heureuse. Elle flatta les grandes dames de l'Empire comme elle avait flatté ses royales maîtresses, et n'eût pas été plus fidèle à celles-ci qu'elle ne l'avait été aux autres, si, à la chute de Napoléon, Madame la duchesse d'Angoulême avait voulu lui accorder l'honneur de la rapprocher d'elle, comme elle l'en fit vivement solliciter. Madame royale pardonnait chrétiennement les offenses qui lui étaient personnelles, mais n'oubliait jamais les torts qu'on avait eus envers la sainte reine sa mère, et Madame Campan ne put, malgré tous ses efforts, arriver jusqu'à la princesse.

Mais voici qui va vous soulager. Il existe aussi une petite biographie très positive de la bonne Henriette. Nous y apprenons toutefois que, vers la fin de sa vie, elle crut voir se reproduire des soupçons sur sa loyauté.

Mais, pour l'auteur, Xavier de Maistre, la fidélité de Madame Campan ne fait aucun doute.  Wink

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mer 5 Sep - 23:25

Intéressant ces deux témoignages....pour ma part j'avoue avoir du mal à cerner Madame Campan....j'ai bien aimé ses mémoires, pleines d'anecdotes et de précisions, mais plus ça va plus on découvre qu'elle a exagéré beaucoup de faits, et qu'elle n'a peut être pas été aussi sincère que ça avec la famille royale Neutral

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 13 Nov - 23:23

Deux portraits de Madame Campan :


par Boze, 1786


par Louis Marie Autissier

C'est curieux, les yeux paraissent noirs sur le premier et gris foncés sur le second. Shocked

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Mar 13 Nov - 23:30

Du forum Connaissances de Versailles, un excellent article, très documenté, sur la soeur de Madame Campan. Il serait utile d'ouvrir aussi un sujet sur cette fidèle de la reine !  Very Happy

Première Femme de chambre de la Reine Marie-Antoinette, elle entra à son service vers 1773, à l'âge de quinze ans et la servit jusqu'à l'arrestation de la famille royale le 10 août 1792. A son contrat de mariage en 1779 ont signé, la Reine Marie-Antoinette, la Princesse de Lamballe et la Princesse de Chimay. Sa soeur, aussi au service de la souveraine, fut la cèlèbre Madame Campan qui écrivit ses mémoires.

Le 4 juin 1789, le fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, Mgr le Dauphin Louis Joseph meurt. Voici le témoignage rapporté par Mme Lebrun : " Madame Augier était devenue si chère au jeune prince qu'elle soignait, que l'aimable enfant lui disait deux jours avant de mourir : je t'aime tant que je t'aimerai encore après ma mort."






Mme Campan raconte dans ses mémoires cet épisode de l'invasion du palais lors des journées d'octobre 1789 : "La reine se coucha à deux heures du matin et s'endormit, fatiguée par une journée aussi pénible. Elle avait ordonné à ses deux femmes de se mettre au lit, pensant toujours qu'il n'y avait rien à craindre, du moins pour cette nuit ; mais l'infortunée princesse dut la vie au sentiment d'attachement qui les empêcha de lui obéir. Ma soeur, qui était l'une de ses dames, m'apprit le lendemain tout ce que je vais en citer.
Au sortir de la chambre de la reine, ces dames (Mme Thibault et Mme Auguié) appelèrent leurs femmes de chambre et se réunirent toutes quatre, assises contre la porte de Sa Majesté. Vers quatre heures et demie du matin, elles entendirent des cris horribles et quelques coups de fusils ; l'une d'elles entra chez la reine pour la reveiller et la faire sortir de son lit ; ma soeur vola vers l'endroit où lui paraissait être le tumulte ; elle ouvrit la porte de l'antichambre qui donne dans la grande salle des gardes et vit un garde-du-corps, tenant son fusil en travers de la porte et qui était assailli par une multitude qui lui portait des coups ; son visage était déjà couvert de sang ; il se retourna et lui cria : Madame, sauvez la reine ; on vient pour l'assassiner." Elle ferma soudain la porte sur cette malheureuse victime de son devoir, poussa le grand verrou et prit la même précaution en sortant de la pièce suivante, et, après être arrivée à la chambre de la reine, elle lui cria : "Sortez du lit, Madame ; ne vous habillez pas ; sauvez-vous chez le roi." La reine épouvantée se jette hors du lit, on lui passe un jupon, sans le nouer, et ces deux dames la conduisent vers l'Oeil-de-Boeuf. Une porte de cabinet de toilette de la reine, qui tenait à cette pièce, n'était jamais fermée que de son côté. Quel moment affreux ! elle se trouva fermée de l'autre côté. On frappe à coup redoublés ; un domestique d'un valet de chambre du roi vient ouvrir ; la reine entre dans la chambre de Louis XVI..."

Mme Campan dans ses mémoires raconte aussi comment Mme Auguié retrouva la souveraine au Tuileries après la tentative de fuite à Varennes en juin 1791 : " Le jour que l'on attendait le retour des infortunés voyageurs, les voitures ne circulaient pas dans les rues de Paris. Cinq ou six femmes de la reine, après avoir été refusées à toutes les portes, se trouvaientà celle des Feuillants avec une de mes soeurs qui avait l'honneur d'être attachée à Sa Majesté, (Mme Auguié) insistant avec force pour que la sentinelle leur permis d'entrer. Les poissardes les attaquèrent sur l'audace qu'elles avaient de résister à une consigne. Une d'elles va saisir ma soeur par le bras en l'appelant esclave de l'Autrichienne. " Ecoutez, lui dit ma soeur d'une voix forte et avec le véritable accent du sentiment qui l'inspirait, je suis attachée à la reine depuis l'âge de quinze ans ; elle m'a dotée et mariée ; je l'ai servie puissante et heureuse. Elle est infortunée en ce moment : dois-je l'abandonner ? - Elle a raison, s'écrièrent ces furies, elle ne doit pas abandonner sa maîtresse ; faisons-les entrer." A l'instant elles entourent la sentinelle, forcent le passage et introduisent les femmes de la reine, en les accompagnant jusque sur la terrasse des Feuillants. Une de ces furies, que la moindre impulsion eût portée à déchirer ma soeur, la prenant alors sous sa protection lui donna quelques avis pour arriver sûrement jusqu'au palais. "Otez surtout, lui dit-elle, ma chère amie, cette ceinture de ruban vert ; c'est la ceinture de ce d'Artois auquel nous ne pardonnerons jamais."

La Princesse de Tarente dans la publication de ses souvenirs, nous rapporte comment elle et d'autres dames du service de la reine eurent toutes les peines à regagner les Tuileries après le retour de Varennes " ... je courus chez Mme de La Roche-Aymon, j'y rencontrai Mme de Duras ; elles étaient inquiètes d'un moyen d'arriver aux Tuileries ; nous essayâmes d'envoyer de la part de Mme de Duras demander à M. de Gouvion, qui commandait sous M. de La Fayette, la permission d'entrer aux Tuileries. Il fit répondre que oui. Après avoir longtemps attendu dans la cour du château, les dames furent conduites par un garde aux appartements de la reine. Nouvelle attente... Une des femmes de la reine, (Mme Auguié) sortit et, me trouvant le plus près de la porte, me dit bien bas dans l'oreille, avec un accent si touchant qu'il me donna bonne opinion d'elle "Madame, la reine vous fait dire que tel plaisir qu'elle aurait à vous revoir, si vous n'avez pas une permission de M. de La Fayette, elle ne peut risquer de vous permettre d'entrer chez elle".
La reine ayant été volé de sa montre et de sa bourse pendant sa fuite des Tuileries le 10 aout 1792, elle demanda à Mme Augié de lui prêter vingt-cinq louis. Lors de son procès, la reine déclara que ces vingt-cinq louis lui avaient été prêtés par Mme Auguié ; cela motiva son arrestation et celle de sa soeur, Mme Campan, et amena la mort tragique de la première.

La duchesse de Tourzel parle aussi de Mme Auguié, au chapitre 23 de ses mémoires : " On fit grâce au Roi, le lundi 13 (août 1792), de la séance de l'Assemblée, et la matinée se passa à concerter les préparatifs du départ pour le Temple. Péthion déclara à Sa Majesté qu'elle ne pouvait emmener qu'une personne pour la servir, et quatre femmes pour le service de la Reine, des deux princesses et de Mgr le Dauphin. Madame Thibault se présenta pour le service de la Reine, madame Navarre pour celui de Madame Elisabeth, et mesdames Basire et de Saint-Brice pour celui de Mgr la Dauphin et de Madame. [...] Comme on permit un moment à la Reine d'emmener une seconde femme, madame Auguier demanda à suivre Sa Majesté et arriva même aux Feuillants; mais cette permission ayant été promptement révoquée, elle fut obligée, à son grand regret, de retourner chez elle, car elle était fort attachée à la Reine."


Puis après le 10 août 1792, elle se réfugia avec sa soeur, Madame Campan au château de Coubertin dans la vallée de Chevreuse.
La veille du 9 thermidor qui marqua la chute de Robespierre, la pauvre Mme Auguié, sur le point d'être arrêtée, s'est jetée par la fenêtre et s'est tuée : elle n'a vu ni la gloire de l'une de ses filles qui épousa le Maréchal Ney, ni son effondrement.


Marie Antoinette appelait Adélaïde Auguié "ma lionne", à cause de son abondante chevelure, avais-je lu. Ici, on dit que c'est son courage qui lui a valu ce surnom.

Voir aussi la suite de la discussion :
http://www.connaissancesdeversailles.org/t1138-adelaide-henriette-auguie-femme-de-chambre-de-la-reine   

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MessageSujet: Re: Madame Campan   Jeu 3 Avr - 19:39

Voici une nouvelle version du portrait le plus connu de Madame Campan, toujours par Joseph Boze :


Bien à vous.
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MessageSujet: Re: Madame Campan   

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